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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Dans le Monde : la « fausse science » selon Mme Dominique Méda

18 Juillet 2019 , Rédigé par Seppi Publié dans #critique de l'information, #Activisme

Dans le Monde : la « fausse science » selon Mme Dominique Méda

 

 

 

 

La « fausse science » a pignon sur rue ces derniers temps. L'Opinion en France, la Libre en Belgique, le Soleil au Canada et Heidi News en Suisse ont publié les 14 et 15 juillet 2019 une tribune et un appel, « La science ne saurait avoir de parti-pris ». En conclusion :

 

« Il est urgent que la place de l’information scientifique dans nos médias et dans le débat public soit revue, pour éviter de creuser le fossé entre scientifiques et journalistes. Réfléchissons ensemble à la façon de rendre à la science la place qu’elle mérite. Pour un débat public apaisé et rationnel, pour le bien de notre vie politique, pour nos concitoyens. »

 

En décembre 2017, Medium avait publié une autre tribune, « Les fausses informations scientifiques sont des “fake news” comme les autres ». En conclusion :

 

« Il appartient donc à tout média sérieux de vérifier qu’il ne propage pas du baratin pseudo-scientifique, en particulier sous couvert de vulgarisation. Une information scientifique fausse est une “fake news” comme une autre.

 

Le Monde s'y est mis aussi, le 13 juillet 2019 (date sur la toile), avec une plus grande ambition encore : « Dominique Méda : "Rendre inopérante la production de fausse science" ». C'est plus modeste dans l'édition papier, « Combattre la "fausse science" ».

 

Rappelons que Mme Dominique Méda est professeure de sociologie à l'Université Paris-Dauphine, directrice de l'Institut de Recherche Interdisciplinaire en Sciences Sociales et que ses orientations sociopolitiques sont fort tranchées.

 

De fait, nous avons droit dans cette chronique à une longue introduction qui nous renvoie à l'incontournable Bible du militantisme « écologiste » et anticapitaliste :

 

« Un livre publié en 2010 par Naomi Oreskes et Erik M. Conway, traduit en 2012 sous le titre Les Marchands de doute (éditions Le Pommier), a magistralement démontré, au terme de plusieurs années d’enquête, comment de grandes entreprises, souvent soutenues par des groupes d’intérêt et des organisations farouchement hostiles à l’idée même de régulation, étaient parvenues à mettre massivement en doute les résultats scientifiques les mieux établis, qu’il s’agisse des méfaits du tabagisme, des agents chimiques (CFC) responsables du trou d’ozone, ou du CO2»

 

Et cela vient inévitablement avec d'autres références : Coca-Cola et la pandémie mondiale d’obésité et de diabète, les « méfaits du tabagisme, des agents chimiques (CFC) responsables du trou d’ozone, ou du CO2 », l'amiante.

 

C'est que, selon le chapô :

 

« Seuls des chercheurs indépendants et bien payés peuvent s’opposer aux "marchands de doute" qui dissimulent la nocivité de produits industriels pour la santé et l’environnement, explique la sociologue dans sa chronique au "Monde". »

 

Ah bon ! Personne d'autres ? À tout hasard, des journalistes du Monde seraient-ils impuissants – même ceux qui bénéficient des « informations » livrées clés en main par l'U.S. Right to Know, ou celle qui a collaboré avec Corporate Europe Observatory ?

 

Il ne saurait venir à l'esprit de l'auteure que l'inverse existe aussi, et qu'il devient de plus en plus prégnant, perturbateur et destructeur de nos sociétés : des chercheurs, se prétendant indépendants (pour leur rémunération, nous nous abstiendrons de commenter), se font aussi « marchands de doute » sur « la nocivité »faussement alléguée – « de produits industriels pour la santé et l’environnement ». Ils le font même, quelquefois, pour le compte d'agents économiques concurrents. Et ils le font surtout alors que le consensus scientifique – souvent sanctionné par les évaluations des agences de protection de la santé et de l'environnement – conclut, avec les précautions de langage requises, à une absence de nocivité...

 

Idéologie quand tu nous tiens...

