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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Additifs alimentaires : l'Académie d'Agriculture de France pisse dans un violon

22 Décembre 2018 , Rédigé par Seppi Publié dans #Alimentation, #critique de l'information

Additifs alimentaires : l'Académie d'Agriculture de France pisse dans un violon

 

Glané sur la toile 290

 

 

Source : le blog de Stella, « Organisation de son quotidien,vie quotidienne,actualité sur la planète,OVNI,infos cachées et secrètes »... de sérieuses références...

 

 

Les additifs alimentaires ont mauvaise presse... air connu...

 

L'Académie d'Agriculture de France a récemment produit une petite note, « Y-a-t-il de bons et de mauvais additifs alimentaires ? » mise en ligne à partir du communiqué de presse. Le texte du communiqué :

 

« On voit fleurir ici ou là, à travers des articles de presse ou via des applications pour smartphone pour qualifier le profil d’aliments ou via la publication d’un récent rapport parlementaire des listes de "bons ou de mauvais additifs".

 

Ces classements sont réalisés par des inconnus, dont les compétences scientifiques en termes d’évaluation du risque en sécurité sanitaire des aliments ne sont pas précisées, pas plus que leurs conflits d’intérêt potentiels avec des industriels ou des ONG. Mais pire que tout cela, on ignore sur quelles bases scientifiques ce classement est réalisé.

 

Des Académiciens dénoncent cet état de fait dans ce "Point de vue". »

 

Extrait de la note :

 

« Ce que l’on sait c’est que la liste de base à partir de laquelle les additifs sont triés comme bons ou mauvais est celle des additifs inscrits sur la liste positive de l’UE, considérés par les experts de l’Efsa (European Food Safety Authority) comme ne faisant pas courir de risque à la santé du consommateur et autorisés en France dans la limite des doses permises dans les denrées dans lesquelles ils peuvent être utilisés. »

 

Ben oui ! L'EFSA – et les autres agences d'évaluation – sont tellement décriées, voire diffamées, que « des inconnus », des charlatans ou encore des « people » en mal de publicité et de reconnaissance sont devenus plus crédibles, et surtout audibles et visibles, que les institutions qui se fondent sur la science et la rationalité.

 

La note de Mme Dominique Parent-Massin, M. Gérard Pascal et M. Hervé Lafforgue se fait ensuite pédagogique sur la distinction à faire entre « danger » et « risque » :

 

« Le risque est, en toxicologie alimentaire, la probabilité d’être exposé au danger via la consommation d’un aliment qui contient une molécule dangereuse à une dose toxique compte tenu de l’exposition. »

 

Elle ne pouvait évidemment pas ignorer la question souvent posée – ou plutôt les affirmations péremptoires souvent assénées – sur les additifs « bio » :

 

« Les additifs "bio" sont-ils meilleurs pour les consommateurs que les "non bio" ?

 

Là encore, cette affirmation ne repose sur aucune base scientifique.

 

Les additifs utilisés par les "bio" sont exclusivement ceux d’origine naturelle (extraits de végétaux ou animaux comme des insectes) parmi ceux autorisés dans l’UE, alors que les autres additifs autorisés dans l’UE sont d’origine synthétique ou minérale.

 

Mais l’évaluation du risque préalable à leur autorisation est réalisée de façon aussi rigoureuse pour les uns que pour les autres, selon les mêmes règles (4, 5). Avec souvent plus de difficultés pour les additifs "bio" parce qu’ils sont beaucoup moins purs que les synthétiques qui atteignent facilement plus de 90% de pureté alors que dans certains colorants "bio", le principe colorant peut représenter moins de 10% du colorant. »

 

Et, s'agissant de l'« effet cocktail » :

 

« Les additifs sont évalués indépendamment les uns des autres. Il n’est pas possible à ce jour d’évaluer toutes les combinaisons possibles dans toutes les denrées possibles qu’elles soient "bio" ou non "bio".

 

On ne peut donc pas répondre, à ce jour, à cette question, sauf dans le cas de molécules ayant le même mécanisme d’action.

 

Mais, sachant que chaque additif autorisé, pris séparément, est inoffensif aux doses autorisées, que les additifs deviennent un composant de la denrée, elle-même constituée de nombreuses molécules, que lors de la digestion, tous les composants seront libérés à différents niveaux du tube digestif, il est difficile de comprendre pourquoi la présence simultanée de plusieurs additifs feraient courir plus de risque aux consommateurs. »

 

C'est là une réponse qui trouve aussi application dans d'autres domaines, par exemple celui des résidus de pesticides (mais pas des médicaments qui, eux, sont conçus pour avoir un effet sur la santé humaine, ni celui des interactions éventuelles entre médicaments et aliments).

