Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

L'opposition aux OGM au Nigeria est un « sabotage politique »

2 Septembre 2018 , Rédigé par Seppi Publié dans #OGM, #Afrique, #Activisme

L'opposition aux OGM au Nigeria est un « sabotage politique »

 

Isaac Nkechi*

 

 

 

 

Les efforts déployés par les activistes pour bloquer les progrès du Nigeria avec les plantes génétiquement modifiées (OGM) équivaut à un « sabotage politique », a déclaré l'un des principaux scientifiques du pays.

 

Le génie génétique a été bénéfique pour l'agriculture, la médecine, l'environnement, la réduction de la pauvreté et l'économie en général dans les pays en développement, y compris au Nigeria, a déclaré le professeur Celestine Aguoru, consultant environnemental et président du Consortium National de Biotechnologie et de Biosécurité.

 

« Cependant, profitant du faible niveau de connaissance et de compréhension de la biotechnologie moderne parmi les Nigérians, les activistes anti-OGM ont transformé les questions scientifiques et techniques en débats moraux, culturels et idéologiques », a-t-il déclaré lors de la cérémonie d'ouverture de la réunion tenue à Abuja pour examiner les progrès de la nation dans la biotechnologie.

 

« Ils manipulent systématiquement la science, créent des faits alternatifs et déforment les faits scientifiques pour créer la peur et le découragement face aux risques sanitaires et environnementaux perçus de la biotechnologie moderne », a-t-il dit. « Cela équivaut à un sabotage politique de la part de personnes qui ne connaissent pas le génie génétique. Le cas est encore pire quand ils disent que nous n'avons aucune capacité au Nigeria pour pratiquer la biotechnologie moderne. »

 

Aguoru, cependant, a dit que le Nigeria a l'expertise pour traiter des questions posées par la biotechnologie et la biosécurité modernes, et la biotechnologie agricole offre au Nigeria des avantages économiques incommensurables qui ne doivent pas être ignorés.

 

Ses remarques ont été faites lors d'une réunion organisée par le Forum Ouvert pour la Biotechnologie Agricole (OFAB) et l'Agence Nationale de Développement de la Biotechnologie (NABDA) à laquelle ont participé des scientifiques, des représentants gouvernementaux, des groupes de la société civile, des médias, des juristes et des membres du secteur privé.

 

Aguoru a confirmé que le NBBC s'assurera que les experts des universités, des instituts de recherche et des agences gouvernementales ont une voix et une stratégie unifiées pour soutenir la technologie tout en s'assurant que les protocoles de biosécurité que le Nigeria s'est engagé à suivre sont respectés.

 

Le Dr Rose Gidado, coordinatrice nationale de l'OFAB, section du Nigeria, a déclaré que la réunion avait pour objectif d'examiner les stratégies nationales au cours des dernières années et de déterminer la meilleure façon de promouvoir la compréhension du potentiel des biotechnologies agricoles et des mesures de biosécurité du pays.

 

Bien qu'elle soit la technologie agricole la plus rapidement adoptée dans l'histoire de l'agriculture moderne, l'Afrique subsaharienne n'a pas encore bénéficié de cette technologie, a-t-elle dit, soulignant que les experts attribuent la situation au manque de volonté politique, à des politiques restrictives, à un faible investissement public et à un accès limité à la technologie.

 

« La biotechnologie agricole promet d'améliorer la sécurité alimentaire et une meilleure nutrition », a-t-elle déclaré. « Les États membres de l'Union africaine doivent investir dans la biotechnologie agricole pour résoudre les problèmes à long terme tels que la carence en éléments nutritifs et les améliorations nécessaires à la productivité agricole globale. »

 

Le Pr Alex Akpa, directeur général par intérim de la NABDA, a déclaré que l'agence exécutait son mandat en coordonnant les efforts des scientifiques et des phytogénéticiens nigérians des instituts publics de recherche agricole, à savoir l'Institut de Recherche Agricole (IAR) de Zaria, l'Institut National de Recherche sur les Céréales (NCRI) de Badeggi, l'Institut National de Recherche sur les Plantes Racines (NRCRI) d'Umudike et l'Institut International d'Agriculture Tropicale (IITA) d'Ibadan. Ces agences ont identifié les défis de productivité auxquels sont confrontées les cultures locales de sécurité alimentaire et ont développé des variétés génétiquement modifiées – en collaboration avec divers partenaires internationaux, notamment AATF, USAID, Africa Harvest et Dupont Pioneer – pour aider à relever ces défis.

