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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Étude : les OGM pourraient aider à compenser les effets du changement climatique

12 Janvier 2019 , Rédigé par Seppi Publié dans #OGM, #Article scientifique

Étude : les OGM pourraient aider à compenser les effets du changement climatique

 

Joan Conrow*

 

 

 

 

Une nouvelle recherche suggère que le type de gain de rendement rendu possible par le génie génétique (GE) sera nécessaire pour compenser les impacts du changement climatique sur l'agriculture.

 

Les chercheurs ont déclaré que leur étude, publiée hier [le 29 novembre 2018] dans Environmental Research Letters, avait « des implications importantes pour les régions en retard dans l'adoption de nouvelles technologies qui pourraient aider à compenser les effets néfastes du changement climatique ».

 

Bien que le changement climatique ait selon les prévisions de lourdes conséquences sur la productivité agricole en Afrique et en Asie, les dirigeants politiques de ces régions ont tardé à adopter la technologie GE face à une opposition acharnée principalement conduite par des activistes anti-OGM financés par l'Occident.

 

Cependant, cette nouvelle étude suggère que les pays n’auront peut-être pas le luxe d’éviter les nouvelles technologies s’ils veulent garantir la sécurité alimentaire dans un monde qui se réchauffe.

 

« Le taux de croissance des rendements des cultures au cours des prochaines décennies aura de graves conséquences sur l’approvisionnement alimentaire mondial dans le contexte du changement climatique », ont écrit les chercheurs. « Nos résultats suggèrent que les rendements du maïs aux États-Unis pourraient stagner dans un scénario de "business-as-usual", même avec des hypothèses audacieuses de croissance soutenue des rendements des cultures. Cela a également de graves conséquences pour d'autres cultures et d'autres pays, car il y a de nombreuses grandes régions économiquement pertinentes dans lesquelles l'adoption de la technologie est en retard et l'utilisation des plantes génétiquement modifiées interdite.

 

« Si les gains de rendement relatifs estimés ici sont une indication du potentiel d'autres cultures et/ou régions, l'adoption de nouvelles technologies telles que les variétés GM peut constituer une stratégie d'adaptation potentiellement fructueuse pour contrebalancer les effets du changement climatique », conclut l'étude.

 

Les chercheurs Ariel Ortiz-Bobea, professeur assistant d'économie appliquée et de gestion à l'Université Cornell, et Jesse Tack, professeur agrégé d'économie agricole à la Kansas State University, ont eu recours à la modélisation pour évaluer l'impact du changement climatique sur les rendements du maïs américains à la lumière des gains de productivité associés à la période d’adoption rapide des semences GM.

 

« Nous constatons que des gains de rendement du même ordre que ceux obtenus lors de l’adoption du maïs génétiquement modifié sont nécessaires pour compenser les effets du changement climatique dans le scénario du "business-as-usual", et que des gains moins importants, tels que ceux associés à la période pré-OGM, aux années 1980 et au début des années 90, impliqueraient probablement des réductions des récoltes à des niveaux inférieurs aux niveaux actuels », ont écrit les chercheurs. « Bien que cette étude ne puisse pas identifier les facteurs biophysiques des rendements du maïs passés et futurs, elle aide à contextualiser les exigences de croissance des rendements nécessaires pour compenser les pertes de récoltes prévues dans le contexte du changement climatique. »

 

La recherche est importante car « sans gains substantiels de productivité, la demande mondiale croissante de produits alimentaires pourrait entraîner une hausse des prix des produits alimentaires, incitant ainsi à la conversion des forêts tropicales, des zones humides et des prairies en terres agricoles », ont écrit les économistes.

 

L’étude a examiné les données de production de 500 comtés de huit États du Midwest – Illinois, Indiana, Iowa, Michigan, Minnesota, Missouri, Ohio et Wisconsin – qui constituent la « ceinture du maïs » de l’Amérique. Les cultures de maïs y sont principalement pluviales. En utilisant des modèles de changement climatique, les chercheurs ont ensuite calculé les impacts du changement climatique au niveau de chaque comté sur les rendements en termes de pourcentage.

