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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Glyphosate : le Monde décode sur le mode Pravda (deuxième partie)

6 Juillet 2019 , Rédigé par Seppi Publié dans #critique de l'information, #gly

Glyphosate : le Monde décode sur le mode Pravda (deuxième partie)

 

 

« Le glyphosate, "vrai poison" ou "faux sujet" ? Petit manuel pour comprendre le débat sur l’herbicide controversé », en principe un décodage, s'est donné pour ambition de répondre à 13 questions. Hélas, la loi de Brandolini veut qu'il faut beaucoup plus d'énergie pour répondre à des allégations que pour formuler celles-ci.

 

Cette deuxième partie se consacre au volet agricole et environnemental, et à des questions subsidiaires.

 

 

L'Agricultural Health Study (AHS)

 

On passe à la question du danger pour les agriculteurs.

 

Gênante l'étude d'Andreotti et al. ? Alors on met un conditionnel...

 

« ...les travailleurs agricoles qui pulvérisent des produits à base de glyphosate ne seraient pas plus atteints de cancer que les autres. »

 

La vraie conclusion, selon le résumé de l'étude, est :

 

« Dans cette vaste étude de cohorte prospective, aucune association n'était apparente entre le glyphosate et les tumeurs solides ou les affections lymphoïdes malignes dans leur ensemble, y compris le LNH et ses sous-types. Il y avait des preuves d'un risque accru de LMA pour le groupe le plus exposé qui nécessitent une confirmation. »

 

Gênante l'étude ? Alors on ressort les objections des gens de Monsanto en 1997, soigneusement « spinnées » par M. Stéphane Foucart et Mme Stéphane Horel :

 

« ...Ironie de l'histoire, des experts travaillant pour Monsanto la jugeaient pourtant potentiellement biaisée dès 1997, au tout début du suivi de la cohorte. John Acquavella, l'épidémiologiste en chef de Monsanto, écrivait ainsi dans un rapport que "dans l'AHS, l'évaluation de l'exposition [des agriculteurs] sera inexacte". »

 

Et c'est une citation qui, pour être textuellement conforme, n'en est pas moins particulièrement vicieuse : le document en question est un projet avec des réflexions préliminaires.

 

Mais reconnaissons une petite évolution. Les deux Stéphane de la rubrique Planète n'avaient pas hésité à titrer : « Quand Monsanto qualifiait de "science pourrie" la dernière étude dédouanant le glyphosate », conférant à ce projet le statut de position officielle de Monsanto. M. Adrien Sénécat en limite toutefois la portée à un avis d'« experts », puis, comme par une sorte d'auto-correction, au seul John Acquavella.

 

Il insiste sur les objections de M. John Acquavella en décrivant deux sources de biais et conclut :

 

« Cette difficulté à évaluer correctement l'évaluation de l'exposition des populations se pose d'ailleurs dans bien des cas. »

 

On peut souscrire sans réserve à cette observation... qui débouche à un constat qui a échappé à M. Adrien Sénécat, comme à bien d'autres : comme nous l'avons noté ici, dans le démontage d'un article de l'Obs, contester l'AHS revient aussi à invalider le classement du CIRC, qui se fonde largement sur cette étude pour conclure à des « preuves limitées » de cancérogénicité chez l'Homme (tiens... pourquoi ce constat de « preuves limitées » n'a-t-il pas été repris dans le décodage ?).

 

Cette AHS n'est donc pas bonne quand elle est utilisée en défense du glyphosate, mais parfaite pour sa mise au pilori. Et elle devient parfaite quand elle entre dans

 

« de nouveaux travaux [qui] ont estimé que le glyphosate présentait bien des risques pour les agriculteurs. »

 

Les nouveaux travaux, ce sont Luoping Zhang et al. (notre analyse critique ici, celle de M. Geoffrey Kabat ici) et Maria E. Leon et al. (notre analyse ici – du reste, cette étude trouve un quotient de risque de 0,95 pour le glyphosate et le lymphome non hodgkinien...).

 

Dans les deux cas, un lien est mis vers un article de la rubrique Planète. Et rien vers les critiques de ces articles scientifiques... Les décodeurs du Monde ne s'intéressent pas à la bonne littérature... enfin peut-être que si, car il est question dans le dernier paragraphe de « certains argumentaires sceptiques ».

