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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Les avantages du glyphosate sur le plan de la durabilité : une étude ontarienne montre une augmentation des rendements et une réduction de l’utilisation des herbicides de 39 à 70 %

4 Décembre 2018 , Rédigé par Seppi Publié dans #Glyphosate (Roundup)

Les avantages du glyphosate sur le plan de la durabilité : une étude ontarienne montre une augmentation des rendements et une réduction de l’utilisation des herbicides de 39 à 70 %

 

Robert Saik et Christopher Dufault*

 

 

 

 

De nos jours, nous sommes exposés à de nombreuses informations négatives, unilatérales et inexactes dans les médias et en ligne sur un herbicide appelé glyphosate, souvent vendu sous le nom commercial de Roundup.

 

Nous interagissons régulièrement avec les agriculteurs et les organisations agricoles. Nous comprenons leurs préoccupations concernant la durabilité économique et leur intérêt pour la gestion de l'environnement. Et nous comprenons la précieuse contribution des progrès technologiques à l’amélioration de la durabilité de l’agriculture. Désormais, les groupes ayant un agenda cherchent à retirer l’une des technologies les plus utiles à l’agriculture, le glyphosate, et à mettre un terme à son utilisation par le biais de campagnes de désinformation alarmistes bien orchestrées.

 

Mais que nous disent les enquêtes gouvernementales et les décisions réglementaires ? Pour comprendre la véritable histoire, nous nous tournerons vers un excellent ensemble de données du Ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires Rurales de l’Ontario (MAAARO), au Canada, sur les tendances au fil du temps de l’utilisation des pesticides et sur les dangers et les risques liés aux pesticides. Ces données, collectées selon une méthodologie stable, nous permettent d’en apprendre davantage sur l’impact de l’évolution des pratiques agricoles sur l’environnement et sur les personnes travaillant dans l’agriculture.

 

Dans cet article, nous traiterons de :

 

  • Réduction globale de la quantité d'herbicide utilisée en Ontario dans la production de maïs et de soja ;

     

  • Utilisation accrue du glyphosate et ses avantages par rapport aux autres herbicides remplacés par le glyphosate ;

     

  • Réduction des dangers et des risques liés à l’utilisation du glyphosate, sur la base d’indicateurs appelés respectivement quotient d’impact sur l’environnement (QIE) et impact sur l’environnement (IE) ; et

     

  • Réévaluations positives de la sécurité du glyphosate par les principaux régulateurs de pesticides dans le monde.

 

 

Utilisation d'herbicides, y compris du glyphosate en Ontario

 

Au cours des dernières décennies, l’Ontario a mené tous les cinq ans une enquête auprès des agriculteurs sur leur utilisation de pesticides, notamment des herbicides, des insecticides et des fongicides. L'enquête la plus récente date de 2013-2014. Aujourd'hui, nous nous concentrerons sur ce que cette enquête nous dit sur les tendances dans l'utilisation des herbicides pour le maïs et le soja en Ontario.

 

 

Maïs

 

Entre 1983 et 2013, la quantité totale d'herbicides utilisée pour le maïs-grain en Ontario a diminué de 39 % (figure 1). Cette réduction est principalement due à l'utilisation accrue du glyphosate, qui est appliqué à un taux inférieur de matière active (ma) par acre par rapport aux herbicides qu'il a remplacés, passant de 1 % à 54 % de la quantité de tous les herbicides utilisés pour le maïs-grain au cours de cette période. En outre, la diminution de la quantité totale d'herbicides utilisée s'est produite malgré une augmentation de 11 % de la superficie consacrée au maïs-grain (figure 1).

 

 

Figure 1. Quantité d'herbicides utilisée pour le maïs-grain et superficie cultivée en Ontario de 1983 à 2013. Tiré des données du MAAARO par Dufault et Saik. [1 acre = 0,4047 hectare].

