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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

« Glyphosate : gare aux "fake news"  ! » dans le Point : judicieux avertissement !

16 Avril 2019 , Rédigé par Seppi Publié dans #critique de l'information, #Glyphosate (Roundup)

« Glyphosate : gare aux "fake news"  ! » dans le Point : judicieux avertissement !

 

 

M. Laurent Chevallier, qui se présente sur son site comme « Médecin nutritionniste, praticien attaché CHRU de Montpellier (Médecine Interne), Chef de l’Unité nutrition, médecine environnementale Clinique du Parc (Castelnau-Le-Lez) » a sa page dans le Point.

 

Son dernier article ? « Chevallier - Glyphosate : gare aux "fake news"  ! ».

 

On n'aurait pas pu mieux choisir un titre !

 

En résumé :

 

« CHRONIQUE. Malgré les avancées scientifiques et les décisions judiciaires, certains doutent encore de la toxicité de cet herbicide, regrette le médecin. »

 

Admettons que ce soit le résumé de la rédaction.

 

Mais « Alle Dinge sind Gift, und nichts ist ohne Gift; allein die Dosis machts, daß ein Ding kein Gift sei »... « Tout est poison... » (Philippus Aureolus Theophrastus Bombastus von Hohenheim, dit Paracelse)...

 

Et depuis quand des décisions judiciaires – surtout celles dont on cause dans les médias, sur les réseaux sociaux et les dîners en ville – devraient-elles valoir preuve ?

 

 

Bisphénol A : comment interpréter « a reconnu les limites d'utilisation » ?

 

Le problème des « fake news » débute dès l'introduction de la chronique :

 

« Les avis des agences sanitaires évoluent en fonction des données de la science. Par exemple pour le bisphénol A, l'agence européenne (EFSA), avec un temps de retard par rapport à l'agence française (Anses), a reconnu les limites d'utilisation de cet élément présent dans certains plastiques en termes de protection des consommateurs (biberons, contact direct avec les denrées alimentaires…). »

 

La dernière communication de l'Autorité Européenne de Sécurité des Aliments (EFSA) date du 4 septembre 2018 et s'intitule sobrement : « BPA : nouvelles études à l’examen ». La nouvelle évaluation, est-il dit, « devrait être prête d'ici 2020 ».

 

Il faut dès lors remonter au 21 janvier 2015 et à : « L’exposition au bisphénol A ne présente pas de risque pour la santé des consommateurs ». En voici le chapô :

 

« La réévaluation complète par l'EFSA de l'exposition au bisphénol A (BPA) et de sa toxicité a permis de conclure qu’aux niveaux actuels d’exposition, le BPA ne présente pas de risque pour la santé des consommateurs de tous les groupes d'âge (y compris les enfants à naître, les nourrissons et les adolescents). L'exposition par voie alimentaire ou par l’intermédiaire d'une combinaison d’autres sources (alimentation, poussière, cosmétiques et papier thermique) est considérablement inférieure au niveau sans danger (la "dose journalière tolérable" ou DJT). »

 

Il est vrai que « a reconnu les limites d'utilisation de cet élément » est suffisamment vague pour être compatible avec les conclusions de l'EFSA, mais est-ce bien ainsi que le lecteur aura compris cette affirmation ? Est-ce de la bonne information quand l'affirmation est – sciemment ou non – au mieux ambiguë ?

 

La réponse est clairement non, dans l'absolu et encore plus dans un pays où règne une véritable hystérie de l'hypocondrie.

 

Quant à l'Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l’Alimentation, de l’Environnement et du Travail (ANSES), son « Bisphénol A: l’Anses met en évidence des risques potentiels pour la santé et confirme la nécessité de réduire les expositions » du 9 avril 2013 est fort nuancé. Il laisse paraître en filigrane le souci que l'interdiction du bisphénol A – actée précédemment par la loi n° 2010-729 du 30 juin 2010 tendant à suspendre la commercialisation de tout conditionnement comportant du bisphénol A et destiné à recevoir des produits alimentaires – ne se traduise par le remplacement du bisphénol A par des substances encore plus préoccupantes.

