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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Une nouvelle série sur CulturAgriculturE : « Les alternatives aux pesticides »

20 Décembre 2018 , Rédigé par Seppi Publié dans #Pesticides

Une nouvelle série sur CulturAgriculturE : « Les alternatives aux pesticides »

 

Glané sur la toile 289

 

 

 

 

Cela fait un bout de temps que nous n'avons pas évoqué l'excellent CulturAgriculturE qui réussit la prouesse de communiquer en trois langues : français, anglais et espagnol.

 

Notre ami Christophe Bouchet a pourtant produit quelques billets fort intéressants.

 

Il annonce maintenant l'ouverture d'une nouvelle série : « Les alternatives aux pesticides », son numéro 1 étant consacré à « Pourquoi? ».

 

Un extrait, auquel nous adhérons sans retenue :

 

« Il me parait intéressant de faire un tour d’horizon de ce qui existe pour les substituer [les pesticides de synthèse].

 

Car on ne fera pas une agriculture suffisamment productive sans moyens de protection phytosanitaire. Même s’il est vrai que certaines cultures, dans certaines conditions, peuvent être produites sans aucun pesticide, la très grande majorité des productions agricoles ont un besoin indispensable de moyens de contrôle et de pesticides, quelle que soit leur origine, afin que la production soit suffisante, le revenu de l’agriculteur aussi, et que la sécurité des aliments soit garantie pour le consommateur.

 

Je vous rappelle que je m’oppose radicalement à une interdiction des pesticides de synthèse.

C’est une escroquerie intellectuelle de laisser penser à un public non informé, naïf et manipulé, que l’agriculture peut vivre sans pesticide.

 

C’est également une escroquerie intellectuelle de laisser penser à ce même public, que des solutions non synthétiques existent pour remplacer tous les pesticides de synthèse dans toutes les situations de culture.

 

C’est encore une escroquerie intellectuelle de laisser croire à ce même public, que tout ce qui est naturel est bon, et qu’un pesticide naturel est meilleur qu’un pesticide de synthèse. Vous pouvez le voir dans ma série “Naturel vs synthétique”.

 

C’est enfin une escroquerie intellectuelle de laisser croire, comme c’est encore le cas d’une large proportion de consommateurs, que l’agriculture biologique n’utilise pas de pesticides. Les communications sont systématiquement faites sur le même modèle, où on indique “sans pesticide” et on renvoie par un astérisque à une note écrite en tout petit caractère et en fin de texte “de synthèse”.

 

Et la suite, pour laquelle je serai plus dubitatif :

 

« Même si je suis certain de ce que je viens de vous expliquer, je suis aussi convaincu que le mouvement bio a le grand mérite d’obliger l’ensemble de la filière agricole à se poser des questions, à changer sa manière de regarder son activité, à chercher des alternatives aux aspects les plus négatifs, en particulier concernant l’impact sur l’environnement et les risques sanitaires. »

 

Oui, nous devons nous poser des questions en réaction à une formidable pression devenue mercantiliste. Mais sont-ce les bonnes questions ? Et ne sommes-nous pas contraints à retenir les mauvaises réponses ? Formulé autrement : faisons-nous tout ce qu'il faut pour échapper à ce dévoiement des réflexions ?

 

De quoi alimenter les prochains épisodes de la série.

 

Mais on peut penser que la réponse se trouve déjà dans « 139- Agroécologie -10- L'élevage pour sauver la planète ».

 

 

 

