Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Jetez un coup d’œil à l’un des plus grands parcs d'engraissement des États-Unis d'Amérique

12 Août 2019 , Rédigé par Seppi Publié dans #élevage

Jetez un coup d’œil à l’un des plus grands parcs d'engraissement des États-Unis d'Amérique

 

Michelle Miller (Farm Babe), AGDAILY*

 

 

Images : Michelle Miller

 

 

Selon l’USDA, 98 % des exploitations agricoles des États-Unis sont des exploitations familiales.

 

Mais j'étais enthousiaste à l'idée de visiter l'une des 2 %, une ferme appartenant à la société J.R. Simplot, qui compte plus de 150.000 têtes de bovins de boucherie et plus d'une centaine d'employés sur ce site unique de l'Idaho. C’est une véritable ferme « entreprise » vivante que l’on peut aussi appeler une ferme « usine ».

 

 

 

 

Je ne savais pas à quoi m'attendre – je n'avais jamais été dans un parc d'engraissement aussi grand ! Mais je dois dire que j'ai été très impressionnée !

 

Le bétail et les enclos étaient très propres – les précipitations sont très faibles là-bas par rapport à d’autres régions du pays. Les enclos ne sont donc pas aussi sales. J'ai aussi remarqué que le bétail avait beaucoup de place, était à l'aise pour ruminer et se comportaient de manière calme et détendue.

 

 

 

 

Vous pouvez constater qu’ils sont manipulés et gérés de manière appropriée : ils ne sont pas stressés – un aspect important dans la production d’un bœuf délicieux. Une équipe de cow-boys et de vétérinaires surveille leur santé quotidiennement. Et vous pouvez voir qu'il y a de nombreuses races ici, du Charolais à l'Angus en passant par la Holstein.

 

 

 

 

 

C'est un mythe que les veaux mâles Holstein (une race laitière) sont généralement valorisés en viande de veau ; la plupart du temps, ils sont élevés jusqu'à l'âge adulte comme toute autre race.

 

Ce parc d'engraissement a été développé à l'origine pour que la société de pommes de terre Simplot ait un endroit où valoriser ses restes de pommes de terre au lieu de jeter les frites invendables et autres déchets et de les mettre dans une décharge ; ils sont consommés par le bétail. Les animaux mangent aussi de l'ensilage et du foin, du maïs, etc. Du bœuf nourri à l'herbe ? Du bœuf fini aux céréales ? Pourquoi pas bœuf nourri aux frites ? Ha ! Il est bon de savoir que les nutritionnistes consacrent leur temps à déterminer les rations appropriées pour assurer la nutrition du bétail, sa santé, le taux de gain de poids, etc.

 

 

Une montagne de restes de pommes de terre de Simplot – idéale pour nourrir le bétail !

 

 

Je pense que parfois les gens ont peur de ce qu’ils ne comprennent pas. À quoi pensons-nous à propos des exploitations « industrielle s» ou des « fermes-usines » ? À des visages sinistres d'entreprises qui s’en foutent ? Je n'aime pas trop ces termes ! Sommes-nous « d'avis » que l'agriculture devrait être romantique comme chez Old McDonald et ses quelques animaux ?

 

 

 

Voir la vidéo dans l'article original

 

 

Sont-ils malades dans les grands parcs d'engraissement ? Comment surveille-t-on leur santé ?

 

Dans ces parcs d'engraissement de bovins à grande échelle, des groupes de cow-boys parcourent à cheval les enclos pour vérifier la santé de tout le bétail. Environ 17 ou 18 personnes sont employées ici sur ce lot de la société J.R. Simplot, et chaque cow-boy (ou cow-girl !) monte cinq ou six chevaux pour surveiller les lots.

 

En voici un en action ! Vous pouvez l'écouter expliquer le processus. Il y a 600 enclos ici et chaque enclos est vérifié chaque jour !

 

 

Voir la vidéo dans l'article original

 

 

Chaque semaine, ce parc d'engraissement accueille environ 3.000 têtes de bétail et en envoie environ 3.000 au marché – le bœuf est commercialisé pour des entreprises telles que Tyson Foods ou JBS Foods.

 

Les bovins arrivent ici un peu après leur sevrage et sont nourris pendant quatre à cinq mois afin de prendre du poids avant d’être vendus au marché.

 

À leur arrivée, ils sont pesés, contrôlés, vaccinés et menés à leur enclos. Cette ferme compte trois vétérinaires à temps plein et une équipe de personnes pour les aider lorsqu'un animal tombe malade.

 

La majorité des animaux sont élevés sans antibiotiques, mais si un cow-boy découvre un animal malade, il sera transféré dans un « enclos hôpital », où le personnel fera tout son possible pour le ramener à la santé. Ils ne se rétablissent pas tous, mais cette ferme fait un très bon travail car elle n'a que 1 % de pertes. C’est assez impressionnant au vu des normes de l’industrie !

