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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

« Fichier Monsanto » : une formidable manœuvre médiatique

11 Mai 2019 , Rédigé par Seppi Publié dans #critique de l'information, #Glyphosate (Roundup), #Monsanto

« Fichier Monsanto » : une formidable manœuvre médiatique

 

« Monsanto aurait fiché des personnalités en fonction de leur position sur le glyphosate »

 

 

 

 

Une partie de notre titre provient du Monde qui, quand il s'agit du glyphosate et de Monsanto (maintenant Bayer), ne brille pas par ce qui faisait autrefois sa réputation.

 

Notre sous-titre, nous l'empruntons par exemple au Point, dont l'article est de source AFP. Un titre au conditionnel journalistique de prudence et faux : Monsanto n'est pas l'auteur du fichage allégué, mais une ou plusieurs agences de communication et de relations publiques, au premier rang FleishmanHillard.

 

 

Vous avez dit « enquête » ?

 

Jeudi, 9 mai 2019, journal de 20 heures : le journal de 20 heures comporte une longue séquence de près de 7 minutes dans « l'œil du 20 heures » qui se retrouvera sur FranceTVInfo sous le titre : « ENQUETE FRANCE 2. Glyphosate : des centaines de personnalités secrètement fichées et ciblées en fonction de leur soutien à Monsanto » (sur Youtube).

 

 

Une enquête (à 0:10) ?

 

« Nous avons découvert qu'une centaine de personnalités auraient été secrètement fichées... »

 

Une tartarinade journalistique vite démontée par les journalistes eux-mêmes à 0:21 !

 

 

Pas de quoi fouetter un chat (en principe)

 

En résumé :

 

« Des documents confidentiels d'agences de communication travaillant pour Monsanto révèlent un fichage de leaders d'opinion ainsi que des stratégies de lobbying personnalisées. »

 

Pas de quoi fouetter un chat pour un téléspectateur doué d'un minimum de sens critique : connaître ses interlocuteurs, n'est-ce pas le b-a-ba des opérations de communication et de relations publiques ? Toute la question est dès lors de savoir si les auteurs de la cartographie des acteurs du dossier glyphosate ne sont pas allés trop loin. Nous n'aurons pas la réponse.

 

Mais il s'agit de glyphosate, de Monsanto (quoique ce ne soit plus le producteur principal de la désormais fameuse matière active herbicide), de FleishmanHillard, que l'on a associé à un fameux programme « Let Nothing Go » (voir notamment ici), d'une opération présentée comme un coup tordu.

 

Ouest-France rapporte dans « Comment Monsanto a secrètement fiché 200 personnalités pour promouvoir le glyphosate » de M. Patrice Moyon :

 

« C’était le fichier à ne pas mettre entre toutes les mains. Pas de chance pour l’agence de communication américaine FleishmanHillard, il a fini sous la forme d’une clé USB sur la table d’un journaliste enquêteur de France Télévision. L’affaire, révélée ce mardi soir au journal de 20h sur France 2, égratigne un peu plus l’image de Monsanto. »

 

En bref, cette « révélation » de coup tordu s'est faite grâce à... un coup tordu !

 

 

« Les moyens déployés sont ahurissants »

 

En fait, cette opération est connue depuis un certain temps grâce, notamment, aux gazouillis de Mme Emmanuelle Ducros. Elle aurait dû être encore plus nauséabonde...

 

 

(Source)

 

 

 

L'article d'Ouest-France a été publié à 20h26, a priori dans la minute qui a suivi la diffusion de la séquence de l'Œil du 20 heures. Fortiche le journaliste... Il avait même pu recueillir un propos du journaliste de France 2 :

 

« "Monsanto génère beaucoup de fantasmes. Ce qu’on a trouvé avec ces fichiers aurait plutôt tendance à les confirmer. Les moyens déployés sont ahurissants", explique Tristan Waleckx, journaliste à France Télévision. »

 

Très pertinent ! Les moyens déployés par France 2, par l'auteur du propos, ainsi que par le journaliste d'Ouest France ont effectivement été ahurissants.

 

Dans Ouest France, M. Tristan Walecks accorde une interview à M. Patrice Moyon, dans « ENTRETIEN. Fichage de Monsanto pour défendre le glyphosate : "Les moyens déployés sont ahurissants" » Recadrons : il s'agit d'une question majeure pour Monsanto et d'autres agrochimistes – la réhomologation du glyphosate au niveau de l'Union Européenne dans un contexte de forte opposition et de militantisme exacerbé en France – et de fiches sur quelque 200 ou 300 acteurs du « débat ». Question – réponse :

 

« Qu’est-ce que FleishmanHillard, au cœur de ces révélations ?

