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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Conseils pour le « Big Four Agenda » du Président Kenyatta pour le Kenya

17 Avril 2019 , Rédigé par Seppi Publié dans #Afrique, #Politique

Conseils pour le « Big Four Agenda » du Président Kenyatta pour le Kenya

 

Gilbert Arap Bor*

 

 

 

 

Tout comme la préparation d’un bon repas nécessite les bons ingrédients, le « Big Four Agenda » du Kenya a besoin des bons ingrédients de la science et de la technologie de pointe, pilotés par la technologie des semences GM.

 

Annoncé par le président Uhuru Kenyatta il y a plus d'un an, ce programme ambitieux promet une couverture santé universelle, des logements abordables, une industrie améliorée et la sécurité alimentaire à l'horizon 2022.

 

 

 

 

Kenyatta a bâti ce qui sera son héritage sur la réalisation de ces objectifs. « C'est pour lui une chance de vraiment pouvoir laisser sa marque sur le pays », a déclaré Anne Kirima-Muchoki, présidente de la Kenyan Investment Authority au Financial Times l'été dernier. Elle a ajouté qu'elle « n'a jamais vu un président plus déterminé à tenir ses engagements ».

 

Pour atteindre au moins deux des objectifs du Big Four Agenda – la sécurité alimentaire et le développement de l'industrie –, le gouvernement de Kenyatta devra adopter la biotechnologie agricole. Pendant un temps, il avait semblé prêt à le faire, annulant des années de résistance et les retards qui ont amené le Kenya à se laisser distancer par une grande partie du reste du monde.

 

Maintenant, il faut prendre les dernières mesures pour permettre aux agriculteurs comme moi de cultiver des OGM. En tant que petit agriculteur qui produit du maïs, du fourrage et des légumes et élève des vaches sur 10 hectares dans le comté d'Usain Gishu, l'un des comtés du grenier à pain du Kenya, je suis convaincu qu'une commercialisation des OGM qui ne serait pas complète signerait l'échec du Big Four Agenda.

 

La partie sécurité alimentaire du Big Four Agenda comprend de nombreuses parties, telles que la législation sur l'entreposage et la pisciculture. En son cœur, cependant, se trouve une simple promesse : produire plus de nourriture.

 

Presque tous les Kenyans utilisent le maïs comme aliment de base. Nous conditionnons notre maïs dans des sacs de 90 kg et nous en avons produit 40 millions l'an dernier. En 2022, nous sommes supposés augmenter notre production à 67 millions de sacs.

 

 

 

 

C’est une augmentation d’environ deux tiers et il faudra beaucoup plus que des conditions météorologiques idéales. Il faudra de nouvelles technologies, ce qui signifie l’acceptation pleine et entière des OGM en tant que forme d’agriculture ordinaire.

 

Les OGM sont arrivés sur le marché mondial en 1996, il y a presque une génération. De nombreux pays développés les ont adoptés immédiatement. Aux États-Unis, au Canada et ailleurs, des agriculteurs ont vu leur productivité monter en flèche, produisant plus de nourriture sur moins de terres.

 

En 2017, les agriculteurs de 24 pays ont cultivé des OGM sur près de 200 millions d'hectares. Le Service International pour l'Acquisition d'Applications Agro-biotechnologiques (ISAAA), qui suit l'utilisation des OGM, appelle cela l'adoption la plus rapide d'une technologie agricole de l'histoire.

 

Les agriculteurs choisissent les semences génétiquement modifiées car elles produisent d’excellentes cultures qui possèdent une capacité naturelle à vaincre les mauvaises herbes, les insectes nuisibles et à relever d’autres défis.

 

 

 

 

Pourtant, le Kenya, comme la plupart des pays africains, n’a pas permis cela. Est-il étonnant que nous soyons si loin du reste du monde en matière de production alimentaire, au point même que, lors de la campagne 2017/18, le gouvernement a dû autoriser l'importation en franchise de droits de douane de céréales de pays aussi lointains que le Mexique ?

 

La bonne nouvelle à propos du retard que nous avons pris est que nous pouvons le rattraper. Nous avons encore beaucoup à faire – et l'acceptation des semences GM est la décision la plus importante que notre gouvernement puisse prendre s'il veut atteindre ses objectifs de sécurité alimentaire. Avec le temps, les OGM nous aideront à cultiver non seulement le maïs mais également le riz et les pommes de terre, deux autres cultures qui peuvent faire mieux.

 

Les semences GM seront utiles pour un autre élément du Big Four Agenda : l'industrie.

 

Les objectifs spécifiques concernent l’industrie textile, avec l’espoir d’augmenter sa valeur de 350 millions de dollars à 2 milliards de dollars d’ici 2022, en ajoutant notamment des centaines de milliers d’emplois.

 

Avant que cela ne se produise, les agriculteurs kényans devront commencer à cultiver beaucoup plus de coton. Le meilleur moyen d'y parvenir est de permettre l'accès aux semences de cotonnier GM. Écoutez simplement les agriculteurs kényans parler de ses avantages dans cette vidéo.

 

 

Le Kenya est actuellement sur la bonne voie pour adopter un OGM connu sous le nom de « cotonnier Bt », qui repousse les pires parasites, en 2019. Une fois que cela se produira, nous assisterons à un boom du coton, les agriculteurs en cultivant peut-être 200 000 hectares. Nous aurons beaucoup plus de coton, ce qui alimentera notre secteur textile.

 

Les semences GM ne résoudront pas à elles seules tous nos problèmes agricoles. Les routes doivent encore être améliorées, les banques doivent devenir plus conviviales pour les agriculteurs, l'irrigation doit se développer rapidement et les marchés doivent être ouverts aux niveaux local et international.

 

Cependant, je peux garantir que seules les semences GM, cet ingrédient essentiel pour progresser, permettront au président Kenyatta d'atteindre les objectifs qu'il s'est fixés pour nous tous dans le cadre du Big Four Agenda.

 

_________________

 

* Gilbert Arap Bor est agriculteur, à Kapseret, Kenya. Il cultive du maïs, des légumes et a des vaches laitières sur une petite ferme de 10 hectares près d'Eldoret, au Kenya. M. Bor, professeur à l'Université catholique de l'Afrique de l'Est, à Eldoret Campus (Gaba), est un membre du Truth About Trade & Technology Global Farmer Network et a reçu en 2011 le Kleckner Trade & Technology Advancement Award.

 

Source : https://globalfarmernetwork.org/2019/02/tips-for-president-kenyattas-big-4-agenda-for-kenya/

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