Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Une nouvelle étude sur les pertes de récoltes souligne le besoin urgent de variétés résistantes

7 Avril 2019 , Rédigé par Seppi Publié dans #amélioration des plantes

Une nouvelle étude sur les pertes de récoltes souligne le besoin urgent de variétés résistantes

 

Joan Conrow*

 

 

 

 

Selon une nouvelle étude, les maladies et les ravageurs des plantes réduisent considérablement les rendements de cinq grandes cultures vivrières dans le monde, soulignant le besoin critique de développer de nouvelles variétés résistantes.

 

Quelque 137 agents pathogènes et nuisibles entraînent des pertes de 10 à 40% dans les cultures de base – blé, maïs, soja, riz et pommes de terre – qui fournissent environ 50 % des calories consommées par les humains dans le monde, selon une étude publiée dans Nature, Ecology & Evolution.

 

« Pour les agents pathogènes et les ravageurs chroniques, nous devons redoubler d'efforts pour fournir des outils de gestion plus efficaces et durables, tels que les variétés résistantes », a déclaré le co-auteur de l'étude Neil McRoberts, professeur au département de phytopathologie de l'Université de Californie, Davis, et co-responsable de l’Initiative Stratégique pour des Systèmes Alimentaires Durables de la Division de l’Agriculture et des Ressources Naturelles de UC. « Pour les agents pathogènes et les ravageurs émergents ou ré-émergents, une action urgente est nécessaire pour les contenir et générer des solutions à plus long terme. »

 

Les chercheurs spécialisés dans les plantes du monde entier utilisent le génie génétique pour développer des variétés résistantes aux parasites et maladies, telles que les pommes de terre résistantes au mildiou. Les variétés de maïs TELA (WEMA) résistantes à la sécheresse et à des ravageurs développées pour l'Afrique subsaharienne montrent une résistance à un nouveau fléau, la légionnaire d'automne. La sélection conventionnelle est également utilisée. Le Durable Rust Resistance in Wheat Project (projet de résistance durable à la rouille dans le blé), fruit d’une collaboration internationale de huit ans, a permis la diffusion de 63 variétés de blé résistantes à la rouille noire dans 10 pays à risque.

 

De nombreux autres efforts de recherche sont en cours. Les auteurs de l'étude ont souligné la nécessité de se hâter, car les maladies et les ravageurs détruisent une quantité substantielle de nourriture à un moment où le monde lutte pour nourrir une population croissante face aux défis du changement climatique pour l'agriculture.

 

Pendant ce temps, les parasites et les agents pathogènes continuent de s’adapter et de se propager rapidement, « phénomène amplifié par les échanges mondialisés par-delà les continents », ont écrit les chercheurs.

 

Les chercheurs ont interrogé plusieurs milliers d'experts en protection des cultures dans 67 pays qui, ensemble, produisent 84 % des cinq cultures de base. Ils ont également mis l’accent sur les « points chauds » de l’agriculture qui sont essentiels à la sécurité alimentaire mondiale : l’Europe du Nord-Ouest, les plaines du Mid-West américain, le sud du Canada ainsi que de la Chine, les plaines indo-gangétiques de l’Asie du Sud, le Sud du Brésil et l’Argentine, l’Asie du Sud-Est et l'Afrique subsaharienne. Les chercheurs ont découvert que les pertes avaient tendance à être plus faibles dans les «p oints chauds » générant des excédents, et plus élevées dans les « points chauds » situés dans les régions touchées par l'insécurité alimentaire.

 

« Les pertes les plus importantes semblent associées aux régions à déficit vivrier où la population croît rapidement et à des maladies et à des parasites émergents ou ré-émergents », a déclaré McRoberts.

 

Les pertes de récoltes vont de 10 à 28 % pour le blé, 20 à 41 % pour le maïs, 11 à 32 % pour le soja, 25 à 41 % pour le riz et 8 à 21 % pour la pomme de terre, entraînant « des pertes économiques substantielles et une [réduction] de la sécurité alimentaire aux niveaux des ménages, national et mondial », ont écrit les auteurs.

 

L’auteur principal a été Serge Savary, président du comité sur les pertes de récoltes de la Société Internationale de Phytopathologie ; ont également contribué à l’étude les épidémiologistes Paul Esker de la Pennsylvania State University et Sarah Pethybridge de l'Université Cornell ; Laetitia Willocquet de l'Institut National français de la Recherche Agronomique à Toulouse ; et Andy Nelson de l'Université de Twente aux Pays-Bas.

 

______________

 

* Source : https://allianceforscience.cornell.edu/blog/2019/02/new-crop-loss-study-underscores-urgent-need-resistant-varieties/

 

Voir aussi ici.

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article