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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

M. Laurent Chevallier et le glyphosate : les agences de l'État (toutes) déjà condamnées !

22 Janvier 2019 , Rédigé par Seppi Publié dans #Glyphosate (Roundup), #critique de l'information, #Activisme

M. Laurent Chevallier et le glyphosate : les agences de l'État (toutes) déjà condamnées !

 

 

J'avoue ne pas lire ni même feuilleter régulièrement le Point... Les jours ne font que 24 heures (plus les heures de repas) et il faut faire des choix.

 

Mais il arrive que les pérégrinations sur Internet nous rappellent que le Point nous offre un réel plaisir de lire... une roborative Schadenfreude – une joie malsaine, ici devant le constat de faiblesse argumentative – quand apparaît une chronique de M. Laurent Chevallier.

 

M. Laurent Chevallier ? Médecin nutritionniste, praticien attaché au CHRU de Montpellier (Médecine Interne) et chef de l’Unité nutrition, médecine environnementale de la clinique du Parc (Castelnau-Le-Lez). Auteur aussi de livres pour hypocondriaques qui paniquent devant leur assiette ou la boîte de médicaments, grand promoteur de l'agriculture biologique...

 

Quand vous voyez un livre coécrit par « Docteur Laurent Chevallier » et « Claude Aubert » (grand prédicateur de l'agriculture biologique qui se sera abstenu d'exciper de son titre de docteur ici), intitulé : « Alors, on mange quoi ? » et sous-titré « Le guide du bon sans toxique », vous comprenez d'emblée que c'est – en plus – un client intéressant pour ce blog qui se veut rationaliste. Un client qui est de plus un véritable filon pour des critiques argumentées.

 

M. Laurent Chevallier a donc commis le 20 janvier 2019 un article à la suite de la décision du tribunal administratif de Lyon – en première instance – d'annuler la décision de l'Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l’Alimentation, de l’Environnement et du Travail (ANSES) de renouveler une autorisation de mise en marché du Roundup Pro 360, un herbicide à base de glyphosate.

 

 

Et boum ! Toutes les agences de l'État mises en cause

 

C'est intitulé : « Laurent Chevallier - Glyphosate : les agences de l'État en cause ». Admettons qu'il ne soit pas l'auteur du titre, généralement produit par un spécialiste de l'appel à lecture, du putaclic sur internet, ni du chapô qui résume cependant fort à propos son propos :

 

« En prenant le contre-pied des conclusions d'une agence de l'État sur le glyphosate, les juges ont remis en cause la fiabilité de ces organismes. Par Laurent Chevallier »

 

Le procédé est un peu – un peu beaucoup – grossier :

 

« Toutes les expertises médicales, toxicologiques et scientifiques sont basées sur les données des agences d'État, et la justice, en cas de contestation ou de litige, tranche toujours en leur faveur. […]

 

« Concernant le glyphosate, rien de tel. Le tribunal administratif de Lyon a prononcé le retrait de l'autorisation de mise sur le marché du Round Up 360. Elle met en cause directement l'agence sanitaire, finalement ses méthodes de travail et sa fiabilité, en demandant "d'annuler la décision du 6 mars 2017 [...]" »

 

Cette décision – qui, du reste, ne prononce pas un « retrait », ni « demande » d'annuler... – serait une première ? Première nouvelle ! C'est Générations Futures et son exploit sur le sulfoxaflor qui va être vexé...

 

 

La toxicologie « alternative » est avancée

 

M. Laurent Chevallier s'attache à un point de détail de la procédure devant le tribunal :

 

« Il faut dire, sans entrer trop dans les détails, que l'argument de l'agence française selon laquelle il ne suffit pas qu'une substance active soit toxique pour que la préparation le soit est pour le moins déroutant, voire de la plus parfaite mauvaise foi et allant à l'inverse d'autres avis d'agences. »

 

Nous partagerons sa perplexité, en partie du moins, et sachant que nous argumentons ici sur la base de ce que le tribunal a consigné dans sont jugement : un tel argument pouvait difficilement, nous semble-t-il, emporter la décision de juges peu au fait des réalités de la toxicologie et eux-mêmes matraqués, comme tout le monde, par la propagande anti-pesticides dans leur vie privée. Mais un médecin ?

 

Illustrons le propos de l'ANSES par un autre exemple. La nicotine est très toxique (infiniment plus que le glyphosate). Mais il ne suffit pas que la nicotine soit toxique pour que la cigarette le soit (les problèmes sanitaires du tabac, hormis l'addiction, ont essentiellement d'autres origines). Et le propos de l'ANSES serait « pour le moins déroutant, voire de la plus parfaite mauvaise foi » ?

