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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

La première unité de cryoconservation de l'Ouganda conserve la diversité des bananiers

27 Octobre 2018 , Rédigé par Seppi Publié dans #Afrique, #amélioration des plantes

La première unité de cryoconservation de l'Ouganda conserve la diversité des bananiers

 

Christopher Bendana*

 

 

 

 

L'Organisation Nationale de Recherche Agricole de l'Ouganda (NARO) utilise l'azote liquide pour conserver des lignées de cellules de bananier dans le cadre d'un effort novateur qui pourrait aider les chercheurs à lutter contre les maladies et les menaces climatiques.

 

La science du stockage des tissus dans l'azote liquide, également utilisée couramment en recherche médicale, s'appelle la cryoconservation. Parmi les plantes conservées jusqu'ici en utilisant cette méthode, citons la banane à cuire en Afrique de l’Est, connue localement sous le nom de matooke.

 

Le projet, le premier du genre dans le pays, a été lancé par le Dr Priver Namanya Bwesigye, chercheuse principale au Laboratoire National de Recherche Agricole (NARL) de Kawanda (un institut de la NARO), après une formation en France et en Belgique en 2002.

 

La formation de Namanya a été le fruit d'un partenariat en biotechnologie pour le développement des capacités entre la NARO et le Réseau International pour l'Amélioration de la Banane et de la Banane Plantain, devenu depuis Biodiversity International.

 

Le NARL-Kawanda est le seul laboratoire au monde capable de produire des suspensions cellulaires pour les bananiers matooke. Le processus de cryoconservation consiste d'abord à rechercher des cellules de bananier à partir des méristèmes. Les cellules sont ensuite évaluées pour déterminer si elles peuvent produire des embryons.

 

Namanya dit que la lignée cellulaire qui peut former des embryons est trop précieuse pour la faire croître indéfiniment dans une culture de tissus dans laquelle elle peut être perdue à cause d'une contamination ou d'une erreur humaine. Une fois qu'une bonne lignée cellulaire a été établie, elle est placée dans une cuve contenant de l'azote liquide pour être stockée à moins 196 degrés Celsius.

 

La cryopréservation présente de nombreux avantages. C'est un moyen sûr de stocker les cellules pendant longtemps, les coûts de maintenance sont minimes et comme il n'y a pas d'exposition à l'environnement extérieur, il n'y a pas de risque de contamination par des bactéries ou des champignons. Les chercheurs peuvent alors récupérer les cellules sous des formes viables, si nécessaire, explique Namanya.

 

De plus, la méthode de stockage des cultures dans l'azote liquide n'est pas affectée par des facteurs externes tels que le changement climatique ou le manque d'électricité, à condition que le conteneur d'azote liquide soit fermement verrouillé pour éviter les déversements. De plus, les cellules stockées dans l'azote sont viables pendant de nombreuses années, ce qui permet aux chercheurs d'y accéder facilement chaque fois qu'ils veulent faire de la recherche, par exemple des travaux d'amélioration des plantes.

 

Namanya a déclaré que la science de la cryoconservation est l'une des méthodes permettant de stocker des variétés indigènes pour les programmes de sélection actuels et futurs. Actuellement, la NARO a huit variétés stockées à Kawanda, accessibles uniquement à des fins de recherche.

 

« Elles ne sont que pour notre usage », a-t-elle déclaré.

 

Les cultures peuvent également être stockées dans leur environnement naturel. Namanya a déclaré que la NARO, en partenariat avec Biodiversity International, gère une collection de conservation de matériel génétique in situ de plus de 500 types de bananiers à l'Institut de Recherche et de Développement Agricoles de la Zone de Mbarara. Les collections comprennent des variétés locales, régionales et internationales.

 

L'Ouganda est le deuxième plus grand producteur de bananes au monde, selon le Dr Jerome Kubiriba, chef d'équipe du Programme de Recherche sur le Bananier en Ouganda. La production mène également à la première consommation par personne, chaque Ougandais consommant en moyenne 240 kg par an. Par conséquent, la protection du matériel génétique du bananier en Ouganda est importante pour la sécurité alimentaire du pays.

 

Cependant, la culture du bananier est actuellement menacée en Ouganda par diverses maladies, telles que le flétrissement bactérien du bananier, un fléau virulent qui a décimé les plantations des agriculteurs. Namanya, Kubiriba et d'autres scientifiques estiment que des technologies telles que la cryoconservation peuvent être exploitées pour préserver des ressources génétiques précieuses.

 

Les préoccupations concernant la conservation des cultures locales ont été l’une des raisons invoquées par le président ougandais Yoweri Museveni pour reporter le projet de loi national sur la biosécurité en décembre 2017 après son adoption par le Parlement. Cependant, le génie génétique et d'autres technologies telles que la cryoconservation pourraient en réalité soutenir l'objectif de maintien de la biodiversité des cultures en les protégeant contre les menaces telles que les maladies et la sécheresse.

 

L’autre organisme public conservant des espèces dans l’azote liquide en Ouganda est la Banque Nationale de Ressources Génétiques Animales et Banque de Données, qui conserve de la semence, des œufs, des ovules et des embryons.

 

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Source : https://allianceforscience.cornell.edu/blog/2018/08/ugandas-first-cryopreservation-unit-conserving-banana-diversity/

 

 

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