 

Mais pourquoi ne pas les avoir cités, exploités ? Décodage décidément très partiel et très partial !

 

Des risques relatifs de l'ordre de 1,4 (40 % de risque en plus par rapport à la population témoin) ne sont certes pas négligeables, mais ils ne sont pas énormes et, surtout, viennent avec des intervalles de confiance dont la limite basse est 1 ou proche de 1 (non significatif). Alors, on fait redonner du Robert Barouki :

 

« "Le glyphosate, ce n'est pas l'amiante ou le tabac", deux substances pour lesquelles les risques de développer certains cancers sont multipliés des dizaines de fois, note le toxicologue Robert Barouki. Mais contrairement à ce qu'affirment certains argumentaires sceptiques, un risque accru de 40 ou 50 % est loin d'être négligeable : "Cela reste bien une augmentation du risque qui peut s'additionner à d'autres facteurs" rétorque M. Barouki. Ce qui pose la question de l'information des publics concernés et des mesures sanitaires à prendre. »

 

Et hop ! Un petit coup d'« effet cocktail »... avec un supplément de prêchi-prêcha anxiogène. Les publics concernés – les agriculteurs – sont pourtant informés, les mesures sanitaires sont prises ; mais rien n'y fait au Monde.

 

 
Monsanto et la justice

 

Est-il bien vrai que :

 

« La question des effets du glyphosate sur la santé humaine a été soulevée devant les tribunaux un peu partout dans le monde » ?

 

Quatre plaintes aux quatre coins du monde suffisent à étayer cette information ; mais à part les États-Unis d'Amérique et ses avocats prédateurs et la France et ses activistes anti-pesticides et anti-OGM ?

 

Mais on ne peut qu'être ravi par la mise en perspective :

 

« Il faut cependant garder à l'esprit que de telles décisions sont d'ordre juridique. Dans ce type d'affaires, les tribunaux cherchent souvent à évaluer dans quelle mesure il est probable qu'une substance ait pu contribuer à l'émergence d'une pathologie, pas à en faire une démonstration absolue. Une telle exigence aurait d'ailleurs probablement pour effet de rendre la reconnaissance de tels préjudices impossibles dans la pratique.

 

De même, bon nombre d'autres facteurs entrent en compte dans l'appréciation des juges. Par exemple, la manière dont une entreprise avertit ou non les consommateurs des possibles risques liés à ces produits ainsi que les informations données sur leurs bonnes conditions d'utilisation. Autant de facteurs qui ont joué contre Monsanto dans l'affaire qui l'opposait à Dewayne Johnson.

 

 

Le glyphosate et l'environnement

 

Trois piteux conditionnels pour commencer :

 

  • « Le glyphosate ne serait pas si facilement dégradé et absorbé par les sols que ne le vantent ses promoteurs, avec des conséquences néfastes pour la flore ;

     

  • Il présenterait des risques pour la faune, notamment les oiseaux sauvages et les abeilles

     

  • Il aurait également des effets indésirables sur les sols.

 

Et pas de réponse claire... on entretient l'incertitude et le doute...

 

« Reste qu'il est difficile pour la recherche de quantifier tous ces risques. Il est aussi délicat d'isoler les effets du seul glyphosate dans des phénomènes causés par plusieurs facteurs, tout comme il n'est pas simple d'étudier le devenir de la substance au fil des années après sa pulvérisation.

 

Surtout, beaucoup de spécialistes considèrent aujourd'hui que ce sont avant tout les effets indirects de l'utilisation du glyphosate sur l'environnement qui posent problème. Par exemple […]. »

 

Il y a pourtant toutes les conclusions des agences d'évaluation ! Un nombre impressionnant d'études qui apportent des réponses claires à bien des questions ! À preuve, la première publication citée donne des indications sur la demi-vie du glyphosate dans le sol...