 

Cette agence de communication américaine a des bureaux à Paris et Bruxelles. C’est aussi l’agence de communication historique du groupe Monsanto. Comme lui, son siège se trouve à Saint-Louis dans le Missouri aux États-Unis. »

 

C'est en quelque sorte le sophisme du déshonneur par association géographique...

 

Et puis :

 

« Les personnes figurant sur ce fichier avaient été informées ?

 

Le fichier auquel nous avons eu accès comprend 200 noms. En caractère 12, ce fichier fait quatre mètres de haut et comporte plus de 40 colonnes. On y trouve des chercheurs, des journalistes, des membres de cabinet ministériel et même Didier Guillaume le ministre de l’Agriculture. Nous avons pris contact avec une quarantaine d’entre elles. Toutes nous ont confirmé qu’elles n’étaient pas au courant de ce fichage. »

 

Quatre mètres pour 200 noms, cela fait deux centimètres en moyenne par nom, à vus de nez trois lignes... Mais l'essentiel n'est-il pas d'impressionner ? Notons qu'à l'époque des faits allégués, M. Didier Guillaume était encore sénateur.

 

 

Bodybuilder une information (en principe) anodine

 

Le grand jeu a évidemment été sorti dans la séquence de 7 minutes. Dans le plus pur style Envoyé Spécial.

 

Passons vite sur cette cartographie signée Publicis et portant le loge de Monsanto : ça court les rues, sur toutes sortes de sujets !

 

 

 

 

Gros plan sur un deuxième tableau. Mais « stakeholders to be educated » n'a pas ici le sens de « personnes à éduquer » – et encore moins à « rééduquer » comme cela sera insinué ultérieurement, mais à informer.

 

 

 

 

On sort Mme Ségolène Royal, à l'époque ministre de l'environnement et viscéralement opposée au glyphosate, de la naphtaline pour lui faire notamment dire que

 

« c'est une découverte très très importante parce que ça prouve qu'il y a des stratégies de démolition de voix fortes […] il y a un outil derrière, un outil informatique sophistiqué, très sophistiqué et qui a beaucoup d'informations »

 

Peuchère ! Un tableur !

 

 

La ligne 1 doit correspondre à Mme Ségolène Royal ; la ligne 2, à Mme Marisol Touraine… des "informations" ultrasensibles !

 

« Branquignols. A l’inverse, Monsanto est un cas d’école de ce qu’il ne faut pas faire : communication erratique, voire inexistante, pendant longtemps limitée à ses seuls clients, ignorant les diffamations, etc. Leurs actions révélées par des « leaks » de courriels seraient des preuves de leurs super-pouvoirs, alors qu’en réalité ils révèlent des opérations branquignolesques, fruit d’une absence d’influence (au moins en Europe). »

Marcel Kuntz, « Marcel Kuntz (CNRS): "To lobby or not to lobby" »

 

 

Passe-moi la rhubarbe...

 

C'est ensuite la conversation entre journalistes... Voici donc M. Patrice Moyon, d'Ouest-France, qui a reçu pendant des mois voire des années des informations de Monsanto, directement ou par l'intermédiaire de FleishmanHillard, les a acceptées et stockées dans son ordinateur qui découvre subitement qu'il y a :

 

« une intention de manipulation dans cette façon de travailler et à un moment réussir à introduire le doutes sur certaines questions ou faire passer des idées. »

 

Question :

 

« C'est possible que vous ayez été manipulé sans vous en rendre compte ? »

 

Réponse :

 

« Il y a ce risque là... Il y a ce risque là... »

 

C'était la séquence « introduire le doute »... du grand art...

 

C'est Monsanto... ça ne peut qu'être toxique et dangereux... M. Patrice Moyon a pourtant reçu d'autres sollicitation... mais ce n'est pas Monsanto, pas le glyphosate. Par exemple « Mazars participe au China Invest Forum 2017 pour mettre en avant le rôle de la France » ou « La crise de production d’oranges au Brésil alarme Unijus ».

 

 

 

 

Il est même question d'un voyage de presse en Malaisie à propos de l'huile de palme... Le 26 juin 2018, M. Patrice Moyon publiait « VRAI-FAUX. Et si on sortait des clichés sur l'huile de palme ». Il serait facile de monter une polémique style Envoyé Spécial...

 

 

Envoyé Spécial contamine le journal de 20 heures

 

Le pire est atteint avec l'« interview » du sénateur Jean Bizet.

