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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Dans l'Opinion : « Erik Fyrwald (Syngenta): "L’alimentation, c’est 25% des émissions de gaz à effet de serre. Il faut réduire cette empreinte" »

8 Septembre 2019 , Rédigé par Seppi Publié dans #critique de l'information

Dans l'Opinion : « Erik Fyrwald (Syngenta): "L’alimentation, c’est 25% des émissions de gaz à effet de serre. Il faut réduire cette empreinte" »

 

Glané sur la toile 391

 

 

« Erik Fyrwald (Syngenta): "L’alimentation, c’est 25% des émissions de gaz à effet de serre. Il faut réduire cette empreinte" » est un entretien accordé à Mme Emmanuelle Ducros et publié dans l'Opinion.

 

Nous n'aimons pas le titre !

 

Nous n'aimons pas le chapô :

 

« Erik Fyrwald: "L’agriculture biologique pose de bonnes questions mais elle n’est pas une solution à la préoccupation la plus importante du moment : le réchauffement climatique" ».

 

Nous sommes ravis par le reste.

 

Cela mérite explication.

 

En premier lieu, nous pensons que la préoccupation la plus importante du moment doit être d'améliorer le situation alimentaire du moment et de préparer l'avenir.

 

Parler du monde de 2050 et de ses 9,7 milliards d'habitants prévus, c'est aussi parler des projets de recherche dans les domaines de l'amélioration des plantes et de la protection des plantes – par des « pesticides » dits « chimiques » ou « de synthèse » ou par des solutions autres comme le biocontrôle – dont une grande partie ne se matérialiseront sur le terrain qu'à cet horizon de temps compte tenu de la durée de la recherche-développement, des procédures administratives et de la diffusion-vulgarisation.

 

Il faut cesser de s'adonner au court-termisme politique et médiatique.

 

En second lieu, et pour en rester au climat, nous avons un problème avec les 25 % des émissions de gaz à effet de serre attribués à l'alimentation.

 

Il faut cesser de mettre l'agriculture et l'alimentation au banc des accusés climatiques.

 

Reprenons du rapport du GIEC :

 

« Environ 25-30 % des émissions totales de GES sont imputables au système alimentaire. Celles-ci proviennent de l'agriculture et de l'utilisation des terres, du stockage, du transport, de l'emballage, de la transformation, de la vente au détail et de la consommation (niveau de confiance moyen). Cette estimation inclut les émissions de 10 à 12 % provenant des activités de culture et d’élevage dans les exploitations et de 8 à 10 % de l’utilisation et des changements dans l’utilisation des terres, y compris la déforestation et la dégradation des tourbières (niveau de confiance élevé) [...] »

 

Il faut cesser de faire l'amalgame entre alimentation et agriculture et, pour celle-ci, mélanger ce qui relève de l'activité agricole en tant que telle et ce qui relève de choix (ou de non-décisions) politiques. Ainsi, la déforestation n'est pas intrinsèquement liée à l'agriculture.

 

Il faut aussi préciser les équations s'agissant des cycles des gaz à effet de serre et tenir compte de la séquestration temporaire ou à long terme du carbone. Par exemple, le méthane roté par une vache, c'est du gaz carbonique transformé en aliment qui, si cet aliment n'avait pas été ingéré, serait redevenu à brève échéance du gaz carbonique (sauf séquestration). Et ce méthane redevient à l'échéance de la décennie du gaz carbonique.

 

En bref, il faut faire cesser l'hystérie sur l'agriculture et le climat, la première étant du reste une réponse (temporaire) pour le second grâce à la séquestration du carbone dans le sol (l'initiative 4 pour mille en ayant été une traduction politique).

 

En troisième lieu, nous ne pensons pas que « [l']agriculture biologique pose de bonnes questions ».

 

Il s'agit d'un système idéologique quasi-religieux qui s'impose des contraintes sans s'être posé des (bonnes) questions. Et il s'agit d'un système qui tente de les imposer à l'agriculture qui nous nourrit (et répond ou peut répondre aux divers défis climatiques).

 

Mais cela laisse du champ pour de nombreuses observations fort pertinentes et fort utiles. Cela commence fort. Réponse à la première question :

 

« Il y a toujours eu des gens pour remettre en cause la technologie, en opposant une recherche sophistiquée, basée sur la science, à une naturalité considérée comme saine et innocente, meilleure pour eux. Il en résulte aujourd’hui l’opposition artificielle entre l’agriculture conventionnelle et l’agriculture biologique. L’une est, à tort, perçue comme étant mauvaise et toxique, l’autre, à tort aussi, comme totalement bonne. Cela repose sur des présupposés faux. D’abord, celui que l’agriculture biologique n’utilise pas de pesticides. Elle en utilise massivement : sur les fruits, les volumes peuvent être dix fois supérieurs à ceux utilisés en agriculture conventionnelle – c’est ce que nous constatons par exemple sur la culture des pommes en Nouvelle-Zélande. On ne parle pas de produits anodins. Le cuivre, par exemple, a beau être naturel, il n’en reste pas moins un métal lourd dont les autorités européennes de sécurité sanitaire estiment qu’il n’a pas d’usage sûr. Il reste cependant autorisé. Ensuite, l’idée selon laquelle l’agriculture biologique est sans conteste meilleure pour l’environnement. Ses rendements étant très inférieurs à ceux de l’agriculture conventionnelle (de 30 à 35 % en moyenne et jusqu’à 50 % pour le blé), elle nécessite des surfaces cultivées beaucoup plus importantes pour produire la même quantité de nourriture. Cela signifie que pour développer d’avantage une agriculture biologique à l’échelle mondiale, il faut accélérer la déforestation. En outre, l’agriculture conventionnelle, contrairement à l’agriculture biologique, peut éliminer l’utilisation du labour des sols grâce à l’utilisation de technologies et ainsi séquestrer le carbone dans les sols et ne pas le libérer dans l’atmosphère. »