 

 

 

 

Par ailleurs, citer une publication de Judy Hoy, Nancy Swanson and Stephanie Seneff... et l'inclure dans « des travaux scientifiques »... pitié ! Cette dernière a été « décodée » par MM. Robin Mesnage et Michael Antoniou à une époque où ce deux auteurs passaient encore pour franchement militants. On ne peut que recommander aux décodeurs du Monde de s'adjoindre des compétences dans le domaine scientifique pour leurs travaux dans ce domaine.

 

Il en est de même pour un document de la Soil Association, une entité de promotion de l'agriculture biologique au Royaume-Uni. Quant au lien pour l'étude sur les abeilles, du reste fort critiquable (voir aussi ici), c'est un article de M. Stéphane Foucart. On pratique l'endogamie au Monde.

 

Cela débouche sur un argument passé à la mode ces derniers temps : le glyphosate est nocif pour les abeilles parce qu'il détruit les « mauvaises herbes » (les guillemets sont dans l'original) et donc leurs sources de nourriture. L'auteur ajoute tout de même entre parenthèses : « c'est sa fonction première ». Mais le résultat est le même avec tout autre mode de désherbage.

 

 

« Pourquoi est-il si difficile de s'informer sur ce sujet ? »

 

L'auteur évoque, à juste titre, « [d]es manipulations scientifiques », « [d]es pratiques relevant de la désinformation » et « [d]es soupçons de corruption ».

 

De manière fort attendue, on cite Monsanto. Mais rassurez-vous... aucune mention des malversations de ce qu'il faut bien appeler une ligue de l'anti-gly élargie. Pas de « CIRC-gate », pas de « portier Papers »...

 

Cela débouche sur les polémiques – en fait, compte tenu d'une référence à un article du Parisien, celles qui ont suivi le Cash Investigation de janvier 2019 – et cette conclusion :

 

« A l'arrivée, ce phénomène a de quoi désarçonner qui cherche à s'informer sereinement sur le sujet. Il a également de quoi intimider, voire dissuader les personnalités (responsables politiques, journalistes, membres d'associations...) qui s'expriment sur la question. »

 

Si cela se rapporte aux personnes susceptibles d'être harcelées par la ligue de l'anti-gly médiatique, nous sommes pleinement d'accord...

 

 

Monsanto et le « débat »

 

On ne s'attend évidemment pas à une analyse lucide de la contribution du Monde au pourrissement du débat avec sa série sur les « Monsanto Papers », abondamment référencée dans cette partie.

 

Il y a en revanche un début de « bon sens près de chez vous », bien sûr bémolisé puisqu'il faut faire l'article pour la rubrique planète :

 

« On comprend donc que Monsanto s'efforce de défendre ses intérêts auprès des autorités et de l'opinion publique. En revanche, des milliers de documents internes à la société publiés par le biais d'une procédure juridique en 2017 ont mis en évidence des pratiques dérangeantes. »

 

C'est encore une fois une rédaction maladroite. Sur les « milliers de documents », quelques-uns ont mis en évidence des choses, dont la plupart ont été soigneusement massées par les cabinets d'avocats prédateurs, l'USRTK et leurs idiots utiles pour qu'elles revêtent un caractère outrageux.

 

Ainsi, en pavé : « Monsanto a coécrit des articles "indépendants" ». Et alors ? C'est un peu léger comme information car, sauf erreur, ces articles ne sont pas nombreux et, sauf pour un qui a fait l'objet d'un rectificatif, la contribution des gens de Monsanto a été précisée dans chacun d'eux.

 

 

La critique des régulateurs

 

On ne sort pas des « Monsanto Papers »... et des infox.

 

Aux États-Unis d'Amérique,

 

« ...certains experts au sein des agences de régulations entretiennent d'étroits liens avec la société, qui les considère comme des alliés dans la défense de ses intérêts. »

 

Lisez bien cette phrase !

 

Pour le niveau européen, on a également droit à la lamentable manœuvre des « copier-coller », une technique de rédaction pourtant pleinement justifiée, annoncée et expliquée par le BfR allemand dans son rapport et expliquée et ré-expliquée par la suite. Rien n'y fait :

 

« Ces révélations ont semé un doute légitime sur le travail de ces autorités, alors qu'on en attend des décisions au-dessus de tout soupçon»

 

Non, le doute n'était pas légitime, et on aurait aimé que les décodeurs creusent la question et rétablissent les faits... mais cela serait revenu à mettre en cause la ligne éditoriale de la rubrique Planète...

