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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Menus de Noël : le Figaro Madame veut sauver la planète !

21 Décembre 2018 , Rédigé par Seppi Publié dans #Divers

Menus de Noël : le Figaro Madame veut sauver la planète !

 

 

Un clin d'œil à mon petit-fils qui vient de retrouver son chat après plus de sept mois d'attente et d'espoir

 

C'était publié le 12 décembre 2018, suffisamment tôt pour disparaître des mémoires avant les grandes courses pour le grand repas de fête, et laisser la place à des articles plus festifs. Mme Anne-Laure Mignon a gratifié les lectrices et lecteurs du Figaro Madame d'un fort bien-pensant « Tout ce qu'il ne faudrait pas manger à Noël pour sauver la planète ».

 

En guise d'amuse-bouche (jadis « gueule »), une grosse dose de culpabilisation :

 

« Si des mets comme le saumon fumé et le foie gras de canard font partie des pièces-clés de Noël, notre conscience et notre planète nous remercieraient d’arrêter d’en manger. »

 

Résumons :

 

  • Il ne faut pas manger de homard parce que ce n'est pas la saison pour le breton et que le canadien aura voyagé près de 6.000 kilomètres.

 

  • Il ne faut pas manger de saumon – prétendument cousin du homard... – parce que « à en croire les dernières informations, mieux vaudrait également s’en passer ».

     

Les nouvelles sont effectivement fraîches : « En 2014, 60 millions de consommateurs avait publié un véritable "livre noir" du poisson d’élevage. Entre pesticides et métaux lourds, le journal révélait alors : "il n’existe pas de législation quant aux résidus de toxines présents dans la chair du saumon destinée à la consommation humaine." » L'absence alléguée de législation devrait donc « calmer notre coup de fourchette ».

 

  • Il ne faut pas manger de foie gras. « Interdit dans plusieurs pays pour les méthodes barbares par lesquelles il est obtenu et décrié par les défenseurs des animaux, le foie gras est presque devenu l'ennemi numéro un de nos assiettes. » À quand une police de l'assiette assurée par des « défenseurs des animaux » ?

 

Heureusement que l'auteure cite M. Gérard Guy, ingénieur de recherches à l’INRA : « lorsque les éleveurs le font dans les règles de l’art et respectent l’animal, le gavage n’est pas une pratique agricole plus horrible qu’une autre. Mais il faut bien s’entendre sur le fait qu’à la fin, on tue l’animal pour le manger, et qu’en le tuant on nuit gravement à sa santé… »

 

  • Il ne faut pas manger de dinde car elle est issue d'une « production intensive que l'on accuse de répondre à une logique de profit, sans se préoccuper de l’environnement, ni des consommateurs, ni des conditions de vie dans lesquelles évoluent ces animaux ». Enfin, à la rigueur, on pourrait privilégier « les certifications fermières, label rouge ou bio » et sélectionner « une dinde entière et charnue, le cou court et les pattes lisses, signes d’élevage dans de bonnes conditions »... De la dinde au menu pour une bonne semaine...

 

  • Il ne faut pas manger de dessers aux fruits rouges ou aux framboises, de « sorbets au cassis et autres figues confites » car « Hors saison, quand ils ne sont pas surgelés, ces fruits proviennent d’Espagne, d’Égypte, des Pays-Bas ou du Maroc. Pas très écologique. » Ouf ! Nous avons craint un instant une crise d'hispano- et autres xénophobies. Mais nous apprenons en passant que surgeler des fruits n'est pas très écologique…

 

Noooon ! Pas de chocolat !

 

  • Il ne faut pas manger de chocolat, car c'est « péché ». Il faut avoir la fibre sociale...

     

    « Quand on sait que les cultivateurs de cacao, qu’ils soient du Venezuela, du Brésil, de la Côte d’Ivoire ou du Ghana, évoluent la plupart du temps dans des conditions de vie très précaires, sont souvent exploités et ne touchent que de très faibles revenus, la gourmandise fondante devient tout de suite moins appétissante. »

     

    Quand on sait... privons-les donc de l'intégralité de leurs revenus...

     

    Et n'oublions pas « l’éradication de forêts naturelles » – comme pour l’huile de palme, la banane, ou l’avocat – et l'extrême gourmandise de la culture en eau. Cela doit être trop compliqué de comprendre que les cacaoyers croissent principalement dans des plantations non irriguées et sont gourmandes d'eau... de pluie...

 

Mais, après nous avoir quasiment intimé de faire carême, l'auteure a pris soin de nous remonter le moral et de nous autoriser à exceptionnellement pécher contre la planète :

 

« Une liste à considérer sans culpabiliser toutefois. N'oublions pas que nous attendons tout de même ce repas depuis le 25 décembre dernier. Et après tout, Noël n'est-il pas un moment de partage et de plaisir de la table ? »

 

Ce formidable catalogue de bons sentiments, de naïveté et de bêtise est précédé par un bandeau : « Dossier/ Spécial repas de fêtes : nos idées de recettes pour un réveillon parfait Sommaire du dossier ».

 

 

 

 

Vous y trouverez des recettes pour... « Tout ce qu'il ne faudrait pas manger à Noël pour sauver la planète ».

 

Elle n'est pas belle, la vie ?

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M
C'est marrant pour les fruits rouges, venir d’Espagne, du Maroc ou des Pays-Bas posent problème parce-qu’il ne sont pas locaux, mais le chocolat qui vient du Venezuela, du Brésil, de la Côte d’Ivoire ou du Ghana, ça pose pas de problème. On promeut le tout local et après on nous sort un article sur les bienfaits de l'avocat ou du guarana qui ne pousse pas en France (ni même en Espagne qui elle est juste à coté) et qui sont pourtant si chère aux partisans du bio et autre "pro nature".
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S
Bonjour,

Merci pour votre commentaire.

Le fait est que ces gens doivent pisser des copies -- ou se sentent obligés de le faire -- et n'ont pas le sens du ridicule -- ou peut-être l'ont-il mais font passer leurs intérêts matériels en priorité. Quand on est indulgent on constate qu'il leur faut bien vivre.