 

 

Au cours de cette même période de 30 ans, le rendement par hectare de maïs-grain a augmenté de 74 % (figure 2). Et en raison de la combinaison de la quantité réduite d'herbicide utilisée par acre et de l'augmentation du rendement, la quantité de matières actives de tous les herbicides utilisés, ramenée au boisseau produit, a diminué de 70 % (figure 2).

 

 

Figure 2. Rendement du maïs-grain et quantité d'herbicides utilisée par 10.000 boisseaux en Ontario de 1983 à 2013. Tiré des données du MAAARO par Dufault et Saik. [1 bu/ac = 62,77 kg/ha ; 10.000 bu = 2.540 quintaux].

 

 

Soja

 

Pour le soja, il y a aussi une bonne nouvelle. Entre 1983 et 2013, malgré une augmentation massive de 188 % de la superficie consacrée au soja en Ontario, la quantité totale d'herbicides utilisée n'a augmenté que de 47 % (figure 3). Comme dans le cas du maïs-grain, cela est dû en grande partie au remplacement, par le glyphosate, d’autres herbicides utilisés à des doses plus élevées ; l'utilisation du glyphosate est passée de 2 % à 82 % de tous les herbicides utilisés pendant cette période (figure 3).

 

Au cours de cette même période de 30 ans, le rendement du soja a augmenté de 53 % (figure 4). Et la quantité de matières actives de tous les herbicides utilisés par boisseau produit a diminué de 67 % (figure 4).

 

 

Figure 3. Quantité d'herbicides utilisée pour le soja et superficie cultivée en Ontario de 1983 à 2013. Tiré des données du MAAARO par Dufault et Saik.

 

Figure 4. Rendement du soja et quantité d'herbicides utilisée par 1.000 boisseaux en Ontario de 1983 à 2013. Tiré des données du MAAARO par Dufault et Saik. [1 bu/ac = 67,25 kg/ha ; 1.000 bu = 272,2 quintaux]

 

 

Avantages agronomiques du glyphosate

 

D'un point de vue agronomique, le glyphosate a été qualifié d'herbicide « du siècle ». Étant un herbicide à large spectre, il contrôle pratiquement toutes les espèces de mauvaises herbes et a été utilisé principalement en association avec des cultures tolérantes à cet herbicide depuis leur première apparition au milieu des années 1990. Le glyphosate élimine également en grande partie la nécessité d'appliquer à plusieurs reprises de multiples matières actives herbicides à spectre limité qui seraient autrement nécessaires pour contrôler toutes les espèces de mauvaises herbes présentes. Non seulement ces autres herbicides ont généralement des profils de danger/risque plus défavorables (voir ci-dessous), mais ils sont souvent plus phytotoxiques. Les dommages aux cultures qui en résultent réduisent les rendements, contrairement au glyphosate utilisé dans les cultures tolérantes à cet herbicide. Des économistes ont estimé que si le monde cessait de produire des cultures génétiquement modifiées tolérantes à des herbicides en l'absence de glyphosate, la perte annuelle de revenu agricole serait de 6,76 milliards de dollars et la production de soja, de maïs et de canola diminuerait considérablement.

 

 

L'adoption généralisée du glyphosate a également entraîné une diminution du travail du sol, les agriculteurs ayant adopté des systèmes sans labour ou des techniques culturales simplifiées. Cela a de profondes implications car la réduction du travail du sol signifie une réduction des émissions de gaz à effet de serre résultant à la fois de la réduction de l'utilisation de carburants fossiles et de la réduction de la décomposition de la matière organique du sol. En outre, cela se traduit par une amélioration de l'état physique du sol qui permet d’améliorer la capacité de rétention de l’eau et d’améliorer la santé des sols.

 

 

Quotient d'impact environnemental (QIE) et impact environnemental (IE) du glyphosate

 

D'après les données qui viennent d'être citées, il est évident que la quantité d'herbicides utilisée pour produire du maïs-grain et du soja a diminué en Ontario en raison de la substitution du glyphosate à d'autres herbicides importants utilisés à des doses plus élevées.