 

Alors que nous, Français, nous prélassons dans la douce béatitude d'une protection imaginaire contre un méchant perturbateur endocrinien, les Belges apprennent par l'avis 04-2019 approuvé par le Comité scientifique de l’AFSCA le 22 mars 2019 que ces préoccupations sont réelles. Pour en savoir plus, voir chez notre ami Albert Amgar : « Saga du BPA : Où il est question des préoccupations toxicologiques relatives aux alternatives potentielles pour le remplacement du bisphénol A ».

 

 

Toutes les méta-analyses concluent à une augmentation du risque de LNH ?

 

Quelle réponse apporter quand l'auteur fait du picorage (« cherry picking ») ?

 

« Toutes les méta-analyses concluent à une augmentation du risque de ce cancer [le lymphome non hodgkinien] chez les agriculteurs les plus exposés. Cela sera, une fois de plus, confirmé dans une étude à paraître dans la revue Mutation Research, qui conclut à une augmentation du risque de 41 % chez les agriculteurs les plus exposés. »

 

L'étude – citée en fin d'article –, c'est Zhang L. et al., des « dissidents » du panel d'experts de l'Agence de Protection de l'Environnement (EPA) des États-Unis ayant conclu au caractère non-cancérogène du glyphosate. Les auteurs ont « recalculé » dans leur méta-analyse les données épidémiologiques de la cohorte Agricultural Health Study (AHS) en y incluant des études cas-témoins inférieures en qualité, avec pour résultat de faire grimper le risque relatif global et obtenir un résultat statistiquement significatif.

 

Rappelons que l'analyse de la grande cohorte Agricultural Health Study mise en ligne en novembre 2017 n'a pas fait état d'un excès significatif de LNH chez les agriculteurs et applicateurs de glyphosate.

 

Quelle réponse apporter lorsque cette étude, sitôt publiée sous la forme du manuscrit accepté pour publication, a fait l'objet d'un démontage style McDo de Millau en 1999 sur Twitter, des blogs et des journaux (voir l'article de M. George Kabat et des liens ici sur ce site) ? Quand un George Kabat s'interroge : « les auteurs d'une nouvelle méta-étude ont-ils manipulé délibérément les données ou tout simplement bâclé leur analyse ? »

 

 

Attention à nos spermatozoïdes !

 

 

Que faut-il penser de l'utilisation – sans mise en perspective – d'une étude scientifique a priori hautement anxiogène ?

 

« Par ailleurs, plusieurs études ont mis en évidence, sur des animaux de laboratoire, un impact négatif de l'exposition périnatale au glyphosate sur le développement des descendants. L'une d'elles conclut à une baisse de 89 % du nombre de spermatozoïdes chez des souris exposées pendant la période périnatale à 0,5 mg/kg/jour (qui est la dose journalière admissible, donc supposée être sans effet négatif sur l'homme) d'un herbicide à base de glyphosate. [...] »

 

L'étude étant citée – « Perinatal exposure to glyphosate and a glyphosate-based herbicide affect spermatogenesis in mice » (l'exposition périnatale au glyphosate et à un herbicide à base de glyphosate affecte la spermatogenèse chez la souris) de Pham TH et al. – nous pouvons accéder au résumé (l'article est derrière un péage). Nous ne critiquerons pas vraiment le protocole d'essai qui a consisté à faire boire aux souris de l'eau avec 0,5 (la dose journalière admissible), 5 et 50 mg/kg/jour (cette dernière dose correspond à environ 4 (quatre!) décis de Roundup prêt à l'emploi pour un adulte de 60 kg). Mais est-il, pour ces auteurs, admissible de conclure (avec une affirmation initiale péremptoire suivie d'un conditionnel, indicatrice d'une science militante...) :

 

 

 

 

« Nos données démontrent que le glyphosate et les HGB pourraient provoquer des effets de perturbation du système endocrinien sur la reproduction masculine à faibles doses. Comme le glyphosate a des effets au niveau de la DJA, nos données suggèrent que la DJA actuelle pour le glyphosate pourrait être surestimée. »