 

Rappelons que la nicotine fut utilisée en des temps pas très lointains comme insecticide, et qu'elle est toujours préconisée, avec quelques précautions oratoires, par des charlots du jardin « au naturel » (voir un avertissement ici). Le docteur Laurent Chevallier ignore-t-il que la pomme de terre et des légumes contiennent de la nicotine, certes à dose trop faible pour rendre la tartiflette ou la moussaka toxique ?

 

 

Quand les faits dérangent... on en invente d'autres

 

La décision de l'ANSES irait aussi « à l'inverse d'autres avis d'agences »... Là nous sommes vraiment déroutés...

 

 

Le fond de commerce de la peur

 

Mais il fallait cet argument, qui peut relever « de la plus parfaite mauvaise foi », pour atterrir sur le fond de commerce favori : le colportage de la peur. Admirez l'emphase :

 

« Cette situation est extrêmement préoccupante. Elle jette le doute sur la fiabilité de l'agence sanitaire, crée une jurisprudence, et entraîne une défiance directe vis-à-vis de l'expertise d'État. [...] »

 

Un simple tribunal administratif qui « crée une jurisprudence » ? On aura tout vu ! Peut-on sérieusement croire que M. Laurent Chevallier ignore que la jurisprudence se construit par les juridictions de degré supérieures, et plus souvent qu'à son tour par les juridictions suprêmes ? Que cette décision peut être frappée d'appel ?

 

 

Des mesures drastiques

 

Les mesures à prendre selon l'auteur sont dès lors drastiques, avec une grosse louche de populisme et de démagogie : les responsables doivent rendre des comptes et démissionner « sur-le-champ », ou bien l'État devra supprimer « les agences » pour manque de fiabilité – vous avez bien lu : toutes les agences – ce qui « procurera des économies au budget de l'État ». Ce n'est pas tout :

 

« Une commission d'enquête parlementaire doit également immédiatement être mise en place car cela apparaît bien plus sérieux que les quelques errements marginaux d'un Alexandre Benalla… »

 

 

Complotisme et incompétence

 

Mais cela pose une grande question :

 

« Sur quelles valeurs scientifiques de référence pourrons-nous nous baser demain ? »

 

Nous n'aurons pas la réponse, car M. Laurent Chevallier entame un virage sur l'aile et un piqué sur le glyphosate :

 

« Nous avons déjà expliqué dans ces colonnes, concernant le glyphosate, que, d'une part, on pouvait s'en passer, et que, d'autre part, la nouvelle formule est probablement quasiment prête ; beaucoup plus agressive, elle nécessite des volumes d'utilisation moins importantes, dont les résidus seront beaucoup plus difficiles à détecter car sous forme nano particulaire. »

 

Un concentré de complotisme et de bêtise sidérante. Quel spécialiste de la protection des plantes, de la toxicologie, de l'écotoxicologie... et même de la chimie ! Les « résidus [...] sous forme nano particulaire » nous plongent en particulier dans un abîme de perplexité.

 

La « nouvelle formule », c'est peut-être de la kryptonite herbicide... de sorte qu'on peut imaginer que le CRIIGEN, l'ANSES, évidemment le grand conspirateur Monsanto et le tribunal administratif de Lyon se sont secrètement alliés pour éliminer le Roundup Pro 360 et ouvrir la voie à un herbicide ré-vo-lu-tion-naire...

 

Et Philippulus conclut :

 

« Si l'État aujourd'hui n'agit pas rapidement, le message envoyé sera très négatif. Il relèvera d'un laxisme coupable aux multiples conséquences. »

 

Un commentateur a écrit sous le titre : « Médisance » :

 

« Il est formidable ce Laurent Chevallier, il parle avec une assurance et une componction remarquables de sujets qu’il ne connaît pas, déblatérant sur les capacités intellectuelles et l’honnêteté de scientifiques internationaux qui à travers le monde entier, France, Chine, Japon, Allemagne, Royaume Uni, Irlande, Belgique, Hollande, Suisse, Italie, Espagne, USA, Portugal, Suède et j’en passe ont regardé les dossiers, analysé les études, évalué les biais éventuels et dont les conclusions (et les miennes, j’en faisais partie) sont et restent : le glyphosate n’est pas cancérogène.

 

Mais en ces temps préélectoraux où il fait bien d’être écolo (je dis bien écolo car il s’agit de politique, donc de subjectivité) et non environnementaliste et scientifique, il est nécessaire d’allumer des feux de joie, de faire jouer l’air de la médisance. »

 

Bien jeté...

