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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Glyphosate et lymphome non hodgkinien, et « semaine sans pesticides » : comme c'est bizarre !

5 Avril 2019 , Rédigé par Seppi Publié dans #Activisme, #critique de l'information, #Agriculture biologique

Glyphosate et lymphome non hodgkinien, et « semaine sans pesticides » : comme c'est bizarre !

 

 

Nous ne résisterons pas à la thèse du complot : « Pesticide use and risk of non-Hodgkin lymphoid malignancies in agricultural cohorts from France, Norway and the USA: a pooled analysis from the AGRICOH consortium » (utilisation de pesticides et risque de tumeurs malignes lymphoïdes non hodgkiniennes dans les cohortes agricoles française, norvégienne et américaine : analyse groupée réalisée par le consortium AGRICOH – notre analyse ici) – le consortium AGRICOH étant une entité constituée par le Centre International de Recherche sur le Cancer (IARC), basé à Lyon – a été publié le 18 mars 2019... juste avant la gesticulation annuelle de Générations Futures et de ses amis et sponsors, la semaine pour les alternatives aux pesticides (semaine sans pesticides).

 

C'est France 3 Grand Est (Alsace) qui a fait preuve de sagacité – ou tout simplement relevé la curieuse et intrigante concordance dans une séquence un peu improprement intitulée « La conversion au bio dans le domaine de la viticulture » sur Youtube.

 

 

Coïncidence ou politique de communication délibérée ? En 2015 déjà, alors que le groupe de travail du CIRC qui s'est penché sur le glyphosate s'était réuni du 3 au 10 mars, l'annonce du classement en « cancérogène probable » avait été faite le 20 mars, le jour même de l'ouverture de la « semaine » (pour d'autres monographies, le communiqué de presse est généralement daté de la clôture de la réunion).

 

Dix jours pour concocter un communiqué de presse ? Les services d'information sont d'ordinaire plus réactifs... Et maintenant un article scientifique publié l'avant-veille de l'ouverture des « festivités » ? Amateurs de complots, la balle est dans votre camp !

 

Notons à propos de la séquence vidéo des informations régionales trois points à partir de l'interview de M. Pierre Beiner (à partir de 3:00).

 

On laissera au journaliste l'irresponsabilité de l'affirmation que l'agriculteur a appris « un nouveau métier, plus proche de la terre ».

 

M. Beiner montre une pelletée de terre : « regardez-moi ces sols, c'est fantastique ». Qui pourra croire – en dehors des convertis et des béotiens – que le sol serait ainsi amélioré en deux années de conversion et deux années en bio certifié ?

 

Enfin,M. Beiner explique que son rendement est diminué de moitié et que ses prix sont doublés, de sorte que ça s'équilibre. Par contre, les produits phytos seraient moins chers que l'équipement et la main d'œuvre en bio, de sorte qu'il faut des « compensations ».

 

Nous n'avons pas de mal à suivre ce raisonnement, pas toujours tenu (et souvent réfuté) par les idéologues du bio. Mais cela signifie que la collectivité doit payer – par les impôts et taxes devenus subventions – un mode de production de produits alimentaires qui, du fait de leur prix plus élevé, sont réservés à une clientèle aisée ou plutôt aisée (et à des moins aisés qui font des sacrifices sur d'autres postes de consommation). « Agriculture "BIO" : tromperies subventionnées » a écrit l'IREF (notre billet ici)...

 

Quant à la communication sur la Semaine..., elle se fait de plus en plus délirante, grand écart oblige. Générations Futures écrit ainsi que ses objectifs sont (c'est nous qui graissons) :

 

  • Informer sur les risques réels des pesticides de synthèse

  • Promouvoir les alternatives

  • Mobiliser un public de plus en plus large pour un avenir sans pesticides

 

« ...de synthèse » dans le premier point... pas de limitation dans le dernier... Allons Fanfan, il est temps de cracher le morceau : c'est une opération de promotion de l'agriculture biologique en cachant que celle-ci utilise aussi des pesticides.

 

C'est ce que fait explicitement la plaquette de propagande de la Semaine avec un chapitre « Solution : se diriger vers l'agriculture biologique », non sans avoir défini au préalable les cibles comme (c'est nous qui graissons) :

 

« Les pesticides chimiques de synthèse ont pour fonction — comme le suffixe en « cide » l’indique — de tuer les êtres vivants considérés comme des « pest », des parasites. »

 

Il faut bien contenter les sponsors…

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B
Si je comprends bien Générations Futures, les pesticides de synthèse sont cides et les pesticides d'extraction "naturelle" ne sont pas cides[*]. Il y adonc les pesticides et les pestis...

[*] Donc le cuivre est inoffensif pour les vers de terre…
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