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C
Merci cher Seppi pour cet article. Concernant ce paragraphe qui vous laisse dubitatif, lorsque je fais une rétrospective de ma vie professionnelle, je me rend compte de l’extraordinaire évolution surtout mentale que j’ai opéré, et j’en cherche les causes.
Il est évident que la pression de la société y est pour beaucoup. Mais d’où provient cette pression? Des manipulations faites par les ONG écologistes en grande majorité. Vous savez que je ne les apprécie pas. Je n’apprécie pas non plus l’idéologie bio. Mais combien de fois j’ai lu un article ou vu un reportage après lequel je me suis dit “quelle est la part de vrai?”. Car tout est toujours basé sur du vrai, puis largement dévié ou exagéré. Nous savons désormais qu’une grande partie des pratiques des années glorieuses de l’agriculture des années 50 à 90 étaient catastrophiques, en particulier sur l’environnement. Mais aurions-nous fait ces efforts sans cette pression?
Ça revient un peu à dire “l’argument sécuritaire est-il la raison du port généralisé de la ceinture de sécurité en voiture?”
Je suis toujours partisan d’un progrès imparfait plutôt que pas de progrès du tout. Mais il est certain qu’en ce qui concerne l’alimentation et l’agriculture, nous sommes dans une société toujours plus ignorante qui croit en savoir toujours plus. Et c’est très grave. Beaucoup de décisions sont prises sous le coup de l’émotion, vous le dénoncez souvent.
La science est mise de côté quand elle n’est pas politiquement correcte, mais utilisée à fond quand elle va dans le sens qui convient. Et elle est largement déviée si nécessaire. Ça pose de graves questions pour l’avenir. Mais il me semble que certaines choses commencent à bouger dans le bon sens. Si même Stéphane Foucart écrit un article (et il est d’ailleurs à peu près le seul à l’avoir fait) contraire à ses propres convictions sur les OGM et Séralini!
Bref, tout ça pour dire que oui, je crois que cette pression parfois justifiée, souvent injustifiée nous oblige à nous remettre en question. Et cette remise en question affecte toute la filière, même si c’est finalement l’agriculteur qui doit faire le gros du boulot, comme presque toujours. Le lampiste quoi!
Et je ne crois pas que ce soit négatif, au moins à long terme. On développe de nouvelles techniques culturales, on approfondit la réflection, on conçoit toujours davantage la ferme comme une entité dans laquelle la vie des sols, la biodiversité, l’équilibre deviennent des notions normales.
Notre regard d’agriculteurs sur l’agriculture a changé, s’est approfondi, s’est compliqué aussi, mais s’est beaucoup enrichi. C’est particulièrement vrai en France où le talibanisme médiatique et politique concernant l’environnement a pris des proportions impressionnantes.
Je le vis de l’extérieur puisque je produis en Espagne, un pays où cette démarche est encore assez embryonnaire (chose dont je ne me plains pas). Mais je vois autour de moi les agriculteurs regarder avec intérêt mes pratiques, alors qu’ils me prenaient pour un cinglé il y a encore 5 ou 6 ans.
Je crois que cette évolution des mentalité est nécessaire, mais les moyens et méthodes appliquées pour y parvenir par les ONG et les médias sont lamentables, et mènent à des excès dont l’avenir nous dira s’ils auront été utiles ou néfastes.
Et comme vous dites justement, les questions sont-elles les bonnes, et y apportons-nous les meilleures réponses? Le déni de science auquel nous faisons face et l’urgence de certains changements apportés par obligation sociétale, politique ou légale permettent d’en douter.
Très cordialement
Christophe Bouchet
Répondre
S
Mon cher Christophe,

Meilleurs vœux pour 2019... et qu'il y ait suffisamment de temps de libre pour écrire de belles choses.

Notre différence d'opinion (probablement minime voire inexistante) porte sur le rôle du bio et de ses thuriféraires dans l'évolution de l'agriculture dite conventionnelle.

"...le mouvement bio a le grand mérite d’obliger l’ensemble de la filière agricole à se poser des questions..."?

Tout bien considéré, je pense que le mouvement bio a commencé à peser à une époque où l'évolution vers une agriculture plus sophistiquée était déjà largement entamée ; que le mouvement bio a surtout créé un contexte où, au mieux, on se pose les mauvaises questions et, au pire, on impose les mauvaises réponses.

Comparez les impacts réels des pratiquants de l'agriculture biologique et les impacts des pratiquants de modes de culture qui font honneur à la rationalité et l'agronomie, par exemple l'agriculture de conservation (et ses différentes chapelles) et les vergers écoresponsables.

J'ai comme cous beaucoup de respect pour les agriculteurs qui se sont engagés dans le bio par conviction (et non par effet d'aubaine) ; je n'en ai guère pour leurs idéologues et les idiots utiles des idéologues.