 

Ils ont constaté que les tendances en matière de rendement du maïs avaient augmenté de près de 70 % autour de la période d'adoption rapide des semences génétiquement modifiées et que « les changements technologiques ont eu un impact très différent selon les régions. Autrement dit, bien que de nouvelles technologies telles que les semences GM soient largement adoptées, les avantages peuvent varier considérablement selon les conditions de croissance alternatives associées aux facteurs biotiques et abiotiques locaux et à leurs interactions. »

 

Les chercheurs ont également noté que « les technologies émergentes dans l’édition du génome, ainsi que l’accent mis sur la tolérance aux stress abiotiques (tolérance à la sécheresse, par exemple) pourraient contribuer à maintenir, voire à accélérer les tendances récentes de croissance du rendement. En outre, l’augmentation de la puissance de calcul et la collecte et l’analyse de données fines pourraient ouvrir la voie à une révolution numérique qui pourrait également contribuer à ces tendances grâce à une agriculture de précision accrue. Il reste à voir si ces révolutions technologiques et le cadre juridique visant à récompenser de telles innovations et à protéger les droits de propriété intellectuelle se déploieront assez rapidement pour contrebalancer les effets projetés du changement climatique. »

 

Les auteurs ont produit deux mises en garde : « Premièrement, bien que notre analyse des tendances identifie une augmentation de la tendance du rendement lors de la période d'adoption rapide des semences GM, notre étude n’est pas en mesure d’identifier la source biophysique de ce changement. Il aurait pu y avoir des facteurs de confusion générant des gains de rendement parallèles à l'introduction du maïs génétiquement modifié aux États-Unis, tels que l'adoption d'outils agricoles de précision, les semoirs de précision à grande vitesse et les tracteurs à guidage automatique. Deuxièmement, nos projections en matière de changement climatique ne tiennent pas compte des effets de fertilisation résultant de l'augmentation des niveaux de CO2 dans l'atmosphère ni de l'adaptation comportementale au changement climatique. Ces facteurs supplémentaires pourraient avoir des effets potentiellement plus optimistes. »

 

______________

 

Source : https://allianceforscience.cornell.edu/blog/2018/11/study-gmo-crops-help-offset-climate-change-impacts/

 

 

Ma note : Cette étude peut laisser sceptique pour bien des raisons ! En particulier les extrapolations sont hasardeuses au regard de la base de départ étroite (le seul maïs, une plante en C4 réagissant à l'augmentation de la température et de la teneur en CO2 de l'atmosphère d'une manière différente de celle de nombreuses plantes cultivées ; le seul maïs de la Corn Belt états-unienne ; la non-prise en compte de nombreux facteurs...).

 

L'article comporte une figure intéressante.

 

 

 

 

Elle montre – à notre sens – que l'augmentation des rendements est restée relativement constante une fois les hybrides adoptées (des études plus précises montrent des variations avec le changement de type d'hybride, des doubles aux F1), et que les OGM n'ont pas créé de rupture. Ce n'est pas anormal : les traits Bt et tolérance au glyphosate permettent de réduire les pertes de récolte (pas d'augmenter les rendements potentiels), lesquelles pertes étaient déjà très réduites avec les variétés non GM.

 

L'article ci-dessus souligne à juste titre l'influence considérable que les variétés GM peuvent avoir sur la production agricole (et, partant, la sécurité alimentaire et l'ordre social) dans les régions qui ne les ont pas encore adoptés – particulièrement celles en développement, où les pertes de récolte sont importantes.

 

On accuse Greenpeace (et d'autres) de crime contre l'humanité pour son activisme contre le riz doré. Il est permis de porter la même accusation contre les organisations occidentales – et les pouvoir publics – qui promeuvent et financent l'opposition à des plantes GM telles que le maïs Bt ou WEMA.

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E
Les auteurs ont produit deux mises en garde : « Premièrement, bien que notre analyse des tendances identifie une augmentation de la tendance du rendement lors de la période d'adoption rapide des semences GM, notre étude n’est pas en mesure d’identifier la source biophysique de ce changement. Il aurait pu y avoir des facteurs de confusion générant des gains de rendement parallèles à l'introduction du maïs génétiquement modifié aux États-Unis, tels que l'adoption d'outils agricoles de précision, les semoirs de précision à grande vitesse et les tracteurs à guidage automatique. Deuxièmement, nos projections en matière de changement climatique ne tiennent pas compte des effets de fertilisation résultant de l'augmentation des niveaux de CO2 dans l'atmosphère ni de l'adaptation comportementale au changement climatique. Ces facteurs supplémentaires pourraient avoir des effets potentiellement plus optimistes. »

Pardon mais les auteurs ont surtout omis que l'eau qui tombe naturellement du ciel donne un tout
autre potentiel de rendement que l'eau apporté artificiellement (qu'il soit par pivot , enrouleur , ou quadrillage ) .
Sinon , VIVE LES OGM
Répondre
S
Bonjour,

Merci pour votre commentaire.

Le potentiel de rendement est maximisé quand l'eau arrive au bon moment, d'où qu'elle vienne. L'irrigation est de ce point de vue un outil extraordinaire… mais pas contre les excès d'eau.