 

Ouest-France, prompt à dégainer, cette fois-ci sous la signature de Mme Élise Henry, titre : « Manche. Le sénateur Jean Bizet perd son sang-froid quand on l’interroge sur ses liens avec Monsanto » et écrit :

 

« La journaliste de France 2 l’interroge alors sur ce statut [d '"allié à recruter, jugé comme prioritaire"]. "Vous considérez-vous comme un allié ? Avez-vous été recruté ?" Face à ces questions, le sénateur s’emporte. "Pas du tout, pas du tout, c’est une véritable caricature cette interview, et je vais y mettre fin. Vous ramassez votre bazar […] Mais vous vous foutez de ma g… ?"

 

Visiblement énervé, Jean Bizet finit par cacher la caméra de notre confrère avec sa main afin de clore l’entretien. »

 

Non Madame ! M. Jean Bizet ne s'est pas emporté ou énervé, mais a manifesté une légitime colère devant un tel manque de respect et, au final, de déontologie.

 

Voilà donc que Joseph MacCarthy et Andreï Vychinski, déjà habitués d'Envoyé Spécial, se sont invités dans le journal télévisé.

 

M. Jean Bizet a clairement signifié qu'il n'y avait pas d'interview... France 2 a décidé de passer la séquence. Après cela Mme Elsa Margout, Elsa Margout, directrice des magazines de l’information de France Télévisions, affirmera que l’émission aura été la cible d’une « campagne de dénigrement »...

 

Mais ce n'est pas tout sur Ouest-France :

 

« Ce n’est pas la première fois que le sénateur de la Manche fait parler de lui et de ses « relations » avec Monsanto. En février 2008 déjà, Greenpeace lui avait remis un prix : le Monsanto d’or pour ses diverses déclarations et prises de position pro OGM. »

 

Recruter Greenpeace comme arbitre des élégances...

 

 

Le Monde également en pointe

 

Le Monde a aussi été en pointe. Déjà quatre articles. Dans le dernier (à l'heure où nous écrivons), « "Fichier Monsanto" : des médias et des ONG répliquent après la révélation du fichage illégal », il n'hésite pas à mettre en cause Monsanto et à asséner un verdict journalistique d'illégalité...

 

Le Parisien s'est fait plus didactique dans un « Médias, ONG, politiques… Comment des lobbyistes de Monsanto ont fiché des personnalités » de M. Gaël Lombart de bonne facture :

 

« "Si l’on n’a pas le consentement de la personne, il faut avoir un intérêt légitime à constituer le fichier et je ne pense pas qu’un fichier présentant des personnes comme des opposants entre dans les standards de la Cnil", la Commission nationale informatique et libertés, explique Me Étienne Papin, avocat au barreau de Paris.

 

Laissons le penser...

 

« "Le fait de faire des listings est quelque chose de plutôt courant dans notre profession. Mais tout notre groupe est évidemment en conformité avec la loi française sur la protection des données et le RGPD", affirme [Mme Sandrine Cormary, directrice générale de FleishmanHillard France jusqu’en janvier 2017 et] aujourd’hui directrice générale France d’Omnicom, géant mondial des relations publiques dont FleishmanHillard est une filiale. »

 

Le Monde (et M. Stéphane Foucart) a également porté plainte. « "Fichier Monsanto" : "Le Monde" porte plainte » est plutôt amusant :

 

« Si plusieurs journalistes du Monde figurent dans le "fichier Monsanto", Stéphane Foucart occupe une place à part pour les lobbyistes de Fleishman-Hillard. Fiché avec les notes maximales en termes d’audience et de crédibilité, il est présenté comme "fortement opposé" dans l’un des tableaux. Il apparaît également dans un document intitulé "Le glyphosate en France, contexte". Pour illustrer les "activistes mobilisés contre le renouvellement du glyphosate", une diapositive de cette présentation Powerpoint montre une photo du journaliste au côté des visages des eurodéputés Verts Michèle Rivasi et Yannick Jadot, et des logos de deux associations. »

 

Il aurait été vexant pour M. Stéphane Foucart de ne pas figurer à côté de, par exemple, Générations Futures et de la mascarade du Tribunal International Monsanto.

 

 

 

 

Le Monde ? Ce journal qui ne se plaindra sans doute pas, comme bien d'autres, que ses journalistes soient « fichés » par les entités dont les objectifs correspondent à sa ligne éditoriale...

 

 

 

 

Le Monde ? Ce journal employant une Audrey Garric qui n'a rien trouvé à redire, au contraire, au « fichage » du « lobby nucléaire » français par « FaceNuke »...

 

 

(Source)

 

 

Une ligue de l'anti-gly...

