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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Démystifier la science derrière la biotechnologie

13 Décembre 2018 , Rédigé par Seppi Publié dans #OGM, #CRISPR, #amélioration des plantes, #Agronomie

Démystifier la science derrière la biotechnologie

 

Verenardo Meeme*

 

 

 

 

Des scientifiques ont démontré l'efficacité de la biotechnologie végétale en montrant aux boursiers du Programme de Leadership Mondial de l'Alliance pour la Science de Cornell les différentes étapes du processus de fabrication de cultures génétiquement modifiées.

 

La désinformation sur la biotechnologie au sein des communautés mondiales a incité les scientifiques à ouvrir leurs lieux de travail aux boursiers, dont certains ne sont pas des scientifiques, pour leur expliquer comment ils font progresser les connaissances en matière de sélection pour produire des aliments grâce à la science.

 

Le Dr Matthew Willmann, directeur de l'Unité de Transformation des Plantes de l’Université de Cornell, a expliqué l’importance des scientifiques dans la communication sur la manière dont ils développent les cultures transgéniques. « J'ai interagi avec des participants qui pensaient que seules les plantes transgéniques ont de l'ADN, ce qui n'est pas vrai », a déclaré Willmann. « Toutes les plantes ont de l'ADN. »

 

L'humanité a modifié la génétique des plantes depuis plus de 10.000 ans, d’abord en domestiquant des plantes qui avaient des caractéristiques souhaitables, a noté Willmann. Plus de 500 espèces de plantes et d'animaux ont été domestiquées par l'Homme. Il a ensuite modifié la génétique des plantes grâce à l'amélioration des plantes traditionnelle. Les scientifiques peuvent désormais utiliser en plus le génie génétique et l'édition des gènes.

 

L' Unité de Transformation des Plantes soutient d'autres scientifiques en leur fournissant des plantes transgéniques et des plantes génétiquement éditées pour leurs recherches. L'Unité mène également des recherches pour améliorer ces technologies. « Comme la plupart des scientifiques universitaires, nous faisons ce que nous faisons pour essayer de fournir au monde de meilleures plantes qui répondent aux besoins nutritionnels d'une population croissante et lutter contre les effets des maladies des plantes et des changements climatiques sur la production agricole » a dit Willmann.

 

Willman était l’un des chercheurs et des formateurs de premier plan qui ont travaillé avec les boursiers pour améliorer leurs connaissances sur la science derrière la technologie agricole.

 

Le professeur Andrew Kniss de l’Université du Wyoming les a informés sur les pesticides, notant que sans une lutte antiparasitaire adéquate, les agriculteurs risquent de perdre de 50 à 80 % de leur récolte. L'utilisation de la technologie GE dans la gestion des mauvaises herbes a produit des résultats énormes, a déclaré Kniss.

 

La Dre Michelle Heck, biologiste des vecteurs, a déclaré que la recherche en biotechnologie avait été utile pour comprendre comment les ravageurs, tels que la pyrale et la légionnaire d'automne, transmettent des maladies aux plantes et manipulent les plantes hôtes.

 

Le professeur Anthony Shelton de Cornell a démontré la sécurité de Bacillus thuringiensis (Bt), un gène utilisé dans la modification du maïs et du cotonnier. Il a goûté à la protéine Bt, qui, selon lui, était inoffensive pour les êtres humains, puis l'a partagée avec les boursiers passionnés pour qu'ils la goûtent eux-mêmes. Shelton a conclu : pour contrôler les insectes, préféreriez-vous utiliser le Bt, qui produit une protéine qui nuit aux insectes, ou traiter avec des pesticides, ce qui nuirait à l'environnement ?

 

Shelton a observé que la biotechnologie, tout comme l'amélioration des plantes traditionnelle, a permis de modifier des plantes, ainsi que de nombreux produits non agricoles tels que les médicaments, d'une manière qu'on ne pensait pas possible, même ceux qui ont mené la Révolution Verte il y a quatre décennies.

 

Shelton a noté que l'agriculture traverse une nouvelle révolution, mais cette fois-ci en tant que partie de la révolution bien plus grande de la génétique, proclamée troisième révolution technologique, après les révolutions industrielle et informatique.