 

Il a énuméré cinq cultures biotechnologiques actuellement soumises à des essais sur le terrain en milieu confiné dans le pays : le niébé résistant aux foreurs de la gousse (PBR), modifié pour résister aux larves de l'insecte Maruca ; le cotonnier Bt, résistant au ver rose de la capsule ; le sorgho biofortifié pour l'Afrique (ABS) avec des niveaux accrus de vitamine A, de fer et de zinc pour lutter contre la malnutrition ; l'utilisation efficace de l'azote, l'utilisation efficace de l'eau et la tolérance au sel (NEWEST) ; et le manioc résistant à des virus et amélioré sur le plan nutritionnel pour l'Afrique (VIRCA PLUS).

 

« Des décennies de preuves documentées démontrent que la biotechnologie agricole est une technologie sûre et bénéfique qui contribue à la durabilité environnementale et économique », a-t-il déclaré. « Les cultures biotechnologiques ont le potentiel d'augmenter le rendement et de réduire les coûts de production. Les agriculteurs obtiendront un meilleur rendement financier tout en utilisant des pratiques agricoles plus respectueuses de l'environnement grâce à l'utilisation de la biotechnologie agricole. »

 

Le Dr Chiedozie Egesi, directeur adjoint du NRCRI, a soutenu que les parties prenantes devaient se distancer des problèmes qui les distraient et se concentrer sur la création d'une feuille de route conforme à la mission du gouvernement fédéral : produire suffisamment pour nourrir les Nigérians et commencer à gagner de l'argent avec l'agriculture.

 

Bien que la biotechnologie ne soit pas une solution miracle pour le développement agricole, elle fournit une base solide pour obtenir des récoltes exceptionnelles qui alimentent le développement de l'agriculture, a-t-il dit, soulignant l'exemple des pays exportateurs d'aliments tels que l'Argentine, les États-Unis et le Brésil.

 

« Ce sont des pays dont la base agricole a été modifiée pour reposer sur des plantes transgéniques comme le soja, le maïs et toutes les autres cultures. Donc, pour le Nigeria, qui est censé devenir l'un des pays les plus peuplés d'ici 2050, il est important que nous commencions à faire en sorte que la biotechnologie agricole soit adoptée et même qu'elle soit la base sur laquelle nous produirons nos récoltes », a-t-il dit. « Il existe d'autres technologies qui contribueront à la sécurité alimentaire et nous aideront à produire plus de nourriture, comme l'amélioration de notre utilisation des engrais et toutes les autres techniques agronomiques, mais la base de toute récolte exceptionnelle est l'amélioration des semences, et la biotechnologie agricole est censée contribuer à la production de la meilleure semence pour développer notre agriculture. »

 

Le chef Daniel Okafor, vice-président de l'Association des Agriculteurs du Nigeria (AFAN), a convenu que la biotechnologie est la voie à suivre, soulignant que la science et la technologie ne peuvent pas aller de l'avant sans les agriculteurs et vice versa.

 

« Nous nous félicitons du développement de la science et de la technologie au Nigeria parce que nous avons vu ce que la science peut faire dans les autres pays développés que nous avons visités et nous ne pouvons pas faire d'avancées significatives dans le domaine de l'agriculture sans les outils tels que la biotechnologie » a-t-il ajouté.

 

Pendant ce temps, le Dr. Rufus Ebegba, directeur général de l'Agence Nationale de Gestion de la Biosécurité (NBMA), a souligné que l'agence était prête à réguler le secteur de la biotechnologie nationale, disant qu'elle dispose d'un laboratoire de pointe bien équipé et de personnel hautement qualifié pour réglementer efficacement l'application de la biotechnologie moderne dans le pays.

 

_______________

 

Source : https://allianceforscience.cornell.edu/blog/2018/07/opposition-nigerias-gmo-crops-political-sabotage/

 

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article