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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Christopher Wild, etc. : après le CIRC, le grand Barnum...

6 Juin 2019 , Rédigé par Seppi Publié dans #CIRC, #Activisme

Christopher Wild, etc. : après le CIRC, le grand Barnum...

 

 

« L'OMS demande aux États membres du CIRC de recadrer cette agence ! » nous a fait musarder sur la toile et nous sommes arrivés sur le compte Twitter de M. Christopher Wild qui fut, jusqu'au 31 décembre 2018, directeur du Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC).

 

Et nous avons été choqués !

 

Commençons par le dernier, du 2 juin 2019.

 

 

Les scientifiques travaillant dans des domaines où de forts intérêts économiques sont en jeu devraient se familiariser avec les pratiques utilisées pour protéger des intérêts afin de contrer les récits trompeurs.

Comment Monsanto manipule les journalistes et les universitaires.

 

Comment Monsanto manipule les journalistes et les universitaires | Carey Gillam

Les propres courriels et documents de Monsanto révèlent une campagne de désinformation pour cacher les liens possibles de son herbicide avec le cancer.

 

 

M. Christopher Wild a relayé ici un article du Guardian – le porte-voix au Royaume-Uni de l'US Right to Know (USRTK), lui-même porte-flingue du business de l'agriculture biologique, de charlataneries médicales et alimentaires et de mouvances anti-vaccins, relais médiatique de cabinets d'avocats prédateurs voulant faire les poches de Bayer/Monsanto et source d'« informations » pour deux Stéphane du Monde Planète et quelques autres porteurs d'une carte de presse.

 

M. Christopher Wild contribue ainsi à diffuser le venin de Mme Carey Gillam, qui a – ou croit avoir – un motif personnel de s'en prendre à Monsanto.

 

Cet article – « How Monsanto manipulates journalists and academics » (comment Monsanto manipule les journalistes et les universitaires) est d'une facture classique. Tout ce qui a été fait par Monsanto pour défendre ses intérêts est, par principe, répréhensible et vaut condamnation par l'inquisitrice Carey Gillam. Certains éléments rapportés ont été fournis par un des cabinets d'avocats prédateurs qui espère bien convertir la condamnation par le tribunal journalistique en verdict d'un vrai tribunal. Et ils sont évidemment bodybuildés, emballés dans un mille-feuilles argumentatif et mis dans un contexte qui ne peut que susciter l'indignation du lecteur.

 

Prenons un exemple :

 

« Des courriels internes de Monsanto montrent que l'ACSH recherche et reçoit des engagements financiers de la part de Monsanto. Une chaîne de courriels datant de 2015 entre la société et ACSH détaille le soutien financier "illimité" souhaité par l'ACSH tout en décrivant les "impacts" sur les réseaux sociaux obtenus par l'ACSH. »

 

Monsanto « manipule », n'est-ce pas ? Monsanto a mis en place un énorme réseau pour « ne rien laisser passer », louer ses produits et dénigrer tous ceux qui osent critiquer la compagnie ? Ce fil de courriels montre au contraire que Monsanto se fait instamment prier pour allonger quelques dollars... L'ACSH cherche à obtenir un « soutien financier "illimité" » ? C'est l'interprétation gillamienne de la phrase suivante :

 

« Toutefois, cela devient parfois frustrant quand nous avons le sentiment que nous ne pouvons pas compter sur soutien sans restriction [unrestricted support] d'une entreprise comme Monsanto – dont les produits et les technologies sont constamment dénigrés par desgroupes activistes, mais acclamés par l'ACSC. »

 

Mme Carey Gillam renvoie aussi aux motifs de sa vendetta... des évaluations d'Academic Review de son travail de journaliste de Reuters... ce qui permet à quelqu'un de réfléchi et de sensé de vérifier si les critiques de biais et de parti pris faites contre ses articles sont fondées. Et d'évaluer le degré de circonspection avec lequel on doit prendre l'article en cause ici.

 

Et cela pose la question : que penser d'un Christopher Wild qui répercute cet article ? Cela en dit long sur son état d'esprit et son éthique. Certes, il a – ou croit avoir – aussi des motifs de ressentiment. S'il a résisté avec opiniâtreté aux interrogations et mises en cause à la suite du classement du glyphosate en « probablement cancérogène », il a subi quelques blessures, en tout cas d'amour propre.

 

Est-ce suffisant pour entrer ainsi dans l'arène de boue ?

 

C'est navrant : contrairement à ce qu'a écrit le Guardian, l'article est loin de révéler « une campagne de désinformation pour cacher les liens éventuels [possible] de son herbicide avec le cancer ». Notez la formulation fort prudente... qui met implicitement en doute la conclusion du CIRC.

 

En fait, il y a plus choquant encore : son propre commentaire. Les titulaires « de forts intérêts économiques » sont mis dans le même sac... alignés sur le modèle Monsanto, version élucubrations de Mme Carey Gillam.

 

On ne peut certes pas exclure un dérapage qui aurait pris son essor à l'issue du mandat de directeur du CIRC, mais c'est fort improbable. Cela pose dès lors la question de la gouvernance du CIRC... question maintenant mise sur la table de manière peu diplomatique par l'OMS.

 

Le compte Twitter montre qu'il ne s'agit pas là d'un cas isolé. Le 27 janvier 2019, M. Christopher Wild s'en est pris à la journaliste de Reuters Kate Kelland, qui avait révélé une partie des turpitudes du CIRC.

