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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Une étude suggère que l'éducation scientifique améliore les attitudes vis-à-vis des aliments génétiquement modifiés

17 Février 2019 , Rédigé par Seppi Publié dans #Article scientifique, #OGM

Une étude suggère que l'éducation scientifique améliore les attitudes vis-à-vis des aliments génétiquement modifiés

 

Joan Conrow*

 

 

 

 

Une nouvelle recherche non [encore] publiée a révélé qu'enseigner aux gens la science derrière le génie génétique conduit à des attitudes plus positives à l'égard des aliments génétiquement modifiés – invalidant la conviction que les faits ne changent pas les mentalités dans le débat sur les OGM.

 

L'élément important semble être la nature des faits qui sont partagés et la manière de le faire.

 

« Nos résultats montrent que fournir au public des modules hebdomadaires de connaissances factuelles et sans connotation de valeur conduit à une acceptation accrue des aliments génétiquement modifiés », ont écrit les chercheurs.

 

« Ces résultats fournissent également un canevas relativement simple pour les interventions futures visant à surmonter le scepticisme au sujet des OGM, suggérant que les chercheurs et les scientifiques souhaiteraient peut-être se concentrer sur la communication de la science fondamentale à la base de la technologie GM et sur l'amélioration de la culture scientifique », selon le résumé pré-publié.

 

Des études précédentes avaient pour objectif de faire comprendre que les aliments génétiquement modifiés présentaient un risque faible ou étaient bénéfiques, une approche « qui a finalement abouti à des attitudes plus polarisées à l’égard des aliments génétiquement modifiés, peut-être parce que les communications ont déclenché des réactions de rejet en confrontant les sujets à des informations qui impliquent des jugements de valeur, sans aborder les causes du scepticisme », ont écrit les chercheurs.

 

La nouvelle recherche suggère, selon l'article, que « si des efforts doivent être déployés pour changer les mentalités en communiquant des informations scientifiques, ces informations doivent être présentées de manière neutre, de façon à éviter de confronter les individus à de nouvelles opinions désagréables ou à des faits qui menacent des croyances et des convictions préexistantes ».

 

L'opposition du public aux aliments génétiquement modifiés a été rude – et les attitudes à l'égard ces aliments éloigne le public des scientifiques plus que tout autre sujet, y compris ceux qui divisent beaucoup, comme le changement climatique ou la vaccination, indique l'article. Cependant, très peu de recherches ont été effectuées pour comprendre pourquoi.

 

« Les recherches existantes ont été axées sur l'identification du rôle des croyances immuables, telles que la moralité et la politique, difficiles à changer. Par conséquent, la recherche pourrait tirer profit de l'identification de prédicteurs modifiables du rejet de la science – des prédicteurs qui peuvent être modifiés au moyen d'interventions – afin que des efforts puissent être faits pour augmenter le soutien du public aux avancées scientifiques », indique l'article.

 

Les chercheurs ont mené quatre études pour déterminer si l’analphabétisme lié aux technologies du génie génétique était un facteur prédictif puissant et unique du scepticisme envers les aliments génétiquement modifiés. Les résultats des deux premières études ont montré que c'était le cas, tandis que la troisième étude a montré qu'il y avait une cohérence pour ce prédicteur entre les États-Unis, le Royaume-Uni et les Pays-Bas.

 

Les trois premières études étaient corrélationnelles – conçues comme un fondement pour comprendre comment changer les attitudes. Les chercheurs ont ensuite mené une étude finale pour dégager une compréhension causale de la relation entre les connaissances spécifiques aux OGM et les attitudes vis-à-vis des OGM. Ils ont cherché à surmonter le manque de connaissances en enseignant aux gens les bases scientifiques de la technologie, en utilisant un plan expérimental longitudinal de cinq semaines.

 

Les participants ont découvert la science derrière la génétique, l'ADN et les procédures de modification grâce à des vidéos et des infographies disponibles gratuitement. Les informations présentées étaient neutres en termes de jugements de valeur et évitaient les affirmations « idéologiques » selon lesquelles les aliments génétiquement modifiés étaient sains ou bons. Au lieu de cela, les participants ont été encouragés à réfléchir aux informations présentées et à prendre leurs propres décisions concernant les aliments génétiquement modifiés.

 

Pendant ce temps, les participants d'un groupe de contrôle ont acquis les bases scientifiques de la nutrition, du métabolisme et de la façon dont le corps traite les calories, les lipides, les vitamines et d'autres aspects d'une alimentation saine.

 

À la cinquième semaine, ceux à qui la science du génie génétique avait été enseignée ont montré une attitude plus positive à l'égard des aliments génétiquement modifiés, une plus grande volonté de consommer des produits génétiquement modifiés et une atténuation de la perception des aliments génétiquement modifiés comme étant risqués.

 

« Les chercheurs et les scientifiques souhaiteront peut-être reconsidérer les tentatives de communication de la science derrière leurs progrès », ont conclu les auteurs. « Plutôt que de combattre les affirmations des scientifiques sceptiques et d'inonder le public de déclarations sur la sécurité ou les avantages de leurs produits, il est peut-être préférable de consacrer du temps et de l'argent à une éducation de base, mais ciblée, pour lutter contre les idées fausses sous-jacentes sur la science. »

 

Les auteurs ont ensuite décrit deux applications de leur recherche : des campagnes d’information et des efforts de sensibilisation axés sur la communication de connaissances propres à un domaine donné au lieu de lutter contre les affirmations non factuelles de manière défensive ; et une application pour smartphone qui invite les utilisateurs à lire des informations sur un sujet ou une technologie donnés, présentées sous forme de modules gérables.

 

La recherche a été menée par Jonathan Mc Phetres et Jennifer Brisson de l'Université de Rochester, Bastiaan Rutiens de l'Université d'Amsterdam et Netta Weinstein de l'Université de Cardiff au pays de Galles.

 

______________

 

* Source : https://allianceforscience.cornell.edu/blog/2019/01/study-suggests-science-education-improves-attitudes-gmo-food/

 

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