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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Néonicotinoïdes (clothianidine) et abeilles : pas d'effets négatifs selon une nouvelle étude

4 Septembre 2019 , Rédigé par Seppi Publié dans #Article scientifique, #Abeilles, #Néonicotinoïdes

Néonicotinoïdes (clothianidine) et abeilles : pas d'effets négatifs selon une nouvelle étude

 

 

Les néonicotinoïdes et leurs ravages allégués sur les abeilles (et d'autres insectes) sont de nouveau sur le devant de la scène avec la publication de « Et le monde devint silencieux - Comment l'agrochimie a détruit les insectes » par M. Stéphane Foucart, et la mobilisation massive de la confrérie des journalistes qui font primer l'idéologie sur l'information pour en faire la promotion (on peut lire un extrait ici).

 

Notez bien que « ...l'agrochimie a détruit les insectes »... y en a plus...

 

C'est le moment d'évoquer ici une étude parue dans Nature Communications en février 2019, « Clothianidin seed-treatment has no detectable negative impact on honeybee colonies and their pathogens » (le traitement des semences à la clothianidine n'a pas d'impact négatif détectable sur les colonies d'abeilles domestiques et leurs agents pathogènes), de Julia Osterman et al.

 

C'est un élément de plus dans ce paysage scientifique très contrasté dans lequel beaucoup d'études sur les abeilles individuelles ou sur petites populations en milieu artificiel trouvent des effets négatifs, et beaucoup d'études en conditions réalistes ou réelles n'en trouvent pas (ces dernières étant confortées par les apiculteurs qui n'hésitent pas à mettre leurs ruches peès de champs de colzas ou de tournesols issus de semences traitées avec un néonicotinoïde).

 

En voici le résumé (nous découpons) :

 

« Des interactions entre plusieurs facteurs de stress ont été impliquées dans les pertes élevées de colonies d'abeilles domestiques. Nous étendons ici notre étude [précédente] à l'échelle du paysage des effets sur les abeilles mellifères de leur placement dans des champs de colza traités à la clothianidine avec une année supplémentaire et de nouvelles données sur le développement des colonies d'abeilles mellifères, l'essaimage, la mortalité, les agents pathogènes et l'expression des gènes immunitaires.

 

Les résidus de clothianidine dans le pollen, le nectar et les abeilles étaient toujours plus élevés dans les champs traités à la clothianidine, avec de grandes différences entre les champs et les années.

 

Nous avons trouvé de grandes variations dans le développement des colonies et la composition microbienne et aucun impact négatif observable du placement dans les champs traités à la clothianidine.

 

Le traitement à la clothianidine a été associé à une augmentation du couvain, des abeilles adultes et de Gilliamella apicola (symbiote intestinal bénéfique) et à une diminution du virus de la paralysie létale du puceron [Aphid lethal paralysis virus – ALPV] et du virus de la cellule royale noire [Black queen cell virus – BQCV], en particulier la deuxième année. Les résultats suggèrent qu'au niveau des colonies, les abeilles domestiques sont relativement résistantes aux effets de la clothianidine dans des paysages agricoles du monde réel, avec une pression naturelle modérée des maladies. »

 

Cet article fait suite à un autre, « Seed coating with a neonicotinoid insecticide negatively affects wild bees » (l'enrobage de semences avec un insecticide néonicotinoïde affecte négativement les abeilles sauvages) de M. Rundlöf et al. Celui-ci n'avait pas non plus trouvé d'effet significatif sur les abeilles domestiques et avait conclu que les effets constatés sur les secondes ne pouvaient pas toujours être extrapolées aux premières.

 

Dans ce nouvel essai, en 2013, on avait placé 96 colonies en marge de 16 champs de colza de printemps dans le sud de la Suède (6 colonies par champ), 8 champs portant du colza issu de semences enrobées de clothianidine et un fongicide, les témoins n'ayant été traités qu'au fongicide. Les champs traités et témoins ont été associés par paires sur la base de la proximité géographique et de la similitude des paysages environnants.

 

En 2014, après un hivernage en un lieu commun, les colonies ont été réaffectées au hasard e à six champs de colza traités à la clothianidine et à quatre champs témoins du même modèle d'étude et des mêmes agriculteurs, avec quatre colonies par champ (40 colonies au total). ), avec deux contraintes principales : les colonies des champs traités à la clothianidine en 2013 ont de nouveau été placées dans des champs traités à la clothianidine en 2014 ; l'allocation des traitements a été inversée pour chaque exploitation par rapport à 2013, et des champs différents ont été utilisés en raison de la rotation des cultures.

 

Les résultats principaux sont résumés dans le tableau et les graphiques suivants.

