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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Interdiction du glyphosate : que dit la Commission Européenne ?

24 Octobre 2018 , Rédigé par Seppi Publié dans #Glyphosate (Roundup), #Union européenne, #Politique

Interdiction du glyphosate : que dit la Commission Européenne ?
 

 

Hors concours... Rappel :

« Le recours au principe de précaution n’est donc justifié que lorsque trois conditions préalables sont remplies:

  • l’identification des effets potentiellement négatifs;

  • l’évaluation des données scientifiques disponibles;

  • l’étendue de l’incertitude scientifique.

Les mesures de précaution

Les autorités chargées de la gestion du risque peuvent décider d’agir ou de ne pas agir, en fonction du niveau de risque. Si le risque est élevé, plusieurs catégories de mesures peuvent être adoptées. Il peut s’agir d’actes juridiques proportionnés, du financement de programmes de recherche, de mesures d’information du public, etc.

(Source)

 

 

« L'Europe recale l'interdiction du glyphosate par la Région Bruxelles-Capitale » est un titre du journal belge l'Écho. Quel écho lui donnera-t-on en France ?

 

En bref, la Ministre de l’Environnement de la Région Bruxelles-Capitale a interdit le glyphosate et les néonicotinoïdes sur le territoire de la région en 2016 et les autorités bruxelloises ont pris un peu de temps pour se conformer à leur obligation d'informer la Commission de leur projet d’interdiction, ce qui aurait permis à cette dernière de leur dire en temps et en heure si leur projet tenait la route ou s’il risquait d’être attaqué par ses services.

 

Et donc, la Commission a répondu, apparemment poliment – selon les règles de courtoisie en usage – quand bien même l'Écho prend cela sur le mode cour de récréation : la Région a, en effet, contesté devant la Cour de Justice de l'Union Européenne la décision – en fait des États membres et pas de la Commission – de renouveler l'autorisation du glyphosate pour cinq ans, prise en novembre 2017... vous savez, celle qui provoqua un fameux gazouillis donaldtrumpien... qui provoqué, lui, une fameuse chienlit française.

 

 

 

 

L'Écho écrit donc :

 

« Le projet bruxellois qui interdit "globalement" le glyphosate est trop brouillon, dit-elle: il faut pouvoir "tenir compte des évaluations spécifiques de chaque demande individuelle d’autorisation". Par ailleurs, il "semble interférer avec l’existence d’autorisations valables octroyées par les autorités belges". Et plus fondamentalement: les États membres "ne peuvent invoquer des considérations de sécurité générales et abstraites liées à une substance active en se référant au principe de précaution", tranche l’administration européenne. »

 

La Commission se fait aussi didactique sur le glyphosate :

 

« "Pour ce qui est des effets potentiels du glyphosate sur la santé humaine, […] l’Agence européenne des produits chimiques (Echa) est parvenue par consensus à un accord selon lequel il n’existe pas de justification pour une classification du glyphosate comme cancérigène, ni comme toxique pour la reproduction ou mutagène." Avis partagé, souligne la Commission, par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa), par des experts d’États membres – et de pays tiers –, ainsi que par la réunion conjointe de deux agences de l’ONU, la FAO et l’OMS, sur les résidus de pesticides. La Commission cite encore une étude épidémiologique publiée dans le Journal de l’Institut national des États-Unis contre le cancer (JNCI), qui "n’a constaté aucun lien entre une exposition à long terme d’un nombre élevé de travailleurs agricoles au glyphosate et le cancer". »

 

Didactique et insistante :

 

« En tout état de cause, conclut la Commission, l’interdiction locale du glyphosate aurait pu être envisagée si la Région avait fourni un argumentaire étayé "qui démontrerait que chaque produit phytopharmaceutique contenant du glyphosate représente un risque inacceptable". Mais tel n’a pas été le cas.

 

Une missive apparemment similaire a été envoyée aux autorités bruxelloises s'agissant de leur interdiction, en bloc, des néonicotinoïdes.

 

Quant au journaliste, il conclut avec du mauvais esprit caractérisé, en signalant qu'il y a trois dérogations pour la gestion des voies ferrées et :

 

« Quant aux particuliers, ils ont encore accès à des herbicides à base d’acide, et peuvent déverser de l’eau de Javel ou s’en remettre à des recettes "maison" à base de sel et de vinaigre… Autant de substituts nocifs pour l’environnement, voire l’être humain. »

 

Y aura-t-il quelqu'un pour avertir nos honorables membres du gouvernement – et leur faire un dessin ?

 

M. Roger Genet, directeur de l'ANSES, peut-être, lui qui déclarait à l'excellent Agriculture et Environnement de M. Gil Rivière-Wekstein en mai 2018 :

 

« Sur les 120 restantes, une soixantaine est en cours de demande de renouvellement d’AMM et l’Anses dispose d’un délai de douze mois pour clôturer leur dossier dans le cadre de la nouvelle homologation communautaire. Si elles sont accordées, ces AMM seront bien entendu valables pour la même période que la substance active, c’est-à-dire cinq ans. Ce qui veut dire que pour mettre en œuvre la volonté du gouvernement d’interdire leur usage dans un délai plus court, à savoir trois ans, il faudra avoir des éléments nouveaux soulignant un risque inacceptable et immédiat sur la santé ou l’environnement. Or, bien que beaucoup de contre-vérités circulent au sujet du glyphosate – notamment sur un éventuel effet perturbateur endocrinien qui n’a jamais été démontré et qu’aucun élément ne permet de suggérer — nous ne disposons d’aucun élément qui pourrait permettre un retrait immédiat des AMM, en l’état actuel des connaissances. »

 

Un Roger Genet qui a été copieusement critiqué (pour rester poli) pour avoir énoncé une vérité chez un Gil Rivière-Wekstein également assaisonné (pour rester également poli) par deux amateurs de coquelicots...

 

Au fait, Mme Brune Poirson : qu'a répondu la Commission sur des insecticides qui fonctionnent comme les néonicotinoïdes ?

 

 

 

 

Et au fait aussi : est-ce vrai ?

 


 

 

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