 

 

Chris Wild : La journaliste a reçu un prix pour son article trompeur original. https://www.google.co.uk/amp/s/mobile.reuters.com/article/amp/idUSKBN1DM1GN… Un cas pour une rétractation, alors? #glyphosate @Reuters_Health @IARCWHO
 
Ophira Ginsburg : Monsanto s'est servi de cette histoire pour attaquer le CIRC sur plusieurs fronts, notamment en tentant de convaincre le Congrès de priver le CIRC de financement.
Kelland aurait dû être honnête ... et reconnaître que Monsanto …
 
Chris Wild : Développements intéressants pour comprendre le degré de coopération entre @Reuters_Health et Monsanto dans de fausses accusations contre @IARCWHO concernant l'évaluation du #glyphosate.
 
La reporter récompensée de Reuters est-elle un "marionnette" de Monsanto?
Kate Kelland a reçu un prix pour un article trompeur que lui a fourni Monsanto
 
 

En citant GM Watch (qui se fonde sur... Mme Carey Gillam)... Des allégations et insinuations balancées sans preuves auraient dû servir de base pour une retrait – d'un prix des Foreign Press Association Media Awards ou de l'article récompensé ? – selon le gazouillis du 28 janvier 2019 dont la forme interrogative ne doit pas faire illusion.

 

 

Reuters n'a pas pu dire qui a modifié les tableaux statistiques dans la monographie finale. Cette personne était-ell à l'intérieur de @IARCWHO

Hum...

 

Le 8 avril 2019, M. Christopher Wild retransmet un gazouillis de M. Paul Brennan injurieux à l'égard de M. Jeoffrey Kabat. Paul Brennan ? Un chef de section et de groupe, donc un agent du cadre supérieur, du CIRC !

 

 

Pourquoi More or Less [une émission de la BBC] donne-t-il du temps d'antenne à Jeffrey [sic] Kabat pour salir des études sur les pesticides. Ne peuvent-ils pas trouver des épidémiologistes qui ne sont pas des apologistes de l'industrie?

 

 

Il y eut deux réponses tardives au gazouillis d'origine.

 

 

Clear Food : Pas étonnant que le CIRC ait forcé Wild [ma note : j'ai vu ça ailleurs, mais c'est un bobard. M. Chris Wild a fait deux mandats et ne pouvait plus faire acte de candidature]. Pourquoi de telles attaques contre @GeoKabat et d'autres posts faisant la promotion de Carey Gillam, payée par l'industrie des avocats chicaneurs et des produits biologiques et des posts faisant la promotion des allégations des avocats plaidant contre le glyphosate ? Est-ce que Wild est maintenant payé, comme Portier, par des avocats américains profitant de la crainte dans des litiges en responsabilité civile ou simplement  de la rancœur ? @zaruk

 

The Risk-Monger : Je pense que l'émission de la BBC était plutôt juste.

Si votre envie de vengeance ad hominem n'est pas encore satisfaite, Paul, jetez un coup d'œil à l'alliance malsaine de Jiang avec Martyn T Smith.

 

 

Le parti pris anti-industrie s'exprime aussi dans ce gazouillis du 9 mai 2019. « Ne permettez pas à l'industrie d'écrire les règles pour l'intelligence artificielle ! » Voilà donc une recommandation – en principe sage – d'un des acteurs clés de la prise de pouvoir d'intérêts qui, pour ne pas être industriels n'en sont pas moins économiques (des verdicts de l'ordre du milliard de dollars...), sur le processus de décision du CIRC pour, selon les termes de Nature, « orienter la recherche et la réglementation à leur profit ».

 

 

Je recommande à toute personne générant des données de recherche ayant un impact sur la société de faire une pause et de lire ce court article. Il est plein de considérations cruciales qui exigent notre implication @nature @CollegiumRamazz @IEA_Epi
Ne laissez pas l’industrie écrire les règles de l’IA [intelligence artificielle]

 

"Dans une boîte noire algorithmique, les biais sociétaux sont rendus invisibles et incontrôlables.

 

Ne laissez pas l’industrie écrire les règles de l’IA

Les entreprises de technologie mènent une campagne pour orienter la recherche et la réglementation à leur profit ; la société doit réagir, dit Yochai Benkler.

 

 

Notez que le gazouillis s'adresse aussi, spécifiquement, au Collegium Ramazzini.

 

Le dévissage intellectuel et moral est un problème qui ne concerne pas que l'intéressé. C'est un problème qui se pose au CIRC, à l'OMS et au système des Nations Unies dans son ensemble. Qu'en pensent, notamment, l'Organisation desNations Unies pour le Développement Industriel (ONUDI), ou encore l'Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle (OMPI) ?

 

Le gazouillis de M. Paul Brennan – ainsi que celui qu'a épinglé en tête de compte M. Nicolas Gaudin, chef du groupe des communications du CIRC, et d'autres encore – montrent que le mal est profondément enraciné dans le CIRC.

 

 

De nouveaux documents de Monsanto apportent davantage de preuves de liens intimes avec Kate Kelland, journaliste à @Reuters, qui a écrit des articles qui lui ont été fournis par une entreprise que Monsanto a ensuite utilisé pour déclencher une enquête du Congrès sur les scientifiques spécialistes du cancer à @IARCWHO

 

Ce n'est que mon opinion, mais le juge Chhabria semble parler à la jeune avocate représentant le plaignant avec colère et condescendance, contrastant avec le ton équanime employé avec l'avocat masculin défendant @Bayer Monsanto dans le procès du Roundup et du cancer.

 

Monsanto : le juge menace de "museler" l'avocat du patient atteint de cancer

Le juge du premier procès fédéral contre le fabricant du Roundup a intertid tout débat sur la manipulation alléguée de la science.

 

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