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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

L'OMS demande aux États membres du CIRC de recadrer cette agence !

4 Juin 2019 , Rédigé par Seppi Publié dans #CIRC

L'OMS demande aux États membres du CIRC de recadrer cette agence !

 

 

Nous avons eu le « tuyau » par M. Hank Campbell et son « FAO/WHO Codex Alimentarius Meeting Suggests Rogue Activist Group IARC Be Reined In » (une réunion du Codex Alimentarius FAO/OMS suggère de recadrer le groupe activiste dévoyé du CIRC).

 

La 31e session du Comité du Codex sur les Principes Généraux s'est tenue à Bordeaux du 11 au 15 mars 2019. Le rapport de la session figure dans le document REP19/GP, soumis à la 42e session de la Commission du Codex Alimentarius qui se tiendra du 8 au 12 juillet 2019.

 

Et voici ce que rapportent les paragraphes 49 et 50, sous l'intertitre « Questions émanant de l’OMS » (c'est nous qui graissons) :

 

« 49. Le représentant de l’OMS a également fait le point sur l’évolution des relations entre le siège de l’OMS et le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), l’agence de l’OMS spécialisée sur le cancer, qui compte 26 pays membres et jouit d’une certaine autonomie. Le représentant a rappelé que certains dangers chimiques présents dans les aliments avaient été évalués à la fois par la JMPR/le JECFA et par le CIRC et que les conclusions auxquelles ces organismes étaient parvenus semblaient diverger, ce qui avait envoyé des messages équivoques aux gestionnaires de risques comme au grand public. Tout en soulignant l’adoption d’une procédure opérationnelle standardisée provisoire par le Conseil de direction du CIRC en mai 2018 à la suite de discussions avec l’OMS sur la nécessité de limiter les risques de chevauchement des travaux entre les programmes émanant du siège de l’OMS et le CIRC, le représentant a noté que ces risques n’avaient pas été complètement éliminés. Le représentant a donc encouragé les pays membres du CIRC à exercer, au travers du Conseil de direction du CIRC, une surveillance appropriée afin de s’assurer que le CIRC ne duplique pas inutilement les travaux de la JMPR et du JECFA sur les produits chimiques dans les aliments.

 

50. Félicitant l’OMS pour ses efforts visant à mieux coordonner les travaux entre les programmes émanant du siège et le CIRC, une délégation a souligné l’importance de cette coordination pour les questions traitées par les organes de la FAO et de l’OMS fournissant des avis scientifiques, dont les évaluations servent de fondement aux travaux du Codex. »

 

En 35 ans de fonction publique internationale dans le système des Nations Unies, il ne m'a pas été donné de lire un tel assaut ! Il faut que les choses soient vraiment pourries jusqu'à l'os au CIRC pour que le représentant de la maison-mère OMS en appelle aux États membres.

 

Nous nous posions des questions au sujet de l'élection de Mme Elisabete Weiderpass – un membre de la tribu – pour succéder à M. Christopher Wild. Il semble que l'OMS a apporté les réponses.

 

Notons incidemment que Mme Kathryn (Kate) Guyton a été nommée chef par intérim du Groupe des Monographies du CIRC après le départ de M. Kurt Straif. C'était déjà un signe de la volonté de continuer dans la déviance : Mme Kate Guyton est en effet un des personnages centraux du CIRC-gate et de la rédaction d'une monographie qui devait servir les intérêts des avocats prédateurs états-uniens ainsi que, plus généralement, la cause militante anti-pesticides. Sauf erreur, le poste n'est pas mis au concours...

 

 

 

 

Pourtant, la 70e Assemblée Mondiale de la Santé avait adopté le 31 mai 2017 une résolution sur la « Lutte contre le cancer dans le cadre d’une approche intégrée » qui priait le Directeur général (de l'OMS) :

 

« 8) de promouvoir la coordination entre le CIRC et les autres segments de l’OMS concernant les évaluations des dangers et des risques, ainsi que la communication de ces évaluations ».

 

Pourtant, en mai également, le Conseil de direction du CIRC a exprimé au Directeur :

 

« ...son soutien total en ce qui concerne le rapprochement avec les hauts responsables de l'OMS dans le but de renforcer encore la coopération, et ENCOURAG[É] le développement de procédures opérationnelles standard pour améliorer la coordination et la communication en matière d'identification des facteurs de risque de cancer et d'évaluation des risques encourus. »

 

Dans le document GC/60/13, destiné au Conseil de direction de mai 2018, « Mécanismes de coordination et de communication entre le CIRC et l'OMS, tant au niveau opérationnel que de la direction », le Directeur du CIRC avait aussi rapporté, notamment, ce qui suit :

 

« Principes fondamentaux

 

4.  Contrairement à l'OMS, le CIRC n'exerce pas de travail normatif: il ne produit pas de directives ni de recommandations ou de politiques. Les Etats Membres de l'OMS et les autres acteurs concernés peuvent toutefois ne pas avoir conscience des différences qui existent entre le CIRC et l'OMS au niveau de leurs rôles, de leurs responsabilités et des méthodologies auxquelles ils ont recours pour la production de leurs différents documents. C'est pourquoi la procédure opérationnelle standardisée prévoit une coopération étroite entre le CIRC et le siège de l'OMS en ce qui concerne la nature, la signification et l'interprétation de leurs activités respectives d'identification de la cancérogénicité et d'évaluation des risques.

