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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Réfugiés : intégration ou exploitation ?

20 Juillet 2019 , Rédigé par Seppi Publié dans #critique de l'information

Réfugiés : intégration ou exploitation ?

 

 

Le samedi 6 juillet 2019, France 2 a consacré son « 13h15 le samedi » à l'intégration de réfugiés sous le titre « Le champ des possibles ».

 

Ce 35 minutes est de la belle ouvrage, au ton juste et émouvant, qui présente des réfugiés sous un angle positif.

 

FranceTVInfo écrit :

 

« [...] Une fois leur statut [de réfugié] obtenu, tout reste à faire pour s’insérer socialement et professionnellement. Et pourquoi pas à la campagne, comme maraîchers ? Ils font ce pari, et le magazine "13h15 le samedi" [...] va découvrir avec eux s’il peut se gagner.

 

L’idée est née de la collaboration de deux associations : le Groupe SOS Solidarités, spécialisé dans l’entrepreneuriat social, et le réseau des Fermes d’avenir, qui promeut la transition agro-écologique. Ensemble, elles ont dressé un double constat : d’un côté, la demande de produits bio augmente de 20% chaque année ; de l'autre, l’agriculture industrielle est à bout de souffle alors qu'un nouveau modèle émerge, basé sur l’agro-écologie et la permaculture. Mais la production ne suit pas, avec comme principal obstacle le manque de main-d’œuvre qualifiée. »

 

On ne voit pas très bien ce que vient faire le prétendu essoufflement de l'agriculture qualifiée d'« industrielle ». Décidément, on ne sort pas des clichés et de l'agri-bashing bobo-écolo.

 

Poursuivons dans l'enfumage :

 

« Pour nourrir 33% de la population française (contre 5% aujourd’hui), Fermes d’avenir estime qu’il faudrait 25 000 installations d’exploitations de petite surface en agro-écologie d’ici à 2030. Alors que 50% des agriculteurs prendront leur retraite d’ici là, il faudrait donc recruter quelque 100 000 nouveaux paysans. [...] »

 

Il serait étonnant que Fermes d'avenir nourrissent 5 % de la population française aujourd'hui et soit en mesure d'en nourrir 33 % à l'horizon 2030 avec 25.000 exploitations de petite surface. En herbettes et salades peut-être... Quant aux exploitations à reprendre à la suite des départs en retraite, ce n'est pas vraiment dans les cordes de Fermes d'avenir, sauf peut-être pour quelques fermes marginales.

 

Mais bon, c'est FranceTVInfo...

 

Passons au sujet principal : le Groupe SOS Solidarités et Fermes d'avenir ont lancé un programme de « compagnonnage ».

 

Le documentaire nous montre une partie du parcours du Soudanais Abdelrhem, 31 ans, et de l'Erythréen Mogos, 38 ans, dans

 

« un programme de compagnonnage pour offrir à des personnes réfugiées une véritable place dans la société, tout en préparant la transition écologique. »

 

La bien-pensance applaudit, une larme à l'œil. Nous avons toutefois trouvé un gazouillis un peu excessif, mais qui pose la bonne question :

 

 

(Source)

 

 

« Donc les journalistes trouvent ça formidable que des agriculteurs en permaculture exploitent des réfugiés (sont ils seulement payés ?) pour faire tourner une ferme de 2ha, faire des boulots qu'on n'infligerait plus à des animaux etc »

 

Quelques clics, et voici, du site de Terres d'avenir, un « Formons les agriculteurs de demain – le programme compagnonnage – 2ème édition – spéciale réfugiés ».

 

Et un élément de réponse :

 

« La contribution hebdomadaire des compagnons est fixée à 35h/semaine, 5 jours par semaine. Ils sont logés, nourris et blanchis par leurs tuteurs. En échange de cet accueil et de leur implication pédagogique, les fermes formatrices sont défrayées. Les déplacements des compagnons sont également pris en charge par le programme. »

 

Dont acte.

 

D'ailleurs, les séjours sont de deux mois, de sorte que l'on échappe à l'obligation de verser une rémunération.

 

Mais qu'en est-il de l'avenir ?

 

FranceTVInfo a publié un deuxième article, « VIDEO. L'intégration de réfugiés en France avec les fermes agro-écologiques grosses demandeuses de main-d'œuvre ». Et là on cite un « tuteur » :

 

« Ce sont des métiers quand même durs et assez peu rémunérateurs qui n’attirent pas la population française classique, précise l'agriculteur. En plus, c’est une manière de gérer les flux migratoires à venir. C’est une manière d’intégrer des gens qui ne peuvent plus vivre chez eux. Et nous, on a besoin d’eux, donc, tout va bien. »

 

Tout va bien...

 

Nous supposons qu'il entre de l'argent public dans ce programme, ne serait-ce que par les allocations qui sont versées aux réfugiés. Serait-ce trop demander à ceux qui détiennent les cordons des bourses et exercent une surveillance sur le devenir des réfugiés de veiller au bon emploi des fonds et à la bonne orientation des réfugiés ?

 

Selon les chiffres même de l'emblématique ferme de la Bourdaisière, on peut affirmer que le modèle porté par cette ferme n'est pas viable économiquement. Les réfugiés acquièrent certes des éléments de formation, mais il serait regrettable qu'ils se lancent dans des activités et « des métiers quand même durs et assez peu rémunérateurs ».

 

On peut aussi prendre le problème par un autre bout : les organisations professionnelles agricoles ne pourrait-elles pas monter des programmes similaires, mais d'un niveau plus relevé ?

 

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M
Abdelrhem, 31 ans, et Mogos, 38 ans décident de rentrer chez eux après avoir vu la situation catastrophique de la France ou les gens doivent travailler avec des méthodes du passer sans êtres payé.<br /> "La contribution hebdomadaire des compagnons est fixée à 35h/semaine, 5 jours par semaine. Ils sont logés, nourris et blanchis par leurs tuteurs." "D'ailleurs, les séjours sont de deux mois, de sorte que l'on échappe à l'obligation de verser une rémunération."<br /> Avec ce système, les réfugier sans rémunération se retrouve dans l'impossibilité d'évoluer (en se payant un logement par exemple) et deviennent dépendant de ce système. C'est les empêcher d'avoir un avenir meilleurs pour satisfaire les caprices de certains. Ça me fait penser à ces groupes un peu mafieux qui font travailler des immigrés clandestin nourris, logés mais incapable de sortir de ce système. <br /> Je suppose que les réfugier bénéficiant d'une certaine qualification éviterons ça.
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S
Bonjour,<br /> <br /> Merci pour votre commentaire.<br /> <br /> Les caprices de certains ? La bien-pensance d'une association d'aide aux réfugiés; le cynisme d'une autre ; je ne sais pas trop pour les "tuteurs" ; et quelque chose de détestable chez les consommateurs qui s'approvisionnent dans ce circuit, parce qu'au fond, ils achètent des produits qu'ils ne payent pas au juste prix.
H
Dans Anti-K qu'on ne peut pas vraiment supposer être de droite, une analyse d'une grande lucidité https://www.anti-k.org/2018/03/01/de-lexploitation-milieu-fermier-ecolo/
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S
Bonjour,<br /> <br /> Merci pour votre commentaire.<br /> <br /> C'est le texte magistral de M.Yann Kindo.