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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Selon une chercheuse, la réglementation des OGM n'est justifiée par aucune preuve scientifique d'un risque

28 Octobre 2018 , Rédigé par Seppi Publié dans #OGM, #Article scientifique, #Politique

Selon une chercheuse, la réglementation des OGM n'est justifiée par aucune preuve scientifique d'un risque

 

Mark Lynas*

 

 

 

Un examen approfondi de la littérature scientifique conclut que le génie génétique perturbe moins la génétique des plantes cultivées que l'amélioration des plantes conventionnelle, ce qui signifie que les évaluations rigoureuses et les réglementations imposées à cette technique ne sont justifiées par aucune preuve scientifique de risques pour la sécurité.

 

La scientifique française Agnès Ricroch a conclu : « Notre examen n'apporte aucune preuve à l'appui de la nécessité d’un renforcement des essais de sécurité sanitaire des aliments pour les variétés de plantes transgéniques. Ces données à long terme et multi-générationnelles ainsi que les données "-omiques" prises ensemble suggèrent que, hormis dans des cas spécifiques, l'évaluation des risques pourrait être réduite. »

 

Les conclusions de Ricroch confirment un secret de Polichinelle connu des scientifiques travaillant sur les plantes, à savoir que le fardeau considérable des réglementations nationales appliquées uniquement au génie génétique et aux nouvelles technologies telles que l’édition des gènes n'est en réalité justifié par aucun risque accru scientifiquement identifiable.

 

Ces réglementations obligent les obtenteurs à dépenser des dizaines de millions de dollars pour des études d'innocuité inutiles sur les variétés de plantes développées à l'aide des nouvelles méthodes moléculaires, alors que les variétés issues des techniques plus anciennes comme la sélection conventionnelle et la mutagenèse peuvent être commercialisées sans test.

 

Dans son évaluation de 2013, Ricroch a examiné des données provenant de 60 comparaisons « -omiques» entre des lignées de plantes génétiquement modifiées (GM) et non génétiquement modifiées, ainsi que 33 études d'alimentation animale à long terme et multi-générationnelles.

 

Celles-ci « ont révélé que la modification génétique a moins d'impact sur l'expression et la composition des gènes végétaux que l'amélioration des plantes conventionnelle ». En outre, « les facteurs environnementaux (tels que la localisation, la période d'échantillonnage ou les pratiques agricoles) ont un impact supérieur à celui de la transgenèse », le processus de transfert d'un gène conférant un trait désiré dans une autre espèce.

 

Plusieurs études ont montré une plus grande variation de l'expression des gènes et d'autres facteurs entre les variétés de riz, de blé, de maïs et de soja obtenues de manière conventionnelle qu'entre les lignées GM et non GM de la même variété.

 

Comme l'a noté Ricroch : « Fait intéressant, une étude a montré que l'altération du transcriptome était plus importante chez les plantes mutagénisées que chez les plantes transgéniques ». Cependant, les réglementations européennes supposent que les plantes produites par mutagenèse sont sûres et qu'aucune évaluation n'est nécessaire.

 

S'agissant des études à long terme sur les animaux, Ricroch a noté que l’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments a déclaré que « les essais d’alimentation des animaux n’ajoutent rien à l’évaluation de la sécurité sanitaire » des aliments pour humains et pour animaux génétiquement modifiés lorsque l'équivalence a été démontrée par « des analyses moléculaires, de composition, phénotypiques, agronomiques et autres ».

 

Malgré cela, elle a examiné les preuves de 17 études d'alimentation à long terme sur des animaux – toutes financées par des fonds publics et non soutenues par l'industrie – chez des rats, des souris, des bovins, des porcs, des saumons et des cailles. Aucune n'a trouvé de différences significatives dans la santé des animaux nourris avec des aliments équivalents, soit GM, soit non GM.

 

Ricroch a également examiné 16 études d'alimentation multi-générationnelles – encore une fois toutes financées par des fonds publics – visant à déterminer si la consommation d'aliments transgéniques par une génération d'animaux avait un impact sur la santé de leur progéniture.

 

« Aucune nouvelle préoccupation en matière de sécurité n'a été soulevée dans ces études multi-générationnelles », mais plusieurs études ont souffert de faiblesses telles que l'absence de groupe de contrôle approprié ou l'absence d'évaluation de la puissance statistique, ce qui signifie que de petites différences peuvent être mal interprétées.

 

Elle a conclu en ces termes : « Aucune de ces évaluations publiées utilisant de nouveaux profilages "-omiques" n’a montré de nouvelles préoccupations en matière de sécurité pour les variétés de plantes GM commercialisées. »

 

En l'absence de données scientifiques permettant de justifier le système de réglementation, certains experts affirment – compte tenu de la fureur qui s'abat sur les OGM depuis des décennies – qu'il est au moins utile de rassurer le public en réalisant des études de sécurité multiples et coûteuses.

 

Toutefois, l’expérience de l’énergie nucléaire et d’autres secteurs où la perception des risques est également hors de proportion avec la réalité scientifique a montré que le contraire est plus probable et qu’un grand nombre de tests de sécurité appliqués à l'alimentation a pour effet de convaincre les gens qu'ils sont justifiés par des choses vraiment risquées qui se passent.

 

Les réglementations inutiles servent plus à inquiéter les gens qu'à les rassurer, et les militants enferment les scientifiques dans un cercle vicieux lorsque ceux-ci acceptent le fardeau d'une réglementation de plus en plus lourde dans l'espoir naïf de rassurer un public circonspect.

 

Les militants sont donc tout à fait satisfaits de voir que le système de réglementation bloque de facto l’innovation en génétique des plantes cultivées, comme cela est le cas depuis près de deux décennies en Europe, en Afrique et ailleurs, même si cela fait face à un consensus mondial sur le fait que les plantes issues de l'utilisation de techniques moléculaires sont aussi sûres que toutes les autres.

 

Dans le cas des OGM, aucune norme scientifique de sécurité ne sera jamais suffisante pour convaincre les militants anti-OGM de renoncer à leur opposition, car leurs objections ne sont pas fondées sur des bases scientifiques.

 

_____________

 

Source : https://allianceforscience.cornell.edu/blog/2018/09/no-scientific-evidence-risk-justify-gmo-regulations-researcher-finds/

 

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