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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

La lente déchéance de l'agroalimentaire français dans les Échos et l'Opinion

14 Juillet 2019 , Rédigé par Seppi Publié dans #critique de l'information

La lente déchéance de l'agroalimentaire français dans les Échos et l'Opinion

 

Glané sur la toile 370

 

 

 

 

Avec « Agroalimentaire : la France perd la main en Europe », les Échos se sont fait l'écho d'un nouveau cri d'alarme, après celui, par exemple, du Sénat (voir « Sur les marchés mondiaux, l'agriculture française a encore sa place sur un strapontin... plus pour longtemps si rien ne change »).

 

En chapô :

 

« Pour la première fois depuis la guerre, la balance commerciale agroalimentaire française avec les pays européens a été négative l'an dernier, selon l'Inra. Les exportations sont quasi-stables depuis 2011, tandis que les importations ont bondi de 24 %. La France paie son positionnement haut de gamme. »

 

En ouverture :

 

« "Il y a dix ans cela aurait été impensable", s'exclame Vincent Chatellier, économiste de l'Institut national de la recherche agronomique (Inra). Pour la première fois depuis la guerre, le solde des échanges agroalimentaires de la France avec le reste de l'Union européenne est devenu négatif. La France a exporté pour 38,1 milliards d'euros en Europe (21,7 milliards hors UE) en 2018. Des chiffres stables (+2 % depuis 2011) vers l'UE face à des importations en provenance des voisins européens qui ont bondi de 24 % (à 38,4 milliards d'euros). »

 

Le chapô est un peu court pour l'explication :

 

« Pour Vincent Chatellier, la France "paie le choix du localisme à tous les étages et de son positionnement haut de gamme". Trois phénomènes se sont conjugués pour créer cette situation inédite. D'abord, "nos pays clients européens" ont tous développé leur production agricole, alors que leur population n'augmente plus. Plus grave, ils se sont trouvé des fournisseurs moins chers que la France, au rang desquels "la Pologne, qui nous a pris beaucoup de parts de marché", commente Vincent Chatellier. Un grand pays, déterminé à combler son retard et dont les ambitions agricoles s'envolent. »

 

On peut aussi ajouter les surtranspositions du droit européen ; la dysenterie législative au détriment de l'activité économique et au profit du paraître devant une opinion dit « publique » car largement manipulée et fantasmée (demandez aux « gilets jaunes » quelles sont leurs priorités...) ; les lourdeurs administratives ; une fiscalité dissuasive ; le refus de la modernisation et du développement (par exemple en matière d'installations de grande taille ou d'irrigation) ; les freins à la recherche-développement, voire une recherche dévoyée.

 

C'est en partie ce que rappelle Mme Emmanuelle Ducros dans « Agriculture française: un trésor national en danger », dans l'Opinion.

 

M. Sébastien Abis, directeur général du club Déméter, un think tank international et intersectoriel dédié aux enjeux alimentaires mondiaux et au rôle de la filière française, est largement cité :

 

« "Etre une puissance agricole, c’est aussi un enjeu de souveraineté crucial à un moment où le monde change et où il faudra bientôt, en 2050, nourrir 10 milliards d’humains, ajoute Sébastien Abis. Mais la souveraineté en matière d’alimentation, c’est un peu comme la souveraineté en matière de défense. On la croit acquise. Tant qu’on n’en parle pas, c’est qu’il n’y a pas de problème." Là, c’est la souveraineté primaire, celle qui touche chaque Français trois fois par jour dans l’intimité de son assiette, qui est menacée. »

 

La France a choisi l'agriculture de Martine à la ferme ou de Sylvain et Sylvette. Mieux, son ministre fait l'éloge d'une agriculture « biodynamique » qui s'en remet par exemple à la position des astres pour ses décisions techniques...

 

Il est un signe qui ne trompe pas : le Ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation est avant-dernier dans l'ordre protocolaire, avant le Ministère des Sports. Mais au deuxième rang, derrière le Premier Ministre : la « transition écologique et solidaire » avec un ministre d'État, une ministre chargée des transports et deux secrétaires d'État... L'interdiction des assiettes en plastique a priorité sur ce qu'on met dedans...

 

 

 

 

« Quand on est riche, on a peur de mourir empoisonné par des pesticides… Quand on est pauvre, on a peur de mourir de faim. »

(Sébastien Abis)

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Albert Amgar 14/07/2019 20:17

Je me permets de citer aussi l'article Gil Rivière-Wekstien, Alerte sur le déclin de l’agriculture française, https://www.agriculture-environnement.fr/2019/06/17/alerte-sur-le-declin-de-agriculture-francaise

Seppi 17/07/2019 17:19

Bonjour,

Merci pour votre commentaire.

Les grands esprits peuvent aussi avoir de grandes, très grandes faiblesses. Lisez la coure biographie du mathématicien Michel Chasles...

Il est là 17/07/2019 10:48

Je vais vous raconter une anecdote. Dans un endroit où j'ai travaillé, un supérieur était venu une fois avec des biscuits bio de Leclerc. Quand j'ai vu les ingrédients, j'ai ironisé sur le fait que certains d'entre eux viennent d'ailleurs que de l'Union Européenne. Sa réponse "Oui bah l'agriculture française c'est pas mieux, on fait la leçon aux autres pays mais nous notre agriculture c'est de la m....". Et quand je lui ais dit que des agences internationales de l'ONU avait déclaré que l'agriculture française était une des meillures au monde, cette personne a bien ris. Et quand je lui parlais des OGM et du glyphosate.... bah elle désapprouve. Et pourtant cette supérieure est une des prsonnes les plus intelligentes et les plus cultivées que j'ai connue.

Comme quoi l'agribashing a fait de grandes victimes.

Seppi 16/07/2019 14:03

Bonjour,

Merci pour votre commentaire.
A&E fait partie de mes lectures régulières, et je le conseille à tous.