 

Au fait, le Monde a porté plainte le 26 avril 2019, soit deux semaines avant le « scoop » de France 2.

 

Manifestement, sur ces questions, « on » chasse en meute. Il y a une « ligue du LOL »... oups... une « ligue du GLY »... oups... une ligue de l'ANTI-GLY.

 

 

 

 

La justice dira si les documents qui ont fuité sont contraires à la loi. Qui, dans ce monde médiatique à la ramasse, fera comprendre qu'il faut une sacrée dose d'indignation feinte et d'inconscience pour titrer comme FranceTVInfo : « Fichage Monsanto : "Il faut continuer à réglementer cette stratégie d'influence de l'industrie" estime Générations Futures ».

 

 

Non, ce n'est pas du lobbying, et il ne faut pas réglementer cette stratégie d'influence (ironie)...

 

 

Le 3 mai 2019, Atlantico avait donné la parole à M. Marcel Kuntz, directeur de recherche au CNRS, dans « Comment le glyphosate est devenu une névrose française ». Française, ça se discute dans la mesure où l'opinion publique est formatée. D'une certaine médiasphère française, certainement.

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YES 14/05/2019 21:15

https://www.bfmtv.com/mediaplayer/video/etats-unis-monsanto-condamne-a-verser-2-milliards-de-dollars-a-un-couple-atteint-d-un-cancer-1161057.html

Seppi 17/05/2019 17:32

Bonjour,

Merci pour votre commentaire.

Nous avons tous lu et vu…

C'est tout de même époustouflant que l'on puisse se réjouir d'un "verdict" à plus de deux milliards de dollars par un jury aux compétences techniques limitées.

Au vu du nombre de "plaignants" -- de gens à qui ont fait miroiter le jackpot -- l'enjeu théorique à plus d'un milliard de dollars par plaignant est rien moins que plus de la moitié du PIB des Etats-Unis. On marche sur la tête...

Jopari 12/05/2019 01:39

Je ne comprend pas cette polémique.

Toute organisation voulant influencer le public a besoin de le cartographier, déterminant les personnes appartenant à telle faction ou aucune. Pour exemple, si je voulais me faire élire maire d'une commune, j'aurais fait un listing des électeurs supportant telle liste ou aucune afin d'éviter d’envoyer des militants faire du porte à porte chez la tête de liste d'une liste adverse.

J'ai moi-même, au cours d'un stage dans une association caritative, aidé à mettre à jour la base de données contenant les noms de personnes ayant donné des fonds ou s'étant portées candidates pour du volontariat afin de savoir qui appeler en cas de besoin et à qui envoyer la newsletter.

Sera-il interdit à des journalistes de lister les députés selon leurs appartenances politiques publiquement déclarées?

Seppi 12/05/2019 07:36

Bonjour,

Merci pour votre commentaire.

Vous ne comprenez pas cette polémique ? Il n'y a rien à y comprendre, à part la volonté de certains "journalistes" de faire avancer leurs thèses militantes.

Pierre Arthuis 11/05/2019 11:37

Pas de quoi fouetter un chat. Toute personne qui a une opinion peut essayer, a le doit d'essayer d'influencer quelqu'un. Je dirai même a le devoir d'essayer d'influencer, et ce d'autant plus qu'il pense que ses arguments sont bons et que cela peut être utile aux autres que de les convaincre. Écrire sur un bout de papier "Untel est contre le glyphosate" c'est quand même pas un péché je mortel je trouve. Passer du bout de papier à un tableur Excel c'est pas non plus quelquechose de particulièrement criminel je trouve. On pousse des cris d'orffraie car quand on a un ennemi dans le collimateur, on n'a de cesse que d'entretenir sa colère, quitte à faire de tout bois le combustible nécessaire à cette colère. Une question : Que représente Monsanto en % des ventes mondiales de Glyphosate ?

Seppi 17/05/2019 18:44

@ raspou le ‎vendredi‎ ‎17‎ ‎mai‎ ‎2019‎ ‎11‎:‎41

Bonjour,

Merci pour votre commentaire.

Le problème que je vois est qu'il n'y strictement aucune preuve de ce qui est avancé. Pour un truc aussi gros, on devrait tout de même avoir quelques illustrations, non ?

Cela ne veut pas dire que c'est forcément inexact.

raspou 17/05/2019 11:41

euh non c'est pas seulement ça : sur le tableur il demandait des infos qui ne sont pas du domaine public comme par exemple leurs loisirs (tennis, chasse), ce qui pourrait leur faire plaisir ... Ça fait un peu corruption. Et des infos qui ne sont pas du domaines public ça pourrait être "a une maîtresse" ou "est homo non déclaré" et passer à du chantage. C'est grave quand même de récupérer des infos qui ne sont pas dans le domaine public pour faire pression ...