 

Mais un taux d’application plus faible se traduit-il également par une réduction des risques ?

 

Parallèlement aux résultats de l'enquête sur l'utilisation des pesticides, l'Ontario a également publié un rapport sur le risque environnemental associé à l'utilisation de pesticides. Ce rapport utilisait un quotient d'impact environnemental (QIE) pour estimer le danger associé à l'utilisation de chaque pesticide relevé dans l'enquête. Essentiellement, le QIE est un indicateur du potentiel d'un pesticide à causer des dommages. Les QIE pour différents pesticides peuvent être comparés et plus leur valeur est élevée, plus les dommages éventuels sont importants pour les travailleurs agricoles, les consommateurs et les écosystèmes.

 

On trouve différentes manières de calculer un QIE dans la littérature. Le QIE particulier utilisé par l'Ontario dans cette étude est calculé à partir de valeurs portant sur 12 facteurs différents tirés des tests de sécurité menés sur les pesticides en laboratoire et sur le terrain. En bref, ils comprennent des mesures de toxicité à court et à long terme chez les animaux de laboratoire, la demi-vie, le caractère systémique ou non chez les plantes (tendance à circuler dans les tissus végétaux), le lessivage et le ruissellement, et la toxicité chez plusieurs espèces non cibles animales.

 

Le QIE rapporté pour le glyphosate a été calculé à tout juste 15,3, ce qui représente le dixième plus petit QIE de toutes les matières actives de pesticides de l'enquête [ma note : le QIE le plus bas est à 8,0 (kaolin et sels/bicarbonate de potassium) ; le plus élevé cité dans cette étude est le parathion à 69,6 ; le sulfate de cuivre n'est pas loin, à 61,9]. De plus, le glyphosate a partiellement remplacé l’utilisation d’herbicides ayant des QIE plus élevés, notamment l’atrazine (QIE = 22,9) pour le maïs et le métolachlore/s-métolachlore (QIE = 22,0) pour le maïs et le soja, ce qui signifie qu’il est moins dangereux que ces herbicides. Ce faible QIE du glyphosate n’est pas surprenant, car il a « une toxicité aiguë inférieure à celle de produits chimiques courants tels que le chlorure de sodium (sel de cuisine) ou l’aspirine ».

 

Alors, qu'en est-il du risque ? Cela peut être appelé impact sur l'environnement (IE) et est essentiellement un risque (QIE) multiplié par l'exposition (c'est-à-dire la quantité utilisée). Non seulement le glyphosate a un QIE inférieur à celui des principaux herbicides mentionnés ci-dessus, mais il est également recommandé en Ontario à un taux d'utilisation par acre inférieur à celui des autres herbicides lorsqu'ils sont appliqués seuls. L’étude ontarienne a calculé les IE pour l’utilisation du glyphosate dans l’ensemble de la province ; nous l’avons fait par acre. La combinaison des facteurs – faible QIE et doses inférieures – signifie que l'IE pour le glyphosate par acre de maïs-grain, par exemple, est inférieur d'environ 60 % à celui des principaux herbicides qu'il remplace (figure 5).

 

 

Figure 5. Impact environnemental (c'est-à-dire risque) par acre du glyphosate et de deux autres herbicides pour le maïs-grain en Ontario. Données de base : QIE du MAAARO x doses recommandées en Ontario de ces herbicides appliqués seuls. Établi par Dufault et Saik. [Les proportions sont les mêmes si on calcule en hectares.]

 

 

Statut réglementaire sanitaire du glyphosate

 

Donc, tout ce qui précède est une bonne nouvelle pour les producteurs et l'environnement. Mais les critiques, dont certains pourraient reconnaître les avantages du glyphosate sur le plan de la durabilité, soulignent le tristement célèbre rapport de 2015 du Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) qui a classé le glyphosate « probablement cancérogène pour l'homme » – une évaluation de danger plutôt que des risques ; quasiment isolé dans la communauté scientifique internationale, le classement suggère que l'herbicide présente des risques pour l'homme lorsqu'il est utilisé de manière appropriée.