 

Et l'auteur de l'article du Point peut-il ignorer que cette étude ressemble furieusement à celle dont les indécentes photos de rats ont fait le tour du monde ? Que trouver un effet avec le glyphosate seul et ne pas le trouver avec un herbicide formulé devrait susciter des interrogations ? Que la DJA fixée selon les règles de l'art toxicologique est très largement supérieure à la dose journalière ingurgitée (celle-ci est de l'ordre du 1/3.000e de la DJA comme nous le montrent les « pisseurs involontaires de glyphosate », à condition évidemment que les tests soient valides) ?

 

 

Des études anonymes

 

Serait-ce un simple oubli ou une tentative de noircir encore le tableau ?

 

« […] D'autres [études], sur le rat, concluent à divers effets négatifs (retards de croissance, malformations congénitales, impact sur la thyroïde et sur le comportement). »

 

Pas de références ! Nous ne connaissons qu'une étude récente... celle du très controversé Institut Ramazzini, « The Ramazzini Institute 13-week pilot study glyphosate-based herbicides administered at human-equivalent dose to Sprague Dawley rats: effects on development and endocrine system » (étude pilote de 13 semaines menée de l'Institut Ramazzini sur des herbicides à base de glyphosate administrés à des rats Sprague Dawley à la dose équivalente à l'homme : effets sur le développement et le système endocrinien). Nous l'avons démontée ici.

 

Nous avons surtout trouvé que, contrairement à ce qui a été diffusé dans les médias et sur les réseaux sociaux, cette expérience – avec ici aussi un gavage au glyphosate à une dose invraisemblable – a produit des résultats rassurants.

 

Ce fait (et les critiques sur Twitter, comme ce fil, ou des blogs comme le nôtre) pouvait-il échapper à la sagacité du chroniqueur ?

 

 

 

 

« Attention aux "pseudo-scientifiques" » !

 

La guerre entre science et pseudo-sciences est ouverte, et tous les coups sont permis pour museler ou dénigrer les rationalistes. Le « pseudo-scientifiques » (entre guillemets dans le texte) est certes plus salonfähig, plus présentable, que l'inqualifiable « petits soldats de la "ligue du gly" » que s'est permis M. Stéphane Foucart.

 

 

 

 

Cet avertissement en intertitre est des plus judicieux !

 

Reste à savoir qui sont les « pseudo-scientifiques »...

 

Il est plaisant de voir cet avertissement émaner du camp qui fait fi de toutes les preuves accablantes qui ont été accumulées sur la déchéance du CIRC et professe une confiance absolue, relevant de l'intégrisme religieux, dans cette agence :

 

« […] il est parfois surprenant de voir que certains "pseudo scientifiques" remettent en cause l'avis du Centre international de recherche sur le cancer. Cette agence de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), ne peut pas être soupçonnée d'être influencée par l'industrie, et elle a uniquement pris en compte les études publiées dans des revues scientifiques à comité de lecture, qui a classé le glyphosate cancérigène probable (2A). »

 

 

Mais nous sommes d'accord sur un point...

 

« […] Des avis sont souvent donnés "aux doigts mouillés", dans un environnement de "fake news", parfois ils influencent négativement les politiques.

 

Oh que oui ! Au point de vouloir interdire le glyphosate dans la seule France sous trois ans…

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D
https://www.quechoisir.org/action-ufc-que-choisir-petition-interdiction-du-glyphosate-n55205/

https://www.quechoisir.org/action-ufc-que-choisir-petition-interdiction-du-glyphosate-n55205/


https://www.ligue-cancer.net/article/33849_signez-la-petition-non-au-roundup


https://act.greenpeace.org/page/7126/petition/1?locale=fr-FR


https://www.criigen.org/chronique/18/display/Petition-contre-le-glyphosate-plus-dun-million-de-signataires


...


