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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Le coût des poulets à croissance lente

27 Septembre 2019 , Rédigé par Seppi Publié dans #élevage

Le coût des poulets à croissance lente

 

Jason Lusk*

 

J'ai déjà publié plusieurs articles sur l'offre et la demande de poulets à croissance plus lente. Les distributeurs sont de plus en plus appelés à passer à des races à croissance plus lente (souvent des races plus anciennes, « du patrimoine »), dans le but présumé d'accroître le bien-être des volatiles et le goût. L'inconvénient est qu'il est plus coûteux de produire du poulet avec ces races plus anciennes. Le Journal of Agricultural and Resource Economics vient de publier un article que j'ai co-écrit avec Nathan Thompson de l'Université Purdue et Shawna Weimer, professeure assistante en sciences avicoles à l'Université du Maryland, sur les coûts supportés par les producteurs qui optent pour des races à croissance plus lente et les répercussions sur le marché qui se produiraient selon nos projections si l’ensemble du secteur faisait de même. Ceci est une version mise à jour et révisée par des pairs de l'article dont j'avais déjà parlé sur mon blog.

 

Voici le résumé :

 

« Il y a eu une croissance substantielle de la productivité dans le secteur des poulets de chair ; cependant, des vitesses de croissance élevées pourraient nuire au bien-être des animaux, ce qui entraînerait des appels à utiliser des races à croissance lente. Cette étude montre que les coûts de production sont de 11 % à 25 % plus élevés par kilo pour les races à croissance plus lente que pour les races modernes, en fonction de l'objectif de production. Les primes de prix de gros nécessaires pour rétablir l'équilibre des marges nettes entre poulets à croissance rapide et poulets à croissance lente varient de 0,10 USD/livre à 0,36 USD/livre. Les coûts annuels d’une conversion de l’industrie à la croissance lente s’élèvent à 450 millions de dollars pour les consommateurs et à 3,1 milliards de dollars pour les producteurs. La volonté de payer des consommateurs devrait augmenter de 10,8 % pour compenser les pertes des producteurs. »

 

Vous n'aimez pas certaines de nos hypothèses ? Nous avons également créé un outil sur Excel qui permet à l’utilisateur de modifier les hypothèses de prix en entrée et en sortie, ainsi que d’autres paramètres du modèle, et de voir comment varient les coûts et les nombres de jours optimaux d’alimentation pour des races à croissance plus lente et plus rapide. L'outil met à jour de manière dynamique les graphiques comme celui ci-dessous. Essayez par vous-même !

 

 

 

 

_____________

 

 

* Jayson Lusk est un économiste de l'agriculture et de l'alimentation. Il est actuellement professeur distingué et chef du Département de l'Économie Agricole de l'Université de Purdue.

 

Source : http://jaysonlusk.com/blog/2019/9/11/the-cost-of-slow-growth-chickens

 

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Hbsc Xris 27/09/2019 09:19

Très intéressant. En fait avant de quitter la France pour les tropiques, je n'avais jamais élevé de poulets. Un ami plus âgé que moi m'avait expliqué ne pas comprendre comment on pouvait faire un "gros" poulet en 45 jours ou en 2 mois et à 100% ou 80% de céréales (ça qu'est que cela me fait rire, le poulet est omnivore !). De son temps, m'avait-il expliqué, avant que la pullulation des renards, belettes et fouines, interdisent de lâcher les poules le matin, même (et surtout) si on est en rase campagne, il fallait 6 mois pour faire une volaille à manger, et encore elle ne se prêtait guère au poulet rôti de notre époque. Et bien depuis 3 ans, j'ai essayé plusieurs races, qui courent toute la journée dans mes pâtures. J'ai la chance de ne pas avoir de prédateur sauf pour les poussins que j'enferme le temps qu'il faut. Et bien oui, je confirme un poulet vraiment et complètement élevé en plein air avec juste une poignée de son le soir, comme faisait mes grands parents et des débris végétaux à la saison sèche, et bien il faut au moins 6 mois pour qu'il atteigne un poids correct. Et effectivement également, ayant beaucoup couru à une cinquantaine sur 3 ha, (avec un petit troupeau de petits ruminants) et bien la viande est dure et ne correspond absolument pas aux attentes des consommateurs. Bon, on les adore au pot et j'ai des amis qui m'en demandent quand même en troc, mais ce ne sont que des gens des campagnes, les citadins ne mangent pas ce genre de viande.
Je n'ai pas évalué le coût de cet élevage, mais il va de soit que je ne pourrais en vivre. Rien que les clôtures, cela coûte un brin.

Seppi 04/10/2019 10:56

Bonjour,

Merci pour ce complément.

On pourrait ajouter : voilà un début d'explication au fait que les habitants des grandes villes africaines (et d'ailleurs) préfèrent acheter des cuisses de poulets standards congelées plutôt que des poulets bicyclette (outre la question du plumage et de la préparation).