 

 

 

 

 

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Y
@franseb
dans cette étude on peut effectivement lire :
"Cela pourrait potentiellement affecter les populations de bourdons et illustre que les effets des pesticides sur les abeilles sauvages ne peuvent être simplement déduits des études sur les abeilles domestiques », conclut Wintermantel."
"POURRAIT et a la suite POTENTIELLEMENT" et que ne PEUVENT ETRE SIMPLEMENT DEDUIT de blablabla.....
Tout cela donne vraiment l'impression quand même que maintenant qu'il y a de plus en plus de résultats expérimentation qui montrent l'ampleur de l'arnaque escrologiste qui à été faite sur les néonic vis à vis des abeilles d'élevages avec l'effondrement des ruchés qui est la base du déclanchement de tout ce cinéma (et ils sont obligés de reconnaitre qu'il n'y a pas de pb sur les abeilles domestiques) , les même religieux escrolo remettent des doutes en route pour arriver a valider leurs croyances pénibles (sans se mouiller de trop non plus car là il y mettent des précautions oratoires quand même).D'autre études faites par des entomologistes très sérieux montrent clairement que c'est la présence en quantité trop importante d'apis méllifera (abeille élevage) qui handicape les autre Aphidaé autochtone (bourdon abeille sauvages,..). Il y a là une simple logique qui ne conviendra jamais au religieux anti pesticides. Ces mêmes religieux ne reconnaitrons jamais non plus que les pesticides ne sont surtout pas le pb majeurs de l'apiculture en France. Il faudrait qu'ils acceptent de reconnaitre qu'ils ont eu tord, d'avoir raconté n'importe quoi, que c'est le varroa et nosema les pb les plus important pour les abeilles d'élevages en concurrence pour la première place en France avec les apiculteurs amateurs qui sont incompétent pour gérer cet élevage hyper intensif qu'est l'apiculture.
Pour rappel en France on a plus de 90% des apiculteurs qui ne sont que des amateurs (et pour beaucoup "du dimanche").
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S
@ yann (email) le vendredi 06 septembre 2019 à 17:27

Bonjour,

Merci pour votre commentaire.

Oui, les mots comptent !

Il faut essayer de décrypter https://www.nature.com/articles/s41467-018-07914-3

Wintermantel a collaboré avec votre "ami" de Chizé sir cette merveille qui dit que l'agribio, c'est beaucoup plus mieux pour les abeilles...

F
Cette étude fait partie d'un projet plus global qui montre des résultats bien plus contrastés pour les bourdons et abeilles sauvages...
https://internt.slu.se/en/news-originals/2019/2/projekt-om-bin-och-humlor/
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S
Bonjour,

Merci pour votre commentaire et surtout pour le lien.

L'article sur les bourdons est en accès libre : https://www.nature.com/articles/s41467-018-07914-3
H
Selon ma propre observation, les hyménoptères sauvages ne sont pas plus sensibles que les abeilles domestiques au néonicotinoïdes. J'ai vécu longtemps (sud de l'Ile de France) proche d'une vaste zone agricole où ces produits étaient utilisés, notamment en semences enrobés. J'ai connu pendant quelques années des diminutions drastiques d'abeilles domestiques, liées au varroa (d'après un vieil apiculteur que je cotoyais de temps en temps). Dans le même temps, j'ai vu, dans mon vaste potager-verger, une véritable explosion des bourdons de terre, espèce que je connaissais à peine avant ainsi que de syrphes, mais qui sont des diptères. Les bourdons de terre n'étaient donc pas sensibles aux traitements aux néonicotinoïdes. Quand les abeilles sont revenues, sans que les cultures autour de chez moi aient changé, la population de bourdons de terre a immédiatement régressé. Je crois que la nature a horreur du vide et que tout s'équilibre rapidement dans un sens ou un autre, quand une perturbation survient. Je précise que durant toutes ces années, je n'ai jamais eu de diminution de récoltes sur mes fruitiers allogames, loin de là, puisque sauf mauvaises récoltes clairement liées clairement aux intempéries, j'avais régulièrement besoin de passer des heures à enlever pommes et poires en excès. Et oui, une trop bonne fécondation de certains fruitiers peut aussi être une galère.... Trop de fleurs fécondés sur pommiers ou pruniers = petits fruits peu intéressants et branches qui cassent. Il faut faire le ménage, et c'est un sacré boulot.
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S
Bonjour,

Merci pour ces éléments d'observation.

Pendant un temps, j'allais chercher un petit-fils à la sortie d'une école près de laquelle on avait planté des buglosses d'Italie. La quantité de bourdons était extraordinaire.
I
Du coup est-ce que l'on sait pourquoi ces néonicotidoïnes sont peu voir pas dangereux pour les abeilels domestiques mais mortelles pour les abeilles sauvages ? Est-ce que ca s'explique par le fait que les abeilles domestiques ont évolué pour résister à ces traitements ?
Répondre
S
Bonjour,

Merci pour votre commentaire.

Je n'ai pas accès à la première publication qui rapporte des effets négatifs sur les "abeilles" sauvages. Je suis donc incapable de dire si ces effets sont importants -- suffisamment important pour justifier une interdiction des traitements de semences. De toute manière, le problème doit s'analyser de manière relative : vaut-il mieux ceci… ou cela ?

Quant à la différence d'effets, elle est peut-être due au mode de vie : solitaires, en petites colonies ou en grandes colonies.