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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Le Figaro Madame exhibe les compétences de M. François Veillerette (Générations Futures) : hilarant

28 Septembre 2018 , Rédigé par Seppi Publié dans #critique de l'information, #Pesticides, #Générations futures

Le Figaro Madame exhibe les compétences de M. François Veillerette (Générations Futures) : hilarant

 

 

L'ébouriffante « communication » de Générations Futures... non les fruits ne sont pas composés de trois quarts de pesticides et un quart de fruit.

 

 

Finalement, il faut remercier le Figaro Madame, sa journaliste Léa Ferry et son « Pesticides : les fruits et légumes les moins contaminés » publié le 26 septembre 2018.

 

Un grand moment d'hilarité vous attend... enfin si vous n'êtes pas hypocondriaque et êtes doué d'un peu de bon sens (une denrée qui, malheureusement, cède souvent le pas face à la propagande anti-pesticides (et plus généralement anti-chimie, anti-vaccins, etc.).

 

En chapô :

 

« Manger au moins cinq fruits et légumes par jour est l’une des bases de notre alimentation. Mais la présence de pesticides dans ces produits est de plus en plus préoccupante. Lesquels faut-il favoriser pour limiter les risques ? Réponse avec deux spécialistes. »

 

Voilà d'entrée une preuve de la défaite du bon sens (à moins que ce ne soit du cynisme qui ne recule devant rien pour vendre du papier) : on a beau expliquer que les résidus de pesticides dans les aliments ne sont pas un problème de santé, rien n'y fait.

 

 

Mais quels sont les « deux spécialistes » ?

 

Nous avons vendu la mèche en partie dans le titre : M. François Veillerette, directeur et porte-parole de Générations Futures (généreusement financé par le biobusiness pour faire progresser les parts de marché du biobusiness), et Mme Catherine Levesque, journaliste et auteure de « Le grand livre antitoxique : Perturbateurs endocriniens, additifs alimentaires, pesticides... Se protéger de tous les poisons du quotidien ».

 

Notre journaliste (Mme Léa Ferry) nous fournit une référence... évidemment de Générations Futures... un « rapport de l’ONG Générations Futures paru en février dernier sur la contamination de ces aliments non-bio ». EFSA, connais pas... Départ pour la séquence hilarité.

 

 

Pourquoi un fruit serait-il plus conseillé qu’un autre ?

 

Entrée en piste de M. François Veillerette :

 

« Cela va dépendre de son degré d’industrialisation, de sa peau, de son origine géographique et du type d’arbre sur lequel il pousse ».

 

 

Pourquoi l'avocat serait-il le « moins contaminé » ?

 

« Il a une peau dure qui protège le fruit et réduit les attaques d’insectes. Il nécessite donc moins de traitement ».

 

C'est du niveau de Bernardin de Saint-Pierre pour qui le melon a été divisé en tranches par la Nature afin d'être mangé en famille, la citrouille, plus grosse, pouvant être mangée avec les voisins.

 

Du coup, les balanins qui percent un trou dans la coque de la noisette – certes à un stade où celle-ci n'est pas encore lignifiée – doivent être des Hercule de foire.

 

Notons aussi la formulation de la journaliste :

 

« Parmi les fruits les plus faibles en pesticides, l’avocat l’emporte avec un total de 23,1% de résidus. »

 

Elle a tout compris... enfin tout mal compris : non, un avocat, ce n'est pas trois quarts d'avocat et un quart de pesticides. Ce que dit le « rapport » de Générations Futures, c'est que 23,1 % des échantillons d'avocats analysés par la DGCCRF contenaient un ou plusieurs résidus de pesticides à des niveaux quantifiables.

 

 
Pourquoi le kiwi serait-il le deuxième « moins contaminé » ?

 

« Ils sont moins industrialisés. Leur exploitation rustique et le fait qu’ils poussent sur des arbres à hautes tiges rendent le traitement plus léger ».

 

Ya p'têt' une petite confusion avec, par exemple, la mangue... Le kiwi pousse sur une liane.

 

 

Et les légumes ?

 

Notre journaliste (Mme Léa Ferry) a une explication pour la différence entre fruits et légumes, ces derniers étant censés être moins « contaminés » :

 

« La grande majorité des légumes sont davantage protégés par le sol et moins exposés aux maladies. Et, bien évidemment, la physionomie a son importance. »

 

 

Quant à notre héraut anti-pesticides* national...

 

* de synthèse :

 

« L’artichaut ou l’aubergine, par exemple, ont une peau bien plus solide et robuste que des fruits comme la cerise, la fraise ou encore le raisin. Les traiter est donc moins nécessaire ».

 

Et c'est à M. François Veillerette que les médias tendent le micro...

 

 

Comment éviter les résidus de pesticides ?

 

À ce stade, la parole est donnée à Mme Catherine Lesveque, pour « les produits issus de l’agriculture conventionnelle » :

 

« Dans la mesure du possible, il est préférable d’éplucher les fruits et légumes, même si l’essentiel des nutriments se concentrent dans la peau »

 

Ou encore, autre solution, :

 

« Je recommande de les tremper dans un grand bol d’eau et de bien les nettoyer avec une petite brosse à légumes ».

 

Et notre autre journaliste de conclure :

 

« Sinon, on favorise les aliments biologiques ou non-traités ; un seul bon rinçage suffit ensuite. Direction le rayon bio pour éviter de croquer dans les pesticides de nos fruits et légumes préférés. »

 

Le biobusiness vous en sait gré, Figaro Madame... Moi aussi, pour le divertissement. Mais franchement, ne pensez-vous pas que vous prenez vos lect.rices.eurs pour des poires ?

 

 

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