 

 

Le précédent des « bébés sans bras »

 

En fait non : c'est une constante. Dans une livraison précédente, du 20 octobre 2018, « Glyphosate : un ministre de mauvaise foi ? », selon le chapô, « Le docteur Laurent Chevallier s'indigne qu'un ministre puisse encore douter de la dangerosité des pesticides, du glyphosate notamment, sur la santé. »

 

On se souviendra que le ministre Didier Guillaume, à peine intronisé, avait déclaré :

 

« Sur la question des bébés sans bras il faut que la science fasse son travail […] Il y a peut-être des soupçons, mais il n'y a a aucune preuve scientifique. […] C'est aux scientifiques de faire la preuve ou non qu'il y a des conséquences à l'usage des pesticides ou pas. »

 

Des politocards, sortant adroitement ces déclarations de leur contexte, se sont rués sur M. Didier Guillaume, les médias suivant complaisamment.

 

Une fois encore, le chapô résume bien le propos de M. Laurent Chevallier. Ce propos mériterait aussi un démontage en règle ; mais observons simplement qu'une partie (le fameux nouveau produit miracle) se retrouve dans le billet analysé ci-dessus, lequel signe ainsi une récidive et témoigne d'une obsession complotiste.

 

Citons à nouveau un commentateur qui a écrit sous le titre : « Science et pensée magique » :

 

« Inquiétant qu'un médecin conteste la nécessité de faire appel à des scientifiques pour juger de la dangerosité d'un produit.

 

Inquiétant aussi et hélas banal, cette dangereuse habitude de critiquer les fabricants de pesticides ou de médicaments (ce sont souvent les mêmes) que le médecin doit pourtant prescrire à ses patients.

 

[…]

 

Mais la puissante mouvance de l'écologie politique, la "précautionnite aiguë", la pensée magique et le retour au "naturel" paré de toutes les vertus, sont en train de discréditer dangereusement la science et les comportements rationnels. »

 

 

 

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F
Salut Eric, dis moi autour de quelle planète tu tournes comme ca on pourra tourner ensemble.
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S
Bonjour,

Merci pour votre humour !
F
Je ne vois simplement pas l'intérêt de défendre des substances toxiques pour l'environnement alors qu'il est possible de s'en passer. Si ce n'est pour des raisons purement opportunistes. Pourquoi les citoyens devraient subir les risques alors que le bénéfice revient exclusivement aux firmes de l'agro-business. Enfin, quand je parle de substance toxique, peu m'importe son origine, qu'elle soit de synthèse ou naturelle, présente dans l'agriculture ou ailleurs. Pour terminer, je ne travaille pas pour génération future et ne defend pas le lobby bio, qui est d'ailleurs souvent contre l'interdiction des pesticides de synthèse par opportunisme aussi...
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S
Bonjour,

Merci pour votre commentaire.

J'espère que notre ami continue à fréquenter ce site -- et à en visiter d'autres -- pour s'informer et, il faut le dire, se désintoxiquer.
S
Bonjour,

Merci pour votre commentaire.

Le bon sens...
S
Bonjour,

Merci pour ce commentaire qui dévoile un peu plus la profondeur du problème.

Je ne vois simplement pas l'intérêt de défendre des substances toxiques pour l'environnement alors qu'il est possible de s'en passer… l'essence ou le gazole, par exemple.

Ah, on me souffle que cela limiterait votre capacité de déplacement.

Le citoyens ne subissent aucun risque avec le glyphosate dans l'immense majorité des cas. Le bénéfice ne revient pas aux firmes de l'agro-business (ça, c'est un gros mot…) mais in fine au consommateur qui mange à sa faim et pour (relativement) pas cher.

Mais j'ai un doute sur la dernière phrase. Je n'ai pas encore vu le lobby bio s'exprimer contre l'interdiction des pesticides de synthèse.
E
@Franseb , le problème c'est que vous êtes comme 90 à 95% de la population , vous ne savez pas de quoi vous parlez .
C'est bien d'avoir un avis mais encore faut-il que cet avis soit fondé sur des bases sérieuses et je préfère vous dire que ce n'est pas des journalistes généralistes qui la divulgue .
Enfin bon , à vous lire c'est encore et toujours le méchant capitalisme .
Bref
M
On ne peut justement pas s'en passer. Vous n'achetez pas de médicaments juste pour le plaisir, c'est pareil pour les agriculteurs. S'ils pouvaient s'en passer, ils le feraient sans hésiter. Sans ses produits les rendements dégringoleraient et ce serait le retour des famines, périodes oublier aujourd'hui et pourtant pas si lointaine. Le but ici n'est pas de défendre des produits toxiques, mais de défendre des avis basés sur la science et la raison et non la peur et l'intuition.
J
excelent article..La comparaison entre nicotine et pesticide est bonne car les quantités répandus et absorbés par des non fumeurs dépassent souvent les quantités de résidus de pesticides. Si cela se trouve vos détracteurs utilisent des lessives qui donnent de l'AMPA .mais miracle l'ampa des lessives peu être écolo ou bio et celui du glyphosate dangereux comme les seuls pesticides de synthèse. c'est assez fort!!!! Bravo,merci et continué
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S
Bonjour,

Merci pour votre commentaire et votre lien.

