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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Une guerre inutile contre le glyphosate met l'agriculture durable en péril

2 Novembre 2018 , Rédigé par Seppi Publié dans #Glyphosate (Roundup)

Une guerre inutile contre le glyphosate met l'agriculture durable en péril

 

Andrew Weidemann*

 

 

 

 

En tant qu’agriculteur australien qui compte sur le glyphosate pour produire des aliments sains et sûrs, je suis consterné par plusieurs décisions juridiques et politiques récentes. Malheureusement, elles ont été prises dans une « zone franche » scientifique et n’ont rien à voir avec une agriculture moderne et responsable.

 

Aux États-Unis, un jury vient d'accorder 289 millions de dollars à un homme qui prétend que le produit phytopharmaceutique populaire lui a causé un cancer. Au Brésil, une juge a interdit aux agriculteurs d’utiliser le glyphosate à partir de septembre. En France, le président Emmanuel Macron dit vouloir imposer une interdiction totale.

 

La guerre mondiale inutile contre le glyphosate a été relancée.

 

Mon frère et moi produisons diverses cultures sur nos terres dans l'État de Victoria, dans le sud du pays, notamment du blé, du canola, des haricots et du foin. Notre orge de grande qualité se retrouve dans beaucoup de bières, y compris les marques Crown Lager et Foster.

 

Nos deux familles vivent sur l'exploitation. Si le glyphosate posait un réel danger, nous ne nous y exposerions pas nous-mêmes, et encore moins nos épouses et nos enfants. Le glyphosate est un outil de lutte contre les mauvaises herbes sûr et fiable, utilisé sur l'exploitation et autour de nos jardins.

 

Les personnes mal informées semblent penser que les agriculteurs achètent des camions-citernes de glyphosate et en arrosent leurs champs. En fait, nous utilisons de petites quantités de manière stratégique selon les recommandations de l'étiquette.

 

En général, nous appliquons le glyphosate à deux points clés. La première fois, c'est tôt dans la saison, avant les semis. La lutte contre les mauvaises herbes d’été est la deuxième période cruciale pour conserver une précieuse humidité plutôt que de recourir à des méthodes de contrôle des mauvaises herbes par le travail du sol. Nous suivons les directives portées sur l'étiquette et appliquons le produit de manière sûre.

 

Les organismes de réglementation du monde entier ont déterminé que le glyphosate est sûr, et ce, en étayant leurs travaux par des centaines d’études. Le seul cas particulier est quelque chose appelée Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC), un groupe qui a une longue histoire d'allégations sans fondement.

 

Une récente enquête de Kate Kelland, correspondante de Reuters pour la santé et la science, a utilisé des documents internes pour montrer que le CIRC manipule même ses données. L'organisation semble plus déterminée à choquer le public avec des communiqués de presse qu'à produire des recherches et des résultats environnementaux sérieux.

 

La valeur du glyphosate ne réside cependant pas dans le simple fait qu'il n’est pas mauvais. C'est un produit efficace, sûr et sans danger. Il fait de nous de meilleurs agriculteurs qui prennent soin de l'environnement et produisent de manière fiable des aliments abordables pour les consommateurs.

 

Parce que notre région de l’Australie est si sèche, nous ne pouvons pas nous permettre de gaspiller l’eau. Chaque goutte compte. Nous pratiquons une agriculture sans labour, ce qui signifie que nous ne contrôlons pas les mauvaises herbes par l’ancienne méthode consistant à labourer et à retourner le sol – une action qui fait que le sol perd de l’humidité. Nous avons remplacé le labour par du glyphosate. Cette stratégie sans labour empêche l'érosion du sol, préserve la biodiversité et réduit les émissions de gaz à effet de serre. C’est une caractéristique essentielle de l’agriculture durable.

 

Si le glyphosate était interdit en Australie, cela nous ramènerait au passé, jusque dans les années 1980. Je parle de ce retour dans tous les sens. Nous retournerions aux méthodes de lutte contre les mauvaises herbes des années 1980. Nous devrions arrêter les pratiques actuelles et retourner au labour. Cela serait néfaste pour la santé à long terme de notre exploitation et pour l'environnement. Nous devrions également recourir à des produits phytosanitaires plus anciens et plus nocifs.

