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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Cereal killers ou terroristes alimentaires ?

27 Août 2018 , Rédigé par Seppi Publié dans #Activisme, #Glyphosate (Roundup)

Cereal killers ou terroristes alimentaires ?

 

Kevin Folta*

 

 

 

[Ma note : remplacez « Environmental Working Group » par « Générations Futures », et vous aurez un article qui s'applique assez bien à l'activisme déployé en France. Il s'applique aussi à 60 Millions de Consommateurs et les couches pour bébés.]

 

 

 

 

Le simple fait qu'une organisation produise un rapport ne signifie pas que le rapport doit être pris au sérieux. En fait, il devrait être examiné avec un œil attentif et un grand scepticisme.

 

 

Ceci n'est pas un article sur le glyphosate, la matière active de certains herbicides (y compris le « Roundup » par exemple). Il s’agit d’un article sur la façon dont travaillent les marchands de peurs et comment ils s’efforcent de nuire à la confiance que nous mettons dans une nourriture parfaitement saine. Il s'agit de terrorisme alimentaire.

 

 

Terrorisme alimentaire

 

J'ai écrit à ce sujet dans mon avant-propos du livre « The Fear Babe »1. Bien que d'aucuns s'opposent à l'utilisation du mot terrorisme, c'est une désignation parfaite pour ce qui se passe autour de nous. Le terrorisme est défini comme une coercition ou une intimidation visant à obtenir des gains politiques ou idéologiques.

 

C'est exactement ce que fait l'Environmental Working Group (EWG)2. À nouveau. Tromper délibérément le public pour provoquer la peur, pour créer des changements inutiles qui font avancer leur agenda.

 

Le timing était parfaitement coordonné avec le verdict du jury d'un tribunal de Californie largement médiatisé ; et ne pensez pas que c'est une coïncidence...

 

 

Normes manufacturées à des fins particulières

 

L'EWG affirme avoir trouvé l'herbicide glyphosate dans des marques commerciales de flocons d'avoine, y compris des marques biologiques. Mais voici le problème. Il est très facile de détecter des produits chimiques à des niveaux extrêmement faibles et insignifiants. C'est exactement ce qu'ils ont trouvé.

 

Cependant, l'EWG établit ses propres normes, et elles sont 14.000 fois inférieures à celles de l'EPA (l'Agence pour la Protection de l'Environnement) et considérablement inférieures à celles de tout autre organisme de réglementation. L’analogie est la suivante : si la limite de l’EPA est représentée par le nombre de kilomètres entre New York et l’autre bout de l’Australie, alors la limite de l’EWG est le premier kilomètre. La limite de tolérance de l'EWG n'a pas été déterminée par des expériences. C'est un niveau qu'ils ont choisi parce qu'il correspond à ce qu'ils ont trouvé. Ils avaient besoin d'un seuil de préoccupation très bas parce que leurs résultats étaient tout sauf remarquables.

 

Les niveaux détectés se situent largement dans les limites de sécurité. Vous devriez manger 30 bols de flocons d'avoine par jour – chaque jour – afin d'atteindre un niveau de risque réaliste.

 

Mais ils ont hurlé que ces niveaux sont catastrophiques, et les médias se sont laissé prendre.

 

 

Copies d'écran compilées par Kevin Folta

 

 

Les diffuseurs de nouvelles reprennent les mots des discours d'activistes – « dangereux », « cause le cancer », « trois fois plus que … ce qui est sûr ». Ils ignorent les scientifiques neutres et écoutent ceux qui sont motivés par leur agenda.

 

 

Les interprétations correctes arrivent en retard

 

La bonne nouvelle est que, dans les vingt-quatre heures qui ont suivi, des dizaines d'analyses critiques ont été publiées, détaillant les distorsions répondant aux objectifs de l'EWG. Des articles vraiment bien faits expliquent la signification réelle des chiffres et leur rapport réel avec les risques. Voici quelques bons exemples : 1, 2, 3.

 

Mais le mal a été fait. Partout, des mamans jettent des flocons d'avoine dans les poubelles et montrent un poing aux agriculteurs. Ces salauds avides prennent tout simplement un énorme risque financier personnel pour nourrir en toute sécurité le reste de nous [c'est de l'ironie]. Quelle audace !

 

Le pauvre mec de Quaker Oats se fera probablement remarquer le jour du ramassage des ordures, et les flocons d'avoine, un aliment sûr avec des avantages potentiels pour la santé, sont maintenant exclus de la liste des courses.

 

 

Pourquoi faire confiance à l'Environmental Working Group ?

 

C'est la vraie question. Pourquoi les agences de presse, les consommateurs et les clients de Whole Foods3 s'en tiennent-ils à ce que dit l'EWG ? Greenwashing. L'EWG n'a-t-il pas le mot « environnemental » dans son nom ? Comment peuvent-ils être mauvais ?

 

Tout en ayant l'apparence d'une organisation bienveillante déterminée à protéger l'environnement, ils passent beaucoup de temps à lutter contre l'agriculture, en particulier en ce qui concerne les produits chimiques utilisés pour protéger les cultures en toute sécurité. Oui, ce sont les gens des Dirty Dozen, les gens qui font peur aux familles et les dissuadent de consommer des fruits et des légumes frais.

