Le Ghana envisage de nouvelles règles pour améliorer son système de gestion des OGM
Joseph Opoku Gakpo*
Le Parlement du Ghana étudie de nouvelles dispositions réglementaires qui faciliteront l'adoption en toute sécurité des organismes génétiquement modifiés (OGM).
Les règles, qui garantiraient la sécurité des aliments génétiquement modifiés et affineraient les procédures réglementaires, ont reçu l'aval du docteur Kwabena Frimpong Boateng, un médecin renommé, également Ministre de l'Environnement, des Sciences, de la Technologie et de l'Innovation du Ghana.
Dans un mémorandum au Parlement de 15 pages accompagnant le règlement de 2019 relatif à la biosécurité (gestion de la biotechnologie), Frimpong Boateng a écrit: « Face à une population mondiale en augmentation constante, et des besoins alimentaires qui en découlent, et l'estimation qu'un enfant meurt toutes les deux secondes de faim dans le monde, il y a de grandes chances pour que l'utilisation de cette technologie profite non seulement aux agriculteurs, mais également à la société ghanéenne. »
Il a ajouté : « La biotech crée également des aliments avec une meilleure texture, une meilleure saveur et une valeur nutritive améliorée, ainsi que des denrées à durée de conservation plus longue pour l'exportation. Enfin, la modification génétique peut créer un moyen durable essentiel de nourrir le Ghana. »
Le médecin réputé, qui a effectué la première opération à cœur ouvert au Ghana, a déclaré aux députés que les OGM peuvent aider à protéger l'environnement et à réduire l'utilisation de pesticides et d'engrais. « Et la technologie crée des aliments avec de meilleurs rendements, assurant ainsi une utilisation plus efficace des ressources en terres, une utilisation moindre d'herbicides et autres pesticides, et une utilisation réduite des machines sur les terres agricoles, protégeant ainsi l'environnement », a-t-il déclaré. « La salinité des sols est devenue un problème majeur dans l'agriculture au Ghana […] nous devons étudier la possibilité d'utiliser des gènes d'espèces de plantes tolérantes au sel dans nos espèces agricoles. »
Le Pr Kwabena Frimpong Boateng
Il a ajouté que la biotechnologie est aussi activement utilisée dans la micro-propagation d'arbres forestiers et de plantes horticoles et médicinales pour l’amélioration ou le développement de cultures vivrières à haut rendement résistant à des parasites et à la sécheresse, et de bio-fertilisants, ainsi que dans la formulation de nouveaux médicaments. « Les biotechnologies modernes peuvent créer des variétés de plantes mieux tolérantes à des herbicides pour lutter efficacement contre les mauvaises herbes ou résistantes à des parasites et autres maladies », a-t-il expliqué.
Le Règlement de 2019 sur la biosécurité permettrait de mettre en œuvre la loi de base – la loi de 2011 sur la biosécurité adoptée par le Parlement il y a huit ans – et d'ouvrir la voie à l'introduction d'aliments génétiquement modifiés dans le pays. Le document explique comment l’Autorité Nationale de Biosécurité (ANB) créée en vertu de la loi de base s’emploiera à garantir la sécurité des aliments génétiquement modifiés. Il établit également des comités spécifiques qui aideront l’autorité à réglementer les aliments génétiquement modifiés, les procédures de demande, les procédures à suivre pour obtenir des permis d’importation et d’exportation d’OGM, la surveillance et le contrôle des OGM, et l’éducation du public.
La mesure a été renvoyée au comité subsidiaire de la législation pour examen.
Dans son mémorandum au Parlement, le Ministre des Sciences et de la Technologie a noté que les OGM avaient un impact positif démontré sur la productivité agricole en termes de rendements et un potentiel important pour répondre aux besoins alimentaires du Ghana. Lors de l’élaboration du nouveau règlement, il a déclaré que l'on avait pris en compte le rôle de l’agriculture conventionnelle et biologique dans les systèmes de sécurité alimentaire du Ghana, qui nécessitaient notamment d’importants investissements, une utilisation intensive de pesticides, d’engrais et une main-d'œuvre abondante.
« Les technologies précitées (agriculture conventionnelle et biologique) sont pratiquées au Ghana depuis longtemps, mais n'ont pas été en mesure de fournir la sécurité alimentaire et sanitaire nécessaire en raison des inconvénients qui leur sont associés », a-t-il noté.
Ces types d’agriculture entraînent une « baisse de la productivité des sols due à l’érosion éolienne et hydrique. L'agriculture conventionnelle est la plus grande source non ponctuelle de polluants de l'eau […] L'agriculture biologique nécessite plus de travail […] les aliments étant plus chers », a-t-il expliqué.
« Les OGM ont le potentiel de remédier à ces inconvénients et deviennent donc une technologie complémentaire efficace », a déclaré Frimpong Boateng. « Ces règlements aideront le pays à mettre en place des mesures pour tirer le meilleur parti possible de la biotechnologie – une technologie qui aurait un impact significatif sur le programme de développement national, en particulier dans les domaines de l'agriculture et de la santé, tout en garantissant que les éventuels impacts négatifs seront pris en compte. »
Les scientifiques du Conseil pour la Recherche Scientifique et Industrielle (CSIR), la plus grande institution de recherche du Ghana, ont indiqué qu'ils avaient mené à bien des essais sur le niébé génétiquement modifié dans le pays et qu'ils présenteraient bientôt aux autorités de réglementation la demande d'approbation nécessaire pour le commercialiser.
Selon le ministre, le nouveau règlement fournira au pays le cadre nécessaire pour garantir que seuls les potentiels positifs des OGM seront exploités de manière sûre, protégeant ainsi l'environnement et la santé humaine. Il a reconnu que le développement, le transfert, la manipulation et l'utilisation non autorisés d'OGM peuvent avoir des effets néfastes sur l'environnement. Mais le règlement cherchera à habiliter l'Autorité Nationale de Biosécurité (ABN), que le ministre a qualifiée d'« autorité compétente », à faire en sorte « qu'une évaluation adéquate des risques pour l'environnement et la santé soit effectuée avant l'autorisation et qu'elle prenne les mesures jugées nécessaires pour protéger la santé humaine et l'environnement. »
« Ce [règlement] contribuera à garantir que les organismes qui peuvent être jugés nuisibles à la santé humaine et à l’économie du pays ne soient pas importés ou développés pour être utilisés dans le pays. Les régimes d'évaluation et de gestion des risques en vertu de la réglementation répondront de manière adéquate à ce problème », a-t-il noté. « Le nouveau règlement habilitera le comité consultatif technique constitué en vertu de la loi à examiner et, le cas échéant, à demander des informations supplémentaires pour établir la sécurité des OGM pour la santé humaine. Cela aidera également le conseil d'administration de la NBA à prendre des décisions éclairées afin de protéger la santé des Ghanéens. »
Frimpong Boateng a déclaré que l'approbation de la réglementation alignerait le Ghana sur tous les pays qui appliquent une législation nationale sur la biosécurité afin d'exploiter en toute sécurité les avantages des OGM par le biais d'approbations pour leur utilisation commerciale.
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* Source : https://allianceforscience.cornell.edu/blog/2019/06/ghana-considers-new-law-enhance-gmo-regime/
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