 

5.  La procédure établie assure la transparence et permet de coordonner le CIRC et le siège de l'OMS pour la sélection des produits et agents à évaluer et l'établissement du calendrier des évaluations, ce qui leur laisse suffisamment de temps pour préparer ensemble la diffusion des conclusions des évaluations et la communication à leur sujet. Elle permet également de définir clairement les responsabilités pour les programmes des Monographies et des Handbooks dans le respect du code de gouvernance du CIRC.

 

6.  Etant donné que la responsabilité globale du programme des Monographies et des Handbooks incombe au Directeur du CIRC, la décision finale sur les agents à évaluer et le calendrier de ces évaluations relèvent de sa responsabilité. Le Conseil scientifique, lors de sa 54ème Session, l'a réaffirmé en insistant sur le fait que "le choix des agents à évaluer et du calendrier de leur évaluation doit continuer à se faire exclusivement sur des critères scientifiques et que c'est au Directeur du CIRC d'en décider" (document GC/60/4). La procédure garantit toutefois que ces décisions sont prises en pleine concertation avec le siège de l'OMS, et notamment avec le Bureau du Directeur général de l'OMS. Le Directeur du CIRC répond de ses décisions devant le Conseil de Direction, dont le Directeur général de l'OMS fait partie. »

 

La « procédure opérationnelle standardisée provisoire » pour les monographies et les handbooks (manuels) a été approuvée par le Conseil de direction du CIRC au terme d'une longue discussion (c'est ici pour les courageux). On aurait pu penser que cela aurait aplani les difficultés. Manifestement, il n'en est rien !

 

Cela soulève une importante question : que compte faire le gouvernement français, plus précisément le Ministère des Solidarités et de la Santé pour nettoyer les écuries d'Augias, au 150 du Cours Albert Thomas ?

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M
Codex Alimentarius, FAO/OMS que du beau monde ?

Hé bien non!!!

C'est surtout le gratin de toute la mafia pro malbouffe, les rois de l’empoisonnement de notre planète.
Répondre
S
Bonjour,

Merci pour votre commentaire (si, si…).

Vous semblez bien imbibé par les infox… Comment, l'instance mondiale de référence pour la sécurité alimentaire serait un repaire d'empoisonneurs ? Et nous laissons faire ?

Il vous a peut-être échappé que, dans cette affaire, la réunion du Codex Alimentarius n'a été que l'enceinte dans laquelle s'est exprimé le représentant de l'OMS. Sans doute aussi un empoisonneur… En chef car il s'agit sans nul doute du directeur de la division pour la sécurité alimentaire et les zoonoses.
J
Ne trouvez vous pas que les produits très cancérigénes sont devenus des produits protégés depuis que ce cirque a créé cette classification de probablement cancérigéne.La différence de dangerosité est énorme une différence d'1 cas pour une population d'1 million a plusieurs centaines de cas pour la même population.Macron et ses sbires n'a toujours pas interdit les cabines de bronzages artificielles pourtant demandé de façon répété par l'ANSES ,il veut interdire le glyphosate parce que dangereux avec ses produits de décomposition mais ne dira pas que le phophonate des lessives donne une décomposition identique.La presse française participe avec plaisirs a tout mélanger et mettre cancérigéne probable plus dangereux que cancérigéne avéré
Répondre
S
Bonjour,

Merci pour votre commentaire.

Les classements du CIRC ont pu avoir une certaine cohérence quand ils s'adressaient aux seuls (ou quasiment) décideurs en santé publique. Le plutonium, la charcuterie, la pilule contraceptive sont dans la même classe? Le décideur comprenait qu'il s'agit d'un classement de danger, que les expositions sont diverses, tout comme les mesures de protection à prendre.

Et le CIRC et le monde politique sont devenus fous. Oui, ils ont fait/font un caca nerveux sur le glyphosate et ne touchent pas aux cabines de bronzage (ni à la pilule… mais c'est un autre ensemble de problèmes).

A ma connaissance il n'y a pas d'études qui disent que les phosphonates (des lessives et détergents, et l'AMPA produit de décomposition du glyphosate) sont cancérigènes. Je pense que les "scientifiques" militants sont suffisamment conscients du fait que ce sujet est une patate chaude.

Et oui, la presse française… hélas...
A
malheureusement l'info ne sortira jamais dans les media "mainstream"...
Ou alors, sous la plume d'un certain Stéphane F., avec en titre :
"Comment Bayer-Monsanto et les lobbies veulent avoir la peau du CIRC
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S
Bonjour,

Merci pour votre commentaire.

Il inspirera peut-être SF…
A
Bravo pour cet article, ouf, on en sort par le haut !
Répondre
S
Albert, vous êtes bien optimiste...
U
Pourtant nous avons besoin du CIRC. Qui d'autre oserait dire qu'il faut classer le plutonium et le pâté de foie dans la même catégorie ?
Répondre
S
Bonjour,

Merci pour votre commentaire.

Oui, CIRC = OMS pour beaucoup de naïfs (il y en a certainement encore), pour beaucoup plus de jean-foutre pisseurs de copies et pitres de la médiasphère, et un nombre inconnu de menteurs et manipulateurs.
M
Et pourtant dans combien d'articles, de déclarations et d'émissions télé fait-on l'analogie CIRC = OMS au point d'affirmer concernant un certain herbicide "classé par l'OMS...." en pratiquant un raccourci osé et en occultant totalement l'avis contraire du JMPR.
S
Bonjour,

Merci pour votre commentaire.

J'ai bien ri… aigre, car les gens du CIRC ne semblent pas comprendre qu'ils sont devenus irresponsables.