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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

« Toutes ces idées qui nous gâchent la vie » de Mme Sylvie Brunel

10 Août 2019 , Rédigé par Seppi Publié dans #Recension

« Toutes ces idées qui nous gâchent la vie » de Mme Sylvie Brunel

 

 

« Toutes ces idées qui nous gâchent la vie » de Mme Sylvie Brunel (éditions JC Lattès) est un ouvrage qui s'avale avec bonheur et consternation.

 

Bonheur, parce qu'il nous rappelle un certain nombre de choses qui méritent d'être dites... Consternation, parce qu'il faut précisément dire et redire ces choses.

 

Une petite chose illustre le propos : la dédicace :

 

« À mes enfants, qui ont la chance de vivre dans un monde bien meilleur que celui où j'ai grandi. »

 

Les enfants, parlons-en... quand on voit la « formidable » instrumentalisation d'une Greta Thunberg et le non moins formidable gâtisme d'une partie des sociétés occidentales et plus particulièrement de ses décideurs :

 

« La question n’est pas de savoir quelle planète nous allons laisser à nos enfants, mais de nous demander quels enfants nous allons laisser à la planète si une vision erronée de la nature et de l’humanité devient la norme, si nous nous engageons dans des choix difficiles à assumer et porteurs d’exclusions pour une partie de la population, au nom de présupposés qui n’ont aucun fondement scientifique, de menaces brandies par de faux prophètes qui nous mènent tout droit vers de nouvelles guerres sociétales. »

 

Les faux prophètes, on les a aussi en quatrième de couverture avec une description des plus pertinentes :

 

« Non, nous ne courons pas vers la fin du monde ! Non, tout ne va pas de mal en pis ! Remettons un peu de sérénité dans nos existences.

 

Changement climatique, écologie, alimentation, biodiversité, animaux, énergie, développement... De faux prophètes, qui détestent l'humanité et travaillent surtout à leur petit commerce, nous affirment que l'homme est mauvais et la nature merveilleuse, que le passé était mieux, et que l'avenir sera terrible si nous ne nous amendons pas.

 

Culpabilisation, repentance, expiation, la recette est vieille comme le monde. Après avoir travaillé dix-sept ans dans l'humanitaire, Sylvie Brunel, géographe, écrivain, professeur à Sorbonne Université, nous explique dans ce livre positif pourquoi il ne faut pas avoir peur, ni du présent, ni du futur. Nous avons toutes les solutions pour vivre ensemble, en paix, sur une terre que l'humanité sait rendre plus belle et plus durable encore. »

 

Voilà résumé ce texte dense et aussi virevoltant que sa parole, malheureusement trop peu entendue dans des médias qui préfèrent tendre le micro aux prêcheurs de l'Apocalypse. Il aborde de nombreux sujets à titre principal ou incident. Mme Sylvie Brunel nous offre une conclusion en guise d'appel au retour du bon sens, de la raison et de l'optimisme :

 

« VERS UN MONDE MEILLEUR

 

S'interroger sur le passé et comprendre les défis du présent sont les seules façons d'appréhender l'avenir avec bienveillance, tolérance et sérénité. L'Humanité n'est pas en guerre, ni contre la Planète, ni contre le Climat. Ce sont au contraire les sociétés qui, lorsqu'elles le souhaitent, rendent belle et habitable la terre.

 

La géographie convoque le temps et l'espace pour comprendre le monde. Elle se veut englobante et multi-dimensionnelle, travaille à différentes échelles, apprend à toujours relativiser. Les condamnations et la désespérance ne sont pas de mise dans cette discipline, qui doit d'abord nous servir à faire la paix, avec nous-mêmes, avec les autres, et avec le monde.

 

Chaque fois que l'homme en fait une priorité, il a le pouvoir de changer son cadre de vie, de sauver des espèces, d'inventer de nouvelles façons d'habiter la terre. La Nature n'existe pas indépendamment des hommes. Ils en bénéficient, mais ils la subissent aussi. Elle n'est ni bienveillante, ni cruelle. Elle est, tout simplement. Seul l'être humain porte en lui un dessein intelligent, qui le conduit à la transformer, selon des attentes qui changent selon les époques et les lieux.

 

Le monde de demain sera différent de celui d'aujourd'hui. Nous n'avons aucune idée de la façon dont vivront les générations futures, de ce qu'elles souhaiteront, de la façon dont elles se pencheront sur notre époque. Sans doute souriront-elles de nos peurs, comme nous sourions de celles de l'an mil, et même de celles de l'an deux mille. Peut-être seront-elles désolées à l'idée que nos croyances nous ont conduits vers de mauvais choix.

 

Nous n'avons aucune idée de ce que sera le monde de demain. Mais la peur a toujours été mauvaise conseillère. Préparons-nous sereinement à l'incertitude. Apprenons à répondre aux défis de la nature, du nombre, du changement, sans chercher de boucs émissaires, ni nous imposer de sacrifices inutiles. Car jamais l'être humain n'est meilleur que lorsqu'il a confiance.

 

C'est cette confiance en l'avenir que ce livre s'est donné pour but de transmettre. J'espère qu'il l'a atteint. »

 

L'espoir fait vivre...

 

Mme Sylvie Brunel a eu la possibilité de mettre le curseur entre un pensum didactique, bien aseptisé, et un pamphlet décapant, parfois cinglant. Elle a choisi la seconde option qui transparaît dès les têtes de chapitre : « Fin du monde ? Bien sûr que non ! », « L'aubaine écologique », « L'Apocalypse redondante », « Malthus, sors de ce corps ! », « Le grand bal des hypocrites », « La question de l'énergie, ou l'écologie pour les nuls », ou encore « La haine de l'humanité ».

