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Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels

Un point sur l'épidémie à E. coli O26 en France

3 Juin 2018 , Rédigé par Seppi Publié dans #Albert Amgar, #Santé publique

Un point sur l'épidémie à E. coli O26 en France

 

Albert Amgar*

 

 

 

Un premier article a traité du sujet le 12 mai 2018, voir ici.

 

Le 11 mai 2018, on apprenait que « Les centres E.Leclerc procèdent au rappel du reblochon AOP 450 grammes de la marque "Nos régions ont du talent" » », suite au signalement de Santé publique France...

 

Le 14 mai 2018, Santé publique de France apportait des informations à propos de « Cas de syndromes hémolytiques et urémiques en lien avec la consommation de fromage reblochon fabriqué par l’entreprise Chabert ». Il était indiqué :

 

7 cas d’infections à Escherichia coli, dont 6 syndromes hémolytiques et urémiques, survenus chez des enfants âgés de un an et demi à 3 ans.

 

[…]

 

Les investigations menées par Santé publique France ont confirmé un lien épidémiologique entre ces cas et la consommation de reblochons entiers au lait cru, produits sur le site de Cruseilles (Haute-Savoie) de l’entreprise Chabert.

 

Le 14 mai 2018, selon un communiqué du ministère de l'agriculture :

 

Risque de contamination par la bactérie E. coli : par précaution, tous les reblochons Chabert estampillés 74.096.050 sont rappelés

 

Le 1er juin 2018, Santé publique de France publie un « Point de situation épidémiologique au 31 mai » :

 

Au 31 mai 2018, 14 enfants âgés de un à cinq ans sont inclus dans l’investigation de cette épidémie :

 

6 enfants atteints de SHU ont été infectés par une même souche d’E. coli O26, pour lesquels la consommation de reblochon incriminé est documentée. Ces six enfants sont domiciliés dans plusieurs régions de France métropolitaine (Centre-Val de Loire, PACA, Île-de-France, Auvergne-Rhône-Alpes, Pays-de-la-Loire) ;

 

pour 8 autres enfants, des investigations sont en cours. Parmi eux, deux ont présenté des signes de gastroentérite et six ont présenté un SHU. Un des enfants atteints de SHU est décédé ; l’investigation autour de ce cas est en cours. A ce jour, on ne peut ni écarter ni affirmer que ces cas de SHU soient liés à la consommation de reblochon : souche non isolée et caractérisée, ou consommation de reblochon incriminé pas encore documentée.

 

Les investigations en cours ont deux volets : un volet épidémiologique d’une part, qui consiste à interroger les parents sur la consommation alimentaire de leurs enfants et, le cas échéant, à tracer l’origine des reblochons consommés. Un volet microbiologique d’autre part, qui vise par des analyses à identifier la souche ayant infecté l’enfant, et à déterminer si elle présente des caractéristiques similaires à celles de la souche épidémique. Ces investigations sont un processus long et complexe, et dans certains cas la souche à l’origine de l’infection ne peut pas être mise en évidence.

 

Le communiqué de Santé publique de France indique aussi :

 

Chaque année, Santé publique France produit un bilan de la surveillance du SHU chez l’enfant de moins de 15 ans. En 2017, 164 cas de SHU pédiatrique ont été notifiés à Santé publique France et aucune épidémie n’a été identifiée.

 

Ce qui n'est pas dit dans ce communiqué de Santé publique de France, c'est qu'« [u]ne augmentation nette du taux d’incidence du SHU pédiatrique a été mise en évidence en 2017, mais aucune épidémie n’a été détectée. »

 

Après plusieurs années de baisse, le nombre de notifications de cas de SHU pédiatriques infectés par une souche de STEC O157 est revenu au niveau observé entre les années 2010 et 2014. Cette augmentation de cas de SHU à STEC O157 observée en 2017 ne suffit cependant pas à expliquer l’augmentation du nombre de SHU pédiatriques notifiés en 2017.

 

Le 1er juin 2018, le ministère de l'agriculture communique sur une extension des rappels :

 

le rappel des reblochons Chabert est étendu à des demi-reblochons portant le numéro d’estampille 74.289.050 et à des « tartiflards »

 

Les produits concernés sont les suivants :

 

1- Demi-reblochon

Dénomination : Demi-fromage AOP reblochon laitier

Présentation : demi-reblochon de 240g emballé

Portant l'estampille : FR 74.289.050 CE avec pastille caséine rouge

Lots : 20 lots avec une DLUO antérieure au 29/05/2018 (liste en annexe)  

Les lots concernés ont été commercialisés dans les enseignes Lidl, Leclerc, Auchan et un point de vente Intermarché sous les marques commerciales : Saveur de nos régions, Nos régions ont du talent, Chabert.

