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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Forumphyto bouge encore : « Bilan Ecophyto 2017 : l’impuissance organisée » de M. Philippe Stoop

19 Septembre 2018 , Rédigé par Seppi Publié dans #Pesticides, #Politique, #critique de l'information

Forumphyto bouge encore : « Bilan Ecophyto 2017 : l’impuissance organisée » de M. Philippe Stoop

 

Glané sur la toile 269

 

 

 

 

M. Philippe Stoop, membre correspondant de l'Académie d'Agriculture de France, distille de temps en temps ses analyses pointues.

 

« Bilan Ecophyto 2017 : l’impuissance organisée » décrypte le bilan – lire : explique pourquoi l'indicateur de référence a augmenté d'une année à l'autre et en tire les conclusions politiques.

 

Le résumé :

 

« Résumé : comme chaque année, la note de suivi du plan Ecophyto, sortie en juillet dernier, se contente d’étaler l’échec récurrent de ce plan, sans aucune explication ni proposition pour redresser la situation…ou remettre en cause l’objectif initial d’une réduction de 50% du nombre de traitements. Pourtant, les résultats plus que médiocre des fermes de démonstration DEPHY, qui bénéficient de tout le soutien technique possible pour progresser, montrent bien que cet objectif est totalement irréaliste…comme l’avait d’ailleurs prévu dès 2010 le rapport Ecophyto R&D de l’INRA. Si cette parodie de suivi sert à long terme les intérêts du Ministre de la Transition Ecologique, qui peut en tirer prétexte pour réclamer des mesures plus radicales, on voit mal pourquoi le Ministre de l’Agriculture se prête à cette mascarade, qui discrédite avec lui toute son administration, et les agriculteurs dans leur ensemble. »

 

C'est vraiment à lire... et à méditer car personne en ce bas monde médiatique n'a repris l'information... les agriculteurs pollueurs impénitents et irresponsables est une histoire bien trop vendeuse auprès des populations urbaines et rurbaines déconnectées des réalités de l'agriculture pour lui mettre un coup de canif.

 

Nous rappellerons qu'Écophyto est un fruit du Grenelle Environnement (souvent appelé Grenelle de l'environnement), un ensemble de rencontres politiques qui ont eu lieu en septembre et décembre 2007 avec pour objectif de prendre des décisions à long terme en matière d'environnement et de développement durable. L'initiative en revient formellement au Président Nicolas Sarkozy, en réalité à M. Nicolas Hulot qui avait fait signer des engagements aux candidats lors de la campagne électorale de 2007. Encore une belle réussite à son actif...

 

Le bel élan écologique avait aboutit à un engagement de réduire l'usage des pesticides de 50 % à l'horizon 2018. Le Ministre de l'Agriculture de l'époque, M. Bruno Le Maire, avait réussi à faire glisser un « si possible » dans le texte.

 

Commander à l'agriculture – et à d'autres secteurs de l'économie et de la société – de faire refluer l'utilisation de produits de protection des plantes – en chiffrant le taux de réduction sur le coin d'une nappe entre la poire et le fromage par une mise aux enchères comme cela a peut-être été fait – a autant d'effet que le « Mer! Ne mouille point mes pieds car je suis le roi ! » du roi Knut...

 

Il revint donc au Ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll de faire le constat de l'échec inéluctable d'Écophyto 2018 et d'en tirer les conséquences. Courageux (ironie), il maintint l'objectif des 50 % dans le plan Écophyto II (du 20 octobre 2015), mais en repoussant l'échéance :

 

« Maintenir le cap d’une réduction de 50 % selon une trajectoire en deux temps :

 

  • une réduction de 25 % en 2020, qui repose surtout sur l’optimisation des systèmes de production par le transfert et la diffusion des solutions actuellement disponibles ;

     

  • une réduction de 50 % à l’horizon 2025 permise par des mutations profondes des systèmes de production et des filières, soutenues par des déterminants politiques de moyen et long terme, par une politique de formation ambitieuse et par les avancées de la science et de la technique. »

 

Non, vous ne rêvez pas ! Mais les politiques (politiciens, démagogues et pusillanimes) et les bureaucrates ont rêvé*...

 

Et si on en revenait aux réalités ?

 

Les produits de protection des plantes ne sont ni un luxe, ni un gadget, ni, dans de nombreux cas, une solution de facilité ou de convenance. Ils sont employés pour garantir (autant que possible et raisonnable) une production agricole qui assurera, en quantité et en qualité, l'alimentation et la réponse à d'autres besoins des Français et, par les exportations, celles d'autres « Terriens ».

 

Nous ferions bien de reformater les logiciels médiatiques et politiques à l'image de « Les antibiotiques, c'est pas automatique » et promouvoir une approche coûts-bénéfices, fondée sur des faits et non des fictions comme l'infâme « Les pesticides sont des poisons qui détruisent tout ce qui est vivant » de la dernière manœuvre des petites mains du biobusiness.

 

M. Stoop écrit :

 

« Les alertes de l’INRA étant restées lettre morte, il ne fallait pas attendre de miracles du plan Ecophyto… et il n’y en a pas eu ! Cela dit, même les plus sceptiques s’attendaient simplement à une légère régression de l’usage des pesticides, mais pas à l’augmentation que nous observons actuellement. A quoi ce résultat paradoxal est-il dû ? C’est là que l’on touche à la perversité de la machine folle qu’est devenu Ecophyto : les notes de suivi ne donnent aucun indice pour comprendre la cause de cette tendance contraire aux objectifs. Pour le comprendre, il faut commencer par rappeler les trois principaux facteurs influant sur l’utilisation de pesticides :

 

  • D’abord l’espèce cultivée : en moyenne, le maïs a besoin de moins de 2 traitements pesticides par an, le blé et la majeure partie des grandes cultures entre 3 et 6, la vigne entre 12 et 20 suivant les régions

     

  • Le climat de l’année, plus ou moins favorable aux maladies et aux ravageurs. Ce facteur agit en interaction avec le précédent : dans une région et pour une année données, le climat peut être favorable aux maladies du blé, mais défavorable à celles de la vigne.

     

  • Les choix techniques de l’agriculteur, suivant son niveau de technicité et sa motivation pour réduire l’usage des pesticides.

 

Or nous allons voir que les indicateurs de suivi du plan Ecophyto ne permettent en aucune façon de distinguer les effets respectifs de ces trois facteurs. »

 

Pour le voir, il faudra le lire...

 

Mais notons encore deux points :

 

 

 

 

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