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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Bio, conventionnel ou OGM ? Cette maman à la ferme les a tous testés

10 Janvier 2019 , Rédigé par Seppi Publié dans #Agronomie

Bio, conventionnel ou OGM ? Cette maman à la ferme les a tous testés

 

Jennie Schmidt*

 

 

Organisatrice de covoiturage en chef, surveillante chargée de l'exécution des devoirs, présidente de la section de l'emballage des déjeuners, stratège de l'efficacité de la mise au lit…

 

Quand tu es maman, tu ne portes jamais un seul chapeau.

 

Et au fil des ans – en tant que mère active de deux enfants, diététicienne-nutritionniste diplômée et agricultrice qui a grandi avec les méthodes biologiques, OGM et conventionnelles – je les ai tous portés.

 

 

À la recherche de parasites et de maladies dans les vignes – une journée de travail agréable quand il fait beau temps en automne ! Photo Curt Dennison.

 

 

Cela peut paraître étrange, mais j’aime penser qu’il y a une philosophie fondamentale dans tout ce que je fais. Appelez cela une expérimentation rigoureuse ou des essais et erreurs élémentaires pour déterminer ce qui fonctionne. Pour moi, il y a une tonne de réflexions scientifiques qui sont prises en compte dans l'éducation des enfants, tout comme pour le traitement des patients et certainement pour la production agricole.

 

Je ne pensais pas toujours à mes trois « emplois » de cette façon, mais avec le recul, je peux retracer cette approche scientifique jusqu’à la formation et au travail en tant que diététicienne-nutritionniste.

 

Lorsque mes enfants sont nés, je me suis absentée de l'hôpital où j'ai travaillé pour effectuer des évaluations nutritionnelles de patients gravement malades. C’était un travail utile, qui soulignait l’importance cruciale d'une démarche fondée sur des preuves plutôt que des opinions d’une manière que les manuels ne pourraient jamais faire. Mais alors que je commençais à participer davantage à nos tâches agricoles quotidiennes à la maison, j'ai trouvé que j’aimais travailler à l’extérieur à la ferme – et bien plus encore être plus proche de mes bébés.

 

C’est ce que j’ai fait : j’ai commencé à apprendre à utiliser presque tous les équipements agricoles possibles et j’ai prouvé que j’étais capable de le faire aussi bien que les mecs.

 

 

Sur notre tracteur vigneron – pas le plus grand de notre ferme, mais parfait entre les rangées de ceps.

 

 

J'étais heureuse de découvrir que ma formation scientifique m'a vraiment aidée. La famille de mon mari exploitait depuis des générations sur la base d'un raisonnement scientifique, même si elle ne l’appelait pas ainsi. Très tôt, mon beau-père a découvert l’agriculture sans labour, une technique qui travaille main dans la main avec l’agriculture OGM pour éviter de labourer, laissant le sol tel quel pour aider à améliorer sa santé, économiser l’eau et réduire érosion et ruissellement vers les cours d’eau locaux. Nous cultivons sur la côte est du Maryland, où les eaux de ruissellement comme celles-ci peuvent être une source importante de sédiments polluant la baie de Chesapeake – imaginez de la terre arable emportée par de fortes pluies, ou un excès d’engrais qui n’a pas été absorbé par les cultures. Nous avons donc testé le « semis direct », constaté que cela fonctionnait et l'avons conservé. Aujourd'hui, le « semis direct » est toujours considéré comme une technique à la pointe de l'agriculture durable, mais pour nous, il ne s'agissait que d'un autre outil à tester.

 

Je vois beaucoup de discussions sur la meilleure méthode d’agriculture – biologique, OGM, conventionnelle – mais nous avons toujours cultivé. Il ne s’agit pas d’une pratique ou d’une autre ; il s’agit d’utiliser les meilleurs outils de chaque approche pour faire pousser les cultures les plus saines avec le moins d’impact sur l’environnement.

 

 

Nous avons travaillé dur pour atteindre et surpasser certaines des plus hautes certifications en gestion conservatrice, allant au-delà des pratiques de base de conservation des eaux et des sols sur nos nombreux hectares.

 

 

Dans notre ferme, toute méthode qui nous aide à travailler plus intelligemment est testée, et nous testons toutes les bonnes idées que nous trouvons. C’est la raison pour laquelle nous n’utilisons pas seulement les OGM depuis la fin des années 90, nous avons également été certifiés biologiques.

 

Nous avons d’abord testé l’agriculture biologique sur environ 40 hectares, dans l’espoir de rendre notre ferme encore plus durable. Mais nous avons rapidement constaté que les méthodes biologiques pures aggravaient notre impact sur l’environnement, au lieu de l’améliorer. D'une part, nous avons dû commencer à travaille de nouveau nos terres, perturbant notre sol et causant davantage d'érosion et de ruissellement de sédiments – inenvisageable étant donné notre proximité avec la baie de Chesapeake.