 

Ce rapport a suscité beaucoup de controverses, comme en témoignent les nombreux points de vue divergents que l'on peut trouver dans la communauté scientifique. Nous dirons simplement ceci :

 

  • Le rapport du CIRC ne tenait compte que des données publiées sur la toxicité du glyphosate.

     

  • Le rapport du CIRC est une évaluation du danger et ne s'étendait pas à une évaluation des risques pour la santé qui tiendrait compte de la façon dont le glyphosate est utilisé. N'oubliez pas : danger x exposition = risque.

     

  • Les régulateurs de pesticides de chaque pays dans lequel le glyphosate est enregistré ont accès à des ensembles de données beaucoup plus substantiels et pertinents que le CIRC. Par exemple, en plus d’examiner et de valider les données publiées, ces organisations examinent également le vaste corpus d’études toxicologiques effectuées par les entités demandant une autorisation de mise en marché, en utilisant des protocoles validés au niveau international. Ces études doivent également respecter les directives rigoureuses sur les bonnes pratiques de laboratoire (BPL) telles que celles de l'Organisation de Coopération et de Développement Économiques (OCDE).

     

  • Les organismes de réglementation mettent à jour leurs évaluations de tous les pesticides enregistrés à intervalles réguliers ; le Canada et les États-Unis le font tous les 15 ans. Et pratiquement tous les organismes de réglementation des pesticides dans le monde, qui ont récemment mis à jour leurs études sur le glyphosate, ont confirmé son innocuité et ont renouvelé son homologation, ce qui contraste avec l’évaluation du CIRC selon laquelle le glyphosate est « probablement cancérogène pour l'homme ».

 

Voici un petit échantillon de ce que certains de ces organismes de réglementation ont publié :

 

  • En mars 2017, l'Agence Européenne des Produits Chimiques a annoncé sa conclusion que le glyphosate n'était pas classé comme cancérogène.

     

  • Dans son projet de document « Revised Glyphosate Issue Paper: Evaluation of Carcinogenic Potential » (document de travail révisé sur le glyphosate : évaluation du potentiel cancérogène) du 12 décembre 2017, l'Agence Américaine de Protection de l'Environnement a déclaré avoir examiné près de 170 études épidémiologiques, de cancérogénicité chez l'animal et de génotoxicité, et que les données disponibles n'étayent pas un processus cancérigène pour le glyphosate.

     

  • Le 28 avril 2017, l'Agence de Réglementation de la Lutte Antiparasitaire (ARLA) du Canada a indiqué qu'il est « peu probable qu’il présente un risque de cancer pour les humains ». En expliquant pourquoi ses conclusions différaient de celles du CIRC, l'ARLA a déclaré que « le niveau d’exposition humaine, qui détermine le risque réel, n’a pas été pris en compte par le CIRC ». L'ARLA a renouvelé l'homologation du glyphosate au Canada avec seulement des modifications mineures à apporter aux étiquettes.

 

 

Conclusion

 

Bien que la superficie et le rendement du maïs et du soja aient augmenté en Ontario depuis 1983, l’impact environnemental global de l’utilisation d’herbicides par acre a diminué en grande partie parce que le glyphosate a remplacé d’autres produits chimiques majeurs plus nocifs.

 

Cette réduction du risque est due au fait 1) que le glyphosate est moins dangereux, sur la base du QIE, par rapport à ces autres herbicides, et 2) que le glyphosate est utilisé à une dose inférieure. Les principaux organismes de réglementation, comme l’ARLA du Canada, ont récemment reconfirmé l’innocuité du glyphosate et ont renouvelé son homologation.