 

En outre, dans le cadre d'une interdiction, nos rendements chuteraient aux niveaux des années 1980. À l'heure actuelle, les Australiens produisent en moyenne plus de 40 millions de tonnes par an. Sans accès au glyphosate, cela pourrait retomber à 25 millions de tonnes.

 

Cela peut ne pas sembler beaucoup, mais c’est une grosse perte. Le coût de la nourriture augmenterait pour les gens ordinaires. Si les interdictions s’étendaient à d’autres pays du monde, cela pourrait menacer l’approvisionnement alimentaire mondial.

 

J'espère que nous garderons le glyphosate et que les données scientifiques et les preuves solides l'emporteront. Le procès intenté aux États-Unis et sa décision de 289 millions de dollars ira probablement en appel. Au Brésil, le gouvernement exhorte ses tribunaux à annuler l'interdiction judiciaire du glyphosate. Et en France, les législateurs ont résisté à la croisade de leur président contre le produit.

 

_____________

 

* Andrew Weidemann pratique l'agriculture avec son épouse Julie, son frère Rodney et son épouse Andrea dans la région de Wimmera, État de Victoria, en Australie, où ils produisent du blé, de l'orge, du canola, des fèves, des pois chiches et des pois, des lentilles, de l'avoine et du foin de vesce, ainsi que des agneaux de qualité de race White Suffolk.

 

Source : https://globalfarmernetwork.org/2018/08/unnecessary-war-on-glyphosate-puts-sustainable-agriculture-at-risk/

 

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P
Merci pour ce témoignage ; c’est utile d’écouter ce qu’en disent ceux qui sont au plus près du terrain : les agriculteurs. Et montrer, comme il le fait, que l’abandon du glyphosate signifie notamment le retour au labour (avec les problèmes d’eau qu’il mentionne) ainsi qu’une descente drastique des rendements qui ramènerait de 40 millions à 25 millions de tonnes la production Australienne (mais de quelle culture parle-t-il ? ) ce sont les arguments que je trouve les plus pertinents dans cette affaire. Les citoyens devraient normalement trembler à l’idée même que cela puisse être généralisé. Mais non, l’idée de famine ne semble même pas effleurer leur esprit douillettement bercé par l’habitude d’avoir tout et tout de suite. Quand on s’obsède de la moindre trace de ceci ou de cela qu’il peut y avoir dans les aliments, sans effets tangibles sur sa santé, c’est vraiment que l’on ne se soucie guère qu’il puisse ne pas y avoir d’aliment. Sans doute pensent-il même que l’assurance de manger à sa faim est dû à quelque loi sociale du à l’avancée de la civilisation, bref « au progrès humain » ou à l’avancement du temps ! Mwouai, comme si la modification d’une pratique agricole pouvait ne gêner que les seuls agriculteurs eux-mêmes, toutes choses égales par ailleurs. Bigre ! L’homme moderne a vraiment perdu ce sens des réalités concrètes et du lien organique qui le relie à la terre et à ses fruits ; des fruits qui ne tombent pas du ciel mais qu’il faut bel et bien aller chercher avec les dents. Si l’on interdisait demain aux chirurgiens l’utilisation professionnelle du scalpel, le citoyen dirait-il : Bah, c’est le problème des chirurgiens, n’écoutons par leurs lobbys qui, évidemment défendent leurs intérêts et sont toujours opposés à ce qui pourrait les gêner…. Les opérés pourtant, s’ils avaient un peu de sens concret, devraient à cette idée avoir les foies.
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S
Bonjour,<br /> <br /> Merci pour votre commentaire.<br /> <br /> L'expérience des agriculteurs des autres pays où ne règnent pas nos psychoses et nos désinformateurs est effectivement très utile.<br /> <br /> Il doit parler du blé.<br /> <br /> Quant à notre approche de l'alimentation, elle est bien expliquée par M.Jayson Lusk dans :<br /> <br /> http://seppi.over-blog.com/2018/10/pyramide-des-besoins-desaccords-et-politiques-alimentaires.html<br /> <br /> (encore un que j'aime assez traduire, même s'il est économiste et que l'économie n'est pas mon dada… mais lui, c'est un bon).