 

Et encore :

 

« Il est également reproché aux agences sanitaires de donner une place prépondérante aux tests réglementaires confidentiels fournis par les industriels aux autorités. Or, une étude publiée dans la revue Environmental Sciences Europe publiée début 2019 a montré qu'il existait un hiatus entre les résultats de ces tests et les études indépendantes publiées dans la littérature scientifique. Le corpus étudié est celui sur lequel l'Agence américaine de protection de l'environnement s'est fondée pour juger que le glyphosate ne serait pas un cancérogène probable. Or, dans cet ensemble, seuls 2 % des tests des industriels concluaient que le glyphosate était génotoxique (c'est-à-dire qu'il endommage l'ADN), contre 67 % des études indépendantes. »

 

Là encore, les agences ont fourni des explications à de multiples reprises, notamment Santé Canada à la suite d'objections motivées, mais non retenues au final, contre sa décision de renouveler l'autorisation du glyphosate.

 

Le décodage est vraiment short. Il ne suffit pas de décrire les reproches que l'on a faits aux agences d'évaluation et de réglementation et de les laisser ainsi en suspens.

 

Et puis Environmental Sciences Europe... alarme ! Charles Benbrook... alarme ! Quoique... son résumé se termine ainsi :

 

« Le CIRC a mis un poids considérable sur trois études positives sur les GBH dans les populations humaines exposées alors que l'EPA n'a attribué que peu ou pas de poids sur elles. »

 

Quand on veut décoder, il faut savoir lire les publications que l'on cite. Ce que M. Charles Benbrook a montré, en définitive, c'est que le CIRC n'a retenu que trois études, essentiellement universitaires, sur quelque 200 (c'est du reste un indicateur de la qualité et de la pertinence des études universitaires quand on passe au processus décisionnel ; et il est fourni par le CIRC, et non par les agences d'évaluation dont l'impartialité est constamment mise en doute). L'EPA a écarté ces trois études par des décisions motivées.

 

Ces décisions du CIRC et de l'EPA, en fait, ne sont pas fondamentalement contradictoires : le CIRC évalue un « danger » et dégaine dès qu'il a un nombre limité de preuves, et l'EPA évalue un « risque » et se fonde sur le poids de la preuve.

 

 
Le glyphosate... et le reste de la chimie agricole

 

On n'échappe pas à un adjectif utilisé de manière pavlovienne dès qu'il s'agit de pesticides :

 

« Au-delà du glyphosate, c'est bien l'utilisation massive des pesticides qui est pointée du doigt, qu'il s'agisse de produits de synthèse ou naturels. »

 

Mais M. Adrien Sénécat est mal renseigné : non, pas les « naturels », enfin pas ces substances dites naturelles (comme le sulfate de cuivre...), utilisées dans l'agriculture biologique.

 

Puis glissement vers « la nature même de l'agriculture conventionnelle » avec une citation de M. Marc Dufumier – dans le Monde évidemment – parfaitement grotesque ; glissement vers les procédures d'évaluation et de décision et... et... :

 

« Le cas du glyphosate interroge également les limites de la manière dont les réglementations sanitaires sont élaborées. La complexité, les coûts et le temps requis pour réaliser les vastes études scientifiques nécessaires pour comprendre les ressorts précis de plusieurs grands problèmes d'écotoxicité fait qu'on peut légitimement plaider pour agir sans disposer de toutes les réponses, au nom du principe de précaution. »

 

Ben voyons... « au nom du principe de précaution ». M. Robert Barouki est à nouveau convoqué à la barre des témoins pour une curieuse déclaration :

 

« "La seule question valable, c'est de savoir si on a assez d'arguments pour prendre une décision. S'il y a suffisamment d'éléments qui plaident pour l'existence de risques considérables, c'est là que le principe de précaution doit agir", estime le toxicologue Robert Barouki. "Quand il y a des certitudes, ce n'est plus une histoire de principe de précaution, mais tout simplement de prévention", rappelle-t-il par ailleurs. »

 

Décidément, ce principe de précaution ne sera jamais compris !

