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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

La recherche révèle que les opposants aux aliments génétiquement modifiés en savent moins qu'ils ne le pensent

6 Mars 2019 , Rédigé par Seppi Publié dans #OGM, #Article scientifique

La recherche révèle que les opposants aux aliments génétiquement modifiés en savent moins qu'ils ne le pensent

 

Andrew Sorenson*

 

 

 

 

Les personnes qui défendent les points de vue les plus extrêmes en s'opposant aux aliments génétiquement modifiés (GM) pensent qu'elles connaissent le mieux la science des aliments génétiquement modifiés, mais en fait elles en savent le moins, selon de nouvelles recherches.

 

« Ce résultat est pervers, mais correspond aux recherches précédentes sur la psychologie de l'extrémisme », a déclaré Phil Fernbach, auteur principal de l'étude et professeur de marketing à la Leeds School of Business. « Les points de vue extrêmes découlent souvent du fait que les gens ont le sentiment de mieux comprendre les sujets complexes qu'ils ne le font en réalité. »

 

Les auteurs de l'article ont également exploré d’autres questions, telles que la thérapie génique et le déni du changement climatique. Ils ont trouvé les mêmes résultats pour la thérapie génique.

 

Cependant, ce schéma n’est pas apparu pour le déni du changement climatique. Les chercheurs ont émis l’hypothèse que le débat sur le changement climatique est devenu tellement polarisé politiquement que les attitudes des gens dépendent davantage du groupe auquel ils s'affilient que de ce qu’ils savent sur la question.

 

L'article, publié aujourd'hui [14 janvier 2019] dans Nature Human Behavior, est le fruit d'une collaboration entre des chercheurs de la Leeds School of Business de l'Université du Colorado à Boulder, de l'Université Washington à St. Louis, de l'Université de Toronto et de l'Université de Pennsylvanie.

 

Des chercheurs en marketing et en psychologie ont interrogé plus de 2.000 adultes américains et européens sur les aliments génétiquement modifiés. Les sondeurs ont demandé aux répondants s’ils pensaient bien comprendre les aliments génétiquement modifiés, puis ont vérifié ce qu’ils savaient réellement avec une batterie de questions à répondre par vrai ou faux sur la science et la génétique en général.

 

En dépit d'un consensus scientifique sur le fait que les aliments génétiquement modifiés sont sûrs pour la consommation humaine et peuvent potentiellement apporter des avantages nutritionnels significatifs, de nombreuses personnes s'opposent à leur utilisation. Plus de 90 % des répondants à l'étude ont fait état d'une certaine opposition à l'égard des aliments génétiquement modifiés.

 

La principale conclusion de l'article est que plus les gens déclarent qu’ils s’opposent fortement aux aliments génétiquement modifiés, plus ils se croient bien informés sur le sujet, mais moins ils obtiennent de résultats à un test de connaissances réelles.

 

Selon les auteurs de l’article, le phénomène pourrait avoir pour conséquence que les personnes qui connaissent le moins les grandes questions scientifiques risquent de rester ainsi, car elles ne chercheront peut-être pas – et ne seront pas ouvertes – à de nouvelles connaissances.

 

« Nos résultats suggèrent que, pour changer l’esprit des gens, il faut d’abord qu’ils comprennent qu'il y a des choses qu’ils ne savent pas », a déclaré Nicholas Light, co-auteur de l’étude, doctorant à la Leeds School of Business. « Sans cette première étape, les interventions éducatives pourraient ne pas fonctionner très bien pour amener les gens à s'aligner sur le consensus scientifique. »

 

Fernbach et Light prévoient de continuer sur la lancée de cet article en menant davantage de recherches sur la manière dont leurs découvertes s'appliquent dans d'autres domaines tels que les vaccins, l'énergie nucléaire et la médecine homéopathique.

 

La recherche a été financée par le projet Humility & Conviction in Public Life (humilité et conviction dans la vie publique) à l'Université du Connecticut, le Center for Ethics and Social Responsibility (centre d'éthique et de responsabilité sociale) à la CU Boulder, la National Science Foundation (fondation nationale pour la science) et le Social Sciences and Humanities Research Council (conseil de recherche en sciences sociales et humaines).

 

_____________

 

* Andrew Sorenson est responsable des relations avec les médias à l'Université du Colorado, à Boulder.

 

Source : https://allianceforscience.cornell.edu/blog/2019/01/gmo-food-opponents-know-less-think-research-finds/

 

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