 

De plus, ce n'est pas un rapport publié ! L'EWG ne publie pas ses travaux dans des revues à comité de lecture. Parce qu'ils ne le peuvent pas. Les extrapolations extravagantes, les mathématiques torturées, les statistiques lamentables et les erreurs d’interprétation délibérée sont leur marque de fabrique et ne survivraient jamais à une évaluation critique dans un journal réputé.

 

Un titre lugubre, des enfants empoisonnés et des agriculteurs démoniaques – voilà une formule pour attirer l'attention des médias !

 

 

Conclusion

 

Je suis perplexe. Lorsque des scientifiques indépendants ou des journalistes s'impliquent dans une discussion publique et parlent de la science avec honnêteté, ils sont accusés d’être des agents au service des conspirations des entreprises. Lorsque les ONG tapent dans les coffres de certaines entreprises pour tromper le public sur l'alimentation et l'agriculture, elles sont considérées comme des héros.

 

Et ils sont très heureux de faire peur au public pour atteindre leur objectif, même si cela entraîne un gaspillage de nourriture et une consommation moindre de fruits et de légumes. Personne ne devrait jamais faire confiance à l'Environmental Working Group.

 

____________

 

* Kevin Folta est un scientifique d'une université agricole qui explore les moyens de produire de meilleurs aliments avec moins d’intrants et comment communiquer des données scientifiques. Tout les financements de Dr. Folta peuvent être trouvés à kevinfolta.com/transparency.

 

1 « The Fear Babe: Shattering Vani Hari's Glass House » (la Minette de la Peur : démolir la maison de verre de Vani Hari) de Marc Draco, Kavin Senapathy et Mark Alsip démonte les pratiques « commerciales » de Vani Hari – alias Food Babe (la Minette de l'Alimentation).

 

2 L'EWG publie régulièrement des listes de fruits et légumes « sales » (« The dirty dozen ») ou « propres » (« The clean fifteen ») que l'on retrouve tout aussi régulièrement dans des médias et sur les réseaux sociaux en France.

 

3 Un grand distributeur de produits biologiques... au chiffre d'affaires équivalent à celui de Monsanto.

 

Source : https://www.agdaily.com/technology/folta-cereal-killers-or-food-terrorists/

 

 

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SOLUTIONS 28/08/2018 23:20

Le seul killer connu reste celui qui ne cesse jamais la promotion des POISONS PESTICIDES/OGM de cette forme d'agriculture conventionelle/intensive qui nous pourris.

Seppi 10/09/2018 18:17

M. Pierre Arthuis,

Bonjour,

Merci pour votre commentaire. Vous vous êtes donné beaucoup de peine pour répondre à quelqu'un dont les motivations font fi des réalités.

Nous avons fait des progrès en France, depuis les 6 quintaux. Nous étions du côté de 12-15 avant la première guerre mondiale. Mais je ne m'avancerais pas sur ce qu'aurait été l'évolution si nous en étions resté aux conditions du début du siècle. Les sols étaient épuisés et, plus particulièrement, carencés en phosphore.

Aujourd'hui, le blé est du côté de 74 quintaux en moyenne en conventionnel, contre 29 en bio…

https://www.academie-agriculture.fr/publications/encyclopedie/reperes/le-rendement-moyen-national-du-ble-tendre-dhiver-en-france-1998

Pierre Arthuis 10/09/2018 17:00

Chiche ! On demande l’arrêt total et mondial des pesticides ? Chiche ! On demande l’arrêt totla et mondial des herbicides ? Chiche ! On demande l’arrêt des engrais ? Chiche et l’on passe des variétés « industrielles » (c’est-à-dire récentes et sélectionnées) par les variétés locales, anciennes et dites adaptées au terroir ? Chiche
Y en a-t-il qui y croient à cela au point d’appuyer sur le bouton rouge « Stop » à toutes ces technologies ? S’ils y croyaient ils demanderaient qu’on le fasse. Y croient-ils sérieusement ? Il faudrait leur donner le manche juste pour voir jusqu’où va leur sincérité et s’ils sont prêts à s’en saisir, à faire le job donc.
Trouver des solutions agronomiques nouvelles et qui marchent, ça réclame de l'expérimentation et beaucoup de temps; en 10.000 ans, les milliards d'agriculteurs qui se sont succédés (pourtant doués en esprit d'observation) ont vu les rendements en blé par exemple, passer de 3 quintaux ha à 6 quintaux / ha (rendements en France en 1800) et 100% bio, sans engrais ni pesticides et avec les variétés locales adaptées aux terroirs donc; bref les progrès n'émergent pas facilement. Nous chérissons un mode de vie dont nous maudissons pourtant les causes.

Seppi 29/08/2018 13:27

@Murps

Bonjour,

Merci pour votre commentaire.

Vous avez répondu à un troll dont je supprime habituellement les "commentaires".

Mais vous avez oublié les cors aux pieds et les pellicules capillaires...

Murps 29/08/2018 00:07

Amen.


L'agriculture intensive et capitaliste est responsable des épidémies de gale, d'indigestion et d'ongles incarnés.
Nous sommes de retour au moyen-âge…
Ils nous reste à envoyer les coupables au bûcher.