 

Mais l'argumentation de Mme Dominique Méda est fort pertinente :

 

« Dans tous les cas, les méthodes des semeurs de doute sont les mêmes : profiter du fait qu’il n’est scientifiquement pas toujours possible d’affirmer qu’un fait A est de manière absolument certaine, exclusivement et à 100 %, la cause d’un fait B [...], c’est-à-dire profiter de ce qui caractérise précisément l’éthique scientifique pour remettre massivement en cause les résultats de la science. Il suffit alors de disposer des voix de quelques scientifiques égarés, non spécialistes de la discipline, aveuglés par une idéologie ou plus rarement corrompus, qui soutiendront des positions contraires immédiatement sur-médiatisées, de requalifier l'ensemble en "controverse" au sein de laquelle les différentes positions apparaîtront pourvues de la même légitimité, puis de focaliser l'attention, grâce au financement de chercheurs embarqués dans ces croisades, sur d'autres causes probables des problèmes [...] »

 

Formidable ! Ça colle (presque) parfaitement pour les controverses sur certains médicaments, les vaccins, les champs électromagnétiques de radiofréquence (les compteurs Linky, la 5G...), les perturbateurs endocriniens allégués, les pesticides, les OGM, etc.

 

Il n'est pas « possible d’affirmer [...] de manière absolument certaine, exclusivement et à 100 % » que l'alimentation avec un maïs GM NK 603 ne présente aucun effet nocif – car l'inexistence d'un effet nocif est aussi indémontrable que l'inexistence des anges. « [I]l suffit alors de disposer des voix de quelques scientifiques égarés [oups... nous n'oserons pas citer la suite...] pour pouvoir titrer dans l'Obs : « Oui, les OGM sont des poisons », produire dans la foulée quatre documentaires et deux livres..., affirmer quelques années après dans un scandaleux Envoyé Spécial que « nos recherches nous permettent de savoir que le Roundup est de manière chronique et à très faible dose un produit mortel, même à la dose autorisée dans le robinet » (cité dans un fil Twitter de Medicus qui vaut le détour).

 

Et si, au lieu de faire preuve d'hémianopsie, de nous rabâcher sans cesse « amiante, tabac, Monsanto… », le Monde s'intéressait à l'intégralité du problème ?

 

Oui, également aux « marchands de doute » et « semeurs de doute » qui produisent de la « fausse science » – ou simplement des « alertes » reposant sur des hypothèses extravagantes – spécialement pour polluer la place publique, corrompre le débat et interférer dans les processus décisionnels aux fins de l'avancement de causes militantes (et parfois lucratives) ?

 

Ah ! On me dit que cela perturberait la ligne éditoriale du Monde, notamment de sa section Planète...

