Les médias en délire : maman moustique et ses bébés, de M. Aymeric Caron
(Source)
« Que fait-on si l'on est antispéciste et que l'on est attaqué par des moustiques ? » C'est la question qui a/aurait été posée à M. Aymeric Caron sur sa Web télé, Komodo.tv à l'ambitieuse mission :
« Expliquer et protéger le vivant. Défendre le droit des animaux et des êtres vivants en général. Mieux connaître notre planète et les espèces qui l'habitent. Etre conscient de nos devoirs à leur égard.
Telles sont les valeurs de KOMODO.TV, portées par Aymeric Caron et son équipe.
Les journalistes, les scientifiques et les militants de KOMODO.TV ont une ambition commune: faire avancer la cause du vivant sous toutes ses formes.
Leur exigence éditoriale a un prix:
5 euros par mois (avec un premier mois d’essai gratuit) ou 50 euros par an.
Et si vous avez moins de 25 ans: seulement 2,50 euros par mois (avec un premier mois d’essai gratuit) ou 25 euros par an. »
Nous n'avons pas cherché à élucider l'énigme mathématique des 5 euros mensuels (ou 2,50) et 50 euros annuels (ou 25)...
Des gens doués ont extrait la substantifique moelle des 5 minutes 48 d'explications diffusées le 30 juillet 2019, par exemple ici. Précisons : c'est M. Aymeric Caron qui a mis cet extrait sur Twitter, manifestement pour faire le buzz (il reprochera par la suite à ses détracteurs de n'avoir visionné que cet extrait...). Retenons ces phrases fortes :
« Si les femelles moustiques piquent, c'est pour une raison. C'est parce qu'elles cherchent dans le sang de leur victime des protéines pour nourrir leurs œufs en développement et donc leurs bébés. [Ainsi, l'antispéciste guetté ou attaqué] a en fait affaire à une mère de remplir son rôle de future mère. […] ce moustique [...] est en fait une dame qui risque sa vie pour ses enfants en devenir et qu'elle n'a pas le choix. »
Il va de soi que les gazouilleurs se sont déchaînés sur Twitter avec des salves de sarcasmes.
Certains journaux ont aussi trouvé matière à remplir leurs pages, parfois avec un petit florilège de gazouillis.
(Source)
Ainsi, l'Aisne Nouvelle titre « Quand Aymeric Caron parle de "dame" pour le moustique, la polémique gronde sur les réseaux sociaux », avec en chapô :
« L’ancien chroniqueur télé, Aymeric Caron, défend les animaux. À tel point qu’il s’est fendu d’une vidéo sur une forme de défense des moustiques. Entre humour et polémique, retour sur ce qu’il s’est passé. »
Le Courrier Picard évoque aussi en chapô des « tentatives d'humour » invoquées par M. Aymeric Caron pour tenter un rétablissement.
Admettons pour les besoins de la démonstration ; car, en fait, c'était du premier degré, tout à fait sérieux. On reste dans le registre de l'information : il a dit sur sa Web télé... ils ont écrit sur Twitter... Il a... quoi donc ?
Il a eu un gros coup de main de ses potes des médias... notamment BFM TV pour se justifier et se dédouaner :
« Moi personnellement je les tue les moustiques et je n’en suis pas fier, mais c'est ce que je fais. Je parle de tout ça avec une certaine forme d'humour mais est-ce qu'il est encore autorisé de parler de sujets que je juge léger, et avec un second degré voire une forme d'autodérision ? »
Êtes-vous sûrs, BFMTV, qu'« [a]près sa vidéo polémique sur les moustiques, Aymeric Caron évoque le second degré » résume bien les 6:17 minutes que vous lui avez accordées ?
(Source)
C'est encore pire sur Twitter. Non, il ne s'est pas vraiment « retrouvé au centre des moqueries sur les réseaux sociaux », mais bien « sous le feu des critiques » exprimées par des moqueries et des sarcasmes.
L'Obs – de M. Arnaud Gonzague – lance aussi une bouée avec « Aymeric Caron : "Un ver de terre n’a évidemment pas le même rapport au monde qu’un humain" ». C'est derrière un péage mais on y apprend tout de même :
« S’est-il couvert de ridicule en soulignant que les femelles moustiques nous attaquent, nous mammifères, "parce qu’elles cherchent dans le sang de leurs victimes des protéines pour nourrir leurs œufs en développement et donc leurs bébés" ? Pour les ricaneurs patentés, oui. Pas pour les esprits ouverts au débat, ceux qui écoutent et réfléchissent avant de balancer les tomates.