 

Nous avons également constaté que nous devions lutter contre les mauvaises herbes quasiment tous les dix jours, effectuant jusqu'à huit passages dans nos champs avec un tracteur lourd, compactant et endommageant davantage notre sol. Cela s'opposait directement à ce que nous savions être le meilleur pour l'environnement et la baie, qui consiste à perturber le moins possible le sol. Nous pouvions faire plus de profits en vendant des produits biologiques et avons essayé quelques modifications pour que cela fonctionne, mais au bout du compte, nous avons vu les résultats et savions que nous pouvions faire mieux, et nous avons abandonné la certification en agriculture biologique.

 

 

Une culture de couverture de sarrasin en fleurs à l'automne, qui maintient notre sol sain et gorgé d'éléments nutritifs pour la saison suivante.

 

 

En tant que mère pensant à ce qu'elle donnait à ses enfants, sans parler de nos clients, ma formation en diététique et nutrition m'a appris que les différentes cultures avaient la même valeur nutritionnelle, quel que soit leur mode de production1.

 

Et quelques années plus tard, nous avons découvert que nous n’étions pas les seuls à avoir des résultats similaires. Un groupe de scientifiques travaillant avec la Fondation de la baie de Chesapeake a étudié les ruissellements de résidus de pesticides et autres éléments issus des exploitations agricoles de la baie. Ils ont crédité la méthode de culture sans labour que nous utilisons avec des OGM de contribuer au nettoyage de la baie.

 

Je vois beaucoup de surprise sur les visages quand je dis aux gens que je suis une agricultrice, surtout quand ils me posent des questions sur les méthodes de production biologique et OGM. Tant de gens croient que « OGM » signifie utilisation excessive de pesticides pour produire des aliments moins sains (ou pire, dangereux), alors qu’ils pensent que « produit biologique » signifie aliments plus sains cultivés sans pesticides. Mais ni l'un ni l'autre n'est vrai, et aucun secteur de l'agriculture ne peut jamais être décrit ainsi en noir et blanc.

 

 

L’un des outils agricoles les plus intimidants que j’ai appris à mener au tout début : ici, nous semons du soja en « sans labour » qui contribuera à éviter les ruissellements des fermes vers les cours d’eau voisins.

 

 

Avec autant d’idées fausses sur la façon dont nos aliments sont produits, il est trop facile pour un marketing astucieux de nous amener à choisir nos aliments en nous basant sur des mythes plutôt que sur des faits. Cependant, tout comme les agriculteurs d’aujourd’hui n’ont pas tous des tracteurs rouges garés dans de pittoresques hangars en bois, l’agriculture moderne ne peut être ramenée à une taille unique.

 

En tant que diététicienne-nutritionniste qui applique la science à sa vie quotidienne, agricultrice qui produit de la nourriture depuis des années et mère qui aurait pu utiliser un moniteur de surveillance pour s'inquiéter moins quand ses propres enfants étaient plus jeunes, mon conseil à tous les parents et à tous ceux qui se posent des questions est simple : utilisez votre budget de manière avisée, achetez beaucoup de fruits et de légumes et ne vous préoccupez pas de savoir s'ils ont les « bonnes » étiquettes ou non. Les agriculteurs et les diététiciens-nutritionnistes comme moi ne trouvent pas ces étiquettes utiles pour décrire notre agriculture ou ce que nous produisons pour nos familles. Nos productions sont sûres, nutritives et cultivées de manière durable en utilisant les meilleurs outils de la boîte à outils de notre ferme.

 

_____________

 

* Jennie Schmidt est une agricultrice de troisième génération qui produit des céréales, des légumes et des raisins de cuve dans une ferme familiale sur la côte est du Maryland. La ferme a pour ambition de pratiquer une « agriculture synergique » en utilisant les meilleures méthodes agricoles pour créer des sols sains et une production alimentaire saine et durable. En tant qu'agricultrice, maman et diététicienne, Jennie se passionne pour la création d'un lien entre les gens et la nourriture et l'agriculture.

 

Cet article a été parrainé par A Fresh Look, une organisation 501(c)(6) [à but non lucratif], qui s'est donné pour mission de fournir aux consommateurs des informations fiables fondées sur des recherches, sur les avantages des méthodes de production utilisant des OGM.

 

* Source : https://afreshlook.org/voices/tested-them-all/

 

 

1 Ma note : C'est à mettre dans le contexte adéquat : une tomate produite en mode biologique en pleine terre et sans irrigation sera peut-être plus riche en matière sèche qu'une tomate produite en conventionnel, en hors-sol avec fertilisation et irrigation optimales. La différence ne résulte pas du mode (biologique ou conventionnel), mais des autres facteurs. Idem pour le lait issue d'une production conventionnelle ou biologique : ce n'est pas le mode de production, mais l'alimentation des vaches qui fait la différence de composition en lipides. Et ainsi de suite.

