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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Le chef de « Before the Plate » : « Posez des questions sur les aliments »

7 Février 2019 , Rédigé par Seppi Publié dans #Divers

Le chef de « Before the Plate » : « Posez des questions sur les aliments »

 

Ryan Tipps, rédacteur en chef, AGDAILY* 

 

 

"Vous savez, ce que j'ai le plus comme problèmes ici, ce sont trois choses : l'une est l'accès insuffisant à une diversité de pollens et de nectars…"

 

 

Vous pouvez visionner « Before the Plate » (avant l'assiette) pendant le mois de février 2019 CI-DESSOUS ou à :

 

http://www.beforetheplate.com/landing

 

ou

 

https://vimeo.com/310837849

 

Profitez-en, c'est excellent (vous pouvez faire afficher des sous-titres en anglais en cliquant sur l'onglet « cc »).

 

Y aura-t-il un jour quelque chose de similaire en France, plutôt que l'habituel agri-bashing ?

 

 

 

 

Suivez la nourriture à la trace.

 

Lorsque le créateur de « Before The Plate » a demandé à un chef de figurer dans le documentaire, la trace l'a conduit à John Horne et à la cuisine qu'il dirige dans le restaurant haut de gamme Canoe situé au centre-ville de Toronto.

 

Le projet de documentaire prend une seule assiette de nourriture et retrace ses différents ingrédients jusqu'aux fermes d'où ils sont venus – parfois, ils étaient produits dans des fermes conventionnelles, d'autres dans des fermes biologiques.

 

Horne, 40 ans et chef de district pour une demi-douzaine environ de restaurants, a grandi dans une ferme au nord de Toronto. Sa famille y possède toujours la propriété familiale originale datant du XIXe siècle, qui a été réduite à environ 240 hectares et se concentre sur le bœuf, le porc, le poulet, la courge, le maïs et les pommes de terre.

 

« Je passe beaucoup de temps à la ferme. J'aime être là-bas », a-t-il déclaré.

 

 

John Horne, à droite, visite une ferme de tournesol. (Image de « Before the Plate »)

 

 

Nous avons parlé avec Horne des impressions qu'il a tirées de ses visites dans les fermes et du fait qu'il était le personnage central du documentaire, dont la première a eu lieu le 5 août 2018.

 

 

AGDAILY : Comment avez-vous commencé à travailler sur ce projet ?

 

HORNE : Cela est passé par Peter Oliver, l'un des propriétaires d'Oliver & Bonacini. Il connaît Dylan [Sher, le cinéaste]. Ils cherchaient à se connecter avec un restaurant bien connu pour commencer le film. Peter et notre responsable du marketing m'ont donc demandé si cela me convenait. J'ai dit que je serais prêt à les rencontrer et à voir la suite. Je ne m'attendais pas à ce que le documentaire soit aussi long, c’était donc une surprise fantastique.

 

 

AGDAILY : Comment votre compréhension du système alimentaire de la fourche à la fourchette a-t-elle évolué en fonction de votre expérience avec le film ?

 

HORNE : En y entrant, je pensais que j'avais une assez bonne connaissance de tout cela. Il y a tellement de choses que vous voyez à la télévision ou dans les journaux, vous finissez par avoir des images fausses sur ce qui se passe. Cela peut être lié aux OGM ou à la manière dont les antibiotiques ou les hormones sont utilisés. C’est si souvent unilatéral, et les gens peuvent devenir blasés parce qu’ils n’ont pas une perspective vraie. Donc, cette expérience m'a ouvert les yeux sur beaucoup de choses et m'a fait comprendre que je m'étais trompé sur certaines d'entre elles. Parfois, j’avais été très opposé à quelque chose, et le film m’a fait prendre du recul et a été l'occasion de regarder l’autre côté de la médaille – comme le fait que les OGM peuvent nous aider à arrêter d’utiliser autant de pesticides. Je n'en connais pas encore tous les avantages et inconvénients, mais cela m’a ouvert les yeux et je peux approfondir ce sujet pour mieux comprendre ce que je ressens.

 

 

AGDAILY : Il est difficile d’avoir des discussions sur l’alimentation moderne sans mentionner les OGM. Pensez-vous que les aliments génétiquement modifiés sont les choses sur lesquelles la plupart des gens ont les idées fausses les plus répandues ?

 

HORNE : Oui, beaucoup de gens sont biaisés à ce sujet et ne connaissent pas nécessairement tous les faits. Je ne sais pas si cela est juste ou faux, mais les gens n’ont pas tous les faits, pas à 100 %.

 

 

AGDAILY : Alors, faisant partie de ce projet de film, cela a-t-il eu un impact direct sur les choix alimentaires que vous faites dans vos restaurants ?

 

HORNE : Non, parce que je faisais déjà beaucoup de ces choix. J'ai toujours essayé de rester en contact avec les agriculteurs locaux et de comprendre ce qu'ils font. Très tôt, alors que je travaillais chez Canoe, j’ai loué un bus, y ai mis tous les cuisiniers et les ai conduits dans une ferme biologique. Là, ils ont dû cueillir à la main trois rangées de laitues – 20 cuisiniers ont mis quatre heures pour ce faire. Ils ne pouvaient pas croire à quel point c'était un travail difficile, et cela a changé totalement leur mentalité quant à la façon dont ces légumes étaient utilisés. Très simplement, ils ne laisseraient pas les laitues se perdre. C’est quelque chose d'horrible dans notre société que de gaspiller autant. C'était vraiment révélateur pour ces jeunes. J'ai toujours voulu que les gens soient aussi éduqués que possible sur leur nourriture.

 

 

AGDAILY : Y a-t-il une ferme que vous avez visitée lors du tournage de « Before The Plate » qui vous a particulièrement marqué ?

 

HORNE : Tous les agriculteurs étaient géniaux et avaient leurs propres points de vue. Ils étaient tous très différents. Les abeilles et le miel me tenaient vraiment à cœur car je ne connaissais pas beaucoup les abeilles auparavant. J'ai beaucoup appris à ce sujet et sur certaines idées fausses concernant les ruches et le déclin des abeilles.

 

 

AGDAILY : La première mondiale de « Before The Plate » a lieu le 5 août. Qu'espérez-vous que le public retire du film après l'avoir vu ?

 

HORNE : J'espère qu'il leur fera poser des questions. J'espère qu'il leur donnera envie de s'instruire. En faisant partie du film, je n’ai pas essayé de répondre à ces questions ni de dire aux gens quoi faire. Pour moi, le but du film était d’établir un lien entre les agriculteurs et les spectateurs, d’ouvrir les voies de communication. Je pense que les agriculteurs veulent vraiment montrer ce qu’ils font et exprimer ce qu’ils font et pourquoi ils le font. Mais je pense aussi que le consommateur doit poser ces questions pour qu’il sache ce qu'ils veut. Il s'agit de mieux comprendre ce qui se passe dans les fermes.

 

________________

 

* Source : https://www.agdaily.com/features/before-the-plate-chef-keep-asking-food-questions/

 

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