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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

De nouvelles technologies de sélection sont nécessaires pour répondre à la demande croissante de blé, avertissent des scientifiques

15 Septembre 2019 , Rédigé par Seppi Publié dans #Afrique, #CRISPR

De nouvelles technologies de sélection sont nécessaires pour répondre à la demande croissante de blé, avertissent des scientifiques
 

Nkechi Isaac*

 

 

 

 

De nouvelles technologies et de nouvelles politiques sont nécessaires pour répondre à la demande de blé qui croît en flèche et devrait augmenter de 50 à 60 % d’ici 2050.

 

C’est ce qu’il faut retenir du récent Congrès International du Blé (International Wheat Congress – IWC) à Saskatoon, au Canada, qui a attiré plus de 900 délégués de 50 pays différents, notamment des chercheurs du Centre International pour l’Amélioration du Maïs et du Blé (CIMMYT), du Centre International de Recherche Agricole dans les Zones Arides (ICARDA), du Partenariat International sur le Rendement du Blé (International Wheat Yield Partnership – IWYP), du projet Apporter un Gain Génétique en Blé de l'Université Cornell (Cornell University’s Delivering Genetic Gain in Wheat project – DGGW) et de l'Université de la Saskatchewan.

 

Quelque 2,5 milliards de consommateurs dans 89 pays dépendent déjà du blé comme aliment de base, et la demande devrait augmenter considérablement, la population mondiale dépassant les 9 milliards en 2050 et les urbains achetant des plats préparés 6,3 milliards. Avec environ 15 % des terres arables de la planète semées en blé, cette ancienne céréale est la culture vivrière de base la plus cultivée dans le monde. Elle est donc essentielle à la sécurité alimentaire mondiale. Cependant, le blé est menacé par les changements climatiques, les conditions météorologiques variables, les maladies, les ravageurs et de nombreux autres problèmes.

 

« Le fait est qu'entre maintenant et 2030, il nous reste 10 cycles de végétation pour produire suffisamment de nourriture pour nourrir un milliard de personnes supplémentaires et entre 2030 et 2050, il n'en restera que 20 pour produire suffisamment de nourriture pour un autre milliard de personnes », a déclaré Joyce Irene Boye, directrice générale de l'agriculture et de l'agroalimentaire, Direction Générale des Sciences et de la Technologie du Canada - Région des Prairies.

 

« Le temps est venu de travailler ensemble pour veiller à ce que nous ayons à manger pour le monde, c'est maintenant », a-t-elle ajouté, exhortant les délégués au congrès à déterminer comment produire suffisamment de blé pour que la population croissante du monde ait de quoi se nourrir.

 

Les scientifiques ont relevé que les pratiques modernes de sélection du blé destinées aux systèmes d’agriculture à fort apport d’intrants sont susceptibles de promouvoir les gains génétiques et la stabilité dans un large éventail d’environnements et de conditions de culture, et qu'elles profitent non seulement aux agriculteurs exploitant à grande échelle et utilisant des intrants importants, mais également aux petits exploitants pauvres en ressources qui n'utilisent pas de grandes quantités d'engrais, de fongicides et d'autres intrants.

 

Une recherche avancée en matière d'amélioration des plantes peut fournir plus rapidement aux agriculteurs des variétés de blé améliorées pour leur rendement, leur résistance aux maladies, leur résistance à la chaleur et à la sécheresse, ainsi que pour leur qualité nutritionnelle et de transformation.

 

Ce que l'Afrique peut apprendre du Canada

 

Le Canada, l’un des plus importants producteurs de blé au monde, est un modèle pour son succès dans l'utilisation de la recherche et de l’innovation en agriculture. Cependant, l'insécurité alimentaire reste un défi majeur dans les pays en développement, en particulier en Afrique, en dépit de progrès sociaux et économiques majeurs. Les aliments à base de blé constituent le principal aliment de base en Afrique. L'augmentation de la population a également entraîné une augmentation rapide de la demande de blé, mais la production est insuffisante et les pays consommateurs utilisent les réserves de change pour importer des céréales chaque année.

 

Bekele Abeyo, scientifique senior au CIMMYT, a déclaré à l'Alliance pour la Science que bien que cette espèce cultivée ne soit pas la solution pour tous les pays, il y a un grand potentiel pour que les régions productrices de blé en Afrique améliorent ou développent leur production de manière durable en adoptant la recherche et des solutions technologiques innovantes qui peuvent améliorer le blé.

 

« Ce que l'Afrique peut apprendre du Canada et d'autres pays producteurs de blé comme les États-Unis, c'est comment utiliser les technologies existantes afin de les produire localement et d'investir nos ressources pour développer la recherche afin de produire davantage de technologies afin que nous puissions les utiliser en Afrique pour devenir auto-suffisants », dit-il.

 

Le sélectionneur de blé et phytopathologiste a exhorté les pays africains producteurs de blé à investir dans la recherche et le développement afin de parvenir à l'autosuffisance.

 

« La meilleure chose à faire pour l’Afrique est de connaître ses ressources et d’investir dans la recherche pour développer des technologies qui peuvent changer les moyens de subsistance en augmentant la production et la productivité des espèces qu'on y cultive », a déclaré Abeyo. « Cela signifie que, comme nous dépensons beaucoup de devises fortes pour les importations, si nous investissons un petit montant dans la recherche et utilisons un petit nombre de technologies, nous pouvons augmenter notre production et devenir autosuffisants. »

 

 

La nécessité de politiques favorables au développement

 

Le Dr Sanjaya Rajaram, lauréat du Prix Mondial de l'Alimentation 2014, a souligné l'importance pour les gouvernements de promulguer des lois permettant le déploiement de technologies innovantes susceptibles d'améliorer la production et d'assurer la sécurité alimentaire de l'Afrique.

 

L'agronome a expliqué que les chercheurs ne peuvent pas utiliser de nouvelles approches, telles que l'édition de gènes, pour améliorer les gains génétiques et l'efficacité de la sélection s'il n'existe pas de loi favorable au développement garantissant de telles technologies. « La stratégie doit être révisée de manière à ce qu'elle soit prise en compte localement », a-t-il déclaré. « Cela doit être fait correctement. »

 

Rajaram a maintenu que l'Afrique possède de vastes étendues de terres, mais qu'elle a encore besoin de politiques appropriées pour utiliser une technologie pouvant profiter aux chercheurs, aux agriculteurs et à la société en général. L’Afrique est totalement prête à utiliser les technologies émergentes pour nourrir sa population croissante, sans lesquelles elle ne sera pas en mesure de produire suffisamment de nourriture pour la population, a-t-il noté.

 

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* Source : https://allianceforscience.cornell.edu/blog/2019/08/new-breeding-technologies-needed-meet-skyrocketing-demand-wheat-scientists-warn/

 

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