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A
Juste une question, pourquoi consacrer tout un blog et dépenser autant d'énergie pour tenter de prouver que le bio et la volonté de développer une agriculture durable sont néfastes (et donc que les industriels de l'agrochimie ne veulent que notre bien, à contrario des activistes "écolos") ? En dehors "de la recherche de la vérité" bien sûr.
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S
Bonjour,

Merci pour votre question inquisitoire…*

Non, je ne consacre pas tout un blog…

Oui, je dépense beaucoup d'énergie, non pas pour tenter, mais pour prouver ou plutôt montrer à mes lecteurs...

Oui, le bio est néfaste -- d'accord, je suis à contre-courant de la bien-pensance -- et le développement d'une agriculture durable ne se fait pas selon les préjugés et les idéologies de ladite bien-pensance.

Non, les industriels de l'agrochimie ne veulent pas que notre bien, en ce sens qu'ils veulent aussi faire des affaires, du profit (non, ce n'est pas honteux, c'est ce qui fait marcher l'économie). Mais pour faire du profit, il faut qu'ils aient des produits et des services… qui font notre bien, du moins tant que l'on n'a pas constaté que, selon l'état des connaissances les plus récentes, il y a peut-être matière à réflexion.

Ce n'est pas différent des industriels de, par exemple, l'automobile, hier incités à fabriquer des diesels, et aujourd'hui vilipendés pour ces mêmes diesels.

J'espère que cette réponse vous fera réfléchir sur la complexité des choses de la vie. Le monde n'est pas binaire.




S
Juste une question, pourquoi consacrer un commentaire pour tenter d'extorquer une réponse à une question formulée de manière orientée, une réponse qui ne conviendra de toute façon pas à vos partis pris ?

La réponse se trouve dans le premier article du blog.

Quant à vos partis pris, il y a une incompatibilité matérielle entre "le bio", d'une part, et "la volonté de développer une agriculture durable".

Et vous restez collés à votre parti pris sur les méchants "industriels de l'agrochimie".

Mais je vous invite à parcourir ce blog, et d'autres du même style. Cela ouvrira des horizons.
A
"Cet article a été parrainé par A Fresh Look, " Comprenez cet article a été construit de toutes parts par l'industrie des OGM. Il est bourré de manipulations pour nous faire croire que les OGM sont sains, permettent d'utiliser moins de pesticides et que le bio lui est néfaste pour l'environnement.
La composition lipides protides glucides ne veut pas tout dire, ni le taux de matières sèches non plus.
L’intérêt des OGM est soit de résister aux pesticides (donc pour en utiliser autant qu'on veur) soit de produire lui même des pesticides (donc il y en toujours massivement).
Mais le principal intérêt pour les firmes produisant ces OGM est de pouvoir breveter une semence et de rendre captifs les agriculteurs.Les OGM sont une atrocité de l'industrie moderne que nous ne maitrisons absolument pas.
L'agriculture bio est bien sur la cible prioritaire de ces firmes car elle leur prend des parts de marchés. Ces multinationales sont dans une logique de guerre, ils ne reculent devant rien.
Il est vrai qu'en bio pour désherber il faut passer plus souvent avec un tracteur (ou à la main quand on est sur des surfaces raisonnables) et en maraichage il y a des robots bineurs électriques.
Pour fonctionner correctement, notre organisme a besoin de nutriments, d'éléments minéraux variés, de vitamines ... Les végétaux cultivées simplement, à la lumière naturelle et de variétés anciennes sont ceux qui en contiennent le plus. Des études sérieuses de l'INRA le prouvent.
Répondre
S
Bonjour,

Merci pour votre commentaire.

Vous avez raison, Jennie Schmidt est analphabète… elle a juste digné d'une croix au bas d'un manuscrit pour preuve de son consentement à en endosser le contenu. D'ailleurs, elle n'est pas agricultrice du côté de la baie de Chesapeake… c'est un personnage inventé par l'industrie des OGM pour bourrer le mou des pauvres gens qui ne sont pas convaincus qu'il y a un vaste complot mondial pour nous imposer ce que nous mangerons, au prix (exorbitant, cela va de soi) qu'ils fixeront…

Blague à part, je suis ravi que vous soyez venu sur ce site. Je vous invite à y butiner : vous y trouverez beaucoup d'informations -- toutes ou presque référencées et prises au meilleures sources -- qui vous permettront de réaliser que vous êtes pris en otage et tourné en bourrique par les activismes.

Juste un exemple, pour "le bio lui est néfaste pour l'environnement" :

http://seppi.over-blog.com/2018/08/pesticides-l-agriculture-biologique-est-elle-vraiment-vertueuse.html


Si cela vous importune de lire ma prose, voici un trèsbref résumé : dans un essai comparatif, on a utilisé :

41,2 kg de pesticides sur des Golden en conventionnel pour une production de 41,7 tonnes de pommes en classes 1 et 2;

138,9 kg de pesticides sur des Golden bio pour 18,3 tonnes de pommes en classes 1 et 2.

Les résultats sont meilleurs en Ariane et Melrose, mais ce n'est pas le Pérou.