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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Farm Babe : les élevages de porcs ne sont pas les pollueurs que certains prétendent

6 Mai 2019 , Rédigé par Seppi Publié dans #élevage

Farm Babe : les élevages de porcs ne sont pas les pollueurs que certains prétendent

 

Michelle Miller, AGDAILY*

 

 

 

 

Twitter est un outil puissant pour communiquer avec les agriculteurs. En posant des questions dans la « Twittosphere » sur l’utilisation du glyphosate dans les champs de blé (indice : ce n’est généralement pas le cas), j’ai reçu des réactions extrêmement positives de la part d’agriculteurs qui souhaitaient partager leur expérience. Certains de ces agriculteurs étaient en Caroline du Nord et nous avons pris l'initiative de faire quelques visites de fermes !

 

Bien que l’objet principal du voyage ait été le blé, un tombereau d'informations sur l’élevage de porcs a également été partagé, la Caroline du Nord se classant au deuxième rang des États-Unis pour la production porcine. Cela m’a toujours intéressé à cause du nombre de gens qui se démènent à propos de « l’élevage industriel », de l’environnement et d’autres problèmes. Mais quels sont les faits réels ?

 

Un éleveur de porc en particulier, Joe Szaloky, a été ravi de montrer toutes ses activités, du blé aux porcs en passant par la gestion des effluents – et il a tout expliqué.

 

 

Image reproduite avec l'aimable autorisation de Michelle Miller

 

 

Des lagunes d'effluents ! Dans sa ferme porcine de Caroline du Nord, Szaloky a expliqué que les effluents coulaient par gravité dans ces grandes lagunes où les solides se déposent au fond. Les lagunes de cette ferme couvrent environ 1,2 hectare, pour environ 3.675 porcs. La majorité de ce que vous voyez derrière moi est constituée d’eau et d’eau de pluie. Les solides coulent au fond et il était intéressant de constater qu'il y avait peu d'algues et zéro mauvaise odeur ! L'eau était suffisamment claire pour y voir des tortues nager, et nous avons également remarqué des canards et d'autres oiseaux qui choisissaient de faire de ces lagunes leur habitat. L’agronome de Szaloky était également avec nous lors de la visite et a attiré l'attention sur la flore autour de ces lagunes : avez-vous remarqué toutes les herbes qui prospèrent au bord ? Il y a parfois des mythes sur la toxicité de ces lagunes à lisier, mais si tel était le cas, nous ne verrions pas de végétation saine ni d’animaux y vivre.

 

Quelle est votre opinion sur cette photo ?

 

Image reproduite avec l'aimable autorisation de Michelle Miller

 

 

Certes, j'ai trouvé cela un peu bizarre au début, avec un œil inexpérimenté. C'est ce qu'on appelle un système d'irrigation solide, qui demande généralement moins de main-d'œuvre et qui est utilisé dans de nombreuses industries, de l'agriculture au sport, en passant par la lutte contre le feu, les mines et autres utilisations industrielles. Cela peut sembler un peu dégoûtant de penser que cette eau provient de lagunes à lisier, mais très peu de cette quantité (environ 1 à 5 %, selon le système de buses) serait en réalité un effluent de porc (déchet de fumier). Ce document de l'Université du Nebraska explique :

 

« L'irrigation au fumier est le processus consistant à épandre du lisier (effluent) sur des terres cultivées par irrigation par aspersion. Étant donné que les effluents sont principalement constitués d’eau avec un très faible pourcentage de solides, ils peuvent être appliqués à l’aide de sprinklers, tels que des pivots mobiles ou des pivots centraux. Avec les pivots centraux, une attention particulière doit être prise pour éviter l’encrassement des buses avec les solides. Les pivots mobiles ont de plus grosses buses ; ils peuvent donc fonctionner avec jusqu'à environ 5 % de solides, alors que les pivots centraux n'en acceptent que 3 % environ. »

 

Le fumier est couramment utilisé comme engrais pour les cultures (le fumier de porc a une grande valeur nutritive – beaucoup de gens aimeraient avoir une source locale de lisier), et il est parfaitement sans danger s’il est utilisé conformément aux directives.