 

Ou encore :

 

« Mais la défiance généralisée pousse plutôt à croire que l’on ferait mieux de cultiver sans rien, sans protéger les cultures contre les ravageurs et les maladies. Les personnes qui rejettent cela ne doivent pas comprendre que, sans protection des cultures, nous perdrions 70 % des récoltes de riz, la moitié des récoltes de maïs et de pommes de terre, 45 % des récoltes de soja et un quart du blé mondial. Nous croyons à l’ouverture et à la pédagogie. Nous partageons les données de nos études. Nous voulons des règles strictes pour les évaluations. Les contraintes sur les phytosanitaires sont de plus en plus fortes et c’est tant mieux… A condition que cela soit basé sur des faits et de la science. »

 

Pour le reste... allez sur site.

 

 

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A
«Evidemment ! L’industrie des phytosanitaires a, par exemple, permis par le passé le développement de grandes zones de monocultures, comme le maïs. C’était une erreur : c’est néfaste pour les sols à long terme. L’agriculture biologique a remis l’accent sur la nécessité de la rotation des cultures. En alternant maïs et protéagineux comme des pois ou du soja, on peut recharger le sol en azote et éviter son appauvrissement.» dit le boss de Syngenta.<br /> <br /> C'est faux. Le maïs grain se cultive très bien en monoculture. La majorité de la biomasse retourne au sol et sert de couvert durant l'hiver (en système de semis-direct). C'est en réalité une des rares plante qui tolère bien la monoculture. Essayez la même chose avec le soja et vous aurez des surprises. Enfin la bio n'a mis l'accent sur rien du tout. La rotation est la première stratégie à la ferme pour augmenter les profits, lutter contre les mauvaises herbes et maladies. Avec ce paragraphe il prend vraiment les gens pour des cons. Ce qui est d'autant plus étonnant quand on sait que Syngenta a racheté Northrup King pour en faire sa marque de semence qui fut pionnière dans l'introduction des OGM en amérique et propulsant de facto la monoculture de maïs sur le devant de la scène.
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S
Bonjour,<br /> <br /> Merci pour votre commentaire.<br /> <br /> Bien d'accord. <br /> <br /> Du reste, je ne pense pas que ce soient l'agrochimie qui a permis les immenses champs de blé de la défunte URSS.<br /> <br /> Saviez-vous que Krouchtchev était un grand agronome ? Il semait le blé en Ukraine et le récoltait au Canada… dans les deux cas dans des "monocultures"
I
Bon après les biotausaurus répondent, et ils n'ont pas tort, qu'une patrie des céréales et légumineuses cultivés sont données aux animaux d'élevage, donc, avec moins de rendement, on pourrait nourrir l'humanité si on se débarasse de l'élevage.<br /> <br /> Quelques remarques à cette objection <br /> <br /> 1) dans plusieurs cas, les légumineuses qu'on donne aux animaux d'élevage sont en fait le tourteaux et l'huile issue est conservée pour la nourriture humaine, donc, on risque de perdre des ressources en huile. <br /> <br /> 2) Les rendements que l'on perd seront égaux à ce que l'on donne aux animaux d'élevage ? inférieurs ? ou supérieurs ? En ce dernier cas la sécurité alimentaire humaine en prendra un coût. <br /> <br /> 3) bon là 'est général mais a nourriture pour les animaux de compagnie ? Non parce que la nourriture qu'on donne aux chiens, chats, cochons d'Indre, hamsters et autre cochonneries c'est de la nourriture qui pourrait être donnée à de vrais humains. Je suis toujours surpris de voir les biotausaurus et certains écolos dénoncer le fait que l'on donne de la nourriture humaine à des animaux d'élevage mais ne jamais protester quand nous en donnons aux animaux de compagnie. Pourtant si on suit leur logique la meilleure solution c'est de se débarrasser de l'élevage et des animaux de compagnie.
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S
Bonjour,<br /> <br /> Merci pour votre commentaire.<br /> <br /> Les choses de l'agriculture et de l'alimentation sont effectivement plus compliquées que les préconisations des YAKA FÔKON.<br /> <br /> La dernière remarque est fort pertinente.
J
25 % pour l'alimentation.au niveau mondial la part du revenu consacré a l'alimentation dépasse ce % pour une majorité de la population .secondo dans les chiffres du GIEC avec leur simplisme du cycle du carbone l’absorption du CO2 par les plantes est sous estimé d'oùcette bonne remarque sur une sequestration plus ou moins longue<br /> Concernant les surfaces :l(artificialisation des terres: batiments,maisons,stades,routes ,zones industrielles) quelqu'un peut il me dire si cela fait partie des 4,5% ou3,9% rapporté a l'agriculture sinon où le GIEC a t il fourré ce problème ?
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S
Bonjour,<br /> <br /> Merci pour votre colle !<br /> <br /> Mais je n'ai pas la réponse. En fait, au lieu de nous noyer sous un déluge de chiffres, le GIEC ferait bien de produire un tableau synthétique avec toutes les explications nécessaires.<br /> <br /> 25 % pour l'alimentation ? Cela devrait inclure des choses comptabilisées par ailleurs, style transport.
R
Vous avez raison mais je vois ça comme un passage obligé , une concession faite à la pensée unique ambiante : s'il ne commence pas son discours comme ça , personne ne va lire l'interview : c'est le classique : je suis d'accord avec vous , MAIS ...
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S
Bonjour,<br /> <br /> Merci pour votre commentaire.<br /> <br /> Effectivement, on peut le voir comme ça. Mais ça ne fait pas avancer la compréhension des problèmes et des vrais enjeux.