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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Hulot c. Monsanto : allô, la presse ! Oui, mais allô quoi...

6 Février 2019 , Rédigé par Seppi Publié dans #critique de l'information, #Monsanto

Hulot c. Monsanto : allô, la presse ! Oui, mais allô quoi…

 

 

C'est à lire !

 

 

Rappels

 

Dans une livraison précédente, « [Mis à jour :] Haine contre Monsanto : voici maintenant Hulot », nous vous avons relaté la saillie que M. Nicolas Hulot s'est permise dans une interview au JDD du dimanche 3février 2019 :

 

« Et, quelques mois après que j'ai été nommé ministre, une personne de ma connaissance, haut placée dans une entreprise travaillant dans le domaine de l'environnement et qui pourra confirmer ce que je révèle ici, est venue me voir avec ce message menaçant : Monsanto avait demandé à une officine belge de s'occuper de ma réputation*. »

 

Dans la version papier du journal « Le silence et l'indifférence valent presque complicité », l'astérisque renvoyait à une note en bas de page, en petits caractères :

 

« * Sollicité par le JDD, Bayer Monsanto dément "formellement ces allégations très graves et diffamatoires". »

 

Dans la version électronique, « EXCLUSIF. Hulot : "Monsanto a demandé à une officine belge de s'occuper de ma réputation" » (le lien est vers MSN), le démenti avait été incorporé dans le texte. Mais le chapô évoquait de sinistres manœuvres :

 

« Nicolas Hulot révèle au JDD avoir été sous la menace de l'entreprise Monsanto (désormais propriété du groupe Bayer) quand il est devenu ministre de l'Ecologie. »

 

La presse moutonnière s'est emparée du « scoop ». Et c'est le début d'un jeu qu'on appelle maintenant « du téléphone sans fil ».

 

Le Monde frappe particulièrement fort, en titre, dans un article mis en ligne le même jour à 11h24 et mis à jour à 11h56 :

 

« Nicolas Hulot se dit victime des agissements d’une "officine belge" chargée par Monsanto de ternir sa réputation ».

 

M. Nicolas Hulot réagit par un gazouillis, en début d'après-midi, nous semble-t-il :

 

« Je n’ai jamais prétendu être victime de Monsanto. J’ai simplement fait état de propos qui m’avaient été rapportés. Ne nous trompons pas, la victime de Monsanto est Paul François. https://www.lemonde.fr/planete/article/2019/02/03/nicolas-hulot-se-dit-victime-des-agissements-d-une-officine-belge-chargee-par-monsanto-de-ternir-sa-reputation_5418558_3244.html … via @lemondefr »

 

 

 

 

Le JDD change son texte

 

Pourquoi avons-nous mis un lien vers MSN ci-dessus ? Parce que le JDD a repris sur son site internet le texte qu'il avait publié dans la version papier,en maintenant toutefois son ancien titre, « EXCLUSIF. Nicolas Hulot : "Monsanto a demandé à une officine belge de s'occuper de ma réputation" » et en l'assortissant d'une introduction.

 

La modification a été faite le 3 février 2019 à 12h33. Depuis lors... rien, malgré la sorte de démenti de M. Nicolals Hulot.

 

 

Le Monde change subrepticement le titre

 

 

 

 

Quand cela s'est-il produit ? Ce n'est pas indiqué...

 

Toujours est-il que le titre est passé de « Nicolas Hulot se dit victime des agissements d’une "officine belge" chargée par Monsanto de ternir sa réputation » à « Nicolas Hulot critique Monsanto, qu’il considère comme "la pire firme du monde" », l'adresse URL restant inchangée et reflétant l'ancien titre.

 

Le texte nous semble inchangé. En particulier, ce qui se lisait dans le JDD « demandé à une officine belge de s'occuper de ma réputation » reste « demandé à "une officine belge" de ternir sa réputation » (c'est nous qui graissons).

 

Mais le lecteur du Monde ne saura rien de la sorte de démenti de M. Nicolas Hulot...

 

 

Et les autres ?

 

Nous avions rapporté que le Parisien avait produit un texte plutôt équilibré avec « Nicolas Hulot accuse Monsanto d’avoir cherché à saper sa réputation » et avait sollicité séparément le point de vue de Bayer. Il a aussi reproduit le gazouillis de M. Hulot.

 

Le Télégramme de Brest a également reproduit ce gazouillis, livrant une information (plutôt) de qualité sous le titre « Hulot. "Monsanto avait demandé à une officine de s’occuper de ma réputation" ». Mais après coup – l'heure de mise en ligne de l'article précède le gazouillis – et sans prévenir.

 

À part ça, quel désert déontologique, avec peut-être quelques oasis qui auront échappé à notre recherche, loin d'être exhaustive. Que ne ferait-on pas pour répercuter une « information » ? Surtout une « information » qui met en cause Monsanto et fait vibrer les fibres anti-pesticides.

 

Ainsi, 5 février 2019 à 16:53 : RT France titre « Nicolas Hulot affirme avoir été menacé par Monsanto qui dément » ? C'est un titre putaclic (l'article porte davantage sur le procès Paul François) qui se veut équilibré, mais l'article zappe la sorte de démenti de M. Nicolals Hulot.

 

Citons aussi, à titre d'exemple, RTL, un article du 4 février 2019, « Nicolas Hulot accuse Monsanto d'avoir voulu "s'occuper" de sa "réputation" » Ou encore, du même jour, les Inrocks, « Monsanto : Hulot affirme avoir été menacé par Monsanto quand il était ministre ».

 

Quelle excuse ont-ils, ces médias qui publié le 4 février 2019 – soyons tolérants pour ceux qui ont bouclé la veille au soir – pour avoir ignoré la sorte de démenti de M. Nicolals Hulot ? Aucune.

 

Mais il est aussi permis de s'interroger sur une autre défaillance : comment se fait-il que ce gazouillis de M. Nicolas Hulot n'ait pas eu une plus large diffusion ? M. Nicolas Hulot devait bien savoir qu'il fallait plus qu'un simple gazouillis avec un simple lien vers l'article du Monde pour mettre un terme au jeu du téléphone sans fil médiatique. L'AFP était-elle en vacances ?

 

Notre paysage médiatique est décidément fort problématique.

 

 

FranceTVInfo tente de faire le buzz avec le glyphosate

 

Il sera évidemment beaucoup question ces jours-ci du procès de M. Paul François contre Monsanto, sur lequel M. Nicolas Hulot et le JDD ont voulu peser, l'un par son interview et l'autre par ses deux articles.

 

FranceTVInfo a trouvé un autre moyen de peser – au moins sur le plan médiatique – et de faire du Monsanto-bashing : « VIDEO. "Roundup, c'est l'idéal" : quand Monsanto vantait son désherbant "biodégradable" ».

 

Ah, on me signale que je suis mauvaise langue : ce n'est que pure coïncidence que cet article publié le 26 octobre 2017 a été mis à jour le 5 février 2019... la veille des plaidoiries du procès en appel.

 

Notre paysage médiatique est décidément fort problématique.

 

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