 

La suite est encore plus fumeuse.

 

 

Le « modèle agricole conventionnel » ?

 

Voilà une forte pensée :

 

« Plutôt qu'un bouc émissaire, le glyphosate est en fin de compte emblématique de l'agriculture intensive qui s'est développée depuis les années 1950 en France et partout dans le monde. »

 

Là, c'est M. Christian Huygue, directeur adjoint de l'INRA, qui est appelé à la barre comme troisième témoin à charge (pour la décharge... personne) ;

 

« ...le succès de l'herbicide s'explique en grande partie par le fait qu'il était "totalement en cohérence avec les usages demandés par la société" au monde agricole, notamment la hausse de la productivité et le développement de produits standardisés. »

 

Les « usages » ? C'est quoi, ce charabia ?

 

Il eût été préférable de parler de « production » plutôt que de « productivité », et de nourrir une population mondiale qui est passée de 2,5 à 7,5 milliards de 1950 à aujourd'hui, avec les incidences politiques, sociales et économiques : notamment 1,5 milliard de personnes souffrant de sous-alimentation en 1950 contre près de 850 millions – toujours trop – aujourd'hui. Ah oui, mais, selon M. Marc Dufumier, « L’agroécologie peut parfaitement nourrir 10 milliards d’humains »... Mais qu'est-ce qu'on attend pour être heureux ?

 

 

Un fil superbement documenté et argumenté

 

 

Le « modèle » est responsable de « catastrophes environnementales », par exemple – selon « [d]e sérieuses études » – « la disparition de près de 80 % des populations d'insectes en Europe ».

 

Cette affirmation – faire porter le chapeau de la disparition (alléguée) des quatre cinquièmes des populations d'insectes à la seule agriculture – est tout simplement grotesque.

 

De plus, l'article mis en référence – bien évidemment de M. Stéphane Foucart – est bien plus prudent avec un conditionnel journalistique en titre : « En trente ans, près de 80 % des insectes auraient disparu en Europe » ; et l'article scientifique en question – de Caspar Hallmann et al., « More than 75 percent decline over 27 years in total flying insect biomass in protected areas » (déclin de plus de 75 % en 27 ans dans la biomasse totale d'insectes volants dans des zones protégées) est très, très loin d'étayer cette affirmation. Outre ses insuffisances intrinsèques, il ne met pas l'agriculture en cause et se rapporte à un environnement particulier.

 

La parole revient ensuite à M. Christian Huyghe :

 

« Selon M. Huygue, aborder le sujet uniquement sur le terrain de la santé humaine est dès lors une erreur : "La question de fond, c'est : 'Avons-nous le droit de créer une dette environnementale ?' De notre point de vue, elle n'est pas acceptable et c'est pour cela que nous portons une autre vision, qui consiste à basculer sur une agriculture sans pesticides." »

 

Ce n'est plus du décodage. Ce ne sont plus des faits, mais une opinion (personnelle ou institutionnelle ?).

 

Au demeurant, « une agriculture sans pesticides », est-ce bien sérieux ? Est-ce bien la vision de l'INRA ?

 

L'article se poursuit sur l'échec des programmes Écophyto de réduction de l'utilisation des pesticides (avec une référence à un autre article de la rubrique Planète et de...). On appréciera à moitié le constat suivant :

 

« Dans le cas du glyphosate comme des pesticides en général, les (réelles) contraintes économiques et techniques à court terme l'ont pour l'heure emporté sur les considérations environnementales et de santé publique. »

 

Ce n'est en effet pas souvent que l'on voit une référence à ces contraintes – ni aux attentes des consommateurs qui font l'objet des deux paragraphes suivants – dans le Monde.

 

Mais ce serait encore mieux si la ligne éditoriale du Monde s'infléchissait quelque peu pour informer son lectorat des bénéfices que les pesticides – judicieusement et correctement utilisés – apportent tant à la santé humaine qu'à l'environnement.

 

 

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E
https://www.terre-net.fr/actualite-agricole/economie-social/article/vincent-guyot-comment-je-me-suis-fait-manipuler-par-envoye-special-202-150013.html
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