 

Une autre question que j’ai eue lors de ma visite : quelle est la véracité des histoires de dégâts aux fosses à lisier pendant l’ouragan Florence ? Les titres des médias ont tourbillonné, et les fausses nouvelles ont vite circulé. Selon les habitants avec lesquels je me suis entretenue, une seule fosse a débordé et plus de 98 % des élevages de porcs n'ont pas été gravement touchés. Sur les 3.300 lagunes de lisier en activité en Caroline du Nord, six seulement ont subi des dommages structurels. Les images ont « inondé » Internet, mais beaucoup ont été sorties de leur contexte, étaient mal décrites ou provenaient d'autres pays ou d'autres tempêtes. Vous pouvez en apprendre plus à ce sujet dans les liens, y compris celui-ci et celui-ci. Ce n’est certainement pas parfait et il y a toujours des possibilités d'amélioration, mais les médias ne racontent pas toujours la vérité.

 

Il est important de comprendre que les agriculteurs travaillent avec les agronomes et les gestionnaires d'effluents pour élaborer un plan de gestion des éléments nutritifs, fortement réglementé par des instances environnementales (certaines affiliées à l'USDA et à l'EPA) telles que :

 

  • le Département de l'Agriculture et des Services aux Consommateurs de Caroline du Nord (NCDACS) ;

  • le Département de la Qualité de l'Environnement de la Caroline du Nord (DEQ) ;

  • le Département de la Qualité de l'Eau (DWQ).

 

Au bout du compte, nous nous soucions tous de l’environnement, mais les agriculteurs le font plus particulièrement, et ce, parce qu’ils investissent beaucoup de temps et d’argent pour bien faire les choses, tant du point de vue commercial que réglementaire.

 

 

Image reproduite avec l'aimable autorisation de Michelle Miller

 

 

Retour à la lagune (avec les porcheries en arrière-plan !). Les échantillons requis sont prélevés tous les 60 jours pour mesurer le PAN (azote disponible pour les plantes) et d'autres nutriments, ce qui permet de déterminer avec précision la quantité d'eau et d'azote que l'agriculteur doit mettre dans ses champs, par exemple pour le blé, le bermudagrass (chiendent pied-de-poule) pour le foin ou les cultures de couverture de seigle. Les nutriments sont extrêmement importants pour la santé des plantes, mais la loi impose d’apporter les effluents (nutriments des plantes) de manière responsable. C’est pourquoi les exploitations agricoles doivent se conformer aux examens et audits obligatoires et informer le Département de la Qualité de l’Eau de son plan d’épandage.

 

En bref, ne jugez jamais une ferme par ce qu'on en dit et allez toujours directement à la source pour obtenir des informations, telles que des recherches universitaires à jour ; ou planifiez une visite à la ferme ou demandez directement au DEQ ou à l'EPA. Parfois, nous pouvons voir des titres de presse effrayants servant de pièges à clics sur les « fermes industrielles » (même si presque toutes les fermes américaines sont détenues et exploitées sur le mode familial) qui ne sont pas bonnes pour la planète ; mais lorsque vous vous connectez avec des agriculteurs et leurs équipes d’experts en environnement, vous trouvez souvent que le contraire est vrai. Pour plus d'informations, cliquez sur les liens pour vous connecter à ces ressources.

 

______________

 

* Michelle Miller, Farm Babe (@thefarmbabe, www.facebook.com/IowaFarmBabe) est une agricultrice, conférencière et auteure de l'Iowa. Elle vit et travaille avec son compagnon dans une ferme qui comprend des cultures, des bovins et des moutons. Elle pense que l'éducation est essentielle pour réduire l'écart entre les agriculteurs et les consommateurs.

 

Source : https://www.agdaily.com/livestock/factory-farms-not-polluters-theyre-made/

 

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H
Rien de nouveau sous le soleil du moins pour quelqu'un de la campagne. <br /> Les maraichers des ceintures des villes, jusqu'au début du XXème siècle utilisaient à la fois les "boues humaines" amenées par les "vidangeurs" de fosses d'aisance et les fumiers animaux. Ordinairement, quand les maraîchers portaient au marché local ou aux halles leurs productions de fruits et légumes aux 1ères lueurs de l'aube, à l'issue, avant de rentrer, ils passaient par des écuries ou des étables de ville avec qui ils avaient des contrats et faisaient le plein de fumier. Et oui, avant les frigos, il y avait des étables de ville, (beaucoup à dire sur l'hygiène d'ailleurs et les maladies induites) et avant les voitures, on se déplaçait en voitures attelées par des chevaux. <br /> Cela en faisait de la M. Il fallait bien l'évacuer. Et personne ne hurlait à la pollution.
Répondre
S
Bonjour,<br /> <br /> Merci pour votre commentaire.<br /> <br /> "Et personne ne hurlait à la pollution" ? Mouais… En tout cas, il y avait déjà des prêcheurs d'apocalypse qui prédisaient qu'avec l'augmentation de la population Paris allait être noyé sous le crottin.