Voici ces quelques glanés sur la toile pour montrer à ces pauvres types prescripteurs de poisons combien tout humain normalement constitué comprend aisément que ces PESTICIDES POISONS ont des profils, désastreux, catastrophiques, sont complétement inutile et qu'ils représentent de véritables DANGERS pour l'humanité.
Seule une poignée de criminels sous un pseudo couvert de science tente encore de faire croire à coups de supers mensonges en ces énormes fakes news.

Mais comment tout individu un minimum conscient peut il croire un seul instant dans toutes leurs profondes débilités en faveurs de ces POISONS?
Répondre
M
Savez vous que quand vous écrivez un mots en majuscule, cela veut dire que vous criez, ce qui rend votre texte peut lisible. Si vous voulez qu'un mots ressorte, mettez le en gras.
Répéter pesticides poisons nana fait pas une vérité. De plus vous sembler oublier les pesticides utilisé en bio, à moins que vous ne les considériez comme sans risque juste parce qu'il sont "naturel". Ce qui est un sophisme appeler appel à la nature, souvent utiliser par les même groupe écolos (telle que le criigen) dans vous tirez vos infos. https://en.wikipedia.org/wiki/Appeal_to_nature http://menace-theoriste.fr/appel-nature/
"Seule une poignée de criminels sous un pseudo couvert de science tente encore de faire croire à coups de supers mensonges en ces énormes fakes news." C'est la description du CRIIGEN que vous nous faites la. Cette association est connue pour ses études bidons et bien qu'il y est indépendant dans son nom, elle ne l'est pas. Elle a en effet des liens avec Sevene pharma, Auchan Carrefour et le secteur du bio (comme biocoop). Seralini se fait même du pognon avec tous ça, comme les trois jour de formation détox à 1300€ https://twitter.com/OlivierHertel/status/1118437385354788864. Prendre cette association sur un blog rationaliste n'est pas une bonne idée vu le nombre d'article qui la démonte (lisez les, ça vous feras du bien).
Greenpeace est un multinationale qu fait son beurre en rackettant les entreprises et en faisant des appels aux dons suite aux "controverse et sujet" médiatique qu'elle créer elle même. Et sachez aussi qu'ils ont irrémédiablement endommagé les lignes Nazca et que le Pérou leurs attente un procès. Leurs cadres se déplaces aussi en jet privé. Ont fait comme respect de l'environnement.
"Mais comment tout individu un minimum conscient peut il croire un seul instant dans toutes leurs profondes débilités en faveurs de ces POISONS?" Je me pose la même question quand je vous lis. Comment des personnes peuvent préférer croire le discours apocalyptique des ONG et médias et ignorer la science basé sur les faits. Ils sembles que vous ainsi qu'un certains nombres de personnes est une passion morbide pour la fin du monde (comme si il l’espérait) et que toute tentative de leurs prouver le contraire, provoque une réaction violente.
"De la pure propagande issus de la mafia criminelle prescriptrice de ces POISONS.
Gary, tu es heureux de relayer pareille fake news ? Tu serais un complice de ces criminels qu'il n'y aurait rien d' étonnant." Tu relais (comme tu tutoie Gary je me permet aussi de te tutoyer) la propagande des ONG écologistes comme un bon petit soldat, heureux de servir la cause de la religion écologiste présentant un monde "naturelle" magique qui n'a jamais existé.
G
A propos de glyphosate, l'ATSDR américain a mis en ligne un nouveau draft du profil toxicologique
https://www.atsdr.cdc.gov/toxprofiles/tp.asp?id=1488&tid=293
Répondre
G
Monsieur Dubitatif 2. Ce n'est pas une fake news, et si vous avez des critiques à formuler au sujet de ce rapport, c'est le moment de le faire : vous avez jusqu'au 8 juillet pour le commenter sur le site de l'agence américaine pour le Registre des substances toxiques et des maladies, agence tout à fait officielle.
D
De la pure propagande issus de la mafia criminelle prescriptrice de ces POISONS.
Gary, tu es heureux de relayer pareille fake news ? Tu serais un complice de ces criminels qu'il n'y aurait rien d' étonnant.