 

Le glyphosate a joué un rôle clé en permettant à de nombreux agriculteurs de parvenir à un excellent contrôle des mauvaises herbes dans les cultures tolérantes à cet herbicide tout en adoptant le sans-labour ou des techniques culturales simplifiées. Cette réduction du travail du sol a des incidences positives sur l'environnement en termes de santé du sol, de capacité de rétention de l'eau et de bilan des gaz à effet de serre.

 

______________

 

* Christopher P. Dufault est un agronome professionnel et ancien chef de la Section de la Réévaluation et de l'Analyse de l'Utilisation de l'Agence de Réglementation de la Lutte Antiparasitaire du Canada. À l'heure actuelle, il est coach principal chez Agri-Trend et directeur de Christopher P. Dufault & Associates Inc., basé à Ottawa, en Ontario, au Canada. Vous pouvez lui écrire à Christopher.dufault@cantab.net

 

Robert Saik, agronome professionnel et consultant agricole agréé, est le fondateur d'Agri-Trend et le directeur de Saik Management Group Inc., basé à Olds, en Alberta, au Canada. Vous pouvez lui écrire à Rob@RobertSAIK.com. Suivez-le sur Twitter @Rsaik

 

Ni l'un ni l'autre n'ont travaillé pour un fabricant de glyphosate.

 

Source : https://geneticliteracyproject.org/2018/09/19/glyphosates-sustainability-advantages-ontario-study-shows-herbicide-stoked-yields-cut-herbicide-use-39-70/

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Y
Quel est l'ampleur du lien financier entre Monsanto et Bayer avec les auteurs de cet article?
Répondre
@ Yves Legault le jeudi 28 octobre 2021

Bonjpur,

Merci pour votre commentaire.

"Christopher P. Dufault est un agronome professionnel et ancien chef de la Section de la Réévaluation et de l'Analyse de l'Utilisation de l'Agence de Réglementation de la Lutte Antiparasitaire du Canada. À l'heure actuelle, il est coach principal chez Agri-Trend et directeur de Christopher P. Dufault & Associates Inc., basé à Ottawa, en Ontario, au Canada. Vous pouvez lui écrire à Christopher.dufault@cantab.net



Robert Saik, agronome professionnel et consultant agricole agréé, est le fondateur d'Agri-Trend et le directeur de Saik Management Group Inc., basé à Olds, en Alberta, au Canada. Vous pouvez lui écrire à Rob@RobertSAIK.com. Suivez-le sur Twitter @Rsaik



Ni l'un ni l'autre n'ont travaillé pour un fabricant de glyphosate."

Il ne vous aura sans doute pas échappé que ces deux messieurs ont exploité des statistiques issues d'entités publiques.

Ni que Bayer/Monsanto n'est pas le seul producteur de glyphosate.
A
Par pure curiosité, quelle est l'évaluation de l'impact environnemental du glyphosate avec d'autres méthode de calcul du QIE? Est-il toujours aussi avantageux?
Répondre
S
Bonjour (anonyme)

Merci pour votre commentaire.

Andrew Kniss est une valeur sûre dans ce domaine. Mais je crains qu'il ne faille appliquer un analogue du fameux mot de Churchill, "La démocratie est le pire des régimes - à l'exception de tous les autres déjà essayés dans le passé. "

A
D'après ce billet d'un chercheur en science des mauvaises herbes américain, le QIE (EIQ) est très peu pertinent comme indice de risque:

«This lack of quantitative meaning in the EIQ makes multiplying it by the pesticide use rate to derive a Field EIQ nonsensical in most cases. It also explains why many critics of the EIQ have found that the Field EIQ is primarily driven by the field use rate of the pesticide, with very little contribution of the EIQ value of the pesticide. This makes the EIQ, at best, a minimal improvement over simply reporting the weight of pesticide applied. But as I have just shown, a random number generator can provide similar results as the EIQ, meaning the EIQ is not an improvement at all. When pesticide rates vary by orders of magnitude (grams vs kilograms per hectare), the relatively small differences in the EIQ values (or randomly chosen RGI values) won’t change the ranking between pesticides in many cases. The Field EIQ is heavily biased by the field use rate of the pesticide, which means the EIQ provides no improvement over the problem it is purported to solve.» (plant out of place)

https://plantoutofplace.com/2016/09/is-the-environmental-impact-quotient-eiq-better-than-nothing/
S
Bonjour,

