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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

À propos de la résistance aux antimicrobiens chez les bactéries du poulet et du porc au Royaume-Uni et accessoirement en France

12 Septembre 2018 , Rédigé par Seppi Publié dans #Albert Amgar, #Alimentation, #Santé publique

À propos de la résistance aux antimicrobiens chez les bactéries du poulet et du porc au Royaume-Uni et accessoirement en France

 

Albert Amgar*

 

 

« Publication de l’analyse de la résistance aux antimicrobiens chez les bactéries du poulet et du porc », source Food Standards Agency du 5 septembre 2018.

 

Aurons-nous un jour une étude comparable en France ?

 

Nous avons publié les résultats d'une enquête que nous avons commandée pour évaluer la part de la résistance aux antimicrobiens (RAM) chez les bactéries présentes dans du porc haché réfrigérée et du poulet réfrigéré et congelé en vente au Royaume-Uni. Ces résultats aideront à établir une base de référence de la présence, des types et des niveaux de RAM chez les bactéries présentes dans ces viandes dans la distribution britannique, ce qui éclairera une surveillance future de la RAM dans ces aliments.

 

Cette enquête fait suite à un rapport établi par un groupe constitué par l’Advisory Committee on Microbiological Safety of Food (ACMSF) pour nous conseiller sur les questions de recherche et les approches potentielles de la RAM dans la chaîne alimentaire.

 

L'enquête comportait l'analyse de Campylobacter dans des prélèvements de poulet et de Salmonella dans des prélèvements de viande de porc pour détecter la présence de bactéries résistantes aux antimicrobiens. L'enquête a également recherché la résistance aux antimicrobiens chez d'autres bactéries dans les deux types de viande, notamment les entérocoques, Klebsiella et Escherichia coli.

 

Le rapport final de l'enquête, « Surveillance Study of Antimicrobial Resistance in Bacteria Isolated from Chicken and Pork Sampled on Retail Sale in the United Kingdom » est accessible ici.

 

Dans la conclusion les auteurs du rapport notent :

 

Bien qu’il soit nécessaire de surveiller l’émergence de la résistance aux antimicrobiens, le risque pour les consommateurs peut être réduit en suivant les ‘4 clés’ (issues des Cinq clés de l’OMSaa) lors du transport, du stockage et de la préparation des aliments.

 

Les 4 clés sont les suivantes :

 

  • bien nettoyer ou cleaning well

  • cuire à cœur ou cooking thoroughly

  • refroidir correctement ou chilling correctly

  • éviter la contamination croisée (ou le transfert de contamination) ou avoiding cross-contamination

 

Une cuisson à cœur est essentielle car elle peut détruire les bactéries qui peuvent être présentes dans les aliments, dont celles qui sont résistantes aux antimicrobiens. De bonnes pratiques d'hygiène à tous les stades de la chaîne alimentaire sont également importantes, car elles contribueront à réduire le risque de propagation des bactéries résistantes aux antimicrobiens à d'autres aliments et surfaces.

 

Le risque que des personnes développent des infections résistantes aux antimicrobiens à partir de ces aliments est très faible, à condition que le poulet et le porc soient bien cuits jusqu'à ce que le jus soit clair. Cela va tuer les bactéries susceptibles de provoquer une intoxication alimentaire, notamment les bactéries résistantes aux antimicrobiens.

 

Steve Wearne, directeur de la réglementation alimentaire à la FSA a déclaré :

 

« L'émergence et la propagation de la résistance aux antimicrobiens constituent une menace mondiale importante en termes de santé publique et d'impact économique et nous sommes déterminés à faire face à cette menace. Le rapport O'Neill appelle à des mesures urgentes pour réduire les prescriptions d'antibiotiques et une meilleure hygiène et un bon nettoyage et désinfection, la réduction de l'utilisation d'antibiotiques dans l'agriculture et la réduction de la pollution environnementale En plus de réduire l'utilisation d'antibiotiques dans les exploitations agricoles, nous devons comprendre le rôle que les aliments jouent dans la RAM et nous travaillons avec le Quadram Institute à Norwich afin de comprendre comment la résistance survient et comment les bactéries résistantes sont transmises par la chaîne alimentaire. »

 

« Je suis ravi que l'industrie alimentaire prenne très au sérieux son rôle moteur et prenne des mesures pour donner suite aux recommandations du rapport O'Neill. L'utilisation des antibiotiques dans le secteur de la viande de volaille a diminué de 82% entre 2012 et 2017 et l'utilisation des antibiotiques au Royaume-Uni a diminué de moitié entre 2015 et 2017. Il y a encore plus à faire pour l'industrie et nous mettons tous les secteurs de production alimentaire au défi de réduire les niveaux d'antibiotiques qu'ils utilisent pour lutter contre la RAM. »

 

En France, nous avons :

 

« Le plan écoantibio : réduire l’utilisation des antibiotiques vétérinaires », source DGAL octobre 2017.

 

- 37% d’antibiotiques vétérinaires utilisés en 5 ans, toutes filières confondues

 

Et aussi

 

« Campagne 2018 - « Les antibios, comme il faut, quand il faut »

 

Mais pas de données, à ma connaissance, sur la résistance des bactéries aux antibiotiques dans des aliments similaires…

 

On lira enfin un article paru sur ForumPhyto le 22 août 2018, « Bilan Ecophyto 2017 : l’impuissance organisée » :

 

Résumé : Comme chaque année, la note de suivi du plan Ecophyto, sortie en juillet dernier, se contente d’étaler l’échec récurrent de ce plan, sans aucune explication ni proposition pour redresser la situation… ou remettre en cause l’objectif initial d’une réduction de 50% du nombre de traitements. Pourtant, les résultats plus que médiocre des fermes de démonstration DEPHY, qui bénéficient de tout le soutien technique possible pour progresser, montrent bien que cet objectif est totalement irréaliste…comme l’avait d’ailleurs prévu dès 2010 le rapport Ecophyto R&D de l’INRA. Si cette parodie de suivi sert à long terme les intérêts du Ministre de la Transition Ecologique, qui peut en tirer prétexte pour réclamer des mesures plus radicales, on voit mal pourquoi le Ministre de l’Agriculture se prête à cette mascarade, qui discrédite avec lui toute son administration, et les agriculteurs dans leur ensemble.

 

______________

 

* Albert Amgar a été pendant 21 ans le dirigeant d'une entreprise de services aux entreprises alimentaires ; il n'exerce plus aujourd'hui, car retraité. Au travers de son blog il nous a livré des informations dans le domaine de l’hygiène et de la sécurité des aliments. Désormais, je l'accueille avec plaisir.

 

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On lira aussi cette étude américaine récente, Whole-Genome Sequence Analysis of CTX-M Containing Escherichia coli Isolates from Retail Meats and Cattle in the United States, https://www.liebertpub.com/doi/10.1089/mdr.2018.0206
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