 

La dernière question abordée est celle de la nécessité des additifs. On peut, bien sûr, se dispenser de colorants (en se privant du plaisir des yeux, partie intégrante du plaisir de manger). Mais, pour d'autres, il en va de « la durée de vie des denrées » et, surtout, « certains additifs jouent un rôle primordial dans la sécurité des denrées ».

 

Ces affirmations sont un peu courtes, car le corollaire est la sécurité alimentaire, voire la vie du consommateur. Mais l'argument est amplement développé grâce à l'exemple des – si décriés – nitrites :

 

« Il faut donc choisir entre le risque d’être exposé à de faibles doses inoffensives de nitrite en tant qu’additif ou de faibles doses de toxine botulinique extrêmement toxique. C’est ce que l’on appelle une analyse bénéfice risque. »

 

Tout cela est de la belle ouvrage. Mais alors, pourquoi notre titre ?

 

D'une part, cet exposé de principes simples et compréhensibles par (presque) tous laissera de marbre les prêcheurs d'apocalypse, les bourreurs de mou, les charlatans et autres camelots qui exploitent l'ignorance et la crédulité de certains consommateurs.

 

D'autre part, il a peu de chances de se voir diffusé par les médias et sur les réseaux sociaux.

 

En fait, à notre connaissance, il n'y a guère que Mme Emmanuelle Ducros qui se soit emparée de la note avec « Additifs alimentaires: le danger n’est pas forcément celui que l’on croit ». On peut aussi voir la vidéo ici sur YouTube.

 

Alors si un titre putaclic peut contribuer à diffuser une mise au point indispensable, ne nous en privons pas...

 

 

Post scriptum

 

En butinant sur la toile à la recherche d'informations, nous sommes tombé sur le tableau suivant fondé sur une production du SCÉRÉN-CNDP, Centre National de Documentation Pédagogique, devenu Réseau Canopé.

 

Sur quelle base ce tableau a-t-il été établi ? Quelle est sa finalité ?

 

 

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J
Un coup d’épée dans l’eau !
Ce texte est certes lisible pour qui l’aborde avec un esprit ouvert, mais je doute très fortement qu’il soit accueilli de même par les cibles qu’il vise.
Qui veut-on rassurer avec de telles phrases ?
« Mais cependant certains additifs jouent un rôle primordial dans la sécurité des denrées. C’est le cas des nitrites (E249, E250) et des nitrates (E251, E252). Ils ne sont pas ajoutés pour éviter que le jambon soit gris, même s’ils y contribuent, mais pour éviter la présence de la toxine naturelle la plus dangereuse au monde, la toxine botulinique. On estime que 1 mg de cette toxine peut tuer en une fois 7000 personnes. L’exposition du consommateur au nitrite comme additif alimentaire ne représente que 10 % de la dose qui ne fait pas courir de risque aux consommateurs (4,6). L’effet cancérigène des nitrites à ces doses n’est pas prouvé scientifiquement à ce jour. Il faut donc choisir entre le risque d’être exposé à de faibles doses inoffensives de nitrite en tant qu’additif ou de faibles doses de toxine botulinique extrêmement toxique. C’est ce que l’on appelle une analyse-bénéfice risque. »
C’est inaudible pour le plus grand nombre, le travail reste à faire avec des textes simples et concis.
Pas facile, et surtout pas un seul texte.
Jean-Luc Kokel
Répondre
S
Bonjour (Max)

Merci pour votre commentaire.

Entièrement d'accord.
S
Bonjour,

Merci pour votre commentaire.

Je suis assez d'accord avec vous. Mais il y a un dilemme : soit on répond à l'emporte-pièce et on se fait assassiner parce que la réponse n'aura pas été à la hauteur ; soit on répond avec les nuances nécessaires et on devient ennuyeux.

La première voie est interdite aux Académies sous peine de perdre toute crédibilité.

Il va de soi que pour les activistes, cette première voie est royale...
M
C'est le problème, les propos rationnels et rassurants sont chiants et compliqués, alors que les propos alarmistes et émotionnels sont simples comme des slogans publicitaire. Les écolos n'hésitent pas à simplifier un discours, en omettant, manipulant ou inventant des informations, pour le rendre plus vendre et plus en phase avec leur idéologie (ou leurs projets marketing). Ceux qui sont rationnels ont souvent trop d'éthique pour faire ça, ce qui rend le débat très inégale.
M
Vu le document du SCÉRÉN-CNDP.
Atterré en tant qu'enseignant en sciences. Je regarde le truc en détail et irais dire ma façon de penser aux auteurs de ce torchon...
Répondre
S
Bonjour,

Merci pour votre commentaire.

Si vous avez un retour, je peux être preneur...