Car on peut n’être pas d’accord avec Aymeric Caron. Le fait est, en tout cas, qu’il a, comme beaucoup de penseurs antispécistes, tel Peter Singer, un point de vue qui bouscule nos évidences. Cela n’est pas si fréquent, et mérite un minimum de respect. »
Il y a, M. Arnaud Gonzague, des « esprits ouverts au débat » qui trouvent qu'il s'est effectivement « couvert de ridicule ». Pas pour le motif fallacieux invoqué – quoique le propos ait été formulé de manière bébête – mais en raison des conséquences du fond du propos, abondamment exposées par les « ricaneurs patentés ».
Et que dire du Parisien ? « Vidéo sur les moustiques : Aymeric Caron juge "incompréhensible autant de haine" » ? Admettons qu'au premier abord ce soit de l'information car M. Aymeric Caron, à qui le Parisien a tendu le micro, se plaint effectivement d'avoir été maltraité, avec notamment :
« Cette petite vidéo sur les moustiques n'était vraiment pas pour moi un sujet où il y avait un enjeu. Et nous voilà dans une forme d'hystérie complètement irrationnelle, très inquiétante sur l'état de notre société, alors qu'il y a énormément de choses qui devraient nous mobiliser, comme la situation au Brésil ou l'attitude du gouvernement face à la mort de Steve .
Sur Twitter, la haine se déverse sur la première cible venue. Ce n'est pas le désaccord qui est problématique, c'est le degré de violence que ça a généré dans ce cas précis. J'ai reçu beaucoup de messages directs d'insultes et de commentaires désobligeants. On peut être en désaccord avec le point de vue que je défends, l'antispécisme, mais c'est une approche pacifiste. Il est incompréhensible que le pacifisme suscite autant de haine.
Mais au deuxième abord ? Il n'y aurait pas eu d'enjeu dans cette vidéo ? Ben voyons ! Est-il raisonnable d'évoquer une hystérie quand des internautes pointent les conséquences de la leçon de morale antispéciste ? Que viennent faire le Brésil et la mort de Steve dans cette diatribe ? Et le pacifisme ?
Au deuxième abord, était-ce donc une information qui valait la peine d'être rapportée ? Sans mise en perspective, cela va de soi... On est dans le style Pravda rapportant les déclarations de membres de la nomenklatura. Ou encore dans l'entre-soi corporatiste.
À l'heure où j'écris ces lignes, le premier commentaire qui apparaît sous l'article du Parisien (chronologiquement le dernier) dit :
« Il ne faut pas confondre haine et moquerie. La haine c'est quand, par exemple, on saccage une boucherie parce que l'on y vend de la viande... »
C'est là du bon sens qui semble échapper à certains milieux journalistiques...
Avec « Arrêter d’écraser les moustiques: le projet fou d’Aymeric Caron », le Figaro apporte un éclairage détaillé sur le prêche antispéciste de M. Aymeric Caron. En bref :
« ...Aymeric Caron a partagé en libre accès l’intégralité de sa réponse en vidéo, en enjoignant les internautes à l’écouter jusqu’au bout. Message reçu, Monsieur Caron! Nous avons donc écouté attentivement la réponse à cet épineux dilemme - et cela en valait la peine. Car en à peine cinq minutes, cette vidéo offre un précieux résumé de toutes les folies auxquelles les social justice warriors de la cause animale entendent nous soumettre. »
Appréciation de M. Aymeric Caron ? Peut-être une illustration de son « Sur Twitter, la haine se déverse sur la première cible venue »...
(Source du premier gazouillis)
Pour écrire cet article, il a évidemment fallu butiner sur la toile. Voici ce qui s'est présenté sur la page Twitter de l'Obs :
(Source)
Avez-vous conscience du fait que vous engagez votre responsabilité, au moins morale, en diffusant cette photo ?
Elle sert d'illustration à un article intitulé « Exclusif : la directrice de l’IGPN se défend d’avoir voulu dédouaner la police dans la disparition de Steve ». Comment dès lors interpréter cette image qui vient juste après le titre ? Voici le commentaire que j'ai posté :
« Comment faut-il interpréter l'illustration ? Faut-il comprendre que le titre de l'article -- et les explications de Mme B. J. -- sont des mensonges ?
Difficile de faire mieux pour attiser les désordres, pour susciter la haine de nos institutions démocratiques.
Les manifestants ont certes le droit de crier au massacre d'Etat, au carnage, à l'homicide, voire au meurtre; mais les médias ont la responsabilité de faire preuve de discernement et de mesure.
Vous êtes pour le moins décevants... »
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