Seppi 11/05/2019 15:51

Bonjour,

Merci pour votre commentaire.

Entièrement d'accord sur cette tempête dans un dé à coudre.

J'ai du mal à trouver les chiffres mais la plus grande partie du glyphosate est maintenant produite en Chine.

Seppi 11/05/2019 15:36

@ fm06 le ‎samedi‎ ‎11‎ ‎mai‎ ‎2019‎ ‎14‎:‎28

Bonjour,

Merci pour votre commentaire.

Je peux aussi me demander pourquoi et comment se fait-il que nous recevons tant de sollicitations d'associations diverses et variées...

fm06 11/05/2019 14:28

+1
Le boulot des lobbystes c'est d'influencer les décideurs. Pour celà il doivent les connaître. Si ces fichiers comportent des infos dont le fichage est répréhensible c'est à la justice d'y mettre bon ordre.

Je suis prêt à parier que Greenpeace, le WWF et autres ont des fichiers similaires. Qui s'en offusque? Le tribunal médiatique est vraiment très partial ces derniers temps.

ange et démon 11/05/2019 09:44

Bonjour,
sur un commentaire ailleurs sur le net, j'ai lu "le Glyphosate étant tombé dans le domaine publique, il faut l'interdire; Monsanto/Bayer a dû trouvé un nouveau à mettre sur le marché" qu'en pensez vos?
cordialement

Seppi 12/05/2019 07:32

Bonjour,

Merci pour votre commentaire.

Nous utilisons du soja GM produit outre-Atlantique alors qu'il est interdit de le cultiver en Europe. Ce qu'on fait avec la "caractère" GM, on peut aussi le faire avec le glyphosate.

De même, nous importons des produits issus de cultures traitées avec des substances non autorisées en Europe (ou en France).

Djoub83 12/05/2019 06:37

Ce serait qu'en même très compliqué de nous faire consommer du soja produit grâce au glyphosate outre atlantique si ce produit est interdit en Europe.

Seppi 11/05/2019 15:57

Bonjour,

Merci pour votre commentaire.

Oui, cette hypothèse conspirationniste est assez répandue. Mais elle est dépourvue de fondement. S'il y avait un remplaçant, ça se saurait sur la base d'une demande de brevet et d'une demande d'homologation qui, compte tenu des contraintes actuelles, met des années à aboutir.

Seppi 11/05/2019 15:48

@ Djoub83 le ‎samedi‎ ‎11‎ ‎mai‎ ‎2019‎ ‎14‎:‎18

Bonjour,

Merci pour votre commentaire.

Votre théorie -- très dans l'air du temps -- ne tient pas vraiment debout.

Le brevet du RR est peut-être tombé dans le domaine public, mais les variétés RR peuvent toujours être protégées par un certificat d'obtention végétale (ou un brevet aux USA). Il y a certes concurrence avec d'autres semenciers, mais le marché est toujours là. D'autant plus que Monsanto peut lier sa garantie pour ses variétés RR à l'utilisation de son Roundup.

Le dicamba est une vieille molécule. Je n'ai pas cherché à savoir s'il y a un ou plusieurs brevets susceptibles de couvrir les variétés résistantes au dicamba.

Si le glyphosate est interdit en Europe (ce qui n'est pas encore le cas…), il n'en résulte pas nécessairement que les produits GM RR soient interdits d'importation. Je pense que si l'Europe (ou la France, meilleure élève de la classe) tentait de le faire, cela ne passerait pas la rampe, ni à Washington chez le Donald, ni dans d'autres pays producteurs, ni à Genève à l'OMC.

Djoub83 11/05/2019 14:18

Monsanto vend très peu de Round up. Une très grosse partie du glyphosate utilisée ne provient pas de Monsanto mais en partie de Chine. Le brevet du glypho est tombé dans le domaine publique il y'a 20 ans.
Le brevet de l'ogm round up ready(RR) de Monsanto est aussi tombé dans le domaine publique il y'a 5 ans. Plus de brevet très rentable pour eux!

En revanche Monsanto ayant mis au point un nouvel OGM résistant au Dicamba ( une hormone, bien plus néfaste, comparé au profil éco-toxicologique du glyphosate.

Si le glyphosate est interdit en Europe, ce nouvel OGM de Monsanto trouvera sa place chez les farmers (pour peu que son homologation tienne au USA, vu la saleté que représente le dicamba) pour remplacer les importations de soja OGM RR en Europe.
Un bon coup pour Monsanto!