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D
Cette dame sévit parfois sur France Culture, comme invitée.<br /> Son regard de sociologue semble lui donner le droit de disserter sur n'importe quel sujet avec aplomb.<br /> Elle fait sans doute partie de ces experts auto proclamés, appelés par les médias en manque de contenus.
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S
@ Il est là le ‎dimanche‎ ‎21‎ ‎juillet‎ ‎2019‎ ‎15‎:‎24<br /> <br /> Bonjour,<br /> <br /> Merci pour votrecommentaire.<br /> <br /> Vous êtes bien optimiste… Moi, je vois Greta Thunberg et le festival d'à-plat-ventrisme…<br /> <br /> La légion d'honneur, c'est Delphine Batho qui l'a décidé… triste époque...
I
Triste ré"alité de notre époque ou tout le monde à la même voix que les experts. En gros au nom d'une vision faussée de la rélaité on met à égalité toutes les voix donc la voix du dentiste, de l'agronome a autant de poids que celle de l'astrophysicien pour parler des trous noirs, la voix de l'agronome et de l'astrophysicien autant de poids que celle du dentiste pour parler des dents et celle du dentiste et de l'astrophysicien autant de poids que celle de l'agronome pour parler du monde agricole. <br /> <br /> Et le pire c'est quand ces experts en tout entendent quelqu'un parler de leur domaine de compétence en se trompant, ils sont les premiers à dire "C'est moi l'expert, je sais plus que vous". <br /> <br /> En gros aujourd'hui l'idée c'est "J'ai teldiplôme donc je peux parler de tel sujet qui n'est pas de mon domaine de compétence parce que... j'ai le diplôme. Quelqu'un dit ça sur le sujet sur lequel j'ai mon diplôme ? Mais c'est pas vrai c'est pas lui l'expert c'est moi il n'a pas à la ramener sur ce sujet qu'il ne connaît pas". <br /> <br /> Ah oui elle a remis la légion d'Honneur à Robin pour son torchon sur le glyphosate ? Et beh, triste époque.
S
Bonjour,<br /> <br /> Merci pour votre commentaire.<br /> <br /> C'est cette dame qui a remis la légion d'honneur à Mme Marie-Monique Robin, qui en a fait des kilos sur l'insigne honneur qui lui était fait.<br /> <br /> Le regard de sociologue...
I
Au fait en parlant de Séralini, j'ai une petite vanne pour vous, Seppi.<br /> <br /> On est d'accord, les GES (Gaz à Effet de Serre) c'est dangereux pour l'environnement. Mais pour les scientifiques il y a plus dangereux : les EGES (les Etudes de Gilles Eric Seralini)
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I
Ah encore une dernière chose<br /> <br /> Les scientifiques qui étudient le monde agricole, les chercheurs en agronomie de l'INRA ou du CIRAD et même les experts de la FAO, disent qu'une consommation de viande, certes plus réduites que maintenant, a encore sa place dans notre système alimentaire et que l'élevage a sa place dans une agriculture plus respectueuse de l'environnement. Des sociologues du Monde disent l'inverse, or ces sociologues ne sont pas experts en science de l'agronomie. DOnc on grde l'élevage (certes plus réduit que maintenant) et on continue de manger de la viande (certes pas pplus de 3 fois par semaines). Encore une fois je suis les experts du sujet et non les non-experts qui sèment le doute. C'est bien ce que dit cette dame non ?
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S
Bonjour,<br /> <br /> @ Il est là le ‎dimanche‎ ‎21‎ ‎juillet‎ ‎2019‎ ‎15‎:‎17<br /> <br /> Merci pour votre commentaire.<br /> <br /> <br /> ...ou le plus gros possible, quand on cherche à en avoir un. Exemple : reforestation...
I
Bon là je vous l'accorde, toute activité humaine a un impact. Je pense que l'important c'est pas de ne pas avoir d'impact mais d'en avoir le plus léger possible.
J
qu'est ce <qui n'est pas dangereux pour l'environnement? toute action humaine peut etre présentée comme dangereuse pour l'environnement... dont d'ailleurs on se fout un peu puisque depuis qu'on le modifie on prospère.. alors reformulez...
I
Je tiens à faire une remarque éclairée<br /> <br /> Madame Meda (que je ne connais pas assez pour juger de ses travaux de sociologues car je ne les connais pas) dit bien ceci "Il suffit alors de disposer des voix de quelques scientifiques égarés, non spécialistes de la discipline, aveuglés par une idéologie ou plus rarement corrompus, "<br /> <br /> OK. Donc pour le glyphosate ce sont des toxicologues et des epidémiologistes de moult agences sanitaires reconnues qui disent qu'l n'est pas dangereux si utilisé selon lesrègles et c'est une sociologue non-scientifique et non spécialiste des substances dangereuses qui dit l'inverse. La majorité des scientifiques spécialistes en biologie moléculaire et en biologie évolutives disent que les OGM c'est OK, rien de mal pour la santé, des sociologues non-spécialistes de l'évolution molléculaire du Monde disent l'inverse. Conclusion ce sont les anti OGM e les anti Glyphosates qui sèment l doute.<br /> <br /> Ben quoi, je ne fais que raisonner en fonction de ce que dit cette Madame, on ne peut pas m'en vouloir, non ?
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S
@Jacques Lemiere le ‎vendredi‎ ‎19‎ ‎juillet‎ ‎2019‎ ‎10‎:‎29<br /> <br /> Bonjour,<br /> <br /> Merci pour votre commentaire.<br /> <br /> Mais vous vouliez sans doute dire que cette personne veut monter des procès d'intention SANS JAMAIS regarder les preuves...
S
Bonjour,<br /> <br /> Merci pour votre commentaire.<br /> <br /> Oui, ce sont ces gens-là qui sèment le doute.
J
sont propos est de toute façon non pertinent , elle dit que ce qui importe est la personne est non la qualité de l'argument..qui peut être recevable même si c'est un non scientifique égaré hors discipline;.<br /> <br /> tout ce débat ne porte pas sur la science mais sur des éléments de preuves qui seraient INTENTIONNELLEMENT utilisés pour créer du doute.. <br /> <br /> ce que veut cette personne est de monter des procès d'intention. AVANT de regarder les preuves...