 

Les rationalistes confiants dans le génie humain apprécieront. À condition évidemment qu'ils lisent l'ouvrage –peu promu par les médias... comme c'est bizarre – les défaitistes pour qui tout est déjà foutu ou qui hébergent encore un mince espoir de salut – à condition que l'Humanité (lire : les autres) s'engage dans une formidable « rétrolution » pas plus tard qu'avant-hier – seront sans doute rebutés. Mais par quoi ? Les formules au vitriol leur fourniront un joli prétexte pour se claquemurer dans leurs certitudes.

 

Et entre les deux ? L'ouvrage fera sans doute réfléchir, autant sinon plus que le « C'était mieux avant » de M. Michel Serres, qui avait joué sur le registre de l'anecdote. Car il assène nombre de vérités dérangeantes sur le présent et sur l'avenir que nous subirons si nous succombons à l'hystérie.

 

Nous formulerons donc l'espoir que ce livre sera lu et digéré par les décideurs politiques qui, par naïveté ou démagogie, ont épousé les thèses qui, loin de « sauver la Planète et le Climat », nous mènent à la ruine.

 

Deux chapitres exposent plus particulièrement les grands enjeux. Tout d'abord « Au service de la Chine » :

 

« En voulant à tout prix s'amender d'une faute qu'elle a déjà largement réparée, par son aide généreuse, par ses politiques écologiques avancées, l'Europe prépare son dépérissement et la domination annoncée de la Chine, qui ne la considère plus déjà que comme une périphérie
dépendante, en passe d'être digérée, parant de beaux noms qui nous font rêver (Nouvelles Routes de la Soie !) les stratégies de domination vieilles comme le monde.

 

L'Empire du Milieu sourit de voir les flagellants européens dérouler le tapis rouge de leur contrition au grand retour de sa suprématie. La collapsologie, la peur du changement climatique, les discours apocalyptiques, quelle "magnifique opportunité" […]. »

 

Et « Fin du monde et fin de mois » :

 

« La grande révolte populaire des classes moyennes, lasses d'être ponctionnées de tous les côtés au nom des générations futures et du sort de la planète, voilà ce que dit le mouvement des gilets jaunes. Et même s'ils se radicalisent, s'ils sont parfois dévoyés par une récupération d'extrémismes opportunistes, leur message mérite d'être entendu. Pour construire une société durable, il faut restaurer la confiance en l'avenir et la fierté de ce qu'on est. Pas agiter des peurs et inventer des vexations multiples et permanentes pour disqualifier l'histoire, les victoires et le labeur acharné des personnes qui ont cru, sincèrement, qu'elles pourraient améliorer leur vie et celle de leurs enfants. Et sont renvoyées brutalement à un sentiment de précarité et à la remise en question de leurs choix, de leurs efforts, de leurs espoirs. »

 

L'ouvrage se termine, avant le message d'optimisme précité, sur deux chapitres sur l'agriculture : « Sauver l'élevage » et « Rendons leur fierté à nos agriculteurs ».

 

Extrapolons : rendez leur fierté aux Français... et surtout leur avenir.

 

 

Post scriptum

 

Quelques données sur l'état du monde ici.

 

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Il est là 10/08/2019 10:11

J'ai lu des passages de l'ouvrage (pas tout le livre) mais je suis réservé sur elle. Elle remet ouvertement en cause des thèses du GIEC, or, le GIEC rassemble quand même les meilleurs climatologues du monde. Mme Brunel dit des choses intéressantes quand elle dénonce la haine de l'humanité grandissante (que je constate de plus en plus) ou quand elle appelle à redonner leur fierté à nos agriculteurs. Mais quand elle remet en cause les thèses du GIEC je ne suis plus d'accord, je pense qu'elle n'a pas plus de légitimité pour remettre en cause les plus grands experts en sciences du climat que des non-chercheurs en biotechnologie végétale ont de légitimité pour remettre en cause l'avis de la majorité des chercheurs sur les OGM.

Désolé , Seppi, mais je n'adhère pas complètement à son discours... même si encore une fois elle ne dit pas que des choses fausses.

Seppi 11/08/2019 13:51

@ Jacques Lemiere le samedi 10 août 2019 à 20:25

Bonjour,

Merci pour votre commentaire.

Je me pose bien des questions en parcourant leur dernière production...

Seppi 11/08/2019 13:49

Bonjour,

Merci pour votre commentaire.

Je n'avais pas l'intention de produire un infomercial. Pour moi aussi, il y a des choses qui me déplaisent (un peu).

Et pour le GIEC, je pense qu'il est indispensable qu'il y ait des voix discordantes pour que les thèses largement véhiculées -- à propos de l'avenir -- ne deviennent pas une vérité d'Evangile, une parole divine. Je n'ai pas d'opinion sur cet avenir, mais je pense par exemple qu'il est bon de dire que le réchauffement climatique ouvrira de nouveaux espaces à l'agriculture ou favorisera les activités agricoles dans d'autres… Poutine se frotte les mains à l'idée que les antinucléaires et fadas du renouvelable européens font gonfler ses ventes gaz, augmenter le CO2 atmosphérique et réchauffer les froids plaines de Russie et de Sibérie.

Jacques Lemiere 10/08/2019 20:25

que retirez vous du giec exprimé en termes scientifiques conventionnels?
le message qui est donné au public repose sur un AVIS d'experts..comme son nom l'indique d'ailleurs.