 

Les progrès sur les aspects techniques de la biotechnologie agricole ont été rapides, mais leur déploiement et leur impact ont été controversés.

 

« Les plantes ont été génétiquement modifiées (GM) tout au long de l'histoire de l'agriculture, mais la technologie actuelle consistant à déplacer des gènes individuels grâce à la biotechnologie s'appelle de manière plus appropriée le génie génétique (GE) », a-t-il expliqué.

 

Les plantes ont été conçues pour résister aux attaques des insectes et des maladies, tolérer des herbicides et prolonger la durée de conservation des produits. En outre, des plantes sont conçues pour de nouvelles utilisations telles que la bioremédiation des sols contaminés par des métaux, la production de vaccins et la supplémentation en nutriments, a déclaré Shelton.

 

« Le nombre de pays dans lesquels les cultures transgéniques sont commercialisées est passé de 1 en 1992 à 13 en 1999, démontrant ainsi la confiance dans la technologie de la part des agriculteurs », a déclaré Shelton à l'Alliance pour la Science. « Il est également important de noter que des produits insecticides contenant des sous-espèces de Bt ont été commercialisés pour la première fois en France à la fin des années 1930 avec la Sporéine. »

 

En 1995, l'EPA comptait 182 produits à base de Bt, mais même en 1999, les ventes totales de produits à base de Bt ne représentaient que 2% de la valeur totale de tous les insecticides. Le Bt a été introduit pour la première fois pour les plants de tomates en 1987, a ajouté Shelton.

 

Le Dr Walter De Jong, professeur agrégé de sélection végétale à l'Université Cornell, a observé que le génie génétique est un outil utile pour les pommes de terre et d'autres plantes-racines ou à tubercules car les progrès par des méthodes classiques de sélection sont lents et difficiles.

 

Joyce Van Eck, directrice du Boyce Thompson Institute for Plant Research, a déclaré que les scientifiques développent des cultures GM plus productives, nutritives, résistantes aux maladies et capables de résister aux effets du changement climatique.

 

Les OGM et les non-OGM sont similaires à l'exception de l'aspect modification, et les OGM sont réglementés par divers organismes gouvernementaux pour vérifier leur sécurité. « Si j'avais l'impression que ce type de travail avait quelque chose de néfaste, je ne serais pas impliquée dans cette activité », a-t-elle déclaré.

 

Okon Odiong Unung, chercheur nigérian et boursier AfS 2018, a déclaré que, selon les informations qu'il a obtenues des différents experts scientifiques, il recommande des cultures GM aux agriculteurs et aux consommateurs, car c'est l'un des outils pour assurer la sécurité alimentaire durable et l'amélioration de moyens de subsistance.

 

Selon lui, l'agriculture conventionnelle ne peut plus répondre à la demande de nourriture en quantité suffisante en raison de la population toujours croissante, associée à la dynamique émergente du changement climatique rapide, à l'épuisement des ressources en eau, à la diminution des terres arables suite à l'urbanisation, aux maladies et à d’autres problèmes agronomiques.

 

« Il convient également de noter que le génie génétique n’est pas une solution miracle pour parvenir à une sécurité alimentaire durable », a déclaré M. Unung. « Chaque agriculteur doit adopter des modes de gestion ou des pratiques agronomiques convenablement améliorées pour sa ferme et sa situation de production spécifiques afin d’assurer un rendement optimal. »

 

Gerald Andae, journaliste kenyan et boursier de l'AfS 2018, a déclaré avoir appris qu'il y avait beaucoup de désinformation sur la biotechnologie, ce qui a joué un rôle négatif dans l'adoption de ces cultures dans le monde entier.

 

« Il est évident qu'aux dires des scientifiques les cultures génétiquement modifiées sont sûres et peuvent jouer un rôle majeur dans la promotion de la sécurité alimentaire dans le monde et également améliorer la vie économique des agriculteurs grâce à des revenus accrus, comme ce fut le cas avec les papayers d'Hawaï » a dit Andae.

 

____________

 

* Verenardo Meeme est un journaliste basé au Kenya et Global Leadership Fellow 2018.

 

Source : https://allianceforscience.cornell.edu/blog/2018/09/demystifying-science-behind-biotechnology/

 

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