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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

« Comment le glyphosate est devenu une névrose française » de M. Marcel Kuntz sur Atlantico

4 Mai 2019 , Rédigé par Seppi Publié dans #critique de l'information, #Glyphosate (Roundup)

« Comment le glyphosate est devenu une névrose française » de M. Marcel Kuntz sur Atlantico

 

Glané sur la toile 337

 

 

La mardi 30 avril 2019, l'Environmental Protection Agency (EPA – agence de protection de l'environnement) des États-Unis d'Amérique a publié un avis au titre explicite, « EPA Takes Next Step in Review Process for Herbicide Glyphosate, Reaffirms No Risk to Public Health » (l'EPA passe à l'étape suivante de sa procédure de réexamen de l'herbicide glyphosate, réaffirme l'absence de risques pour la santé publique).

 

Quelques médias français ont relayé l'information, essentiellement sur la base d'une dépêche du service français de Reuters – qui n'a pas pu s'empêcher de conclure : « En 2015, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a classé pour sa part le glyphosate parmi les produits “probablement cancérigènes pour les humains”. » Faussement, puisqu'il s'agit du CIRC et non de l'OMS...

 

Quelques médias... beaucoup moins que pour les mésaventures de M. Werner Baumann, patron de Bayer, désavoué par les actionnaires... Schadenfreude et biais journalistique anti-pesticides et anti-Bayer/Monsanto se sont ligués. Signalons incidemment que si l'action Bayer a fondu de quelque 40 % – à la plus grande joie de médias comme le Monde – les créanciers maintiennent pour l'instant leur confiance dans l'entreprise sur le marché obligataire... mais ça, pour les médias, ce n'est pas une « bonne nouvelle ».

 

Stop ! Abordons le sujet principal !

 

Atlantico a choisi d'interroger M. Marcel Kuntz, biologiste et directeur de recherche au CNRS, en élargissant le sujet ; cela a donné « Comment le glyphosate est devenu une névrose française ».

 

Un décryptage qui serait fort utile si les décideurs prenaient la peine de le lire, de réfléchir, et d'en tirer les conséquences.

 

La réponse à la première question :

 

« Il y a d’abord une obsession européenne des risques, qui amène souvent à sacrifier les bénéfices des technologies. En ce qui concerne les pesticides, près de 1000 molécules étaient autorisées dans l’Union Européenne au début des années 2000 et moins de 300 en 2011. Ce n’est pas forcément injustifié dans tous les cas, encore faut-il l’expliquer et ne pas laisser des fake news sur les méfaits des pesticides devenir pensée unique, alors que l’on baigne dans le précautionnisme.

 

La France a de plus un problème spécifique : la sur-réglementation, sous forme d’arrêté ministériel sur les modalités d’utilisation des produits phytosanitaires, de plan interministériel de réduction des risques phytosanitaires, de Grenelle de l’environnement, de plans Ecophyto….

 

Encore une fois, tout n’est pas à jeter, mais l’excès nuit gravement : Il y a désormais plusieurs centaines de besoins agricoles non pourvus ou mal pourvus en protection phytosanitaire. Dans certains cas, la production devient impossible et la durabilité des exploitations est en jeu. C’est le cas par exemple pour le diméthoate sur les cerises, interdit en France alors qu’il n’y a pas réellement de risque pour les consommateurs, mais qui reste autorisé au niveau européen, d’où un handicap des producteurs de cerises français.

 

En ce qui concerne le glyphosate, on peut déplorer les fausses informations, surtout en prime time de la télévision publique, ce qui est en soi un scandale démocratique. De plus, cet herbicide a quitté l’analyse technique raisonnée pour devenir un enjeu politicien pour le gouvernement. Il s’agit de séduire une partie de l’électorat "écolo". Le gouvernement a donc fait sien l’interdiction du glyphosate, pour aller dans le sens du vent. »

 

Deux preuves par la France Agricole...

 

Auditionné par la mission d’information parlementaire sur la sortie du glyphosate à l’Assemblée Nationale, M. Éric Thirouin, président de l’AGPB, l’Association Générale des Producteurs de Blé, a rappelé que la « sortie » du glyphosate coûterait 950 millions d'euros à la filière – de 50 à 160 €/hectare, ou encore « 12,7 millions le nombre d’heures supplémentaires par an qu’il faudra consacrer à nos cultures » – et a réclamé à l’Assemblée nationale un « accompagnement financier » de l’État.