C'est fou ce que vous pouvez être -- ou simplement sembler -- aveuglé.

Voici la définition du postulat dans le droit neuchâtelois:

Art. 235 Le postulat est la proposition faite par le Grand Conseil au Conseil d'Etat:

a) d'étudier l'opportunité de prendre une mesure ou de légiférer dans un domaine particulier et d'établir un rapport sur les résultats de son étude, accompagné cas échéant de propositions,

b) d'étudier l'opportunité d'établir un rapport d'information sur tout autre sujet et présenter les résultats de son étude dans un rapport.

Autrement dit, ça ne mange pas de pain…

Cela répond aussi au commentaire de Max.
S
Bonjour,

Merci pour votre commentaire et vos encouragements. ça fait du bien...
M
Des députés veulent interdire les pesticides (de synthèse uniquement, appel à la nature) dans un canton. Sauf que comme la majorité des politiques ils n'ont aucune compétence sur le sujet et impose cette décision sans en mesuré les conséquence par pur démagogie. La population demande leurs interdiction car ils ont peur, leur opinions est manipulé car les médias n'hésitent pas à sortir des articles mensonger présentant les pesticides de synthèse comme mauvais et une alternative "naturel" bonne mais sans plus de précision. "«Les solutions alternatives aux pesticides existent. Je refuse de cautionner l'empoisonnement de nos enfants et l'extinction de nos oiseaux. Arrêtons d'être complices de la pétrochimie», a déclaré Céline Vara" elle ne diras pas qu'elles sont ses fameuses alternatives (aux pesticides de synthèses), il faut donc la croire sur parole. Puis petit appel à l'émotion avec empoisonnement des enfants et oiseaux sans preuves encore. Et n'oublions pas de taper sur la pétrochimie, ce n'est pas un argument mais bon ça fait genre de s'en prendre à elle.
Donc laissons ses décisions aux expert et pas aux politiques démagogue et aux médias.
F
@max comme je dis, les temps changent! https://www.lematin.ch/suisse/suisse-romande/Les-deputes-veulent-un-canton-sans-pesticides/story/23797849
F
Bonjour,
Je n'avais pas encore jamais lu l'argument de la toxicité de la nicotine pour dédouaner celle du gylphosate. Intéressant, c'est quand même mieux que la caféine. Dans le même registre, vous auriez aussi pu citer celle de l'alcool qui est au moins aussi élevée pour la santé. Mais bon, peu-être la prochaine fois. Par contre, il y a une différence importante entre le gylphosate et la nicotine. C'est que l'ingestion de nicotine (comme de l'alcool) est volontaire, souhaitée et en toute connaissance de cause contrairement à celle du glyphosate, actuellement largement imposée et même malheureusement inévitable... Mais je comprends l'objet de votre post qui a pour objectif avant tout de rassurer vos lecteurs, s'il en reste encore, et de rassurer vos employeurs sur votre capacité toujours intacte à écrire des papiers efficaces et bien construits capable de distiller le doute sur la réelle dangerosité des pesticides de synthèse. Hélas, je ne suis plus certain que cela fonctionne encore très bien. Les temps changent et les méthodes employées commencent à montrer leur limites... Pour preuve, contrairement à Monsanto, Bayer ne supprime plus les posts dérangeants sur leur page Facebook, ni n'envoie une armada de détracteurs pour noyer le poisson... Et oui les temps changent.
Répondre
S
Bonjour,

Merci pour votre commentaire.

Reconnaissons que notre ami est venu et est revenu sur ce site. Et j'espère qu'il vient encore. Mon but est d'expliquer et de chasser l'obscurantisme sur un certain nombre de sujets.

Et de temps en temps, il faut recommencer par les bases.
S
Bonjour,

Merci pour ce commentaire et ce rappel de choses pourtant simples.
S
Bonjour,

Merci pour votre commentaire.

Le bon sens au bas de mes articles...
S
Bonjour,

Merci pour votre commentaire.

Vous me prêtez des méthodes… mais on ne prête qu'aux riches…

Quant à Bayer: a) : exact (enfin, sauf si, dans le pire cas, vous êtes prêt à perdre tout votre investissement dans la production) ; b) également exact (dans le sens que "ce n'est pas parce que c'est "naturel' que c'est moins dangereux).
S
Bonjour,

Merci pour votre commentaire.

Les temps changent effectivement… Grâce à l'activisme forcené (et malhonnête) anti-pesticides (de synthèse), de plus en plus de gens comprennent maintenant que l'agriculture biologique utilise aussi des pesticides, et même que certains sont dangereux.

Ouvrir un livre de chimie ? Vous n'y pensez pas ! Quelle horreur !