 

2- Tartiflard

Dénomination : fromage de Savoie au lait cru

Présentation : fromage de 450 g emballé

Portant l'estampille : FR 74.096.050 CE  - FR 74.303.050 CE avec pastille caséine rouge

Lots : tous les lots et toutes les DLUO

Les lots rappelés ont été commercialisés dans plusieurs enseignes, dans les seuls départements de la Savoie et de la Haute-Savoie.

 

Le 2 juin 2018, le journal Le Monde indique qu'une « enquête [est] ouverte après le décès suspect d’un enfant ».

 

L’agence sanitaire Santé publique France a précisé qu’on ne peut à ce stade « ni écarter ni affirmer » que le décès soit lié à la consommation de reblochon contaminé à la bactérie Escherichia coli.

 

La société Chabert diffuse sur son site Internet le communiqué non daté suivant :

 

RAPPEL DES REBLOCHONS LAITIERS DE LA FRUITIÈRE DE CRUSEILLES

Nous tenons à vous informer que nous avons procédé, par précaution, au rappel de l’intégralité des Reblochons Laitiers 450 G fabriqués et commercialisés par le site de production de Cruseilles (N° de Lot : 8CR et Estampille sanitaire : FR 74.096.050 CE) suite à des cas d’intoxication alimentaire par la bactérie Escherichia coli.

 

Sachez que les produits fabriqués dans nos autres fruitières ne sont pas concernés par cette contamination. Bien évidemment, nous sommes tous mobilisés pour faire face à cette situation exceptionnelle. Nous avons mis à disposition un numéro pour répondre à toutes vos interrogations : 0800 94 52 35 (de 8h à 19h).

 

Cela étant selon Le Monde précité citant l'AFP,

 

la dirigeante de l'entreprise « a assuré avoir "renforcé les analyses à la production du lait dans un laboratoire indépendant pour déterminer la source de présence éventuelle d’E. Coli O26". Sur les 456 analyses réalisées, "100 % des lots analysés sont conformes", selon le communiqué de la société. Pour autant, "par mesure de précaution, aujourd’hui et jusqu’à nouvel ordre, le lait des producteurs du site de Cruseilles est écarté".

 

"L'entreprise Chabert partage l'inquiétude des familles concernées, collabore à l'enquête au côté des services de l'Etat et prend les mesures nécessaires pour remédier à cette situation."

 

À suivre...

 

______________

 

*Albert Amgar a été pendant 21 ans le dirigeant d'une entreprise de services aux entreprises alimentaires ; il n'exerce plus aujourd'hui, car retraité. Au travers de son blog il nous a livré des informations dans le domaine de l’hygiène et de la sécurité des aliments. Désormais, je l'accueille avec plaisir.

 

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A
1( jours après le communiqué du 31 mai, voici un état au 15 juin de l'épidémie de syndrome hémolytique et urémique pédiatrique à Escherichia coli O26 en France métropolitaine en lien avec la consommation de reblochon, selon Santé Publique de France, http://www.santepubliquefrance.fr/Actualites/Epidemie-de-syndrome-hemolytique-et-uremique-pediatrique-a-Escherichia-coli-O26-en-France-metropolitaine-en-lien-avec-la-consommation-de-reblochon-point-au-15-juin-2018

Au 15 juin 2018, 15 enfants âgés de un à cinq ans sont inclus dans l’investigation de cette épidémie. Les quinze enfants ont pu consommer du reblochon faisant partie des lots suspects. Parmi eux :

- Douze ont été atteints par une même souche d’E. coli O26 ;
Parmi ces 12 enfants, un a présenté une diarrhée et 11 ont présenté un SHU, dont un est décédé ;
Parmi les trois autres enfants, deux sont infectés par une souche E. coli O26 différente de celle des 12 autres enfants, et pour un enfant aucune souche n’a pu être isolée.
La distribution des cas est nationale (PACA, Auvergne-Rhône-Alpes, Pays de la Loire, Hauts-de-France, Île-de-France, Centre- Val de Loire, Nouvelle-Aquitaine, Grand Est, Normandie et Bretagne).
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A
On lira quelques articles en provenance des Etats-Unis qui insistent sur le doublement du nombre de cas entre le 14 mai et le 1er juin 2018 :
- http://www.foodsafetynews.com/2018/06/one-child-dead-13-others-sick-in-raw-cheese-e-coli-outbreak/#.WxTftkiFPIU
- http://outbreaknewstoday.com/france-e-coli-update-number-cases-double-34045/
- http://www.barfblog.com/2018/06/1-child-dead-14-sick-from-e-coli-o26-in-french-our-regions-have-talent-raw-milk-cheese/
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