 

 

Non, M. Jean-Baptiste Moreau ne gazouillera pas de déclaration...

 

 

Mais l'État, qui est-ce en dernière analyse ?

 

 

M. Jean-Baptiste Moreau retransmet un gazouillis de M. Julien Dive, président (LR) de la mission. Notons le sens de la collégialité.

 

 

« Déversement de carottes contre le retrait du dichloropropène » est réservé aux abonnés. Mais voici le début :

 

« L’interdiction du dichloropropène en juin dernier expose les agriculteurs et toute la filière légumière de la Manche à de graves difficultés. C’était le message des agriculteurs qui se sont réunis au petit matin du 29 avril 2019 devant la préfecture de Saint-Lô, dans la Manche.

 

"On a deux possibilités : reconduire le dycloropropène comme nos voisins italiens et espagnols ou autoriser son produit alternatif, le métham sodium", explique Sébastien Amand, président de la FDSEA. Mais le ministère de l’agriculture s’oppose à ces deux solutions.

 

Ce n'est pas grave (ironie...). La production de carottes représente 1.000 emplois dans la Manche. Et la carotte représente un produit phare qui permet de vendre le reste des légumes d'une filière légumière qui représente 3.000 emplois.

 

Ce n'est pas grave (bis)... Nous avons les moyens de nos folies !

 

 

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P
Je ne pense pas que la névrose soit localisée sur la France, des procès partout dans le monde contre cette merde
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S
Bonjour,<br /> <br /> Merci pour votre commentaire.<br /> <br /> Certes, la névrose n'est pas limitée à la France, hélas. Mais les "procès partout", c'est pour partie une stratégie du militantisme alter et surtout anti et pour partie l'appât du gain.
J
Espérons que des journalistes plus responsables réussissent à calmer les choses.
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S
Bonjour,<br /> <br /> Merci pour votre commentaire.<br /> <br /> Deux jours après… France 2 20 heures… c'est très mal parti !<br /> <br /> Et je pense que ce sera exploité politiquement pour les élections européennes.
P
Selon mon œil bien avertit, oui il faut être sacrément névrosé pour défendre bec et ongles ces pesticides qui ne sont que d' horrible poisons!<br /> <br /> Présenter l'emploi en terme de bouclier pour défendre ces poisons c'est faire du cirque de façon inutile car ils ont au passage oublier d' annoncer combien ils ont détruit d'emplois agricole avec l' agriculture "moderne" et ses poisons .Honte à eux !<br /> <br /> Leurs intox sont autant de poisons que le sont les matières actives des pesticides qu'ils défendent.
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S
@ douar le ‎lundi‎ ‎06‎ ‎mai‎ ‎2019‎ ‎15‎:‎50<br /> <br /> Bonjour,<br /> <br /> Merci pour votre tentative d'éducation.<br /> <br />
M
Bonjour douar, juste pour vous prévenir que discuter avec lui, ça ne mène à rien. J'en est fait l’expérience. Je dis ça pour que vous évitiez de vous fatiguer pour rien.<br /> http://seppi.over-blog.com/2019/05/farm-babe-non-le-ble-n-est-pas-arrose-de-glyphosate.html<br /> Ça vous donneras une idées de à quoi ressembleras la discutions.
D
On ne le repètera jamais assez, c'est la dose qui fait le poison.<br /> Je ne crois pas que l'utilisation des produits en question ne pose des problèmes, quand il est utilisé dans les bonnes préconisations.<br /> Leur interdiction détruit toute une filière, mais ce n'est pas grave, c'est la cambrousse, qu'ils se dém...dent car cela est notre bon plaisir.<br /> sauf qu'il y a aussi la mâche qui est face à des problèmes similaires, la canne à sucre également, détruisant toute une économie, qui plus est rurale. <br /> Une destruction de l'emploi agricole et industriel (20% en 2000, 11% aujourd'hui) qui se traduit par des tensions de plus en plus vives dans notre pays.<br /> Et vous, parisien75, plus grave, vous distillez tranquillement votre poison habituel, sans réel argument.<br /> Qu'avez vous à proposer?