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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Le Mexique montre la voie et ratifie l'ACEUM

23 Juillet 2019 , Rédigé par Seppi

Le Mexique montre la voie et ratifie l'ACEUM

 

Georgina Gutierrez*

 

 

 

 

Je suis heureuse et soulagée que le Mexique reconnaisse l'importance d'améliorer notre plus important accord commercial.

 

La semaine dernière, le Sénat mexicain a approuvé à une écrasante majorité l’Accord Canada-États-Unis-Mexique (ACEUM – en anglais, USMCA), l’accord commercial qui met à jour les règles qui régissent le commerce international de l’Amérique du Nord depuis une génération.

 

Le décompte final était de 114 sénateurs pour et 4 contre. C'est un vote clair pour le libre-échange.

 

Ce résultat signifie qu'après toutes les délibérations et la diplomatie, le remplacement de l'ALENA (en anglais, NAFTA) est officiellement en cours.

 

Il appartient maintenant aux États-Unis et au Canada de suivre l’initiative du Mexique et de ratifier également l’accord.

 

« Nous espérons que nos partenaires feront de même pour une Amérique du Nord forte, dotée de règles claires, attrayante pour les investissements, stable et compétitive », a gazouillé Jesus Seade, principal négociateur commercial du Mexique.

 

Aux États-Unis, le président Donald Trump a gazouillé ses propres encouragements : « Il est temps que le Congrès fasse la même chose ici ! ». Le Premier ministre canadien Justin Trudeau s'est rendu à la Maison Blanche et a déclaré, également par gazouillis, son objectif consistant à « développer le commerce et aller de l'avant avec le nouvel ALENA ».

 

Je sais que les approbations de l'ACEUM aux États-Unis et au Canada ne viendront pas tout de suite, si tant est qu'elles viennent. À Washington, un gouvernement divisé en deux parties opposées signifie que tout va lentement. À Ottawa, des responsables ont déclaré qu’ils voteraient sur l'ACEUM uniquement lorsque les États-Unis seraient prêts à voter et pas plus tôt.

 

Je suis heureuse que mon pays ait agi si rapidement et de manière autonome. Ici au Mexique, nous apprécions la valeur des relations commerciales étroites avec les États-Unis et le Canada – et j'espère que notre décision de ratifier l'ACEUM créera un élan.

 

 

 

 

Je suis une productrice de lait de cinquième génération, vivant et travaillant dans l’État de Hidalgo, juste au nord de Mexico. Nous élevons et trayons des centaines de vaches et de veaux, et produisons des cultures pour l'ensilage. Cependant, nous ne pouvons pas fonctionner sans nos partenaires commerciaux.

 

Des États-Unis et du Canada, nous importons du maïs, du soja, du blé, des vitamines, des médicaments, des engrais, des pesticides, du matériel agricole et des technologies. Je suppose que nous pourrions acheter ces produits auprès de producteurs d’autres pays, mais il est plus logique de s'approvisionner près de chez soi.

 

Je n'ai pas lu tous les détails de l'ACEUM : je suis trop occupée à travailler à la ferme ! Si j'ai bien compris, l'accord aura toutefois un impact plus important sur le secteur manufacturier que sur l'agriculture. Donc, pour nous, l'ACEUM ne changera probablement pas les fondamentaux de notre entreprise.

 

Pourtant, cela fera quelque chose d'une importance vitale : cela offrira de la stabilité.

 

Les agriculteurs sont confrontés chaque jour à des conditions changeantes, des changements climatiques aux fluctuations des prix des produits de base. Dans ce besoin d'adaptation constante, nous recherchons le plus de certitude possible. Nous voulons avant tout que les règles de notre activité restent stables et prévisibles.

 

Au cours des dernières années, toutefois, nous avons subi une énorme instabilité politique et des incertitudes. L'année dernière, la direction de notre gouvernement au Mexique est passée d'un parti à l'autre. La même chose s'est produite récemment aux États-Unis. Pendant ce temps, tout le monde se bat à propos du commerce : augmenter les droits de douane, faire l'éloge des guerres commerciales et menacer de renoncer à un accord de longue date qui a bien fonctionné pour les trois pays.

 

Comme la plupart des Mexicains, je ne pensais pas que nous devions changer l’ALENA. Mais nous l'avons fait, principalement à la demande des États-Unis. Nous avons convenu d'ouvrir des négociations commerciales. Ensuite, nous avons convenu de mettre à jour et de renommer l'accord. Et maintenant, nous avons pris les devants et donné notre ratification formelle.

 

Gina interviewée à la radio WHO à Des Moines.

 

Nous avons fait tout ce qui nous était demandé. En même temps – la patriote mexicaine en moi doit parler – nous avons été bastonnés comme une piñata. Le Mexico-bashing, semble-t-il, est un jeu pour certains politiciens.

 

Nos relations commerciales sont trop importantes pour nos deux économies pour que cela continue. L'année dernière, les échanges bilatéraux entre les États-Unis et le Mexique se sont élevés à plus de 670 milliards de dollars. Nous ne pouvons pas nous permettre de compromettre cette relation.

 

Au lieu de discuter du commerce, nous devrions travailler ensemble pour relever les défis de la migration, du trafic de drogue, etc.

 

Avant de pouvoir nous concentrer sur ces autres questions critiques, nous devons toutefois résoudre nos différends commerciaux. Le Mexique a fait sa part – le rôle que d'autres nous ont demandé de jouer.

 

Il incombe maintenant aux États-Unis et au Canada de faire ce qui est juste et d’approuver l'ACEUM.

 

_______________

 

Georgina Gutierrez

 

Productrice de lait, Mexique

 

Gina est productrice de lait de 5e génération. Sa ferme familiale est située dans la région centrale du Mexique et trait actuellement 420 vaches. La ferme a 40 hectares de cultures : maïs, orge, triticale et ray-grass ensilés pour le bétail. Gina travaille avec son père, un vétérinaire responsable de la santé et de l'alimentation des animaux ; son frère, un agronome, s'occupe des cultures.

 

Gina est impliquée dans l'exploitation à plein temps depuis 2008. En mai 2015, Gina a lancé une page Facebook pour la défense du secteur laitier. La Vida Láctea compte maintenant près de 30.000 adeptes. Elle a récemment terminé une maîtrise en droit des sociétés et fait partie des Jeunes Leaders du Secteur Laitier. Elle écrit régulièrement pour Ganadero et le magazine Hoard's Dairyman en espagnol.

 

Gina a participé à la réunion du Comité de la Sécurité Alimentaire de l'Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture (FAO) à Rome. Elle est retournée à Rome en novembre pour une réunion sur la recherche de moyens de servir ceux qui ne sont pas suffisamment nourris et d’aider à résoudre les problèmes de surpoids et d’obésité dans notre société.

 

* Source : https://globalfarmernetwork.org/2019/06/mexico-leads-the-way-and-ratifies-ACEUM/

 

 

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A
C'était bien la peine que notre Mélenchon national aille au Mexique, si c'est pour que ce pays approuve un traité de libre échange ;-)
Répondre
S
Bonjour,<br /> <br /> Merci pour votre commentaire.<br /> <br /> Il y est allé TROP TARD !