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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Le fardeau des bactéries résistantes aux antibiotiques ici et là

9 Novembre 2018 , Rédigé par Seppi Publié dans #Albert Amgar, #Alimentation, #Santé publique

Le fardeau des bactéries résistantes aux antibiotiques ici et là

 

Albert Amgar*

 

 

Selon l’ECDC (Centre Européen de Prévention et de Contrôle des Maladies), « 33 000 personnes décèdent chaque année des suites d'une bactérie résistante aux antibiotiques ». Traduction par mes soins –aa.

 

Une étude de l'ECDC a estimé le fardeau de cinq types d'infections causées par des bactéries résistantes aux antibiotiques préoccupantes pour la santé publique dans l'Union européenne et dans l'Espace économique européen (UE/EEE).

 

Le fardeau de la maladie est mesuré en nombre de cas, de décès et d'espérance de vie corrigée de l'incapacité (DALYs pour disability-adjusted life years) imputables. Ces estimations sont basées sur les données du réseau européen de surveillance de la résistance aux antimicrobiens (EARS-Net) de 2015.

 

Les auteurs ont dit que « le fardeau estimé des infections par des bactéries résistantes aux antibiotiques dans l'UE/EEE est substantiel par rapport à celui d'autres maladies infectieuses et il a augmenté depuis 2007. Les stratégies de prévention et de contrôle des bactéries résistantes aux antibiotiques nécessitent une coordination aux niveaux européen et mondial. Cependant, notre étude a montré que la contribution de diverses bactéries résistantes aux antibiotiques à la charge globale varie considérablement d'un pays à l'autre, soulignant ainsi la nécessité de stratégies de prévention et de contrôle adaptées aux besoins de chaque pays de l'UE/EEE ».

 

L'étude estime qu'environ 33 000 personnes décèdent chaque année des suites directes d'une infection due à une bactérie résistante aux antibiotiques et que le fardeau de ces infections est comparable à celui combiné de la grippe, de la tuberculose et du VIH/Sida. Cela explique également que 75 % de la charge de morbidité soit due aux infections associées aux soins de santé et, pour les réduire, des mesures adéquates de prévention et de contrôle des infections, ainsi que l’utilisation raisonnée des antibiotiques, pourraient être un objectif réalisable dans les établissements de santé.

 

Enfin, l'étude montre que 39 % de la charge est causée par des infections dues à des bactéries résistantes aux antibiotiques de dernière intention, tels que les carbapénèmes et la colistine. Il s’agit d’une augmentation par rapport à 2007 et cela est préoccupant car ces antibiotiques sont les dernières options de traitement disponibles. Lorsque ceux-ci ne sont plus efficaces, il est extrêmement difficile, voire impossible, de traiter les infections.

 

L'étude a été réalisée par des experts de l'ECDC et du groupe de travail Burden of AMR, et publiée dans The Lancet Infectious Diseases. L'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) utilise également les résultats de cette étude pour évaluer le fardeau économique de la résistance aux antibiotiques.

 

Par ailleurs, en 2016, une étude a estimé la morbidité et la mortalité associées aux bactéries résistantes aux antibiotiques en France sur la base des données EARS-Net de 2012.

 

Il a été estimé que 158 000 (127 000 à 245 000) cas d’infections dues aux bactéries multi-résistantes aux antibiotiques sont survenus en 2012 en France. Environ 12 500 (11 500 à 17 500) décès ont été associés à ces infections.

 

Dans un autre domaine, on apprend que « Des végétaux présents dans les supermarchés hébergeraient des gènes de résistance aux antibiotiques », source ASM Communications du 6 novembre 2018.

 

Des chercheurs de l'institut Julius Kühn, Allemagne, ont découvert que des végétaux sont un réservoir de gènes transférables de résistance aux antibiotiques qui échappent souvent aux méthodes traditionnelles de détection moléculaire. Ces gènes de résistance aux antibiotiques pourraient échapper à la détection indépendante de la culture, mais pourraient tout de même être transférés à des pathogènes humains ou à des bactéries commensales. Les résultats, qui soulignent l’importance du microbiome rare des végétaux en tant que source de gènes de résistance aux antibiotiques, ont été publiés le 6 novembre dans la revue en libre accès mBio, une revue de l’American Society for Microbiology.

 

Les végétaux sont de plus en plus reconnus comme une source de bactéries pathogènes, de bactéries résistantes aux antibiotiques et de gènes de résistance aux antibiotiques. Cette étude visait à explorer des méthodes permettant de caractériser le résistome transférable, l’ensemble des gènes de résistance aux antibiotiques présents dans les bactéries, associé aux végétaux. Les chercheurs ont analysé par des méthodes de culture et des méthodes basées sur l'ADN des salades composées, de la roquette et de la coriandre achetées dans des supermarchés.

 

Ces résultats ont confirmé que les méthodes basées sur l'ADN, indépendantes de la culture, ne sont pas toujours suffisamment sensibles pour détecter le résistome transférable dans le microbiome rare, tel que celui des végétaux.

 

______________

 

* Albert Amgar a été pendant 21 ans le dirigeant d'une entreprise de services aux entreprises alimentaires ; il n'exerce plus aujourd'hui, car retraité. Au travers de son blog il nous a livré des informations dans le domaine de l’hygiène et de la sécurité des aliments. Désormais, je l'accueille avec plaisir.

 

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Amgar Albert 09/11/2018 09:28

On lira aussi un article paru dans Food Safety News (https://www.foodsafetynews.com/2018/11/researchers-find-antibiotic-resistance-genes-on-leafy-greens/) sur l'étude allemande, Researchers find antibiotic resistance genes on leafy greens.