Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

La science sauve le châtaignier

21 Août 2019 , Rédigé par Seppi Publié dans #amélioration des plantes, #OGM

La science sauve le châtaignier

 

John Rigolizzo, Jr.*

 

 

 

 

Lorsque nous parlons d’un « old chestnut » (une vieille châtaigne), nous entendons généralement une histoire familière, parfois racontée si souvent qu’elle est devenue obsolète, mais peut-être aussi une histoire d'actualité et fiable. [Ma note : en français, un marronnier est en journalisme un article ou un reportage d'information de faible importance meublant une période creuse, consacré à un événement récurrent et prévisible.]

 

De toute façon, la phrase suggère une sorte de robustesse et de permanence, peut-être comme un vieux châtaignier qui a toujours été là.

 

Sauf que ces jours-ci, il n’y a presque plus de vieux châtaigniers dans l’est des États-Unis. Presque tous ont succombé à une maladie mortelle. Selon certaines estimations, quatre milliards d'arbres ont disparu. La biotechnologie est la seule chose qui puisse les ramener.

 

Il y a huit ans, j'ai écrit sur le sort des châtaigniers dans un article du Réseau Mondial d'Agriculteurs (Global Farmer Network). J'y décrivais les châtaignes comme un élément essentiel de la culture italo-américaine : dans ma famille, nous les grillions toujours à Noël et d'autres jours fériés. Le bois des arbres faisait aussi de beaux meubles. Je ne suis pas menuisier, mais mon grand-père l’était, et les châtaigniers sont une excellente source de bois dur.

 

Il y a une génération ou deux, les châtaigniers étaient un élément commun du paysage américain. Ils devenaient grands et imposants, avec des troncs épais et des branches pouvant s'élever à une trentaine de mètres. Les arbres qui ont produit des châtaignes délicieuses et un bois magnifique poussaient à l'état sauvage ou cultivé.

 

Puis vint le fléau. Un champignon d’Asie a balayé la population de châtaigniers de notre continent. Aujourd’hui, il est presque impossible de trouver des châtaigniers. Il y a quelques années, j'ai essayé d'en planter deux près de chez moi, dans le New Jersey. L'un est mort immédiatement. L'autre a survécu quelques années et il est mort aussi. Il semble que même lorsque nous en prenons soin, nous ne pouvons pas les garder en vie.

 

Mon article avait mis en lumière les terribles défis auxquels est confronté le châtaignier, mais il avait également exprimé l'espoir que la science moderne pourra trouver une solution.

 

Aujourd'hui, il semblerait que nous en ayons une. Des scientifiques ont découvert une enzyme qui combat les champignons ; on la trouve dans toutes les céréales ainsi que dans certains fruits. Grâce à une initiative parrainée par le Projet de Recherche et de Restauration du Châtaignier Américain de l’Université de l’État de New York, on a découvert comment récupérer un gène qui produit cette enzyme à partir du blé tendre et le transplanter dans des châtaigniers.

 

Cette technique, appelée modification génétique, est la même que celle qui est devenue un élément essentiel de la production alimentaire moderne, et qui aide les agriculteurs à lutter contre les mauvaises herbes et les insectes nuisibles et leur permet de produire plus de nourriture sur moins de terres que jamais auparavant. Nous appelons ces cultures des OGM, des « organismes génétiquement modifiés » ; mais il peut sembler plus judicieux d’introduire une autre abréviation : OGS, comme dans « organismes génétiquement sauvés ».

 

J'ai appris ce terme de Hank Campbell, qui a écrit un éditorial sur les châtaigniers dans le Wall Street Journal en juin. Son propre site Web, Science 2.0, a également traité de la situation critique des châtaigniers et des moyens par lesquels la science peut les sauver.

 

 Les OGS sont avec nous depuis un moment. Ils ont déjà sauvé la filière hawaïenne de la papaye du virus de la tache annulaire. Maintenant, nous appliquons cette même méthode à une autre espèce dont la situation est devenue désespérée.

 

Pour ceux qui craignent que cette approche ne soit pas « naturelle », Campbell propose cette manière utile de penser aux châtaigniers GM ou GS : « Quoi de plus naturel que de laisser la nature résister à la nature ? Ils sont identiques à 99,999 % aux châtaigniers américains sauvages, sauf que quatre milliards d'entre eux ne mourront pas. »

 

Cela me semble une bonne affaire. Nous ferions bien de penser à d’autres arbres et d'autres plantes qui pourraient devenir des OGS. Les ormes peuvent être des candidats. La graphiose de l’orme, un champignon propagé par les scolytes, les a également ravagés. En anglais, l'abréviation de cette maladie – Dutch elm disease est parlante : DED [se prononce comme « dead », mort].

 

Je ne sais pas ce que vous pensez, mais moi, je préfère les arbres OGS aux arbres DED.

 

Nous pouvons continuer à regarder disparaître les châtaigniers et d’autres espèces, ou choisir un avenir différent. Heureusement, le gouvernement fédéral tente de moderniser les règlements qui régissent les OGS. En janvier, le président Trump a publié un décret susceptible d'encourager les innovations et d'aider les scientifiques à vaincre les maladies et à sauver les arbres.

 

Et un jour, nous pourrons peut-être publier un marronnier sur la façon dont nous avons sauvé nos marrons chauds.

 

______________

 

* John Rigolizzo, Jr est un agriculteur de cinquième génération qui produit des légumes frais et du maïs dans le sud du New Jersey. La ferme familiale alimente des marchés de détail et de gros. John fait du bénévolat en tant que membre du conseil d'administration du Global Farmer Network et a assuré le leadership de la Vegetable Growers Association du New Jersey (association des producteurs de légumes du New Jersey) et du New Jersey Tomato Council (conseil de la tomate du New Jersey). En tant qu'ancien président du New Jersey Farm Bureau, son intérêt et son soutien de longue date au libre-échange ont été confirmés par sa participation à 11 missions commerciales internationales et sa participation à des réunions de l'Organisation Mondiale du Commerce à Seattle et à Genève.

 

Source : https://globalfarmernetwork.org/2019/07/science-is-rescuing-the-chestnut-tree/

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article

agronome 22/08/2019 19:02

Encore faut t' il reconnaitre un châtaigner d'un marronnier ce qui n'est visiblement pas le cas du super ing agro.

Seppi 01/09/2019 17:05

Que la vie doit être triste pour cet "agronome"...

Il est la 21/08/2019 12:08

Bordel Trump a pris une décision intelligente et appuyee sur la science. Dieu existe donc vraiment?

Seppi 01/09/2019 16:37

Bonjour,

Merci pour votre commentaire.

Très juste...

Seppi 01/09/2019 16:31

Bonjour,

Merci pour la boutade…

Le Donald, à mon sens, n'y est pour pas grand-chose… La situation états-unienne est franchement bordélique, et il ne fallait pas faire Math' Sup' (maternelle supérieure) pour s'apercevoir qu'on pouvait rationalise. Pour la preuve de l'existence de Dieu, il faudra trouver autre chose.

Il est là 23/08/2019 13:24

Mon cher physicien

Cela prouve le spectacle pathétique des gens qui sont dans l'opposition en permanence et qui parte du principe que lorsqu'un Gouvernement n'a pas nos couleurs il faut l critiquer quoi qu'il fasse. Je m'oppose à cette idée, il est clair qu'il faut applaudir le Gouvernement quand il fait bien et le critiquer quand il fait mal mais pas être dans le soutien ou dans la critique en permanence.

un physicien 22/08/2019 15:26

Que Trump l'ait signé prouvera pour certains que ce n'était pas une bonne décision ...