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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Faire en sorte que l’agriculture reste « sexy » en Afrique – troisième partie

9 Août 2019 , Rédigé par Seppi Publié dans #Afrique

Faire en sorte que l’agriculture reste « sexy » en Afrique – troisième partie

 

Chibuike Emmanuel*

 

 

 

Il y a quelques semaines, le New York Times a relaté les efforts déployés par certains membres de la jeune génération pour améliorer la perception de l'agriculture – « Millennials ‘Make Farming Sexy’ in Africa, Where Tilling the Soil Once Meant Shame » (les jeunes de la génération Y « rendent l'agriculture sexy » en Afrique, où travailler la terre était autrefois signe de honte) de Sarah Maslin. L'article évoquait l'Afrique, mais cela se passait au Ghana. Chibuike Emmanuel, membre du Global Farmer Network (GFNRéseau Mondial d'Agriculteurs) du Nigéria, a décidé de présenter et de mettre en valeur certains jeunes agriculteurs et les efforts déployés dans quelques autres pays. Voici la troisième partie de « Faire en sorte que l’agriculture reste "sexy" en Afrique ».

 

 

Les efforts multidisciplinaires de jeunes Africains pour que l’agriculture reste « sexy » sur le continent.

 

Conscient qu'il « existe de grandes exploitations prospères sur le continent, [et que] la plupart des agriculteurs de l'Afrique subsaharienne sont de petits exploitants qui cultivent un acre ou moins », comme le précise l'article, le biochimiste nigérian Ogbole Samson utilise ses connaissances scientifiques pour faire pousser des ignames sans terre mais dans l’air grâce à l’aéroponie. Il pense que plus la terre sera rare et que les prix flambent, plus sa solution deviendra précieuse. Dans le même esprit, Angel Adelaja a été le pionnier de la culture hydroponique au Nigeria avec Fresh Direct pour faire pousser des légumes verticalement dans des conteneurs empilables ! Un conteneur peut avoir la même productivité qu'un acre et demi (environ 60 ares) de surface maraîchère.

 

Et de plus en plus de jeunes Africains prennent leurs responsabilités. Nyasha Mudukuti a été soumise à des travaux à la ferme, tels que le désherbage à la main pendant plusieurs heures tous les matins avant d'aller à l'école dans son Zimbabwe natal. Elle détestait l'agriculture et voulait simplement travailler dans un bureau où elle pourrait « se mettre du rouge à lèvres, se vernir les ongles et se croiser les jambes », car c'était l'image du succès. Le sort a fait qu'elle est en train de finir sa maîtrise ès sciences en phytogénétique, génomique et biotechnologie à la Michigan State University. Elle est passionnée par le déploiement de ces technologies pour aider les femmes à travers l’Afrique « afin qu’elles ne subissent pas les même épreuve qu’elle a vécues ».

 

Ces exemples montrent comment « un boom technologique visant à accroître la productivité contribue à rendre l'agriculture plus moderne et plus lucrative » et à relever les défis des « réseaux de distribution insuffisamment développés, des routes en mauvais état et des sources d'approvisionnement en eau instables », comme le dit Sarah Maslin Nir [ dans l'article du NYT].

 

L'addition de valeur à la nourriture entre également en jeu. À Madagascar, Heritiaina Randriamananatahina produit des produits laitiers et des confiseries, ce qui crée des emplois et implique des agriculteurs locaux. En Tanzanie, l'unité de conditionnement YYTZ Agro de Fawad Awadh produit et exporte des noix de cajou, augmentant ainsi les bénéfices des agriculteurs locaux. L’Egyptien Mostafa Amin a créé Breadfast.com pour proposer des produits de boulangerie frais et un petit-déjeuner aux portes des clients tous les matins, tandis que le chef guinéen et blogueur Oumou Bah, âgé de 24 ans, est propriétaire de Kadiafricanrecipes.com, qui enseigne aux gens comment réaliser des recettes africaines en quelques étapes très faciles.

 

 

À suivre

 

Chibuike Emmanuel est un jeune agriculteur nigérian membre du Réseau Mondial d'Agriculteurs. Il est le fondateur et dirigeant de l'Agriculture is Sexy Network, qui inspire, soutient et guide les jeunes de la génération Y (millenials) pour qu’ils adoptent les carrières de l’agroalimentaire en tant que voie menant à la prospérité économique de l’Afrique.

 

______________

 

Chibuike Emmanuel

 

Agriculteur, Nigeria

 

Chibuike a commencé à élever des poissons-chats lorsqu'il a convaincu un réseau de télévision par câble de lui permettre d'utiliser une partie en jachère de leur ferme-tour pour la pisciculture. C'était un moyen créatif de contourner le coût élevé de l'immobilier dans la région. Il a commencé avec un bassin, a rapidement réalisé un bénéfice et a investi dans plus de bassins. Ensuite, la production de légumes a été ajoutée au système pour produire des citrouilles cannelées irriguées à partir de l’eau des bassins. La capacité d'élevage a maintenant augmenté jusqu'à 5 tonnes de poissons-chats par cycle de production. Chibuike a quatre employés à temps partiel qui l'aident dans la production de poisson et de légumes et dans la transformation du poisson.

 

En 2014, il a fondé l'Agriculture is Sexy Network pour parler aux jeunes et les intéresser aux carrières dans l'agriculture. Il est également en train de mettre en place une ferme coopérative mixte de 4 hectares pour les aider à se lancer dans l'agriculture. Plus récemment, il a commencé à promouvoir Peterscoin, une plate-forme de financement participatif destinée à aider les petits exploitants agricoles à lever des fonds, les institutions classiques telles que les banques les considérant comme présentant un risque élevé. Il innove également sur des modèles d'agriculture verticale intégrée modulaires, à faible coût et à faible technologie, destinés à aider les petits exploitants agricoles à maximiser le rendement à partir de ressources limitées telles que la terre.

 

Source : https://globalfarmernetwork.org/2019/07/ensuring-ag-remains-sexy-in-africa-part-iii/

 

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