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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

« Semaine sans pesticides » : où est la neutralité gouvernementale ?

24 Mars 2019 , Rédigé par Seppi Publié dans #Activisme, #Politique, #Pesticides

« Semaine sans pesticides » : où est la neutralité gouvernementale ?

 

 

 

 

Chaque année, du 20 au 30 mars a lieu une « semaine pour les alternatives aux pesticides » ou, en version abrégée, un « semaine sans pesticides ».

 

L'opération est cornaquée par la petite entreprise incorporée sous forme d'association loi 1901 Générations Futures, qui fait en quelque sorte office de franchiseur pour des événements locaux.

 

Pour vous en convaincre, allez sur le site référencé ci-dessus, aux informations légales. Par exemple :

 

« Générations Futures ne pourra en aucun cas être tenue pour responsable de tout dommage de quelque nature qu’il soit, résultant de toute impossibilité d’utilisation, d’accès, de toute perte découlant des informations disponibles sur ce serveur et ceci quelle que soit l’origine du préjudice. Générations Futures ne pourra en aucun cas être tenue pour responsable de tout dommage de quelque nature qu’il soit résultant de l’interprétation et/ou de l’utilisation des informations disponibles sur ce serveur. »

 

Mais Générations Futures est le porte-voix et l'exécuteur d'œuvres au service du biobusiness, qui en occupe la présidence (Mme Maria Pelletier, de Moulin Marion) et assure une part importante du financement (avec le contribuable...).

 

La Semaine est aussi sponsorisée a pour « partenaires » Biocoop, Botanic, Bjorg Bonneterre et Compagnie, Ecocert, Ekibio/Ecodo, Léa Nature, Moulin Marion, ainsi que des fondations et des associations aux objectifs particulièrement « teintés ».

 

On peut dès lors s'étonner de voir dans la liste des institutions officielles telles que l'Agence Française pour la Biodiversité, l'Agence Régionale de la Biodiversté de l'Île-de-France ou encore la Mairie de Paris.

 

Mieux – ou pire – le Ministère de la Transition Écologique et (accessoirement) Solidaire a prêté son concours par une page sur son site et un gazouillis agrémenté d'une courte vidéo.

 

On peut légitimement se demander si le ministère n'outrepasse pas ses fonctions et prérogatives en apportant ainsi son soutien à ce qui est, dans les faits, une opération de marketing au profit d'une filière particulière de l'agriculture et de l'alimentation.

 

Selon le début du texte de la vidéo,

 

« Présents dans l'eau, l'air et le sol, les pesticides sont un des facteurs d'érosion de la biodiversité. 22 % des oiseaux communs spécialistes ont disparu de métropole depuis 1989. 38 % des chauves-souris ont disparu depuis 2006. [...] ».

 

On aimerait connaître les sources de ces affirmations. Mais, ce qui est plus important, c'est qu'il est suggéré implicitement que cette apocalypse est due aux pesticides, même si l'incipit évoque « un des facteurs ».

 

 

 

 

Pour ce qui est du texte du gazouillis, « Moins de #pesticides, c’est mieux pour ma santé et la planète ! » propage un lieu commun qui, pour être mille fois répété n'en demeure pas moins contestable, sinon mensonger.

 

Le gouvernement, par la voix de son Ministère de la Transition Écologique et (accessoirement) Solidaire, reconnaîtrait-il a contrario qu'il autorise une situation qui nuit à la santé et l'environnement ?

 

 

 

 

S'agissant de la santé, il se trouve que le message est particulièrement malvenu en ces temps où on signale une série de produits alimentaires contaminés – c'est en l'occurrence le terme exact – au datura. Datura ayant mené à des hospitalisations en Martinique.

 

 

 

 

Sur le site du ministère, le titre est anodin : « Comment jardiner sans pesticides ? » En introduction :

 

« A l'occasion de la semaine des alternatives aux pesticides qui se déroule du 20 au 30 mars, retour sur les solutions alternatives pour jardiner sans pesticides. Acheter, utiliser ou stocker des pesticides chimiques pour jardiner ou désherber est interdit depuis le 1er janvier 2019. Issue de la loi Labbé, cette mesure vise à protéger votre santé et l’environnement. »

 

« ...pesticides chimiques » ? Comme si le sulfate de cuivre de la bouillie bordelaise, toujours en rayon, n'était pas « chimique ».

 

« ...protéger votre santé » ? Comme si les herbicides à base d'acide pélargonique ou d'acide acétique avaient un meilleur profil toxicologique et étaient plus sûrs d'emploi que le glyphosate.

 

« ... protéger [...] l’environnement » ? Avec le cuivre, polluant des sols persistant ?

 

Pire, dans un encart :

 

« Les 22 & 23 et les 29 & 30 mars : rapportez vos pesticides lors des collectes organisées

 

L’enseigne botanic organise une collecte de pesticides dans ses 70 jardineries. Les jardiniers amateurs sont invités à rapporter leurs pesticides sur les deux week-ends de la SPAP, à savoir les 22 et 23 mars et les 29 et 30 mars. Ils recevront, en échange, un jus de pomme bio. Organisée deux fois par an, la collecte botanic a déjà permis de récupérer et supprimer 59,5 tonnes de pesticides chimiques depuis son lancement en 2014. »

 

Pourquoi ne pas donner, dans la foulée, la liste des prix de Botanic et de ses offres promotionnelles ?

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D
On pourrait même rajouter que les bio-produits utilisés par non agriculteurs bio et notamment des insecticides à base de pyrèthre, sont produits en Tanzanie à base de plantes elles même produites en conventionnel avec des produits phyto de synthèse européen! ( source Erwan Seznec).
C'est ça une agriculture respectueuse?
En fait oui: on pense qu'elle respecte le consommateur mais elle tue qu'en même l'environnement! ;-)
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F
Ah oui tout de même, un jus de pomme bio en échange d’un flacon de roundup quasi vide... c’est tentant! :-D
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