Merci pour votre colle.
Je n'ai pas la réponse. Il faudrait rechercher toutes les méthodes de calcul de l'EIQ autres que celles de Cornell… gros boulot pour un résultat qui sera vraisemblablement que les résultats ne sont pas extraordinairement différents

Y
Canada +soja +maïs ça pue la malhonnêteté intellectuelle de ne pas préciser qu'il s'agit de cultures ogm.

De plus ça parle uniquement du principe actif, or ce seraient plutôt les différents adjuvants qui seraient mis en cause en réalité, puisque faut il vraiment le rappeler, le glyphosate à lui seul n'a aucune action. Autant pour un non expert, cet amalgame com compréhensible, autant pour des types déguisés blouse blanche soit disant censés incarner la rigueur scientifique, ça me laisse dubitatif quant à ce qui intéresse réellement les auteurs.

Et puis bon en rajouter sur la rigueur scientifique, l'utilisation du système impérial ..
Répondre
S
Bonjour (anonyme)

Merci pour le commentaire et le lien.

Cela ne change rien au fait que les cultures exportent du phosphore, et qu'il faut bien le restituer à un moment ou un autre.
A
@Seppi

Tout à fait d'accord. D'où l'envie des chercheurs de maitriser les mycorhizes pour rendre le P du sol plus facilement disponible aux plantes ou de donner aux plantes la capaciter d'absorber les phosphites du sol.

https://www.nature.com/articles/489181d
S
Bonjour,

La gestion des commentaires étant un peu ardue, c'est un merci collectif que j'adresse aux commentateurs qui se sont exprimés sous ce billet. En particulier à notre ami canadien (il y a des orthographes qui sont des indices…) qui a apporté (presque) toutes les réponses nécessaires.

Il reste en particulier la question du phosphore. C'est effectivement une question importante.

Mais les "réponses" militantes sont fausses. Toute récolte exporte du phosphore qu'il faudra généralement restituer sous forme d'engrais minéral (le phosphore d'un engrais organique est forcément prélevé sur la même parcelle, par exemple quand on restitue le fumier issu de pailles produites sur cette parcelle, ou de parcelles différentes, qui s'appauvriront donc).

Un blé à 75 quintaux/hectare (en gros la moyenne française du conventionnel) exportera évidemment davantage qu'un blé biologique à 30 quintaux/hectare. Mais il faut nourrir les populations, ce qui fait qu'il faut compter en quantité produites pour faire le bilan du phosphore dans l'agriculture. Résultat : pour un objectif donné de satisfaction de la demande, la quantité totale de phosphore exporté sera la même, quel que soit le type de culture et le niveau d'intensification. Ce qui change, c'est la date à laquelle on atteint le stade critique de la carence.

J'ajouterai qu'au début du XXe siècle, les rendements agricoles français étaient extrêmement bas : on avait atteint ce stade d'épuisement des sols.

A
1) L'auteur dit le contraire: "Et en raison de la combinaison de la quantité réduite d'herbicide utilisée par acre et de l'augmentation du rendement, la quantité de matières actives de tous les herbicides utilisés, ramenée au boisseau produit, a diminué de 70 %". Bref, le trait Roundup ready a permis de réduire les quantités d'herbicides et l'amélioration variétale (résistances aux stress et meilleur rendement) a permis de réduire la quantité d'herbicides par unité de rendement. Les herbicides en eux-mêmes n'ont aucun effet sur le rendement. Les mauvaises herbes, elles ont un impact négatif sur ce dernier...ont le sait depuis la nuit des temps. Pour plus d'infos: http://www.forumphyto.fr/2018/02/28/inutile-le-desherbage-quand-lagroecologie-nie-lagronomie-et-lecologie/