 

En outre, il est important de se rappeler que si les médicaments sont utilisés pour aider un animal malade à se rétablir, il faut un « délai d'attente » avant de l'amener au marché. Cela signifie que toute la viande est sans résidus d'antibiotiques.

 

Le bétail est-il à l'étroit dans les parcs d'engraissement ? Les animaux ont-ils de la place pour déambuler ?

 

Une chose que je trouve toujours intéressante est que les animaux choisissent généralement de se serrer les uns contre les autres.

 

Sur cette ferme, ils ont certainement beaucoup de place pour courir… quelque chose que tout le monde aimerait voir ! Mais parfois, les gens choisissent d’anthropomorphiser des situations.

 

Les animaux ne sont pas des gens. Ils ne pensent pas comme nous et ne se comportent pas comme nous. Bon sang, un de mes béliers monte 40 brebis et cela ne semble pas les déranger qu’il ait 40 petites amies...

 

 

 

 

Ici, vous pouvez voir que, malgré toute la place disponible, ils choisissent de se coucher ensemble. Ce sont des « troupeaux » et des « troupes » pour une raison. Ils préfèrent se regrouper indépendamment de la taille de leur espace de vie.

 

Il en va de même pour d'autres animaux tels que les poulets. « Qui se ressemble s'assemble » (littéralement en anglais : Birds of a feather flock together – les oiseaux d’un même plumage s’assemblent) est l’expression, et qu’ils soient 50 ou 5.000, ils aiment être en groupe. Ils ne pensent pas toujours comme nous et les aires de vie plus petites ne les dérangent pas comme cela pourrait nous déranger.

 

Voici un peu de matière à réflexion. Nous aimons tous voir les animaux courir avec suffisamment d’espace pour ruer, mais des décennies de recherche menées par les spécialistes des sciences animales et les vétérinaires du monde entier montrent que les animaux peuvent être et sont très heureux et satisfaits dans des situations qui ne font pas toujours sens pour nous les humains.

 

Je dis toujours que nous ne devrions jamais juger une ferme par la couverture médiatique dont elle fait l'objet, et ce n’est pas parce qu’elle est grosse que c’est grave ! Ne laissez pas le sensationnalisme dans les médias, les activistes ou les labels de marketing raconter l’histoire : n’importe quelle ferme peut faire un excellent travail, quelle que soit sa taille ou son label. Il est important que les gens se connectent à ces endroits pour s'informer sur les faits réels sur la qualité du traitement de ces animaux. Des fermes comme celle-ci m'impressionnent et me rappellent la nôtre – juste plus grande et avec plus d'employés. Si vous en avez l'occasion, visitez des parcs d'engraissement comme celui-ci pour voir et apprendre par vous-même !

 

____________

 

Michelle Miller, Farm Babe (@thefarmbabe, www.facebook.com/IowaFarmBabe) est une agricultrice, conférencière et auteure de l'Iowa. Elle vit et travaille avec son compagnon dans une ferme qui comprend des cultures, des bovins et des moutons. Elle pense que l'éducation est essentielle pour réduire l'écart entre les agriculteurs et les consommateurs.

 

Source : https://www.agdaily.com/livestock/take-a-look-inside-one-of-the-nations-largest-cattle-feedlots/

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
D
Très intéressant.<br /> Les éleveurs de nos contrées ont tendance à dénigrer ce type d'élevage pour tenter de se défendre face aux attaques des vegans et autres "défenseurs des animaux" (cf suite à la publication récente des travaux du GIEC où j'ai entendu des arguments particulièrement maladroits d'éleveurs interrogés).<br /> Statégie de perdant à tous les coups: dénigrer un concurrent n'a jamais fait avancer les choses. Les conditions sont différentes, les marchés également<br /> Car il ne faut pas oublier, tout animal engraissé sera in fine, abattu.<br /> On dirait que les éleveurs français n'assument pas ce fait, tout à fait respectable et ergottent sur la qualité de leur produit, forcément meilleure de celle des concurrents en oubliant trop souvent l'aspect économique. Résultat: structure archaique de la filière viande bovine en France qui périclite au profit de nos voisins espagnols, italiens par exemple.
Répondre
S
Bonjour;<br /> <br /> Merci pour votre commentaire.<br /> <br /> Je suis bien d'accord avec le sens général.<br /> <br /> Il y a un très gros problème de définition de la stratégie des milieux agricoles. Quant on porte au pinacle l'agriculture "familiale" -- lire : l'exploitation pas trop grosse -- on se prive de l'assise pour expliquer et défendre les fermes des mille vaches ou des mille veaux… qu'un bâtiment de 500 mètres de long c'est un peu comme 10 bâtiments juxtaposés de 50 mètres, avec de gos avantages en termes d'efficacité (et certes aussi des inconvénients).<br /> <br /> C'est d'autant plus ballot, pour l'élevage bovin, que les éleveurs français de broutards alimentent les méga-fermes d'engraissement italiennes.<br /> <br /> "...dénigrer un concurrent n'a jamais fait avancer les choses" ? Cela a bien profité à l'agriculture biologique.<br /> <br />