Un diplôme universitaire « anti-viande » à Rennes 2 ?
Glané sur la toile 368
Avec « POLEMIQUE. Anti-viande, le nouveau diplôme de Rennes 2 ? », Ouest-France soulève ce qu'il faut bien appeler un lièvre.
En bref :
« Le nouveau diplôme "Animaux et société", unique en France, qui ouvrira à l’université de Rennes 2 à l’automne, serait-il pro-végétarien et anti-viande ? C’est ce que sous-entend le député Marc Le Fur en dénonçant la présence d’intervenants de L214 ou One Voice. Aucun militantisme, mais des sciences, répond Émilie Dardenne, responsable de la formation. »
En ouverture :
« La nouvelle formation "animaux et société", qui ouvrira en octobre à l’université de Rennes-2, est-elle orientée ? Émilie Dardenne, spécialiste de la philosophie anglophone, et responsable de ce diplôme universitaire unique en France, se défend de tout militantisme. Entretien. »
Quel est le lien entre la spécialité de la dame, « Enseignante-chercheuse en anglais » (maître de conférences) et un Diplôme d'Université « Animaux et société », lequel serait délivré par le Service Formation Continue de l'UFR Langues ? It's fishy !
Aucun militantisme ? La page professionnelle de Mme Émilie Dardenne ne laisse aucun doute. Exemple :
« Thèmes de recherche
Animal studies. Etudes animales »
« Peter Singer » apparaît 18 (dix-huit) fois sur cette page...
La description du programme est parlante, tout comme la plaquette. Voici le début de la section « Objectifs » :
« La question des rapports entre les êtres humains et les animaux s'impose de plus en plus sur les scènes associative, politique, scientifique et médiatique. En France, la demande grandit également autour de la promotion de rapports d’empathie avec les animaux à l'école, au collège, au lycée, dans le monde du travail (production, loisirs, santé).
Il apparaît aujourd'hui nécessaire d'apporter un éclairage mobilisant principalement les sciences humaines et sociales aux enseignant.e.s, sur le terrain, afin de renforcer leurs connaissances sur cette thématique en émergence. De même, dans les organisations animalistes, les salarié.e.s souhaitent bénéficier d’une formation universitaire afin de comprendre les évolutions des rapports de nos sociétés aux autres animaux, et de saisir toutes les dimensions de ces changements. »
« ...autres animaux » ?
Mais on doit aussi s'interroger sur la deuxième phrase du premier paragraphe. Quel sens donner à « rapports d’empathie avec les animaux » ? Et ne vise-t-on pas à mettre en place les moyens de faire du prosélytisme « à l'école, au collège, au lycée, dans le monde du travail » ?
Le député Marc Le Fur a dénoncé la présence d’intervenants de L214 ou One Voice ? Dans les six intervenants, il y a aussi Mme Élodie Vieille Blanchard, présidente de l'Association Végétarienne de France et auteure de « Révolution végane : Inventer un autre monde ». Et quel est le lien entre ce programme et les activités d'enseignement et de recherche en géographie de Mme Laurence Le Dû-Blayo ?
L'interview de Mme Émilie Dardenne se termine sur ceci :
« Marc Le Fur a interpellé, par écrit, la ministre de l’Enseignement supérieur. Comment allez-vous réagir ?
Le président de l’université, Olivier David, s’est adressé à la ministre en faisant valoir des décrets qui encadrent notre profession et disent que les enseignants-chercheurs jouissent d’une pleine indépendance et d’une entière liberté d’expression. L’université a aussi le droit de recruter des intervenants extérieurs, professionnels de la protection animale ou autre. »
Il nous semble que la « pleine indépendance et [...] entière liberté d’expression » a des limites. Sont-elles ou seront-elles franchies ? Se réfugier derrière ces arguments est une indication sinon une preuve de la faiblesse de la position.
Et on peut bien considérer que l'organisation de cette formation par l'UFR Langues est un détournement de biens publics :
« Cette formation transdisciplinaire apportera un éclairage théorique et méthodologique, ainsi que des savoirs d’ordre plus concret aux professionnel.le.s du secteur public, privé ou associatif qui s’interrogent, de près ou de loin, sur la condition animale, les rapports entre humain.e.s et animaux, le statut moral, juridique, social des animaux. Elle vise à contribuer à donner une dimension scientifique, conceptuelle, universitaire à cette question parfois clivante dont les enjeux éthiques, économiques et sociétaux sont importants. »
Post scriptum
Le député Marc Le Fur et 12 de ses collègues ont déposé une proposition d'amendement visant à intégrer « la lutte contre l’agri-bashing » dans la proposition de loi visant à lutter contre la haine sur internet.
Résultat : Le député, selon ses dires, et ses collaborateurs ont reçu une menace, d'un personnage se réclamant de L214, visant la permanence de Loudéac (Côtes-d’Armor).
La proposition visait à étendre la loi aux propos :
« stigmatisant les activités agricoles, d’élevage ou de vente de produits issus de l’agriculture et de l’élevage et incitant à des actes d’intrusion ou de violence vis à vis des professionnels de l’agriculture, de l’élevage et de la transformation et de la vente de produits de ces filières ».
La proposition a été rejetée.
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