2) Les engrais verts n'ont pas été inventés par l'agri bio. Ils s'utilisent très bien avec des cultures OGM. De nombreux agriculteurs ontariens sèment du ray-grass intercalaire entre leurs rangs de maïs OGM. Comme l'indique l'auteur de l'article, les OGM RR ont grandement facilité les techniques de non-labour et de travail minimum du sol. C'est un gros plus pour la préservation de la matière organique, la réduction de l'érosion éolienne et hydrique et la séquestration du carbone. Ne perdons pas d'esprit que la saison de culture est courte au Canada. Les agriculteurs ne peuvent travailler leurs champs (que ce soit pour l'implantation d'engrais vert ou de luttes alternatives aux mauvaises herbes) qu'entre la fin avril (au mieux) et la mi-novembre...

3) Vous dites en parlant de l'atrazine "maintenant faut mélanger", vous avez raison. Le principal facteur d'apparition des mauvaises herbes est l'absence de rotation des modes d'action (des herbicides) et la fréquence de traitement. L'idéal est donc d'effectuer un minimum traitements avec un mélange d'herbicides…et l’inclure dans une approche de lutte intégrée (raisonnée) contre les mauvaises herbes. C'est la seule façon de préserver l'efficacité des herbicides sur le long terme. Tout le monde sera perdant si le glyphosate perd en efficacité.

4) Je suis d'accord avec vous sur la finitude des matières premières (engrais ou hydrocarbures). L'état lamentable des sols français à la fin du XVIII sècle sans aucun doute mis le feu aux poudres en 1789. 2000 ans d'agri bio qui produisait à peine de quoi nourrir 30 millions d'habitants tout en épuisant les sols (carences majeures en N, P, K et éléments mineurs). Donc les rendements contraints par la loi de Liebig sur le minimum on en vient... D'ailleurs s’il y a bien un corps de métier capable de comprendre les limites physiques du monde qui nous entoure c'est bien les agriculteurs. Ils luttent chaque saison contre de nombreux facteurs limitants: météo, fertilité, pressions des ravageurs, prix du disel. Dans ce contexte, je préfère avoir une boîte à outils bien pleine. Des OGM qui repoussent tous seuls les insectes, qui se désherbent facilement et dont le pool génétique est si bien connu qu'il sera facile de les rendre productifs sous stress (ce qui est déjà le cas pour certaines cultures comme le maïs). Sachez que les variétés dites "anciennes" sont bien moins rustiques et résilientes que les modernes.

5) J'ai mes doutes quant à l'impact de l'élevage sur l'environnement. On oublie trop souvent que sans eux il devient difficile de fertiliser les champs (dans un contexte décroissant contraint en engrais). Mais vous avez raison, le maïs ensilage sert principalement à nourrir les vaches. Le maïs grain lui a plus de débouchés (alimentation animale, industrie, adjuvants, éthanol...). Idem pour le soja. Le problème que vous soulevez va au-delà des OGM.

6) Vous pouvez garder pour vous votre remarque sur les "merdes canadiennes". Tant mieux pour vous si vous avez les moyens de manger 100% français, en attendant je fais en sorte que ceux qui n'ont pas vos moyens aient accès à une alimentation bon marché et de qualité. Chacun son combat.

7) Votre lien de Radio Canada n'a rien de nouveau. D'ailleurs le Québec est la seule province à avoir réglementé la fertilisation en phosphate. Ce fut un grand succès pour la qualité de l'eau des basins versants. Comme quoi on peut réduire la dose tout en restant efficace et en préservant l'environnement.
Y
allez un petit article sur le futur de l'agriculture canadienne (et pas que d'ailleurs) :
https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/770897/phosphore-engrais-agriculture-situation
ça me laisse rêveur ...