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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Le maïs GM transforme la vie des agriculteurs aux Philippines

23 Mars 2019 , Rédigé par Seppi Publié dans #OGM

Le maïs GM transforme la vie des agriculteurs aux Philippines

 

Nkechi Isaac*

 

 

 

 

« Avant, je ne dormais pas bien quand j'avais semé du maïs dans mon champ », se souvient Edwin Paraluman, un agriculteur philippin. « J'avais toujours eu peur de me réveiller un jour pour trouver mon champ de maïs dévasté par la pyrale du maïs. En effet, aux Philippines, la pyrale du maïs ne respecte aucune saison, elle est constamment présente dans les champs de maïs. »

 

Paraluman a déclaré que ses soucis sans fin et ses précautions faisaient très peu pour réduire les énormes pertes résultant du problème de la pyrale du maïs. « Je perdais toujours lorsque je semais du maïs et il est arrivé un moment où j'ai dû arrêter d'en semer et de passer aux légumes. J'ai planté des courges, des haricots verts, d'autres cultures », a-t-il ajouté.

 

C’était un événement inquiétant pour Paraluman, qui semait du maïs avec ses parents depuis son enfance et qui a poursuivi cette pratique lorsqu’il a fondé sa propre famille.

 

Aussi, sa « joie n'a pas eu de limite » lorsqu'il a appris qu'il existait une technologie capable de lutter contre la pyrale du maïs dans son pays. Paraluman a été parmi les premiers agriculteurs des Philippines à adopter cette nouvelle technologie et à semer du maïs Bt génétiquement modifié résistant à des parasites.

 

Edwin Paraluman a été un pionnier dans la plantation de maïs Bt aux Philippines.

 

Les Philippines ont été le premier pays d’Asie du Sud-Est à approuver la culture commerciale d’une plante génétiquement modifiée pour l’alimentation humaine et animale. Le Bangladesh a été le premier pays d’Asie du Sud à approuver une telle culture avec la commercialisation du brinjal ou aubergine Bt résistant à un parasite.

 

Aux Philippines, le maïs Bt a été conçu pour résister à la pyrale du maïs asiatique, Ostrinia furnacalis (Guenee), l’un des ravageurs les plus destructeurs du pays. La culture représente également une solution pratique et écologiquement durable pour que les producteurs de maïs pauvres partout dans le monde augmentent leurs rendements et réduisent l'utilisation de pesticides, améliorant ainsi leur santé et leurs moyens de subsistance, ce qui réduit aussi la pauvreté.

 

Paraluman a partagé son histoire avec un public lors de la Conférence des Nations Unies sur la biodiversité, tenue en novembre dernier ; il a déclaré que la culture du maïs Bt avait changé sa vie. Elle lui a donné la tranquillité d'esprit et plus de temps pour faire d'autres choses, comme s'occuper de sa famille et occuper des emplois annexes.

 

« En décembre 2003, le maïs Bt a été commercialisé et j'ai été le premier agriculteur à le semer. La première fois que j’ai semé du maïs Bt, j’ai été tellement surpris de ne voir, sur mes sept hectares, aucune pyrale du maïs », a-t-il rappelé. « Mon maïs n'a plus été endommagé. J'ai semé ce maïs et cela a changé ma vie. Avant, ma maison était tellement petite mais maintenant, elle est vraiment très grande. Maintenant, mes revenus sont bons et je peux établir un bon budget pour ma famille. Cela a augmenté mes revenus et je dis maintenant aux autres agriculteurs que cette technologie est très bonne. »

 

Paraluman a réfuté les allégations selon lesquelles les cultures génétiquement modifiées causent des problèmes de santé. « Les personnes qui disaient que cela vous rendrait malade lorsque nous avions commencé, ont pu constater que ce n'était pas vrai parce que je l'ai prouvé », a-t-il noté. « Je le mange depuis 14 ans et je suis encore fort et en bonne santé. Donc, cela fait 14 ans que je sème ce maïs et il n’y a eu aucun effet négatif sur notre santé. »

 

L'adoption de la technologie Bt a rendu les Philippines autonomes en matière de production de maïs, a-t-il déclaré. Le pays n’importe plus de maïs et les agriculteurs envisagent maintenant d’en exporter car ils ont des excédents.

 

Rhodora Aldemita, directrice du Centre International de Connaissances sur la Biotechnologie des Cultures à l'ISAAA, le Service International pour l’Acquisition d’Applications Agri-Biotch, a déclaré que les agriculteurs philippins subissaient des pertes dues à la pyrale du maïs de l'ordre de 30 à 50 %, ce qui impactait la production de maïs de la nation.

 

« Le problème de la pyrale du maïs a eu un effet dévastateur aux Philippines sur la production de maïs », a déclaré Aldemita. « Le coût du maïs avait augmenté parce que nous importions. Nous devions importer car il nous fallait des aliments pour le bétail. Ainsi, lorsque l'approbation [du maïs Bt] est arrivée et que les agriculteurs ont commencé à le semer en 2003, ils ont vite été en mesure de se procurer la technologie et de partager les informations d'un site agricole à un autre, car ils ont constaté que les avantages étaient énormes. Ce maïs s'est répandu comme un feu sauvage. Il n’y a plus beaucoup de pulvérisations et il y a une gestion culturale minimale sur le terrain. »

 

Plus de 400.000 agriculteurs sèment maintenant du maïs Bt aux Philippines, a déclaré Paraluman. « Les biotechnologies aident les agriculteurs des Philippines, et d’autres produits Bt sont en préparation, comme le cotonnier et l'aubergine Bt et le riz doré, que nous soutenons réellement. Notre population dépasse les 107 millions et nos terres sont en diminution. Nous avons besoin d'une technologie moderne pour l'agriculture afin de pouvoir planter et récolter davantage sur moins de terres », a-t-il ajouté.

 

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